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Bayrou, gourou d’une secte ?

Par au moins deux fois Jean Arthuis sénateur de la Mayenne a accusé le Mouvement Démocrate d’être un secte et François Bayrou d’être un gourou. Cela fut fait d’abord en septembre 2007 puis en avril 2008 : « On ne gouverne pas un parti comme une secte. Le MoDem, ce n’est pas le Temple solaire » (Libération). On voit que l’inconnu sénateur, chouchou des médias n’y va pas avec le dos de la cuillère. Pour lui mes mots ont un sens. Comparer un mouvement politique démocratique au Temple solaire (48 morts par balle et brûlés en Suisse, 16 morts dont 3 enfants en France par le feu), voilà qui crédibilise les paroles de l’obligé de Sarkozy. Voilà une consultation nationale au sein du Mouvement Démocrate au score chinois qui va relancer le débat.

Le Mouvement Démocrate a quelques ennemis de l’extérieur comme :

- la fameuse cellule élyséenne avec un certain Marleix, bien secondé par un Dominique Paillé (recalé aux élections législatives, recalé par la justice pour abus de biens sociaux, recalé par les prud’hommes - raison pour laquelle il avait été en retrait bien que porte-parole de l’UMP dans l’affaire Royal, le retour de flamme était trop risqué, quoique cela ne gêne pas le pouvoir d’avoir pour directeur de cabinet du ministère des Finances un certain Richard condamné pour fraude fiscale pour une peccadille de 660 000 euros dont 5 % de mauvaise foi -, mais bientôt sénateur) qui travaille au corps les sénateurs centristes ;

- la presse qui donne peu la parole au Mouvement Démocrate comme démontré ici par Voltaire et qui ne cesse de grossir les défections sans parler des ralliements comme Cap 21, Eva Joly par exemple ;

- et des ennemis de l’intérieur parmi lesquels le savaté Cavada qui s’est pris une veste aux municipales à Paris, Jean Arthuis qui a besoin des voix des sénateurs UMP pour conserver sa présidence de commission au Sénat - il a été cité par Le Monde dans la note de Dominique paillé, Thierry Cornillet qui est actuellement député européen - bien sûr ce sera plus difficile pour les prochaines élections de garder sa place, qui a rencontré en secret Sarkozy et enfin Michel Mercier, actuel trésorier du Mouvement Démocrate qui est tout à la fois centré et périphérique, un pied dedans, un pied dehors et le troisième ailleurs, qui lui aussi a rencontré au moins deux fois en secret, et une fois officiellement, Sarkozy car il aimerait bien être ministre. Lui, prudent comme un maquignon, il avait besoin d’un parachute doré, celui que vient de donner, avec les voix de certains sénateurs centristes bien intentionnés, la nouvelle constitution, car tout parlementaire pourra retrouver sans effort son siège après un passage au maroquin. Mercier vient d’avoir sa corde de rappel (il a voté pour et entraîné ses copains du Sénat à faire pareil, aidé en cela par Arthuis, une certaine Muguette Dini qui a dû distribuer deux tracts dans sa vie, être riche et notable, cela aide à être élue dans une UDF bien bourgeoise).

Ces ennemis de l’intérieur tiennent un discours que relate la presse sans jamais faire appel à un tout petit sens critique ni même à l’histoire de l’UDF qui pourtant s’est répétée, comme quoi l’histoire passe parfois deux fois les plats, discours mensonger et populiste. Le discours serait que Bayrou entraînerait l’UDF ailleurs que là où elle aurait dû aller, que le Mouvement Démocrate n’est pas démocratique et qu’eux, vestales devant l’autel politique, sont les gardiens de la flamme UDF. Mais voilà c’est faux et mensonger. Statutairement l’UDF est en voie de fusion avec le Mouvement Démocrate avec une période transitoire de trois ans.

