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Accueil du site > Tribune Libre > Bernard-Henri Lévy, selon le CFR, l’Occident a aggravé les guerres en (...)

Bernard-Henri Lévy, selon le CFR, l’Occident a aggravé les guerres en Libye puis en Syrie

PNG Pour des raisons promotionnelles, Bernard-Henri Lévy est à nouveau omniprésent sur la scène médiatique. Cet homme de réseaux et d’influence, qu’un académicien avait décrit comme le « vrai maître de la diplomatie » française, continue de justifier l’intervention de l’OTAN contre le régime libyen avec des arguments irréalistes. En effet, il estime que cette campagne a « évité à la Libye un destin syrien », en ce qu’elle aurait empêché Kadhafi d’« aller au bout de (…) projets meurtriers » pourtant loin d’être avérés. Nous allons montrer que ce raisonnement est invalide en résumant l’intervention clandestine et massive de l’Occident dans la guerre en Syrie, et en analysant une étude sur le conflit libyen parue dans Foreign Affairs, la revue du Council on Foreign Relations (CFR). En 2006, « devant les invités [de ce] prestigieux think tank new-yorkais, Lévy (…) confirm[a] qu’il partage “la vision morale et l’hostilité des néoconservateurs pour les Saddam, mollah Omar et Milosevic”. » Rapportant cet aveu, L’Express n’établit pas de lien entre cette posture « antitotalitaire » et les intérêts stratégiques des États-Unis et de leurs alliés en Irak, en Afghanistan et en ex-Yougoslavie

Cinq ans plus tard, cette même « vision morale » justifiera la campagne de l’OTAN contre la Libye, occultant les véritables buts de guerre de l’Élysée et de ses partenaires, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Qatar. Rendu public à la suite de l’Emailgate, un mémo confidentiel adressé à Hillary Clinton lorsqu’elle était secrétaire d’État explicita « cinq facteurs motivant l’engagement de Nicolas Sarkozy à mener cette guerre en Libye : un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ; accroître l’influence française en Afrique du Nord ; améliorer sa situation politique intérieure en France ; offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ; répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’Ouest ». Et comme l’a rapporté Régis Soubrouillard, BHL aurait « clairement fait savoir aux responsables du CNT qu’ils “avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français”. » Ces révélations confirment que l’humanisme fut le principal facteur de l’intervention occidentale en Libye… 

Dans une tribune publiée le 16 mars 2011, Bernard-Henri Lévy et d’autres figures du Meilleur des Mondes avancèrent que Kadhafi « mitraille les populations civiles, “purge” les villes des opposants et fait régner la terreur. » Or, ces accusations ne résistent pas à l’épreuve des faits. Comme l’avait déclaré Rony Brauman, qui était initialement favorable à une intervention de l’OTAN, 

« [l]’aventure libyenne est elle-même partie d’une manipulation médiatique caractérisée. Ce qui a décidé Sarkozy et Obama a été le mitraillage aérien des manifestants de Tripoli le 21 février, une fausse information diffusée par Al-Jazira sur la base d’un simple témoignage téléphonique. Or il n’y a pas eu de manifestations à Tripoli et encore moins d’avion mitraillant la foule. Aucun des médias dominants n’a daigné faire la moindre vérification. La première page du récit de Bernard-Henri Lévy La Guerre sans l’aimer débute là-dessus : alors au Caire pour soutenir le Printemps arabe, il est sur le point de rentrer en France quand il voit sur les écrans de l’aéroport les avions attaquer en piqué la foule. Il prend soin de préciser que l’importance d’un événement c’est son commencement. À raison : ce commencement-là n’a pas eu lieu, c’était un énorme montage propagandiste, et qui donnait le ton de la suite. »

 

À cette époque, la nécessité d’une action militaire était presque unanimement défendue par des médias qui, malgré les dérives du journalisme de meute et de la propagande de guerredéplorent qu’un nombre grandissant de citoyens ne leur fait plus confiance. 

 

En Libye, la campagne de l’OTAN a prolongé la guerre et alourdi le bilan humain

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, la situation sécuritaire en Libye est de plus en plus préoccupante. De ce fait, un nouvel engagement occidental dans ce pays semble inévitable, bien qu’il comporte de sérieux risques. Selon l’ancien diplomate Patrick Haimzadeh, en « [r]eléguant aux oubliettes la question cruciale de la reconstruction d’un État légitime et inclusif, une telle opération aurait toutes les chances de poser davantage de problèmes qu’elle n’est censée en résoudre ». Cet expert de la Libye considère notamment qu’une nouvelle action militaire occidentale pourrait renforcer Daech. Malgré cette impasse stratégique, Bernard-Henri-Lévy ne regrette rien et continue de qualifier cette intervention de « juste ». En son temps, Socrate avait déclaré que « [l]e mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien. » Comme d’autres « orateurs », BHL estime que cette intervention a empêché Kadhafi de tuer massivement son peuple. Or, une analyse du contexte réel précédant cette campagne de l’OTAN nous amène à la conclusion inverse : cette opération a prolongé ce conflit et elle en a dramatiquement alourdi le bilan humain, alors que les troupes libyennes reprenaient le contrôle du pays en essayant d’épargner les civils.

