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  Accueil du site > Tribune Libre > Bayrou monomaniaque, Modem miroir aux alouettes ?
par Imhotep vendredi 11 janvier 2008 - 33 réactions Ecouter en mp3 (Readspeaker)
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Bayrou monomaniaque, Modem miroir aux alouettes ?

Internet est tout autant l’outil de la liberté que celui de la désinformation. Par des voies aussi impénétrables que celles du Seigneur une information relayée par le buzz (lui-même savamment organisé ou dû au hasard) devient majeure, puis vérité d’Evangile. Or malheureusement si à cela s’ajoute une presse, des radios et des télévisions dont la principale qualité n’est pas l’impartialité, il devient extraordinairement difficile de se faire une idée juste de quoi que ce soit. A cela s’ajoute, bien évidemment, notre partialité personnelle qui nous pousse à accepter les informations qui nous plaisent (et à nous en servir comme d’un argument et ce sans recul ni doute) et à repousser les autres. De tout ceci, je vais en faire ma cuisine à la mode Bayrou/Modem. Des commentaires lus et des articles, le plus souvent, il ressort que Bayrou est une sorte d’illuminé instable, mou et dictateur, qui n’a qu’un objectif : l’élection présidentielle, mû par une force venue des tréfonds de son orgueil démesuré et de la croyance indéfectible en son destin. Pour cela il se sert d’un levier, comme dirait Archimède, qu’il nous bassine à longueur de temps, le célébrissime "ni droite ni gauche". Le premier Ni-Ni de la République ayant été un autre François en son temps. A cela s’ajoute que le Modem n’est qu’un parti à sa botte, résumé de tous les miroirs aux alouettes qui fait que tous ayant été bernés fuient à grands pas. En résumé, dès que l’on recouvre sa lucidité on fuit : Bayrou d’abord, le Modem ensuite.

