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"Bombe P" : explosion imminente

En 2007, à chaque seconde, il naissait 6 enfants sur terre, tandis qu’on enregistrait 2 décès. Résultat : 4 personnes supplémentaires, soit environ 200.000 humains en plus chaque jour !
Bien sûr la répartition n’est pas partout la même, mais la mondialisation des échanges et les courants migratoires font de la surpopulation un problème planétaire majeur.

Or je suis étonné de constater que les prophètes de l’apocalypse climatique n’intègrent pratiquement jamais dans leurs calculs "la bombe P" pour reprendre le titre d’un livre de Paul Ehrlich publié il y a quelques décennies.
Ont-ils oublié que l’augmentation de la population entraîne un gaspillage des ressources, une dilapidation des énergies, un accroissement des déchets et une détérioration accrue des écosystèmes ?

Par ailleurs, nos utopistes préconisent souvent une croissance zéro, voire une décroissance afin de cesser de polluer. Mais je les ai rarement entendus se demander comment empêcher une expansion de la malnutrition, un développement des famines, une amplification de la pauvreté et des taudis, et une explosion des troubles sociaux dans nos pays, si l’on produit moins ?

La croyance, l’ethnie et autres sujets de discorde
 
La démographie a toujours eu des implications géopolitiques, militaires et économiques évidentes. Mais surtout elle possède une dimension fantasmatique parce qu’elle touche à la perpétuation de l’espèce. Et au delà des individus, à la pérennisation des cultures et des dominations.
Et force est de constater que la plupart de ceux qui se recommandent de l’humanisme ne font pas grand chose pour que chacun(e) des nouveaux arrivants dans notre monde merveilleux ait un droit égal à la nourriture, au logement, à l’éducation, à la santé...
Chacun prêche pour son modèle de société. Et surtout pour son dieu qui promet tout... Pour plus tard, ça n’engage à rien !
 
Presque tous les représentants des religions monothéistes comme ceux de la plupart des cultes polythéistes orientaux sont opposés à la limitation des naissances.
Même si les plus modernes "hommes de dieu" admettent des dérogations, à titre personnel et en fonction des circonstances.
Et à l’exception de quelques variantes du bouddhisme et de l’hindouisme affirmant qu’il ne faut pas perdre ses forces à forniquer et réserver toute son énergie au divin, on reste globalement enfermé dans une croyance partagée : il faut laisser venir tout ce que notre dieu envoie, parce que de toute manière "il" saura pourvoir aux besoins de chacun.
 
Comme si ces concepts archaïques ne suffisaient pas, il est apparu au temps des colonies, l’idée un peu paranoïde que les peuples blancs rêvaient d’asseoir leur domination en réduisant le nombre des Noirs et des Jaunes. Un paradoxe bizarre, puisque souvent ceux qui affirmaient cela la veille, n’hésitaient pas à clamer le lendemain que les colonisateurs ne s’occupaient des colonisés que parce qu’ils avaient besoin d’un nombre illimité de serviteurs.
Cette vision a d’ailleurs perduré jusqu’à nos jours, avec cette dualité fantasmatique du méchant Blanc qui rêve d’exterminer les autres peuples, mais pas trop, pour pouvoir mieux asservir les survivants. Le "complot" du SIDA fabriqué en labo et répandu (avec d’autres maladies) à des fins assassines a encore de beaux jours devant lui.
 
Malthus et les anti-malthusiens
 
A la fin du XVIII ème, nous étions environ 700 millions. Et déjà Malthus s’inquiétait. Comment nourrir tous ces gens ?
Les ressources n’étant pas inépuisables, on allait droit vers une paupérisation généralisée, avec famines, disettes et épidémies. Une catastrophe inéluctable. Que penserait-il aujourd’hui des 6 milliards d’êtres humains atteints un peu avant l’an 2000 et bientôt sept ?
 
En bon pasteur protestant, Malthus préconisait une stabilisation puis une diminution du nombre d’habitants de la terre, par des mariages tardifs (et pas de rapports avant !) la raréfaction des rapports sexuels voire l’abstinence. A la rigueur, la capote pour les pêcheurs impénitents, sous la forme charmante d’un petit sac en vessie de porc attaché avec un ruban, et badigeonné de suif de boeuf pour la lubrification !
Une méthode propre à susciter l’indignation des bons musulmans comme la révolte des pieux hindouistes...
 
