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Bonnaire contre les psychiatres fous

La sortie du film de Sandrine Bonnaire "Elle s’appelle Sabine" pose le réel problème des méthodes barbares employées par le milieu psychiatrique. Si le film n’est pas un réquisitoire, les faits, eux, le sont.

Les quotidiens français ont assez bien couvert l’événement médiatique qu’est la sortie en salle du film de Sandrine Bonnaire Elle s’appelle Sabine. Un film qui est un émouvant cri d’alarme sur les exactions du milieu psychiatrique.

Sandrine, elle, n’a pas voulu en faire un réquisitoire contre qui que ce soit. Mais les faits parlent d’eux-mêmes.

A travers la vision des traitements inhumains subis par sa soeur, il ne faut pas se voiler la face sur la quantité de personnes qui subissent les mêmes traitements et dont la vie est détruite après leur passage en psychiatrie.

Mais la chose qui à mon sens est à relever avec intransigeance, c’est la réaction du personnel hospitalier psychiatrique concerné lors de la visite de Sandrine Bonnaire couverte par le journal Libération.

Lorsque Sandrine Bonnaire interroge un médecin psychiatre sur la raison qui a justifié la quantité hallucinante de drogues psychiatriques administrées à sa soeur, celui-ci répond que c’était nécessaire, vu qu’elle était violente. Et la violence dont il parle : elle avait giflé un infirmier...

Si je croisais ce monsieur et qu’il me proposait son traitement, il est possible que moi aussi je pense à lui faire tâter du camouflet... J’ai pourtant bien compris qu’il me faudrait m’abstenir, car non seulement cela a conduit Sabine Bonnaire à être droguée jusqu’à un point d’extrême dégradation, mais cela lui a aussi valu des mois d’enfermement isolée du monde, un traitement dont même le plus saint de tous les sains d’esprit ressortirait aliéné.

anti_bug_fckEt Sabine a été aussi attachée avec des moyens « plus modernes, avec des aimants qui lient directement mains et chevilles au lit  ». Et le médecin psychiatre de prétendre que c’était nécessaire, que cela lui faisait du bien.

Pourtant, Sandrine est claire : avant, « elle était dans l’échange, dans le contact. D’ailleurs, elle jouait du Schubert, elle dessinait. Aux Murets, elle a perdu toute mémoire, elle ne savait même plus s’habiller  ».

Ce qui me choque, au-delà de la dégradation de Sabine Bonnaire, victime de l’inhumanité de ses bourreaux, c’est l’absurdité et l’absence totale de responsabilité du personnel psychiatrique.

« Nous n’avions pas d’autres choix, elle était violente. » On croirait entendre les justifications d’un tueur en série aux assises.

Bien sûr que d’innombrables autres choix existent, pour un être humain évolué et sain d’esprit !

Que dois-je penser ? Si un jour ma femme me gifle, pourquoi ne l’enfermerais-je pas et ne la droguerais-je pas jusqu’à ce qu’elle devienne enfin docile ?

Lorsque Sandrine Bonnaire demande pourquoi sa soeur va mieux depuis qu’elle a quitté le milieu psychiatrique, la réponse est : « nous l’avons peut-être gardée trop longtemps ».

Cette réponse peut-être qualifiée de non sequitur. Ce qui veut dire qu’elle n’a aucun sens, qu’elle ne suit aucune logique. Et c’est une caractéristique d’aliéné !

Le fou, dans cette histoire, c’est celui qui n’est même pas capable de voir les dégâts qu’il crée quotidiennement. Qui ne voit aucune relation de cause à effet dans le fait de droguer une personne et la dégradation qui s’ensuit, qui est incapable de reconnaître ses responsabilités même lorsque celles-ci éclatent au grand jour.

Le fou, c’est celui qui dirige une usine de maltraitance à coups de drogues, d’électrochocs et de méthodes de coercitions barbares et qui répond : « On ne peut pas faire autrement. »

En Italie, les établissements psychiatriques ont tous été fermés depuis longtemps et le constat est très positif.

Alors, lorsque la psychiatrie nous fait croire qu’elle a besoin de plus de moyens, ne tombons pas dans le panneau.