La presse complice du pouvoir actuel déclare que l’opposition est inaudible et que Bayrou n’a rien à dire, et quand il parle il ne fait qu’une seule chose : une critique acerbe et haineuse de Sarkozy par jalousie et aigreurs d’estomac. Pour ce qui est de l’inaudibilité de Bayrou et de son silence, il suffit de lire cet [article->http://www.agoravox.fr/article.php3...] agoravoxien de "Voltaire" pour se faire une idée de la possibilité d’entendre Bayrou : Modem 2 interventions alors que c’est en pleine période de la création du nouveau parti, le 3e de France, contre 17 pour le PS et 38 pour la somme gouvernement + majorité présidentielle. Et 1 pour le reste. Que cela fût inadmissible est une évidence, mais ce qui est plus qu’ennuyeux c’est que cela incidemment et insidieusement crée une impression de vacuité destructrice de la parole de ce nouveau parti, alors que le PS avec 17 interventions est sur-représenté et la majorité outrageusement représentée. On voudrait détruire le Modem que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Ce que permet internet, et ici Agoravox, c’est de donner la parole à ceux qui ne seraient pas entendus, mais cela a un corollaire, celui de toute information non exhaustive, comme les journaux télévisés qui doivent rendre compte de l’actualité en sélectionnant les sujets, la sur-représentation d’une information pourtant parfois minoritaire ou très marginale. Or donner une minute à un sujet qui représente objectivement 1 millionième de l’intérêt d’un autre que l’on traite en 3 minutes donnera une importance quasi équivalente. Je veux en venir à deux phénomènes abondamment traités : les fuites 1- vers le haut du côté de Bayrou et 2- vers le bas du côté du Modem. On les quitte déçu. D’abord vers le haut, la presse et les personnes bien intentionnées disent que Bayrou est seul et que lorsqu’un élu retrouve sa capacité d’analyse, saine et impartiale, il se rend tout à coup compte que c’est un être autocratique, sectaire et qu’il faut le fuir à la vitesse qu’un portefeuille promit. Et la presse de nous ressasser les départs des 22 + 1 députés. Restent 3 ! comme les petits cochons. Bien évidemment tout être sain d’esprit et objectif prend un dictionnaire et regarde ce que veut dire "élu" et se rend compte - ô miracle - que les députés ne sont pas les seuls élus français, qu’il y a aussi les sénateurs, les députés européens, les conseillers généraux, les conseillers municipaux, les maires, les adjoints au maire, les présidents de département et de région. Et donc si 23 cela est important, si un député a une aura et un rôle non négligeable, celui en particulier d’appuyer sur un bouton selon les directives de l’Elysée et où l’état d’âme n’a pas sa place, on ne peut décemment pas dire que Bayrou est seul si en plus des 22 + 1 députés, mais parmi la multitude très nombreuse des autres élus seulement 3 sénateurs et 2 députés européens dont Bourlanges et Cavada, et sans doute quelques élus ici ou là, ont quitté la mouvance UDF devenue Modem. Il est donc d’une mauvaise foi assassine et insupportable de continuer à dire cela, et de le continuer quand la grande majorité des conseillers nationaux UDF ont voté par 3 fois leur confiance à Bayrou, la dernière autorisant sa fusion avec le Modem et que l’immense majorité des militants Modem (nouveaux et plus anciens) ont voté pour les nouveaux statuts et l’équipe qui en a pris la direction. En toute honnêteté je n’arrive absolument pas à comprendre comment on peut dire que Bayrou est seul quand il est en tête dans les sondages - donc qu’une majorité de Français lui souhaite un avenir -, que les élus dans leur ensemble restent dans ce parti nouvellement créé, et quand il est soutenu par la majorité de plus de 70 000 adhérents. 70 000 et vous êtes seul ! Pas mal. Certes je comprends que ses ennemis le fassent, je comprends moins bien qu’un observateur extérieur qui n’aime pas vraiment Bayrou mais qui se considère relativement honnête répète comme un perroquet et un benêt (en cela il ressemble au benêt du Béarn qui ne devait pas faire 6 %) contre toute évidence que Bayrou est seul. Pour en terminer avec cette soi-disant solitude voici quelques [listes->http://mouvementdemocrate.fr/evenem...] de candidatures pour les municipales consultables par tout un chacun. J’ai fait un petit décompte grossier : le Modem déclare ici 293 listes y compris des villes comme Marseille (2e ville de France, Paris pour janvier, Paris vous savez la capitale, Montpellier, Pau, Strasbourg, Perpignan, Tours, Nîmes, etc.), donc des listes avec des villes moyennes mais aussi les principales villes de France où va se présenter le Modem. Mais ce n’est pas seulement le fait qu’il y a des candidats, c’est aussi qu’on peut lire que de ces 293 candidatures aux municipales (Bayrou tout seul, souvenez-vous) il y en a 28 qui ont pour tête des maires sortants et 38 qui ont à leur tête le chef de file de l’opposition municipale. Ceci est la preuve la plus tangible et contraire à toutes les affirmations que Bayrou n’est pas seul et que le mouvement démocrate présente des listes le plus possible et sous son nom, que les élus - comme le disent tant et tant les journalistes - n’ont pas tous quitté ce parti puisque justement les maires sortants ici cités se représentant avec cette étiquette et donc des conseillers municipaux aussi, eux aussi élus, et il en est de même avec ceux qui sont chefs de file de l’opposition, au conseil municipal donc également élus, et ne quittent pas le Modem. Attendons donc la clôture des inscriptions aux prochaines élections municipales et nous verrons alors qui du Modem et du Nouveau Centre présentera le plus de listes et combien auront quitté ce Modem soit pour retrouver l’UMP soit pour rejoindre le Nouveau Centre. En attendant une simple vérification au lien donné plus haut devrait faire réfléchir ceux qui claironnent comme des perroquets passifs que Bayrou est seul, que tout le monde le quitte.