A l’idée malthusienne que le gâteau n’étant pas indéfiniment extensible, il fallait moins de convives autour de la table pour que chacun ait une part correcte... Les économistes libéraux de son temps comme ceux d’après, de Ricardo à Pareto, ont soit professé que la régulation se ferait naturellement en fonction des richesses disponibles. La mort plus ou moins précoce se chargeant d’écrêter le surplus...
Soit affirmé que l’accroissement de la population était plutôt un bien, puisque cela permettait d’accroître de façon exponentielle la production des richesses... Et donc de disposer d’un plus grand nombre de gâteaux, de plus en plus gros, afin que chacun ait sa juste part.
 
C’est grosso modo la position d’Alfred Sauvy dont les thèses natalistes ont influencé peu ou prou tous nos politiciens depuis les années 1920. Avec au début la justification de remplacer les morts de la Grande Guerre et la nécessité de préparer les suivantes... Mais qu’on enseigne encore cela en 2010 me paraît totalement aberrant !
 
Il reste encore à parler des socialistes et assimilés qui, de Fourier à Marx ont préféré esquiver la question démographique, en s’attachant à l’idée qu’il y en aurait assez pour tout le monde, à condition de modifier les superstructures juridiques et politiques dans un sens égalitaire.
Des idées qui régissent encore notre début de XXI ème siècle, opposant d’un côté les libéraux croyant aux régulations "automatiques" par un accroissement infini des richesses... Aux égalitaristes qui croient encore aux vertus d’une redistribution inépuisable, désormais au profit des pays défavorisés et des immigrés, le prolétaire d’usine étant en voie de raréfaction.
 
La loi du nombre pour le nombre
 
Les concepts natalistes sont aussi instrumentalisés aujourd’hui par bien des leaders du tiers et du quart monde, qui voient dans l’accroissement de leur population un élément de puissance, vis à vis de leurs belliqueux voisins, comme si on était encore au temps d’Attila quand la force d’une armée se mesurait au nombre des lances ou des arcs...
 
Mais aussi, de façon plus subtile, cela peut être analysé comme une volonté expansionniste et hégémonique, à la fois ethnique et culturelle, une sorte de revanche contre les colonisateurs envahis à leur tour.
Le nombre immense des pauvres leur permettant d’affirmer un "droit" à migrer, occuper les pays riches insuffisamment peuplés selon eux, et exiger leur part d’un gros gâteau dont ils n’ont que les miettes.
 
Une vision bénéficiant hélas de la complicité d’économistes et de politiciens néo-libéraux qui croient encore que, plus on est nombreux, plus on est forts au plan politique, économique et diplomatique. Comme si la place dans le concert des nations dépendait encore du nombre.
Quand la réalité sociale, en particulier le développement du chômage y compris au détriment des personnes qualifiées, la paupérisation généralisée jetant dans la rue des salariés pauvres, et l’augmentation de la petite délinquance de survie ont surabondamment démontré la fausseté de ce théorème.
Mais, pour ces gens là qui font profession de nous gouverner, si la situation ne correspond pas à leurs présupposés idéologiques, c’est la réalité qui se trompe !

Si l’on exclut les "négriers" qui cherchent avant tout de la main d’oeuvre bon marché sans se soucier des conséquences à moyen terme, et les idéocrates qui professent la haine de l’Occident, la majorité de ceux qu’on appelle par commodité de langage les "immigrationnistes" sont des gens de bonne foi.
Convaincus de servir les intérêts de leur pays en facilitant l’installation définitive de gens qu’on ne peut plus loger décemment, pour lesquels il s’avère de plus en plus difficile de trouver un travail correct, voire un emploi tout court... Et surtout, dont les cultures, croyances, coutumes, modes de vie et systèmes de régulation sociale sont aussi miscibles dans nos sociétés que l’eau et l’huile dans une bouteille.
Comme si la force d’une société post moderne ne résidait pas plus dans sa cohésion que dans le nombre de ses habitants !
 
y a-t-il un optimum démographique ?
 
De l’équilibre statique de Platon à la combinaison idéale des néo-physiocrates, en passant par le juste milieu chinois, bien des théoriciens ont essayé de trouver une réponse.
Un temps, le progrès technique galopant depuis le XIX ème, avec ses engrais, ses pesticides et ses machines, permettant d’accroître les rendements agricoles et la production de bétail, ainsi que le défrichement et la mise en culture de parcelles naguère inaccessibles ou pas assez rentables, ont permis de croire qu’on avait la solution.
 