Dans Foreign Affairs, la revue du prestigieux CFR, l’universitaire Alan Kuperman a démontré que l’ampleur de la répression de Mouammar Kadhafi avait été grandement exagérée par les médias et les défenseurs d’une action militaire de l’OTAN. D’après cet expert,

« [b]ien que la Maison Blanche ait justifié sa mission en Libye par des motifs humanitaires, cette intervention a en fait nettement aggravé le bilan humain dans ce pays. Tout d’abord, il s’est avéré que la répression de Kadhafi a été bien moins meurtrière que ne l’indiquaient alors les médias. Dans l’Est libyen, où l’insurrection a démarré sous la forme de manifestations pacifiques ou violentes, Human Rights Watch a recensé seulement 233 morts durant les premiers jours des combats, et non 10 000 comme l’avait avancé la chaîne saoudienne Al Arabiya. En vérité, comme je l’avais documenté en 2013 dans dans [la revue universitaire] International Security, entre le début de la rébellion à la mi-février 2011 et l’intervention de l’OTAN à la mi-mars, seulement un millier de Libyens avaient été tués, dont des soldats et des rebelles. Dans cette période, un article d’Al Jazeera largement cité par les médias occidentaux avança que l’armée de l’air de Kadhafi avait mitraillé et bombardé des civils à Benghazi et à Tripoli. Or, selon le professeur Hugh Roberts, de la Tufts University, “cette histoire était fausse”, comme il l’a démontré dans une longue enquête publiée par la London Review of BooksAu contraire, en s’efforçant de minimiser les pertes civiles, les troupes de Kadhafi s’étaient abstenues d’avoir recours à la violence indiscriminée. »

 

En citant des sources crédibles, ce spécialiste expose d’autres manipulations médiatiques ayant motivé l’intervention de l’OTAN. À l’initiative de la tribune du 16 mars 2011, que Bernard-Henri Lévy a cosignée, l’écrivain Dominique Simonnet déclara en août 2014 que « Kadhafi était en train de massacrer son peuple dans une abomination sans nom. Je pense qu’il était impossible de ne pas dire : “Faisons quelque chose, nous qui avons les moyens d’intervenir”. » Que Monsieur Simonnet en ait conscience ou pas, cet argument censé réaffirmer le bienfondé de la campagne de l’OTAN en Libye est indiscutablement faux, comme l’a démontré M. Kuperman dans Foreign Affairs :

« [A]u moment de l’intervention, la violence en Libye était sur le point de cesser. Les troupes bien équipées de Kadhafi avaient mis en déroute les rebelles désorganisés, qui rentraient chez eux. À la mi-mars 2011, les forces gouvernementales s’apprêtaient à reprendre le dernier bastion rebelle de Benghazi, afin de mettre un terme à ce conflit qui n’avait engendré que 1 000 décès en un mois. Or, à ce moment précis, des expatriés libyens basés en Suisse, qui étaient liés aux rebelles, ont lancé des mises en garde sur l’imminence d’un “bain de sang” à Benghazi – [des propos alarmistes] dûment repris par les médias occidentaux, mais qui se sont avérés être de la pure propagande. En vérité, le 17 mars [2011], Kadhafi s’engagea à protéger les civils à Benghazi, comme il l’avait fait avant de reprendre les autres villes libyennes, ajoutant que ses forces “laissaient la possibilité” aux rebelles de se réfugier en Égypte. En résumé, les insurgés allaient perdre la guerre, donc leurs agents d’influence à l’étranger agitèrent le spectre du génocide pour susciter une intervention de l’OTAN – ce qui fonctionna à merveille. Il n’existe aucune preuve que Kadhafi avait planifié ou envisagé une campagne de tueries contre la population. Certes, le gouvernement avait tenté d’intimider les rebelles en promettant de les traquer sans relâche. Mais Kadhafi n’a jamais mis ces menaces à exécution en visant les civils. »

 