Du reste, ce que j’écrivais plus haut concernant internet et les importances relatives se trouve conforté par ceci. Si un adhérent, nouveau, quitte le Modem, il écrit une petite prose bien sentie et fait de lui un être important qui confirme ainsi aux yeux un peu myopes que décidément le Modem n’est qu’un miroir aux alouettes et qu’il y a des déçus et que cette déception arrive finalement assez rapidement. Je parle de myopie et surtout du grossissement que permet internet. Ainsi, une personne démissionne-t-elle et le fait savoir. Tout à coup en chœur on entend que c’est évident et que ce parti ne pouvait qu’apporter désillusions. Mais regardons un peu la réalité : une personne démissionne et le crie sur tous les toits ce qui flatte les oreilles complaisantes. Mais que représente-t-elle ? Il faut en toute objectivité se poser la question. Elle représente elle-même, quelques autres adhérents déçus, certes. Mais combien ? Une dizaine ? Une centaine ? Allez disons avec d’autres UDF cela fait un millier. Va pour un millier. Combien ont rejoint Bayrou et le Modem ? 40 000. Combien y a-t-il d’adhérents avec les anciens UDF ? 70 000. Que représente alors cette voix isolée ? 0,0015 %. Et s’ils sont 1 000 ? 1,5 % ! Soit une microscopique minorité, mais internet permet grâce à un témoignage de dire : regardez on quitte le Modem. Mais combien quittent un parti quel qu’il soit ? C’est le simple renouvellement des cellules. Rien de plus. Quelle importance cela a-t-il ? Négligeable. Les chiffres parlent d’eux-mêmes mais le simple fait de s’exprimer transforme un acte négligeable en courant qui de ce fait apparaît comme déferlant. Ces démissions ne sont spectaculaires que parce qu’on leur donne la parole, mais en chiffres et en réalité elles ne sont qu’un tout petit épiphénomène. Cela veut-il dire qu’il faut être aveugle et béat devant ce mouvement ? Certes non. Mais il faut aussi rétablir une vérité que j’ai vécue. Ce parti, les 1 et 2 décembre s’est doté de statuts en toute transparence avec 800 propositions de modifications de statuts, d’où ont découlé 4 versions différentes et remaniées selon ces propositions, 80 amendements qui ont été discutés et votés en public. Et il faut le savoir - j’y étais et les images pourront confirmer mes dires - que contrairement à ce que répandent les aigris de leurs échecs, certaines propositions qui pouvaient déplaire à Bayrou ont été votées. Il y avait quatre cas de figures pour ces amendements : 1- Bayrou était d’accord et le vote est passé. 2- Bayrou s’en remettait au vote sans prendre position et suivant les cas l’amendement était voté ou rejeté. 3- Bayrou était contre et l’amendement passait quand même (ce fut le cas au moins trois fois si je me souviens bien). 4- Bayrou était contre et l’amendement ne passait pas. Il y a eu des votes massifs la plupart du temps et quelquefois des votes tendus. Pour ce qui est de la démocratie interne de ce parti, déjà le fait de voter en public et de discuter les amendements est une preuve de démocratie. Du reste un amendement a été voté modifiant les règles d’organisation des mouvements locaux leur laissant la liberté d’édicter un règlement intérieur à leur convenance s’il respectait les règles d’ordre général du mouvement. Ce qui laisse une grande liberté locale. Ensuite le vote des deux chartes : des valeurs et d’éthique, qui impose de fait une certaine façon de voir les choses et va imposer la démocratie interne. C’est le seul parti à ma connaissance qui vote ainsi ces deux chartes liées d’une part aux statuts et d’autre part à la naissance de ce mouvement. Ces chartes sont consubstantielles de la création du Modem. Vous trouverez [là->http://mouvementdemocrate.fr/evenem...] les statuts, les chartes et toutes les discussions, et vous pourrez vous faire une idée vous-même et ce en pleine contradiction avec certains qui, déçus de ne pas être des acteurs surmédiatisés, ont craché dans la soupe et menti. Particulièrement, il y a de ces démocrates qui veulent barricader l’action derrière un vote permanent, retirant toute efficacité et toute direction au président, voulant forcer à passer en permanence devant le vote. Ils ne comprennent pas ce qu’est une démocratie représentative, ils ne comprennent pas que la démocratie, c’est déléguer le temps d’un mandat le pouvoir à d’autres, et qu’en cours de route on peut lors des assemblées en modifier le cours et montrer son mécontentement, faire ses propositions, mais qu’entre-temps le vote a donné à l’équipe dirigeante le pouvoir d’agir. Ceci ne veut en aucun cas dire que par ce vote de confiance nous serons toujours, en tout temps et en tout lieu, d’accord avec cette équipe dirigeante, mais que nous lui faisons confiance et que grosso modo nous avons les mêmes idées même si nous ne les appliquerions pas toujours de la même façon. De plus ces semi-démocrates ne veulent en aucun cas tenir compte de cette démocratie car lors des votes ils ont été mis en minorité, mais ne l’acceptent pas en criant sur les toits que Bayrou confisque le pouvoir alors qu’ils ont pu s’exprimer et qu’ils ont perdu. Enfin il y a cette litanie permanente, comme un passe-partout de la pensée, qui est de dire : sortons les sortants. Par définition pour ces purs néo-militants - je suis nouvel adhérent même si j’ai fait il y a très longtemps de la politique, je peux me considérer comme nouvel adhérent et ne suis donc pas du côté de ces notables honnis de l’UDF - un élu est forcément quelqu’un qui s’accroche à sa place et se doit de vider la place au plus vite pour ce nouvel arrivant qui sera - on s’en doute - plus honnête, plus efficace, plus pur. Mais avant toute étude, on juge et met au ban un élu UDF car il est en place. C’est de la dictature intellectuelle pure et simple. Si cet élu a bien travaillé, a été élu en toute honnêteté, a conduit de façon tout aussi honnête sa politique, s’il n’a pas démérité, s’il est intelligent et compétent, aimé de ses électeurs, de quel droit serait-il jeté à la fosse d’aisance ? Et qui nous prouve qu’un nouvel arrivant parce que nouveau et arrivant serait pur, honnête, sans ambition personnelle, sans trahison ultérieure possible ? Rien. Donc cette attitude sectaire est un mal non nécessaire. Un élu n’est pas mauvais ou bon par définition. Il faut se poser la question d’une part s’il mérite de rester en place et d’autre part, si la réponse est non, si celui qui prendrait sa place est plus méritant que lui. Car si le nouveau est pire que fait-on ?