Or c’est bien la démocratie qui en a décidé ainsi. Le 30 novembre 2007 à Villepinte, à une écrasante majorité, élus y compris, les adhérents réunis en conseil national représentatif et instance statutaire ont voté la fusion de l’UDF, ont voté pour cette fusion disparition. Ces sénateurs tiennent donc devant les journalistes copistes un discours faux et surtout agissent au nom de l’UDF alors que l’UDF ce sont les adhérents et qu’ils ont choisis eux, démocratiquement, une voie différente. Ainsi font-ils croire au public, bien aidés en cela par un manque total de sens critique, un manque total de sens historique, par les médias que ce sont eux les dépositaires du destin intime de l’UDF. Et bien cela est faux.

Mais il faut remonter un an en arrière encore. Par 92 % des voix, au congrès de Lyon de janvier 2006, l’UDF avait voté son indépendance, ce qui est par définition de la voie du rapprochement de l’UMP voulu par les peureux et les tacticiens et contraire à la démocratie interne. Aucun des matamores d’aujourd’hui n’avaient osé proposer de motion contraire, aucun. Ceci veut dire que par deux fois la majorité a dit le contraire de ce qu’ils veulent faire croire. Ils ont été lâches, ils n’ont pas essayer de se compter, mais ils savent que cela est beaucoup plus facile devant une presse fainéante, amatrice de coups de gourdin de faire les beaux et les belles. Ils sont en fait un peu minables et très couards. Cela n’est pas tout.

Le 16 avril 2008, bien que la presse en doutait, Bayrou a réuni le Bureau politique transitoire de l’UDF, instance mise en place démocratiquement le 30 novembre 2007 pour défendre les intérêts de l’UDF dans sa fusion avec le MoDem. A l’issue de cette réunion, il en est sorti que 19 voix sur 26 approuvaient la conduite de Bayrou. On voit bien que ces sénateurs, cet Arthuis, n’aiment pas la démocratie. Ils sont comme les nationalistes corses en fait. Ils mettent des bombes, n’acceptent aucune règle établie et, à chaque fois que les urnes leur donnent tort, ils crient comme des putois dans les journaux en se réclamant de l’Histoire et d’une légitimité qu’ils viennent de perdre, ce dont se contrefout la presse qui préfère la baston à la vérité. Ce sont de fieffés filous, oui. Des antidémocrates. Ils ne font pas cela gratuitement.

On l’a vu : Arthuis : sa présidence de commission, Mercier, son maroquin, son coupe-fil et ses motards, Cavada, enfin être élu car à la dure il n’y arrive pas et Cornillet, comme il n’est plus rien nulle part et qu’il va être éjecté aux européennes, il se cherche un point d’atterrissage. Et les autres sénateurs, il y en a qui sont aussi présidents de commission (donc besoin des voix UMP), et d’autres qui sont sur un siège éjectable, donc ont besoin aussi des élus UMP en septembre pour le renouvellement partiel du Sénat. C’est connu, tous les lâches et tous ceux qui veulent sauver leur peau se cachent derrière des beaux slogans. Du reste ceux-là on ne les a pas entendus pour les fameux 45 millions d’euros de préjudice moral dans l’affaire Tapie. Ils doivent cautionner.

Mais, si vous regardez avec les arrivées de Cap 21, de Benammias, d’Eva Joly, de 30 000 adhérents, cela fait peu qui partent et beaucoup qui arrivent. Bien sûr, il y a moins d’élus qui arrivent, mais il y en a eu de nouveaux aux municipales, même si c’est peu, mais surtout un bon renouvellement avec au moins 30 000 nouveaux arrivants. A mon avis, sans être devin il doit y avoir, à mon sens et sans risque de me tromper, plus de personnes de valeur dans 30 000 personnes arrivantes que même dans une centaine partante. C’est mathématique.

Il faut bien que je me décide à vous parler de ce fait qui va faire dire que Bayrou est le gourou de la secte modémique. En effet, au sein du Mouvement Démocrate il a été lancée une consultation. Libre à tous de présenter une contribution. Les courageux révolutionnaires, ceux qui se sont regroupés derrière la bannière Arthuis, présents à une réunion avec comme égérie la belle Christine Boutin et son positionnement politique très gauchiste, Cavada pour ramasser des miettes, message de Mercier, au Sénat pour lancer la bataille perdue d’avance car juridiquement impossible de relancer l’UDF et qui a fait un flop retentissant au niveau des médias (personne n’en a parlé, sauf un entrefilet ici ou là, il est vrai qu’Arthuis n’est connu que des couloirs du Sénat, de ses tailleurs anglais et des journalistes qui lui donnent la parole chaque fois qu’il peut brailler contre Bayrou). Ces courageux révolutionnaires, pour la troisième fois, ont joué la démocratie du genre courage fuyons. Ce que je veux dire c’est qu’ils n’ont pas présenté de contribution. Rien. Nada. Pas un mot.