Dans son étude, Alan Kuperman analysa de nombreux chiffres relatifs aux décès survenus depuis le lancement de l’opération occidentale en Libye. Il en a déduit qu’avant cette campagne de l’OTAN, la guerre civile était sur le point de se conclure, après avoir engendré « seulement » 1 000 décès. Selon lui, « depuis cette intervention, la Libye a souffert d’au moins 10 000 morts supplémentaires. En d’autres termes, il semblerait que l’opération de l’OTAN ait multiplié par dix le nombre de morts violentes » dans ce pays. Bien entendu, en l’absence d’étude épidémiologique crédible, le bilan humain de cette guerre reste impossible à déterminer. Dans tous les cas, il est clair que des manipulations médiatiques de grande ampleur ont altéré notre perception du « Printemps arabe » libyen, justifiant une campagne militaire aux conséquences désastreuses. À cette époque, toujours selon M. Kuperman, 

« [l]’intervention en Libye pourrait aussi avoir encouragé la violence en Syrie. En mars 2011, le soulèvement [dans ce pays] était encore largement non-violent et la réponse du gouvernement d’Assad, bien que criminellement disproportionnée, était relativement circonscrite, générant environ 100 morts par semaine. Après que l’OTAN eut donné l’avantage aux rebelles en Libye, les révolutionnaires syriens se sont tournés vers la violence à l’été 2011, s’attendant probablement à susciter une telle intervention. “C’est pareil que Benghazi”, déclarait alors un rebelle syrien au Washington Post, ajoutant : “Nous avons besoin d’une zone de non survol”. Il en résulta une escalade majeure du conflit en Syrie, ce qui générait au moins 1 500 morts par mois à partir de l’année 2013, un nombre 15 fois supérieur. »

 

Ainsi, il ressort de cette étude que, loin d’avoir « évité à la Libye un destin syrien », cette intervention de l’OTAN contre le régime de Mouammar Kadhafi a prolongé jusqu’à présent un conflit qui allait s’éteindre, tout en incitant les Syriens à militariser leur rébellion – parallèlement à l’infiltration d’« al-Qaïda en Irak » (AQI) durant l’été 2011 pour combattre le régime el-Assad. Mais le lien entre ces deux conflits est encore plus évident lorsque l’on s’intéresse aux politiques profondes occidentales durant la guerre en Libye. En août 2014, le Washington Post a publié un important article intitulé « Les terroristes qui nous combattent aujourd’hui ? Nous venons tout juste de les entraîner ». D’après cette analyse,

« [a]u cours de nombreux entretiens menés ces deux derniers mois [avec des membres de l’État Islamique et du Front al-Nosra], ils ont décrit comment l’effondrement sécuritaire durant le Printemps arabe les a aidés à recruter, à se regrouper et à utiliser en leur faveur la stratégie occidentale – c’est-à-dire le soutien et l’entraînement de milices afin de combattre des dictateurs. “Des Britanniques et des Américains nous avaient [également] entraînés durant le Printemps arabe en Libye”, d’après un homme surnommé Abou Saleh, qui a accepté d’être interrogé si son identité restait secrète. [Ce dernier], qui est originaire d’une ville proche de Benghazi, affirma qu’un groupe de Libyens et lui-même avaient bénéficié dans leur pays d’entraînements et de soutien de la part des forces [spéciales] et des services secrets français, britanniques et états-uniens – avant de rejoindre le Front al-Nosra ou l’État Islamique [en Syrie]. Interrogées pour cet article, des sources militaires arabes et occidentales ont confirmé les affirmations d’Abou Saleh, selon lesquelles des rebelles en Libye avaient bénéficié d’“entraînements” et d’“équipements” durant la guerre contre le régime de Kadhafi. »

 

Le grand reporter Seymour Hersh a mis en lumière d’autres liens entre ces deux conflits, décrivant un réseau d’approvisionnement en armes des rebelles anti-Assad organisé depuis Benghazi. Selon M. Hersh, durant l’été 2013, « le flux secret d’armes en provenance de Libye pour équiper l’opposition syrienne via la Turquie était en place depuis plus d’un an, ayant été lancé peu de temps après la mort de Kadhafi le 20 octobre 2011. L’opération était en grande partie organisée depuis une annexe secrète de la CIA à Benghazi, avec l’aval du Département d’État [et la participation présumée de] l’ambassadeur US en Libye Christopher Stevens [, qui] fut tué lors d’une manifestation anti-américaine à Benghazi ». Peut-on alors parler de « non intervention » occidentale contre le régime el-Assad, une « inaction » que BHL fustige pour minorer l’ampleur du désastre libyen ? Afin de répondre à cette question, étudions de plus près les opérations clandestines de la CIA et de ses partenaires. 

 

En Syrie, la guerre secrète de l’Occident et de ses alliés proche-orientaux a aggravé le conflit

Malgré le chaos que subit le peuple libyen, Bernard-Henri Lévy estime que la campagne de l’OTAN était préférable à la « non intervention » en Syrie – un argument qu’il avait déjà formulé lors d’un exposé controversé à l’IHEDN. Or, ce raisonnement de BHL n’est pas conforme au réel, car cette « non intervention » militaire des pays occidentaux relève du mythe.