Je vais terminer par ce point que les perroquets partants chantent à tue-tête : Bayrou à part sa critique plus axée contre Sarkozy n’a rien à dire ou alors il bêle que le clivage droite-gauche est mort. Ceci est une injure et un mensonge. Tout d’abord Bayrou a présenté un programme électoral qui définit des options tant philosophiques (comme mettre l’humanisme comme idéal avec ces trois formules : Liberté, Egalité, Fraternité au frontispice du Mouvement démocrate, la réconciliation des Français entre eux, non avec l’argent mais le risque et l’initiative, la valorisation de l’Education) ou idéologiques si vous voulez plus que pratiques. Pour ces dernières je citerai par exemple le déficit budgétaire illégal, l’augmentation du minimum retraite, deux emplois sans charges, la conservation du budget de l’Education nationale, un plan Marshall pour l’Afrique. Donc dire que le combat de Bayrou se résume à la défoliation du principe droite-gauche est faux. Et voici au moins un discours, [celui->http://mouvementdemocrate.fr/actual...] de Bordeaux dans lequel Bayrou montre une voie qui est bien plus riche que ces détracteurs ne le disent, une voie qui avait commencé, non comme le proclament ses opposants opportunément en 2006, mais déjà en [1999->http://www.dailymotion.com/video/x1...]. Déjà à cette époque Bayrou parlait des mensonges et du clivage droite-gauche dépassé. Il suffit donc de regarder la date (1999) pour en conclure que ceux qui prétendent que la position de Bayrou de 2007 était une simple posture mentent tout simplement et d’autres le répètent par facilité et fainéantise. Cette "posture" avec comme suite logique le non-vote du budget en 2006 date donc d’au minimum 8 ans ce qui contredit avec preuve visible et audible à l’appui ses détracteurs un peu frivoles dans leurs arguments. A ce discours de Bordeaux qui fixe une philosophie s’ajoute cette [entrevue->http://www.lefigaro.fr/politique/20...] donnée au Figaro qui la complète. Ce texte prouve lui aussi que la pensée de Bayrou ne se résume pas à une litanie psalmodiée à chaque sortie du ni droite ni gauche. Lui, dont certains disent que c’est le curé camouflé, l’agent de service du Saint-Siège, y défend de façon claire, nette et intelligente la laïcité à la française et s’oppose fermement à l’interaction du religieux avec les affaires de l’Etat. Il nous parle des trois ordres : celui du pouvoir, celui du religieux et celui de la science. Je vous laisse le soin de lire ses arguments qui sont pour moi justes et percutants. Je ne vous livre que cette partie de réponse tant elle me paraît fondée et éclairante : "La République n’a pas à sous-traiter l’espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d’inviter à l’attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant ’l’espérance’ qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu’elle était loin derrière nous ! Ce n’est pas autre chose que ’l’opium du peuple’ que dénonçait Marx. C’est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l’islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l’espérance religieuse et l’espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Je trouve son analyse juste quand il dit que la République est chargée d’apporter un monde meilleur et non d’inviter à l’attendre. Je trouve éminemment juste de ne pas nous enchaîner à la religion par une espérance qu’elle nous donnerait. Cela prouve bien la courte vue, la phraséologie vide de réflexion mais pleine de symboles électoraux de Sarko-Guéant. Et je terminerai pas là, une preuve flagrante qui continue à me révulser. Sarkozy se comparant aux sacrifices chrétiens (en toute modestie) invective la société de consommation lors de sa visite au Pape : "Ce que j’ai le plus à cœur à vous dire, c’est que, dans ce monde obsédé par le confort matériel, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient." Or moins d’une semaine plus tard Sarkozy part pour Louxor dans le jet privé de Bolloré (tout cela c’est bon pour le Grenelle de l’environnement) dans un hôtel où 5 suites ont été réservées à 750 € la nuit et 15 autres chambres à 500 €. Comment peut-on encore soutenir cet homme qui genou à terre devant le Pape (expression à prendre au figuré) clame la décence et fustige le confort matériel une semaine avant d’étaler à nouveau des vacances de milliardaire ?