Il y a eu une possibilité avec Cornillet et deux autres rebelles, mais cela a été aussi loin que la candidature de Jean-Christophe Lagarde à la tête du NC, juste pour la galerie et cela reste dans les cartons. Le courage n’est pas donné à tout le monde. Aboyer comme un roquet cela est facile, se compter au sein des adhérents, cela est nettement plus compliqué. Donc il n’y a qu’une seule contribution, celle de François Bayrou.

Résulat
des courses :
Nombre de votants : 15 629 (enveloppes reçues dans les délais)
Nombre de suffrages constatés : 15 626
Blancs et nuls : 168
Suffrages exprimés : 15 458

Contribution de M. François Bayrou
J’approuve 15 322
Je n’approuve pas 136
ce qui fait par rapport aux suffrages constatés : 98,05 % des voix pour, 0,875 % contre et 1,075 % de blancs ou nuls
et par rapport aux suffrages exprimés : 99,12 % pour et 0,88 % contre.

Que peut-on en conclure ? D’abord que le taux de participation est de plus de 25 %. Et d’après ce que je peux voir 15 629 votants dans l’absolu c’est plutôt impressionnant. Il n’y avait pas de possibilité de vote électronique. Ainsi pas de contestation possible. En pleines vacances, avec un effort supplémentaire à faire le score en soi c’est assez beau. Pour le score obtenu par la contribution de Bayrou c’est évidemment un raz de marée. Cela prouve que leurs théories, qui n’ont pas pu s’exprimer faute de contribution, n’ont même pas trouvé preneur par un vote de rejet de celle de François Bayrou, ce qui aurait dû être le cas de façon plus significative si leur poids et leurs arguments avaient une quelconque valeur démonstrative, ce qui entre parenthèses contredit le discours ambiant des journalistes, parce que trois ou quatre militants bavards, et se disant eux aussi très forts, dénoncent avec la complaisance de la presse la fausse démocratie interne, thèse qui dirait que l’opposition est forte au sein du MoDem.

Où sont les divisions de ces opposants ? Ils avaient l’arme de la désapprobation. Ils sont en fait bien plus forts par les mots que par l’adhésion des autres adhérents à leurs paroles relayées avec amplification par les médias. La preuve en est faite et de façon éclatante. Cela prouve que les opposants internes, ceux qui font une certaine masse dans les élus sont complètement contredits par l’immense majorité des adhérents. Et s’ils respectaient la vraie démocratie ce mot qu’ils ont en bouche sans arrêt pour justifier leur trahison, ils devraient choisir tout simplement entre deux voies : 1- se plier à cette majorité, ce qui ne veut pas dire être d’accord avec tout, ni ne pas discuter en interne, mais ne pas haut-parler de façon discordante en externe ou 2- aller voir ailleurs, ce qui me plairait le plus.

Avec 99 % des militants votants qui soutiennent la voie de Bayrou, la perte de quelques vieux barbons, élus par combinaison apporterait plus au mouvement démocrate qu’il ne coûterait. Ils sont un poids lourd et malfaisant. Les journalistes feront leur gorges chaudes de ces départs. Bon et alors. Cela durera un temps. Mais après ? Oui après si les européennes donnent un nouveau souffle au MoDem, cela positionnera le mouvement de façon plus favorable pour les régionales. Et de là, dans deux ans la reconquête de l’électorat sera plus facile. Il est à noter qu’en dehors des adhérents, Bayrou est encore et de loin parmi les leaders politiques les plus appréciés.