En effet, bien que les puissances de l’OTAN et leurs alliés n’ont pas lancé de guerre ouverte contre le régime el-Assad, j’ai documenté l’année dernière une véritable guerre secrète multinationale de la CIA. Comme l’a récemment dévoilé le New York Times, cette opération fut baptisée Timber Sycamore, et elle a été principalement financée par l’Arabie saoudite. En juin 2015, elle avait été décrite par le Washington Post comme « “l’une des plus grandes opérations clandestines” [de la CIA], dont le financement annuel avoisine le milliard de dollars. D’après ce journal, cette intervention secrète (…) s’inscrit dans un “plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie”, c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. »

Cette guerre secrète de grande ampleur a alimenté dès janvier 2012 l’essor du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, dont l’« État Islamique » faisait partie intégrante jusqu’à la scission d’avril 2013. À différents degrés, cette campagne a mobilisé de nombreuses agences moyen-orientales et occidentales, y compris les services spéciaux français, comme me l’avait confirmé le député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud. Si l’on observe les dernières estimations de l’OSDH, sur un nombre total d’environ 260 000 victimes, la guerre en Syrie a tué environ 76 000 civils, donc approximativement 184 000 combattants. Reprenant les chiffres de cette organisation, Le Figaro soulignait en août dernier que « le bilan le plus lourd se trouve du côté des forces du régime avec 88 616 morts, soit un tiers des personnes décédées durant cette guerre ». Sans le soutien extérieur massif de l’Occident, de la Turquie et des pétromonarchies du Golfe, la rébellion n’aurait pu être aussi meurtrièrement efficace. En octobre 2015, l’universitaire Joshua Landis assura qu’« entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ». Cette politique profonde a donc fortement aggravé ce conflit, en renforçant des réseaux extrémistes officiellement désignés comme nos ennemis. 

Depuis le début de la guerre en 2011, l’OSDH a recensé plus de 40 000 jihadistes étrangers morts en Syrie. Récemment, un haut gradé de l’état-major français estimait que, sur environ 100 000 rebelles anti-Assad, « 80 000 (…) appartiennent soit à des groupes terroristes désignés comme tels par les Nations Unies, soit à des groupes salafistes extrémistes. » Or, il est de notoriété publique qu’en Syrie, les différentes factions jihadistes ont été appuyées par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Moins exposée dans les médias, la complicité des services occidentaux dans cette politique clandestine est dorénavant indiscutable. En octobre dernier, une parlementaire états-unienne avait publiquement dénoncé le soutien d’al-Qaïda par la CIA afin de renverser Bachar el-Assad. Plus récemment, en se basant sur des témoignages de hauts responsables de la sécurité nationale, Seymour Hersh confirma que le Pentagone était hostile à cette politique de l’Agence, puisqu’elle renforçait des factions jihadistes susceptibles de s’emparer du pouvoir. Le Président Obama ayant intensifié cette guerre secrète à partir de septembre 2013, le raisonnement de Bernard-Henri Lévy sur la « non intervention » occidentale en Syrie est donc totalement biaisé.

 

Conclusion : avant toute intervention, seuls les experts doivent influencer l’État

Se référant à « l’art de la guerre » et au krach de 2008, l’économiste Jacques Sapir a récemment souligné qu’en matière de conflits armés comme de crises financières, les décideurs « doivent réagir dans un temps très court et (…), bien souvent, [ils] n’ont pas les moyens (ou les capacités) de peser complètement le pour et le contre de leurs actions. Ils prennent alors des décisions importantes sur la base de paris, de règles heuristiques, qui peuvent être validées ou invalidées par la suite des événements. C’est ce qui rapproche la décision financière de la décision militaire. » Néanmoins, lorsque la sécurité nationale n’est pas en péril, et que les risques d’un génocide ne sont pas clairement établis, une telle urgence décisionnelle n’est pas justifiée – n’en déplaise à ces « orateurs » dont les velléités interventionnistes sont traditionnellement conformes aux intérêts de Washington.