De tout cela il ressort que si Bayrou réussit le pari de faire du Modem une force incontournable, je ne sais s’il le devra à son destin, ou à son orgueil, ou plutôt au fait que ce qu’il dit attire un nombre croissant de Français, mais il aura un mérite qui devra être remarqué tant il aura eu contre lui de voix concordantes et qui même si elles auront prêché le faux pourtant décelable auront été amplifiées à loisir par le pouvoir et ses bras armés, les médias.

image : Jean Ernest AUBERT Paris 1824 - 1906 Le miroir aux alouettes

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Les réactions les plus appréciées

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    Par Thomas (xxx.xxx.xxx.5) 11 janvier 2008 13:42
    Thomas

    Sur la forme, article touffu, à la lecture laborieuse. Il faut beaucoup de conviction pour aller au bout. Les idées les plus concises sont souvent les plus percutantes.

    Sur le fond, rien à redire. Bayrou a le courage ou la folie de se faire deux ennemis majeurs d’un coup : il veut "bouffer" le PS pour l’emporter face à l’UMP. Du coup, l’un et l’autre s’entendent au moins pour barrer la route au trublion. C’est légitime mais les moyens employés le sont moins.

    L’exemple le plus ahurrissant est sans doute l’investiture UMP du maire PS sortant de Pau !

    Je vous recommande cet excellent article d’Alain Duhamel, qui a payé cher son soutien pourtant discret : Bayrou, le funambule messianique

    Ceux qui ont quitté le MoDem sont des nostalgiques de l’ancienne UDF, vassale docile de l’UMP. Ces gens n’avaient de toute façon pas leur place dans un parti autonome et sont mieux à l’UMP.

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    Par Judesbois (xxx.xxx.xxx.249) 11 janvier 2008 12:25
    Judesbois

    Merci pour cet article qui a le mérite de remettre les choses à leur place. La création du Modem a suscité un formidable espoir chez ceux qui y ont adhéré. Sa construction prend du temps, mais je pense que déjà on peut être fier de ce qui a été fait.

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    Par La Taverne des Poètes (xxx.xxx.xxx.178) 11 janvier 2008 16:06
    Voris

    Sarkozy, qui craint beaucoup Bayrou parce que ce dernier défend de fortes valeurs et qu’il a de bonnes chances d’emporter l’adhésion des Français, a brandi pour tenter de le contrer sur son terrain l’arme de la "politique de la civilisation" et du catholicisme. Mais ces armes resteront un hochet dans la main de Sarko et non un projet crédible. Sarkozy n’est ni un créatif ni un visionnaire, ni un homme éminemment civilisé.

    Le premier but est atteint pour le MoDem : avoir maintenu la ferveur militante pendant toute la durée de l’état de grâce. Sarko pensait sans doute que cet état de grâce allait porter le coup de grâce au MoDem, il n’en sera rien ! L’autre objectif était de tenir la marée face aux mauvais résultats électoraux des Législatives et aux échéances locales. ça tient toujours ! La route est ouverte pour les Démocrates !

     

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    Par Voltaire (xxx.xxx.xxx.194) 11 janvier 2008 21:28
    Voltaire

    @l’auteur : l’article est fort bien argumenté, mais très, trop touffu. Il mériterait d’être plus aéré pour faciliter la lecture.

    Sur le fond, il y a peu à dire :

     la couverture médiatique du Modem, comme celle des autres partis hors UMP et PS, est négligeable. Merci d’avoir cité mon premier article sur ce thème, j’effectue actuellement l’analyse sur la couverture politique à la télévision et sur internet au mois de janvier, nous verrons les conclusion dans quelques temps, mais je ne m’attends pas à de grosses différences.