Lors d’une émission de RMC la semaine dernière à la question entre Ségolène Royal et François Bayrou quel est le meilleur opposant à Sarkozy le score était sans appel : 72 % pour François Bayrou. De plus, on va finir par se rendre compte qu’il avait raison pour : le déficit, la mainmise du pouvoir sur la presse, la collusion entre le pouvoir et les hommes d’argent, la fracture dans la population. Et ce n’est pas parce quelques seconds couteaux comme les Arthuis, Cavada, Mercier, Cornillet quitteraient le navire que cela plomberait l’avenir. Au contraire. Ils pèsent en permanence par leurs coups de bazooka. Autant qu’ils tirent sur nous de l’extérieur que de l’intérieur. Bien sûr les tenants de la thèse de la secte (rappelez-vous la comparaison avec le Temple solaire) va trouver à redire à ce score. Il n’y a pas d’argument contre la bêtise absolue.

La contribution de François Bayrou

par Imhotep (son site) lundi 28 juillet 2008 - 57 réactions
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  • Par surfy (xxx.xxx.xxx.32) 28 juillet 2008 15:28
    surfy

    Tout ceux qui ont retourné leur veste à l’encontre de Bayrou se sont (ou vont) se ramasser. Et puis si Bayrou est le gourou d’une secte, alors Sarkozy c’est Hitler, c’est à dire un gourou avec un grand pouvoir destructeur.
    C’est vraiment con que Bayrou soit aussi peu charismatique, sinon la France aurait sans doute aujourd’hui un autre visage que celui pitoyable qui est le sien aujourd’hui.

  • Par Voltaire (xxx.xxx.xxx.14) 29 juillet 2008 14:49
    Voltaire

    L’article est un peu dense et s’égare parfois sur des chemins parallèles, mais il apporte un éclairage intéressant sur les turpitudes que rencontre nécessairement un nouveau parti.


    L’excellent titre, "Bayrou, gourou d’une secte ?" prête bien sûr à sourire.


    Bayrou gourou ? Il suffirait bien sûr de se reporter à la définition du terme pour réfuter l’affirmation, mais cela amène quelques commentaires. L’immense atout du MoDem est d’avoir un leader incontesté. Quand on constate les affres par lesquels passent le PS ou les verts, on mesure combien cette condition est nécessaire pour exister politiquement. Incontesté, François Bayrou l’est en raison de plusieurs facteurs : son score à l’élection présidentielle bien sûr, mais aussi sa constance dans son positionnement politique, et la force de sa vision politique. Pour faire simple, il n’existe pas d’autre responsable politique au centre (et peu dans toute la classe politique) ayant acquis sa dimension. Mais bien sûr, la question "Bayrou gourou" n’est pas liée à son leadership politique, mais à son poids décisionnel au sein de son parti, que contestent quelques petites catégories minoritaires de militant en désaccord avec sa ligne politique. J’y reviendrai.

    Le MoDem une secte ? Par tradition, les mouvements centristes attirent des militants plutôt intellectuels, qui adhèrent pour des idées plus que pour un leader, et donc souvent exigeants et peu disciplinés. Pas vraiment le profil d’une secte... Dans une secte d’autre part, tout est fait pour empêcher les adhérents de quitter le cocon de la secte et pour détourner leurs ressources au profit d’une élite. Force est de constater qu’étant donné le nombre réduit de "cadres" du MoDem par rapport à ses militants, on est bien là à l’opposé d’un système sectaire. En réalité, le MoDem est le premier parti centriste "populaire" depuis fort longtemps, tandis que l’ancienne UDF était devenue un parti de notables largement destiné à préserver les mandats de ses élus. En cela, le MoDem rompt donc bien avec une tradition non pas sectaire mais clientéliste.


    Mais au delà des mots employés de façon erronés, la question qui est posée par les opposants et détracteurs n’est pas celle de "gourou" ou de "secte", mais bien tout simplement celle de la possibilité de contestation d’une ligne politique et d’un fonctionnement par quelques minorités disparates, sur lesquelles je reviendrai.