Par la suite, le développement économique des "petits dragons" asiatiques, puis la mise en coupe réglée de l’Amérique du Sud, ont permis d’entretenir l’espoir que la création de richesses nouvelles irait proportionnellement plus vite que l’essor démographique. Mais les limites sont atteintes.
Ainsi, après l’optimisme généralisé résultant de la croyance dans le progrès au siècle dernier, il a fallu accepter une évidence : plus on avançait, et plus on se rapprochait du fond de l’impasse.

La planète n’est pas indéfiniment extensible. Malheureusement. Les terres cultivées de façon excessive deviennent stériles. L’agriculture et l’élevage intensifs polluent de façon dramatique les sols, l’air, les rivières et les océans.
La déforestation, avant de modifier de façon durable notre atmosphère, accentue les phénomènes météo extrêmes, nuisant aux récoltes et à l’habitat.
Quant aux ressources minières, elles s’épuisent trop vite pour approvisionner indéfiniment de nouvelles usines, produisant de nouveaux produits en surnombre, qui bientôt gonfleront des stocks de plus en plus difficiles à écouler.
Et la distribution gratuite des biens de consommation "à chacun selon ses besoins", est une idée philosophique généreuse, mais non viable économiquement.

Sommes-nous trop nombreux ?
 
Il me semble que la première urgence serait de stabiliser notre nombre avant qu’une catastrophe démographique ne survienne. Avec le risque d’être réglée comme nous avons toujours su le faire, par des guerres et des génocides.
Ne soyons pas candides ni aveugles ! La guerre pour les ressources, pour l’énergie et pour l’eau a déjà commencé aussi bien en Asie du Sud-Est qu’au Proche Orient.
Les conflits économiques pour la terre cultivable sont quotidiens en Afrique et à Madagascar où l’on assiste à la naissance d’un nouveau colonialisme économique par multinationales interposées. Et l’on voit pointer les prémices des nouvelles guerres de la faim en Amérique latine et en extrême Orient.

Il est à craindre qu’elles se généralisent. L’instinct de survie de l’Homme le poussera aux pires excès s’il se sent menacé dans sa survie. Matérielle, ethnique, et culturelle.
La résurgence des nationalismes en Europe peut être interprété comme un signe avant-coureur.
 
Un espoir : bien que cela soit, pour le moment insuffisant pour une simple stabilisation démographique au plan mondial, les chiffres les plus récents nous indiquent une baisse de la fécondité dans la plupart des pays. Même en Iran où, malgré un régime théocratique sévère, la fécondité est tombée de 7 à un peu plus de 2 enfants par femme en 25 ans.
Tous les pays d’Europe sont aujourd’hui au-dessous des 2 enfants par couple. Plus ou moins. Si la France fait exception, toute l’Europe de l’est se dépeuple. Ainsi la Russie perdait-elle près d’un demi million d’habitants par an à la charnière des millénaires.
 
Sur tous les continents, du Canada au Japon, de la Chine au Brésil, en Australie et Nouvelle Zélande comme en Tunisie, le taux de fécondité baisse de façon significative.
Un peu moins vite au Mexique, en Inde et au Pakistan, en Indonésie comme au Maroc, en Algérie et en Egypte où il est toujours très au dessus de deux. Mais la tendance est à la baisse.
Même en Afrique subsaharienne où la fécondité globale reste encore très élevée, on note une baisse régulière.
Les derniers irréductibles se trouvent en France, ainsi qu’au Niger, en Guinée Bissau et en Afghanistan... La France entretenant l’illusion qu’il faut un grand nombre de jeunes pour payer les retraites, sans voir qu’un grand nombre de chômeurs va dans le sens contraire !
 
Pour sauver la planète !
 
Ce n’est pas en s’éclairant à la bougie, en cultivant ses tomates bio sur son balcon ou en renonçant à prendre des bains qu’on sauvera la planète... Mais bel et bien en décidant de n’avoir que un ou deux enfants par famille, ou pas du tout comme ces "dinkies" (double income no kids) qui ont fait ce choix aux USA.
L’idée chinoise de pénaliser les familles nombreuses au lieu de les aider peut choquer. Mais que faire d’autre lorsqu’on se heurte à des coutumes millénaires qui incitent à créer de grandes familles ? Toutefois, les campagnes de vasectomies plus ou moins forcées ont été abandonnées au profit de méthodes de persuasion et d’incitations économiques plus douces.
 
