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Accueil du site > Tribune Libre > Brexit or not ? La grande-Bretagne restera-t-elle dans l’UE (...)

Brexit or not ? La grande-Bretagne restera-t-elle dans l’UE ?

David Cameron l’avait promis lors des dernières législatives (et il n’avait guère le choix, poussé par l’opinion britannique), il y aura bien un référendum pour savoir si le Royaume-Uni restera au sein de l’Union Européenne et le Premier Ministre qui tient à ce que ce soit le cas, négocie de pied ferme pour que les concessions faites par Bruxelles soient suffisantes pour permettre ce maintien, y réussira-t-il ?

 Ce n’est pas si évident, Cameron comme la City ne tient pas à une sortie de l’UE et il prend son temps pour préparer le Référendum. Il l’a dit lui-même : il y a jusqu’à fin 2017 pour organiser ce dernier et les sondages actuels donnent le maintien dans l’UE à 52 % mais les britanniques sont d’éternels eurosceptiques.

 L’adhésion de 1972 ne s’est faite qu’à contre-cœur et la Grande-Bretagne tient depuis à avoir le maximum de dérogation. Elle ne fait pas partie de l’espace Schengen et de la zone Euro. Elle bénéficie de surcroît d’une dérogation pour le financement de l’UE : à PIB égale elle finance 12,3 % des dépenses pour 16,7 % pour la France !

 Mais cela ne suffit pas eux Britanniques, ils souhaitent reprendre une plus grande part de leur compétences : les conservateurs de Cameron ont de nombreux eurosceptiques dans leurs rangs et l’UKIP (le Parti de l’Indépendance du Royaume-Uni) de Nigel Farage a fait un bon score aux dernières élections européennes : arrivé en tête avec 26 % des suffrages il avait obtenu 24 députés (avec une participation de 34%). Même si ce score n’a pas été consolidé lors des législatives (3 ème place et un seul siège avec 12,6 % des suffrages), le parti reste suffisamment menaçant pour obliger Cameron à respecter ses promesses (voir http://www.christophebugeau.fr).

 D’où les négociations en cours : Londres veut redonner du pouvoir au Parlements nationaux, avoir une vue sur les mesures prises par la Zone Euro et aussi pouvoir contrôler l’immigration en provenance de l’Europe de l’Est. Il est nécessaire pour les Britanniques de reprendre la main.

 Si Cameron obtient suffisamment de concessions, il pourrait organiser d’ici juin le référendum. La question se passera alors de savoir si la Grande-Bretagne restera ou non au sein de l’UE. Une victoire des « indépendantistes » ne serait pas neutre. Londres resterait membre de l’association européenne de libre-échange ce qui lui permettrait de pouvoir commercer librement avec ses voisins, mais elle perdrait de son influence dans les décisions. Et quid de l’Ecosse qui pourrait vouloir rester dans l’UE ? Risque-t-elle d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance ?

 En dernier lieu, après plusieurs vagues d’adhésion et d’élargissement sur plusieurs décennies, ce serait la première fois que l’Union Européenne verrait un de ses membres la quitter et mettre ainsi un terme à un élargissement sans limites.  


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16 réactions à cet article    


  • adeline 3 février 10:48

    Les 28 pays sont irrémédiablement liés à l’Europe, aucun ne peut sortir et surtout pas son coeur financier. C’est du cinéma pour faire croire qu’il y aurait une possibilité de sortir, sauf que non, la grande intrication ;..


    • Clocel Clocel 3 février 11:26

      Mais bien sûr que la GB va rester, elle est la principale bénéficiaire du grand bordel financier et le cheval de Troie de l’Empire...
      Faut juste qu’elle fasse régulièrement sa mijaurée pour arracher à la marge plus que la part de ses petits camarades auxquels elle ne saurait être confondue...
      Une étoile sur la torchon de l’UE et une autre sur la bannière étoilée sont nécessaires pour étaler des ambitions qui ne pourraient être contenues sur leur si petit royaume...
      On peut reprocher plein de choses à la GB, sauf sa constance dans la déraison...


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 3 février 11:50

        Indépendamment des éventuels coûts économiques et financiers d’un Brexit, le Royaume-Uni doit quitter l’Union Européenne car, depuis son adhésion, il a largement démontré sa tendance égocentrique (I want my money back) et, de facto, opposé à l’esprit européen ! ! !


        • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 3 février 11:51

          Brève réflexion sur l’Europe et l’Euro :

          Depuis les tout débuts de l’Union Européenne, chaque fois que se présentait un problème, nos politiques à Paris nous disaient que le problème était « la faute de Bruxelles » quand bien même ils participaient aux décisions du Conseil Européen à Bruxelles.