Néanmoins, dans le cadre d’une campagne de Libye qui semblait préméditée, l’urgence décisionnelle n’est pas la clé du problème. Afin d’éviter la répétition d’un tel désastre, qui a eu comme conséquence de déstabiliser l’ensemble de l’Afrique du Nord et du Sahel, il faudrait ôter au chef de l’État le pouvoir discrétionnaire de déclencher une intervention lorsque notre sécurité nationale n’est pas directement et immédiatement menacée. En effet, une véritable frénésie guerrière a investi les locataires de l’Élysée depuis l’ère Sarkozy, ce qui dégrade nos capacités militaires et nous engage dans des conflits inextricables. Et comme l’a pertinemment souligné Jean-Claude Guillebaud,

« [Gaston Bouthoul] écrivait en 1951 que, contrairement à l’idée répandue selon laquelle les démocraties ne font pas la guerre, les dirigeants des démocraties sont toujours tentés de faire la guerre, car celle-ci les “sanctifie” en faisant d’eux des personnages incritiquables. La guerre offre l’opportunité de croire que l’on est du côté du bien et cela de manière indiscutable. Le corollaire de cela est que les démocraties diabolisent leur ennemi au-delà de ce qui est nécessaire. Souvenons-nous de Saddam Hussein : il était notre allié contre l’Iran puis les choses ont changé et il est devenu un nouvel Hitler. Pour le chef de l’État, il est plus “facile” de faire la guerre que de combattre le chômage. La guerre offre des résultats immédiats et quantifiables. Elle est propice aux grandes envolées lyriques et patriotiques. C’est pourquoi elle les fascine, assez naïvement d’ailleurs. On l’a vu avec Nicolas Sarkozy en Libye, puis François Hollande au Mali. »

 

Alors que l’État ne parvient pas à redresser l’économie, cette frénésie guerrière devient presque irrationnelle, au vu de la multiplication des déclarations martiales de Manuel Valls et de François Hollande depuis le 13-Novembre. Accordant un pouvoir militaire exorbitant au chef de l’État, la Constitution doit être réformée utilement. En effet, la multiplication des opérations extérieures nous a précipités vers un état de guerre perpétuelle, induisant une forme d’état d’urgence permanent qui menace notre démocratie. Ainsi, en cas d’agression militaire étrangère ou d’insurrection armée, le Président doit garder la capacité de réagir immédiatement. Mais lorsque la France n’est pas directement menacée, comme en Libye (2011) ou en Syrie (2013), il est indispensable de modifier l’article 35 de la Constitution afin que le Parlement autorise a priori le chef de l’État à déclencher toute action militaire de grande ampleur.

Pour qu’une telle décision soit la plus rationnelle possible, nos parlementaires devraient en étudier l’opportunité grâce à un collège de spécialistes de l’IHDENqui est l’« établissement public administratif français d’expertise et de sensibilisation en matière de Défense, placé sous la tutelle directe du Premier ministre ». La polémique précédant la conférence de Bernard-Henri Lévy au sein de cette institution est symptomatique de l’influence démesurée de cet homme dans les arcanes décisionnels français, ce qu’avait souligné Jean-Christophe Rufin en le qualifiant de « ministre des Affaires étrangères officieux ». Cet état de fait n’est plus tolérable, et l’exemple libyen nous démontre qu’il est même dangereux. Afin de réintroduire de la rationalité dans la politique étrangère de l’Exécutif, l’IHEDN doit être considéré comme le seul organisme légitime pour conseiller les autorités sur les questions stratégiques et militaires. Les « orateurs » trop influents, qui prônent un interventionnisme à géométrie variable, doivent être mis à l’écart du débat public. En effet, ils ont défendu des actions militaires désastreuses en se trompant lourdement dans leurs diagnostics et leurs prévisions, comme certains d’entre eux l’ont admis concernant l’Irak, mais comme ils refusent de le concéder au sujet de la Libye. Et puisqu’il ne dispose d’aucune légitimité légale, Bernard-Henri Lévy doit être écarté des processus décisionnels aboutissant à la guerre, un acte trop grâve pour être justifié par l’émotion populaire – à plus forte raison lorsqu’elle est exacerbée par de faux prétextes humanitaires. 

Maxime Chaix

(Mon site)


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28 réactions à cet article    


  • Odin Odin 11 février 13:10

    Article presque complet, il manque la raison réelle de l’agression de la Libye : « le dinar-or ».

    http://www.mondialisation.ca/libye-le-principal-motif-de-l-agression-le-dinar-or-vid-o/26213

     


    • alain_àààé 11 février 15:57

      excelllent article mais j ajouterais qu un membre de ma famille qui avait infiltré les dijhadis c est fait assassiné FIN NOVEMBRE alor qu il avait informé le dirigeant de son pays a 2 pas de la france qu il y aurait des attentas a paris.mais on a laissé faire alors qu on aurait pu évité ça.C EST LES FRANCAIS NOUS SOMMES LES PLUS FORTS LES PLUS BEAUX MAIS QUE NOUS AVONS DES EXPERTS A 2 SOUS MAIS QUI NOUS COUTE DES MILLIONS


      • Maxime Chaix Maxime Chaix 11 février 23:16

        @alain_àààé : Merci du compliment ! www.maximechaix.info


      • doctorix doctorix 11 février 16:06

        Sarko, Juppé, Hollande, BHL, Fabius sont responsables directement de plusieurs dizaines de milliers de morts, de destructions massives d’infrastructures.