Lorsque le ministère de la Santé présente comme solution : "plus de lits dans les hopitaux psychiatriques", la question à poser en retour est : "Plus de lits pour torturer plus de gens  ?"

Non, la psychiatrie n’a pas besoin de plus de moyens. Elle a juste besoin de retrouver la raison. Si tant est qu’elle l’ait eue un jour, ce dont je doute.

par Eric Roux (son site) vendredi 1er février 2008 - 65 réactions
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  • Par Philou017 (xxx.xxx.xxx.24) 1er février 2008 13:22
    Philou017

    @Alna

    Il est vrai que la diminution drastique des moyens ne favorise pas la prise en charge des malades (diminution par 2 du nombre de lits depuis 1985, médecins surchargés, personnel infirmier insuffisant).

    Il faut néanmoins parler du scandale des traitements médicamenteux utilisés par les psychiatres. Les médicaments en psychiatrie ne sont que des palliatifs destinés à apporter une réponse rapide, mais ils n’apportent aucune guérison sur le fond. Ces traitements ont souvent des effets tres dommageables à terme : prise de poids, boutons, dégradation de certaines fonctions et ont souvent l’effet d’enfoncer des patients dans leur pathologie et leur maladie. De plus ils créent une accoutumance dont rapidement le patient ne pourra plus se passer. En l’absence de therapie psychologique, le malade n’evolue pas et on est contraint d’augmenter les doses ou de changer de traitement avec le temps. Ce que montre tres bien le film de Sandrine Bonnaire. Face au probleme posé par Sabine, l’institution psychiatrique a répondu par la camisole chimique et des réponses souvent brutales. On voit le résultat. La patiente est calmée, mais à quel prix.

    Il faut souligner la prédominance de l’industrie pharmaceutique dans la psychiatrie Française. Celle-ci par un lobbying tres actif et en ayant réussi à placer des adeptes du traitement médicamenteux à la tête de la psychiatrie, a grandement contribué à imposer ce genre de choix "thérapeutique". Quand la finance téléguide nos médecins...

    Il serait temps de remettre en place une prise en charge plus humaine et orientée sur le traitement psychologique des malades, seule façon d’obtenir des résultats efficaces. En attendant , les malades et leurs familles souffrent d’une psychiatrie inadaptée, insuffisante et soumise aux intérêts financiers.

  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.122) 1er février 2008 12:11
    ZEN

    Courageuse Sandrine !

    J’espère qu le film va créer un électrochoc dans l’univers psychiatrique français qui se dégrade...

  • Par TALL (xxx.xxx.xxx.195) 1er février 2008 15:09

    La psychiatrie en Belgique est tout aussi dégueulasse. Elle l’est d’ailleurs partout dans le monde parce qu’au niveau des compétences, on est encore nulle part en ce début de 21e siècle. Un peu comme l’était la médecine générale il y a 400 ans, avec les saignées, etc ... C’est le même niveau aujourd’hui en psychiatrie..

  • Par Christoff_M (xxx.xxx.xxx.245) 1er février 2008 13:52
    Christoff_M

     j’ai une amie qui fut internée il y a longtemps sur demande d’un "expert psychiatre" dans une grande clinique parisienne....

    Elle eu a subir les electrochocs alors qu’elle n’avait jamais été internée auparavant, résultat, elle en garde des séquelles plus de vingt ans après..... les parents perdus faisaient confiance aux hommes en blanc !!

    il y eu le cas aussi de l’actrice Marie Hélène Breillat qui fut internée par sa famille, qui subit de terribles choses et qui témoigna dans un livre, disant que si on rentrait avec encore une partie de sa tete on sortait fou avec le traitement et l’ambiance carcérale de ces établissements.

    J’ai moi meme vécu, jeune en fce d’un grand établissement à Alençon et je fus choqué et étonné à la fois par le nombre de personnes qui essayaient de s’échapper et qui nous disaient qu’ils étaient maltraités et qu’on les rendait fous !! on mélangeait les cas légers avec les cas graves et pour tous meme traitement. J’espère que cela a évolué dans la psychiatrie actuelle...

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