    Bayrou incontesté, Bayrou incontestable ? Si la légitimité du président du MoDem est vérifiée à tous les scrutins internes de son parti, il n’en demeure pas moins que le président d’un "Mouvement Démocrate" peut difficilement échapper à l’obligation d’une certaine exemplarité en matière de fonctionnement interne. Bref, François Bayrou, et sa ligne politique, peuvent-ils être "contestés" ? La création de ce nouveau parti a été l’occasion d’un débat de fond sur ses structures, abondamment commenté sur le net. A observer les structures qui sont sorties de ces débats internes, on constate que ce parti semble avoir réussi à trouver un équilibre entre fonctionnement démocratique et pragmatisme exécutif. Les structures représentatives sont nombreuses et dotées de pouvoirs réels. Elles sont complétées par des exécutifs qui tirent leur nomination d’une certaine légitimité, mais disposent ensuite de marges de manœuvres suffisantes pour agir. Il est bien sûr trop tôt pour évaluer le résultat pratique qu’auront ces structures en terme fonctionnel, mais il y a peu à redire au niveau théorique.

     

    L’un des aspects qui avait été longtemps reproché à l’ancienne UDF, notamment par Jean Arthuis, à savoir son manque d’organisation fonctionnelle au plus haut niveau, a été réglé par la formation d’un comité exécutif et la nomination d’un directeur de cabinet en charge des problèmes du parti. Et les militants disposent d’un poids conséquent grâce aux pouvoirs d’un conseil national ouvert à de nombreux militants de base. Il semble donc que le MoDem ait réussi une synthèse entre le système représentatif mais contestataire présent au PS ou chez les Verts, et le système hiérarchisé présent à l’UMP. Le format retenu permet donc à des oppositions internes de se manifester.

    Un autre aspect qui a souvent été contesté au sein de l’UDF, comme d’ailleurs au sein de nombreux partis, et le système de nomination des candidats aux postes électifs ; et bien sûr on a aussi contesté le rôle de François Bayrou dans ces nominations. Certes, cela peut faire sourire quand on constate le fonctionnement qui demeure utilisé à l’UMP, mais les militants du MoDem ne sont pas ceux de l’UMP… Il ne fait guère de doute que les élections municipales de 2008 ont été l’occasion d’un joyeux bazar pour le MoDem, mais les nouvelles procédures de nomination semblent plus rigoureuses. Les prochaines élections de 2009-2010 seront l’occasion de valider ce nouveau système. Pour autant, il ne faut pas oublier que, contrairement à Nicolas Sarkozy qui a conservé un pouvoir absolu de fait à l’UMP ans en avoir le mandat, François Bayrou tire sa légitimité du vote de ses adhérents. Jusqu’ici, il ne s’est guère trouvé de candidats pour lui contester son leadership…

     

    Alors, qui conteste ? Plusieurs groupes, minoritaires mais plus ou moins influents.

     

    - le premier rassemble des anciens élus UDF, soucieux de conserver des mandats électifs. Ils sont bien sûr les plus médiatiques, puisque soutenus par les opposants externes de François Bayrou, comme l’auteur de cet article le souligne. Ces (encore) adhérents sont donc opposés à la ligne d’indépendance politique du MoDem et accusent François Bayrou d’autoritarisme, et de ne se préoccuper que de son élection présidentielle. Ce dernier argument n’est sans doute pas complètement inexact, mais la raison politique en est simple : étant donné le système politique français, la seule chance du MoDem d’émerger est de remporter l’élection présidentielle… Le problème est que cette politique est dangereuse pour nombre d’anciens élus UDF de droite. Les arguments qu’ils apportent ont donc une part de vérité (même s’ils sont largement exagérés), mais se heurtent à une volonté très majoritaire des adhérents et des électeurs du MoDem. C’est la raison pour laquelle ce petit groupe n’a jamais proposé de motion contre celles de François Bayrou (Gilles de Robien en 2006, Thierry Cornillet en 2008 par exemple). A terme, cette opposition est vouée à disparaître : faute d’accepter la ligne politique indépendantiste du MoDem, ils ne verront sans doute pas leurs investitures renouvelées, et suivront leurs aînés au nouveau centre ou à l’UMP.