        Ce sont d’authentiques criminels de guerre qui doivent être jugés comme tels.
        N’oublions pas dans nos prières le diabolique chef d’état-major particulier de la présidence, le général Puga, ex para, qui est passé d’un président à l’autre comme une fleur. Un Talleyrand du XXI siècle, et comme lui de la merde dans un bas de soie. Plus discret qu’un BHL, mais non moins pervers. Car est-ce un obscur conseiller de Corrèze qui décide de ces choses horribles que sont les guerres ?
        Il est invraisemblable que des décisions comme une intervention étrangère soient entre les mains d’un seul homme, hautement influençable et ébloui- aveuglé, dépassé- par la hauteur de sa tache,quand tout un pays qui l’a élu sans savoir s’oppose à de telles décisions.

        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 12 février 00:48

          @doctorix... et les modérateurs de ce site

          On censure mon commentaire ou je dis que BHL, au moins pour son action dans le dossier libyen EST UN CRIMINEL DE GUERRE. Je le repete et j’invite le dit BHL a me poursuivre en diffamation s’il s’en croit le droit. Vous avez mon nom et toutes mes coordonnées. En prenant une position partiale dans ce débat, vous discréditez Agoravox aux yeux de la majorité des Francais qui sont tout aussi convaincus que moi que de la culpabilité de BHL et ne peuvent que s’interroger sur vos motivations

          Pierre JC Allard

        • eau-du-robinet eau-du-robinet 11 février 16:10

          Bonjour,
          .
          Michel Collon : explique à qui profitera la guerre en Syrie ? une excellente analyse, (Part 1)
          .
          Dans chaque guerre on (l’oligarchie financière) applique la propagande de guerre ... pour enfumer les gens ! Puis quand on à décidé à attaquer un pays pour le pétrole, le gaz, etc. il faut diaboliser l’adversaire, ...ce que font les merdias main stream qui appartiennent à l’oligarchie financière !
          https://www.youtube.com/watch?v=YtQiiLyQF7I
          .
          .
          Débat plus complet :
          https://www.youtube.com/watch?v=HsMd00qhr_4
          .
          .


          • doctorix doctorix 11 février 16:26

            @eau-du-robinet

            C’est le même lien.
            Dommage, on ne se lasse pas d’écouter Collon.
            Un peu d’air pur et de franchise dans un monde de menteurs.

          • Stanislas_Robert 11 février 16:23
            je souhaite que pour une fois, ce bhl devrait être sérieux et devenir adulte pour ne pas cracher des énormités indignes d’un humain.

            Ci après , je joins 3 photos.

            La PREMIERE concerne un certain : Omar Shaabane celui a été mandaté par un certain sarko et son compère bhl pour assassiner Kadafi.
            Après avoir lâchement exécuté le guide , le criminel eut - on ne sait comment - un petit bobo ce qui nécessita son hospitalisation en urgence en France.
            Le criminel fut magistralement soigné puisqu’il retourna en Libye dans un cercueil.

            La DEUXIEME photo , c’est ce bhl soi-disant en Ukraine au moment où la guerre faisait rage
            La TROISIEME photo, explique que cet Ukraine n’était que dans l’imaginaire de ce bhl puisque la photo a été prise dans des studios quelque part.  Etn ce même bhl est mieux placé pour le savoir.

            bhl , le mieux à faire est de se taire et de ne plus se montrer !


            http://www.noelshack.com/2016-06-1455202658-bhl-a.jpg
            http://www.noelshack.com/2016-06-1455202703-bhl-aa.jpg

            • Deepnofin Deepnofin 12 février 23:18

              @Stanislas_Robert Je regrette, je ne suis pas un expert en photomontage, mais il me semble que cette photo de BHL est authentique, sinon, je vois mal comment on aurait pu obtenir cette photo ( prise à priori par le photographe que l’on voit dans votre photo ) : http://diablogdesourd.files.wordpress.com/2014/02/maidan-ukraine-bhl-barricades.jpg?w=788&h=591.

              D’ailleurs, ça me semble « logique » : BHL est connu pour sa photo « mise en scene » prise à Sarajevo, en faisant croire qu’un sniper les guettais, photo bidon de pure propagande http://mai68.org/spip/IMG/jpg/BHL_Sarajevo-2.jpg ; mais pour la photo en Ukraine, il n’a pas fait style d’être en danger, vu qu’elle a été prise après les affrontements une fois le calme revenu ( si je ne me trompe pas ). Il s’est juste encore mis en scène... Quel pitoyable personnage. Maléfique, même. Mais bon, je pense que votre 3eme photo est donc un photomontage.