Quant à la solution indienne des années 70, elle est difficilement transposable : tout homme qui acceptait une castration, se voyait offrir par l’Etat un vélo, alors objet de très grande valeur.
Il faudrait au moins une Porsche Cayenne (et encore) pour convaincre nos chers compatriotes de passer par le bistouri pour sauver le monde !
par Christian Navis (son site) mardi 6 avril 2010 - 125 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par John Lloyds (xxx.xxx.xxx.113) 6 avril 2010 11:11
    John Lloyds

    La bombe P, chacun la vit tous les jours sans même en faire, généralement, les liens de causes à effets : industrialisation planétaire, fuite des emplois vers les pays où le travail s’apparente à de l’esclavagisme moderne, avec chômage généralisé dans les pays dits développés, productions très bas-de-gamme instaurant une société du jetable, production alimentaire de très bas coût instaurant une malbouffe et bientôt un empoisonnement contrôlé, pollutions généralisées, intérêts géo-stratégiques éxacerbés à objectifs énergétiques, provoquant la plupart des dérives militaires etc ... Tout ceci aboutissant lentement mais inexorablement vers une tiers-mondialisation des pays dits riches.

    Le problème se réglera de lui-même : dans un modèle de croissance comme religion dominante qu’il ne faut pas oser remettre en cause, les politiques sont condamnés à poser emplatres sur emplatres en rendant le système toujours plus instable. Tout cela se dirige joyeusement vers la pire apocalypse que l’humanité n’ait jamais connu, avec l’assentiment volontaire des peuples qui re-mandatent et prorogent systématiquement leurs fossoyeurs dans la plus folle confiance. On attend juste l’étincelle qui va embraser ce gaz qui a remplit la maison, nos élites, qui ne sont pas totalement connes non plus, sachant fort bien que l’affaire ne peut pas durer, s’en mettent plein les poches actuellement et préparent leurs arrières, avant le feu d’artifice final.

  • Par jullien (xxx.xxx.xxx.25) 6 avril 2010 11:52

     Même en Iran où, malgré un régime théocratique sévère, la fécondité est tombée de 7 à un peu plus de 2 enfants par femme en 25 ans.
    Je regrette beaucoup de ne pas trouver sur Internet les articles sur lesquels je m’appuie mais l’exemple iranien est très intéressant. Au début des années 1990 c’est à dire à un moment où l’indice conjoncturel de fécondité des Iraniennes dépassait les 5,0 enfants par femme, le gouvernement iranien pourtant composé de clercs craignit que le pays ne soit surpeuplé (le taux de chomage atteignait les 18% ou plus en 1991 si je me souviens bien de mes sources). Les mesures adoptées furent simples et peu coûteuses : l’accès à la pilule anti-conceptionnelle fut rendu libre et une obligation fut créée pour les couples voulant se marier de prendre rendez-vous chez un medecin pour être informé des différentes méthodes de contraception autorisées par les autorités iraniennes. Dès 1998, l’indice de fécondité était tombé à 2,5 enfants par femme. Actuellement, l’indice de fécondité des Iraniennes est d’environ 1,8 enfants par femme.
    Exemple particulièrement intéressant car il bat en brèche les opinions à la mode de nos jours qui attachent une trop grande importance aux pratiques religieuses et /ou culturelles : les êtres humains sont partout les mêmes et le simple bon sens suffit la plupart du temps à les rendre conscients de l’existence d’un danger. Ce qui m’amène à être optimiste quant à la "bombe P" d’autant plus que l’augmentation du nombre d’êtres humains sur Terre est due en grande partie aux progrès de la médecine et de l’hygiène. 

  • Par John Lloyds (xxx.xxx.xxx.219) 6 avril 2010 19:11
    John Lloyds

    3 millions d’années d’errance sauvage, 1/2 millions d’années juste à se chauffer le cul autour d’un feu, 5000 ans de civilisation, 200 ans d’industrialisation, 50 ans de consommation à crédit, 20 ans à rendre la planète inhabitable par un lent empoisonnement de ce qu’il bouffe et respire, l’homme n’aura été, à ce stade, qu’un virus qui ne se propage qu’à raison de tout détruire sur son passage, ainsi qu’ une simple paranthèse dans l’histoire de la vie. Et on voit mal quel miracle pourrait produire le moindre espoir, si ce n’est une grande baffe qui réveille cette immense masse de zombies.

  • Par Jean-Louis Le Blais (xxx.xxx.xxx.249) 6 avril 2010 15:04

    Yann artus bertrand n’est pas écologiste

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