     En ce qui concerne le départ des élus, je serais un peu plus circonspect. Même si de nombreux élus sont demeurés au Modem, il n’en demeure pas moins qu’une proportion non négligeable l’a quitté. La raison est bien sûr toujours la même, la volonté d’être réélu, mais c’est une réalité qu’il ne faut pas ignorer. Si les sénateurs sont demeurés fidèles au MoDem, c’est qu’ils attendent les résultats des municipales, dont dépendent le nombre de grands électeurs. Si ils sont défavorables, on peut s’attendre à une nouvelle vague de départ. Cependant, des indications suggèrent que les têtes de liste MoDem se sont plutôt bien débrouillées dans leurs négociations, et pourraient faire de bon résultats (en alliance ou de façon autonome) dans beaucoup de villes moyennes (même si les média pointeront du doigt les échecs à Paris, Lyon et Marseille). Il est aussi exact de préciser que des listes autonomes Modem verront le jour dans une majorité de villes garndes et moyenne, malgré le risque électoral que cela comporte. Les conseillers généraux UDF-MoDem sont aussi très menacés, en raison du mode de scrutin majoritaire, tandis que les conseillers régionaux et députés européens, élus au scrutin proportionnel, sont beaucoup plus tranquilles.

     concernant toujours ce problème de départ de cadres du MoDem, permettez-moi de vous narrer un récent épisode, rapporté par une source proche : Christian Saint-Etienne, ancien MoDem, vient de quitter ce parti pour rejoindre JM Cavada et créer une nouvelle structure politique, alliée à l’UMP. Il rejoint de fait la liste menée par Jean Tibéri dans le 5ème arrondissement, sous cette nouvelle couleur. Les arguments de son départ, qu’il expliquait il y a quelques jours au groupe de réflexion qu’il avait créé quelques mois plus tôt, étaient l’impossibilité de travailler avec François Bayrou en raison de l’unique objectif 2012 de ce dernier et l’absence de travail sur un projet au sein du MoDem, même s’il indique toujours partager la vision de société de Bayrou. Les réactions de nombreux de ses ex-amis de ce groupe de travail ont été assez vives : s’ils comprenaient les difficultés liées à l’absence d’organisation du MoDem, qu’ils pensent être temporaire, ils indiquaient que quitter Bayrou pour rejoindre Sarkozy en reprochant l’ego du premier ne manquait pas de sel, et que de toute façon le lien avec l’élection municipale et le ralliement à une liste conduite par Mr Tibéri était totalement injustifiable. A noter que plusieurs de ces réactions provenaient d’anciens membres du RPR, ayant rejoint le MoDem par raz le bol du fonctionnement de ce parti à Paris, et de la dérive conservatrice de l’UMP.

     votre analyse concernant les départ de militants du MoDem est aussi très juste. Ainsi, un responsable du PS indiquait il y a quelques jours que le PS avait perdu probablement un tiers de ses effectifs depuis quelques mois, suite aux divisions de ce parti, en majorité de nouveaux adhérents qui étaient venus pour les présidentielles. Et bien sûr, ne parlons pas des nombreux départ de cadres du PS pour rejoindre la majorité UMP... Quand on examine ces faits, cela permet de relativiser les quelques départs du MoDem ; Et gageons que les récentes frasques du chef de l’Etat ne seront pas très positives en terme d’adhésions à l’UMP, mais que nul n’entendra parler de ces départs...

     je vous rejoins aussi concernant votre jugement sur les anciens élus UDF. Franchement, rester UDF pour un élu, avec les menaces et appels du pieds de l’UMP, doit requérir un certain courage et de la suite dans les idées.

     Enfin, je partage aussi votre avis concernant le contenu du projet de Bayrou, même si en revanche, il est exact que celui-ci ne le met guère en avant depuis l’élection présidentielle. Le programme de François Bayrou était certainement l’un des plus complêt. Mais il va avoir besoin de se renouveler, et c’est là que se situe le défi du MoDem : être capable de proposer de nouveau un projet, des propositions concrètes, pour un gouvernement alternatif. Pour le moment, on est encore loin du compte, mais il reste bien sûr beaucoup de temps d’ici les prochaines échéances nationales. Néanmoins, François Bayrou serait bien inspiré de faire émerger à côté de lui un certain nombre de personalités crédibles, capable de proposer des mesures alternatives à celles qu’il critique venant du gouvernement. Si ses critiques sur la vision de la société telle qu’incarnée par Nicolas Sarkozy sonnent juste, il en faut plus pour incarner une alternative crédible.

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