            • Deepnofin Deepnofin 12 février 23:22

              @Deepnofin Mince, j’ai raté un détail de taille : dans ma photo, dans le coin inférieur droit, on aperçoit le bonnet du photographe que l’on voit dans votre photo. Ca n’est donc pas lui qui l’a prise. Mais ça n’enlève rien qu’à priori, d’après cette photo, BHL était bien sur les barricades de Kiev, et non dans un studio.


            • aldous II aldous II 11 février 16:26

              le propos de BHL est de detruire l’europe il à commence avec le kosovo, puis afghanistan, affaire richard pearl : objective l’europe des immigres pour décourage confondre l’europe, puis ce le moyen orient dans son plan, de grand israel, guerre civile en europe entre juif et musulman, apres ce melange pervers le chretiens ce mele a le suicide collectif, et contribue a la guerre iraq, libye syrie turkey, l’objectif cet la naissance de israel la grande israel conquérand du chaos dans le monde chaotique cree par israel puis sauve par washington AIPAC. la realite ce l’inverse israel et au point de disparaitre et l’europe chaotique réturne a son etat ancestrale polytheiste autrement agnostique.


              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 11 février 18:59

                La méthode Poutine a été de faire signer un papier sommant les oligarques russes à renoncer à la politique afin de ne se consacrer qu’à leurs affaires. Simple mais efficace, ainsi il a pu restaurer un immense pays continental deux fois plus grand et uni que les USA...
                Pendant ce temps là, chez nous on nomme un petit représentant de nos soixante cinq millions d’impôts directs et indirects qui prend des décisions internationales sous l’influence d’un héritier devenu sanguinaire.
                La prochaine cible sur laquelle se concentrent les médias sont la Corée du nord et surtout l’Iran, deux seuls pays à ne pas être contenus sous le couvercle de la soupière Rothschild. Qui alimente le feu en Syrie pour la mème raison ?


                • elpepe elpepe 11 février 21:28

                  excellent article merci pour le tps consacre, rien a dire


                  • Maxime Chaix Maxime Chaix 11 février 23:17

                    @elpepe : Merci du compliment ! www.maximechaix.info


                  • Analis 12 février 12:38

                    Bonne récapitulation. Je note que Alan Kuperman ne pouvait s’empêcher dans l’ensemble de faire des concessions à la vulgate propagandiste des merdias occidentaux, quand il parlait d’une réponse criminellement disproportionnée du gouvernement d’Assad à des manifestations pacifiques. En fait elle n’a jamais été criminellement disproportionnée, et les manifestations n’étaient pas toujours si pacifiques que ça, infiltrées dès les premières semaines par des éléments provocateurs très violents, décidés à les faire dérailler (avec succès !).

                    Sinon, Fabius va rejoindre le conseil constitutionnel. Ça fait peur ! L’homme qui a ravagé la Syrie, sioniste confirmé, grand criminel de guerre et contre l’humanité, sensé surveiller les lois en France. Manifestement, ses décisions seront au-dessus de tout soupçon de considération politique.


                    • Werner Laferier Werner Laferier 12 février 13:06

                      Kadhafi a massacré son peuple, violé ses propres concitoyennes et accro a des substances illicites, son visage est évocateur, sans oublier une certaine folie qui anime le personnage.
                      Kadhafi est responsable de trois guerres, la guerre du Tchad, la guerre égypto-libyenne sous le vaillant Sadate, la guerre des 6 jours aux côtés des terroristes arabes de Nasser, le massacre de 2011 contre son peuple.
                      Sans oublier la déstabilisation de l’Afrique, le financement du terrorisme dans le monde ect...
                      Le dictateur à un casier chargé de sang, il n’est pas défendable. Ce n’est pas un « leader » ou un exemple.
                      L’occident en chassant le tyran à évité que le conflit s’éternise, à mis fin aux massacres, la Libye est en paix les quelques éléments de Daesh en Libye seront rapidement écrasé grâce à la coordination tunisienne, égyptienne et libyenne sous l’égide de l’OTAN.


                      • Maxime Chaix Maxime Chaix 12 février 14:45

                        @Werner Laferier : Je me permettrais simplement de nuancer vos arguments en soulignant l’absence totale de sources.


                      • aldous II aldous II 13 février 02:21

                        @Werner Laferier
                        bush et pire depuis 1927. 


                      • doctorix doctorix 13 février 10:51

                        @Werner Laferier

                        L’occident en chassant le tyran à évité que le conflit s’éternise, à mis fin aux massacres, la Libye est en paix
                        Propos de malade mental ou d’aveugle ?
                        La Libye concentre actuellement tous les jihadistes qui fuient l’avancée de Damas en Syrie avec l’aide des russe.
                        C’est une poudrière.
                        Les massacres attribués à Khadafi sont désormais prouvés comme d’effroyables mensonges, propagés par des salopards de votre genre.
                        Vous êtes la honte de ce site.