     

    - le second groupe rassemble un certain nombre de militants MoDem ayant aspirés à faire une carrière politique dans ce mouvement, et dont les espérances ont été déçues, pour des raisons diverses. Par manque de patience, par manque de chance, par manque d’influence, ces personnes se sont donc senties injustement mises à l’écart. Leurs revendications sont ainsi devenues plus agressives, ce qui a eu pour effet de les couper encore un peu plus de la base. Seul problème pour eux, ils n’ont rien à négocier avec les autres partis en échange de leur ralliement. Ils demeurent donc au MoDem mais sont aussi condamnés à s’éteindre, car les adhérents d’un parti politique détestent par principe les diviseurs, qui propagent une image négative du parti qu’ils soutiennent.

     

    - le dernier groupe est le plus légitime : il s’agit de militants déçus par le système, mais qui ont d’abord une ambition pour le parti et ses idées plutôt que pour eux-mêmes, et conservent un attachement pour la vision politique de François Bayrou. Le MoDem ayant accueilli de nombreux néophytes en politique, il n’est pas étonnant que son fonctionnement assez chaotique en ait découragé plus d’un. Il est probable qu’un certain nombre d’entre eux se détourneront une fois de plus de la politique, mais les plus persévérants devraient être intéressés par la mise en place de commissions thématiques au sein du MoDem, élément essentiel pour réaliser un travail de fond et rassembler les compétences d’un parti. C’est d’ailleurs ce travail de fond qui avait conduit Nicolas Sarkozy à un projet présidentiel porteur en 2007.

     

    Quel futur ? En termes d’adhérents, PS et UMP ont perdu un gros tiers de leurs adhérents depuis l’élection présidentielle. Il serait étonnant qu’il n’en aille pas de même au MoDem : 2007 avait mobilisé de façon considérable l’électorat, et de nombreux militants se démotivent hors période électorale. Pour autant, le MoDem demeurera le troisième parti politique français, avec une implantation populaire beaucoup plus profonde que du temps de l’UDF. Les déceptions de l’électorat vis-à-vis du président de la république et les déboires internes au PS doivent permettre au MoDem et à François Bayrou de jouer un rôle actif dans le paysage politique français ces prochaines années. Si ce parti franchit avec succès ses maladies infantiles, il sera en position d’outsider lors des prochaines échéances de mi-mandat (2009-2010), avec des scrutins proportionnels plus favorables, et donc de nouveau capable de faire vaciller le système en 2012.

  • Par Vilain petit canard (xxx.xxx.xxx.65) 29 juillet 2008 13:20
    Vilain petit canard

    Au oui, "gourou", ça c’est un beau qualificatif, bien fait pour décrédibiliser l’homme. On savait que Royal était une "nunuche", maintenant c’est Bayrou qui est un gourou. Pitoyable Arthuis, réduit à tenter de se faire réélire à Laval en draguant les voix des bonnes soeurs et en se faisant cautionner par l’évêché, j’t’en ficherai, moi, du gourou...

  • Par Imhotep (xxx.xxx.xxx.113) 29 juillet 2008 14:56
    Imhotep

     Quant à Jean Arthuis, je peux dire modestement ici que c’est un personnage de grande qualité intellectuelle et morale, probablement un des parlementaires les plus respectables. Je suis régulièrement le travail législatif effectué par le Sénat, et je peux témoigner que cet homme est toujours intègre et équilibré dans ses appréciations. Je ne pense pas que cet homme ait un quelconque intérêt personnel à dénoncer l’attitude sectaire de François Bayrou.

    Si vous suiviez assidûment les travaux d’Arthuis vous sauriez qu’il critique les budgets mais les vote. Cela s’appelle l’honnêteté intellectuelle. Si vous suiviez l’actualité vous sauriez que Dominique Paillé a fait une note à Sarkozy reproduite dans son intégralité par le Monde. Dans cette note apparaissaient : Arthuis, Mercier et Cornillet. Il était clairement dit que le travail de Paillé était de circonvenir les sénateurs UDF contre Bayrou. Il était clairement dit qu’Arthuis tenait fortement à sa présidence de commission sénatoriale qui dépend du vote des sénateurs UMP. Enfin cette note a été confirmée par Devedjian.

    Alors excusez-moi vos louanges pour Arthuis sentent le soufre.

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