                      • zappa zappa 12 février 13:11

                        Merci pour l’article,
                        Nous Français sommes les complices de ce criminel qu’est bhl et consor car il n’a jamais été inquiété par aucune instance républicaine alors même qu’il n’a aucun mandat et qu’on nous le présente comme philosophe dans tous les médias. Ce triste cire doit répondre de ses interventions que l’on peu qualifier de crimes contre l’humanité à l’étranger et de complotiste de la haine sur notre sol.


                        • exocet exocet 12 février 14:16

                          S’il était prouvé qu’il soit un « fauteur de guerres », c’est à dire qu’il aurait impliqué la France dans deux guerres contre les intérets du Pays, est-ce que celà pourrait être qualifié de crime ou délit contre les intérets majeurs du Pays ?

                          Si la réponse est oui, l’état Français, dispose, selon la récente loi de lutte contre le terrorisme, de 15 ans pour lui retirer sa nationalité Française.


                          • aldous II aldous II 13 février 02:10

                            Le gagnant ce la paix, l’Europe est dans de grand difficulté, et sa survie dépend d’un Europe unie avec la Russie. Le problème c’est Washington et sa politique sioniste israélite, nonobstant ce ne pas les américains qui ont créé le syndrome sioniste, mais cet eux les administrateurs, par leur banque et leur fonctionnement financier, les forces armees NATO-OTAN, et leur obligation vers le dollar, l’Europe est victime du gangstérisme de Washington Israël, elle a peur leur dirigeants ont peur de la mafia américaine de Washington. Seule la Russie est indépendant, donc pour sauver l’Europe ce la Russie uniquement qui peut le faire, puis la Russie existe en Europe, Washington Israël est loin de paris, un en Amérique, l’autre en moyen orient. Un Europe confus est une Europe vaincue, est-ce ça la technique de la mafia américaine, confusion, pression économique et peur, force armee nato-otan, terrorisme, manipulation surveillance NSA Facebook, Hollywood. Avec un cocktail d’invasion psychologique désignant le bien et le mal. Le bien vous avez BHL le mal tout autre qui pense autrement. Comme la politique est compromise comme au temps de vichy sur la densité de HITLER, domine par la peur la politiqué est faible est caché la réalité qui peut la sauver aussi bien la nation et l’Europe en conséquence. 


                            • aldous II aldous II 13 février 02:22

                              bush et hitler, comme balfour et rothschild. 


                              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 14 février 12:37

                                @l’auteur.
                                Très bon papier. Analyse très fine.


                                • Maxime Chaix Maxime Chaix 14 février 16:45

                                  @Renaud Bouchard : Merci du compliment ! www.maximechaix.info 


                                  • Maxime Chaix Maxime Chaix 18 février 20:11

                                    @stux : Merci beaucoup !


                                  • Laurent 47 9 mars 18:08

                                    Qui lui donne la légitimité de parole, à cet étron néo-nazi ?
                                    C’est grâce à sa « bienveillante » et douteuse attitude avec les milices nazies ukrainiennes ( vous savez, ceux qui défilaient sous ses yeux et ceux de Laurent Fabius, en brandissant des drapeaux à croix gammée, sur la place du Maïdan à Kiev ), que l’on s’est fâché avec la Russie, notre principal partenaire commercial.
                                    Sa veulerie n’a d’égale que celle de notre gouvernement qui s’est aplati comme une serpillière en obéissant aux ordres de Washington, notre maître à tous !
                                    Les sanctions contre la Russie nous sont revenues dans la figure, sous forme d’embargo agricole !
                                    Des pans entiers de notre agriculture ont été détruits, peut-être pour toujours, à cause des agissements d’un gouvernement qui est totalement incapable de justifier son action, c’est-à-dire de nous expliquer en quoi la Russie est notre ennemie !
                                    Le ministre russe de l’agriculture vient de déclarer ironiquement : « Je tiens à remercier l’Europe des sanctions imposées à la Russie, qui ont eu pour effet de faire redémarrer notre agriculture sur tout notre territoire. Grâce à elles, dans moins de deux ans, la Russie sera totalement autonome dans tous les domaines agricoles et agro-alimentaires. Nous exportons déjà du lait, de la viande de porc, et des céréales, et des milliers d’exploitations agricoles abandonnées après la chute de l’URSS se sont remises au travail. nous pourrons donc nous passer de vous ! »
                                    Un grand merci, Bernard-Henry Lévy, pour votre précieuse collaboration.
                                    La Légion d’Honneur devrait lui être décernée ( vu la valeur résiduelle du hochet ) !

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