          De ce fait, l’Union Européenne est devenue symbole de problèmes et non pas symbole de solutions.

          Certes, l’Union Européenne et l’Euro ne sont pas parfaits.Mais, pour qu’ils s’approchent de la perfection, il faudrait encore plus d’Europe et non pas l’inverse !À bon entendeur...


        • Clocel Clocel 3 février 12:20

          @Jean-Pierre Llabrés

          « il faudrait encore plus d’Europe »
          C’est vrai, en cas d’indigestion, plus de nouilles, ça peut aider... A dégueuler !
          Farpaitement Machin a raison ! smiley


        • JBL1960 JBL1960 3 février 13:28

          @Clocel Oui, vous avez raison ! Pourtant Chris Kyle les avait prévenu : « Ce n’est pas en faisant encore plus de ce qui ne fonctionne pas que cela fonctionnera mieux ». Et puis, le Oblabla vient d’appeler son laquais au bigophone ce jour pour lui dire qu’il avait besoin d’une GB forte au sein d’une UE forte... Comme d’hab, quoi, le gonze s’est fait élire sur un mensonge et maintenant qu’il est réélu : Mais non j’l’ai pas dit ! HS Avez-vous vu que le Kerry s’est fait embêter par une journaliste qui lui posait juste une bonne question ? Tenez, j’en ai fait un billet de blog ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/03/mais-non-cest-pas-nous/ Ah, on a pas le cul sorti des ronces, hein ?


        • Clocel Clocel 3 février 13:38

          @JBL1960

          Mouais, il semblerait que le scenario bien huilé va avoir du mal aboutir cette fois...
          http://www.dedefensa.org/


        • Ar zen Ar zen 4 février 22:01

          @Jean-Pierre Llabrés

          C’est quoi « plus d’Europe » ? Vous pensez que les armadas de juristes hyper qualifiés qui ont pondu les traités sur le long terme ( Rome + Maastricht + Amsterdam + Lisbonne) étaient des buses ? Les traités unifiés aujourd’hui dans le TUE et TFUE sont irréformables du fait de l’article 48 du TUE qui requiert l’unanimité des membres pour en changer la moindre virgule. Alors plus d’Europe ? C’est quand même curieux que des élites juridiques aient malencontreusement « oublié » d’intégrer dans les traités des dispositions relatives à des harmonisations fiscales, salariales et sociales. C’est quand même curieux que les traités laissent libre champ aux multinationales de délocaliser leur production où bon leur semble dans le monde.

          Par ailleurs, lors de la ratifications des traités que j’ai cités plus haut, le conseil constitutionnel a mis en exergue que de nombreuses dispositions des traités étaient « anticonstitutionnelles »’. La constitution française a été modifiée à 19 reprises, depuis 1992 et Maastricht, pour « s’adapter » aux traités européens. A chaque fois des transferts massifs de souveraineté ont été effectués de la France vers l’UE. Donc, lorsque vous parlez de « plus d’Europe » vous voulez dire quoi ? Actuellement 85% des lois et règlements en France sont d’origine UE à travers le respect des règlements européens, des directives et des recommandations. Voulez vous aller jusqu’à 100% ? Le président de la République, le gouvernement t et l’assemblée décident aujourd’hui de la vitesse sur les autoroutes et de la réforme des l’orthographe française. Les grandes décisions de politique économique sont prises, quant à elles, à Bruxelles. Par qui ? Plus d’Europe avez vous dit ?


        • Abou Antoun Abou Antoun 3 février 12:34

          Le Royaume Uni ne sortira pas de l’Europe.
          C’est facile à comprendre, l’UE est une construction et un joujou des USA. Tout le monde sait que depuis 1945, le Royaume Uni est le 51ème état américain. C’est la raison pour laquelle De Gaulle n’en voulait pas en Europe...
          La sortie du Royaume Uni peut préfigurer une réaction en chaîne chacun reprenant ses billes. Les tendances centrifuges existent partout et se renforcent à l’Est où suite aux problèmes d’immigration massive, les peuples se demandent si vraiment l’idée d’appartenance à l’Europe est bonne.
          Donc il y a un risque, celui de voir d’autres pays emboîter le pas au Royaume Uni, peut-être à commencer par la France. Or sans la France et le Royaume Uni il n’y a plus d’UE (on ne versera pas une larme ...).
          Donc les britanniques recevront l’interdiction formelle de Washington de quitter l’Europe, décision qui pourrait leur faire perdre le contrôle sur le continent.
          En pratique que fera l’exécutif pour respecter ses engagements et obéir à Washington, on ne sait pas mais il trouveront une solution. Voyez comment les dirigeants français ont contourné le résultat du referendum.
          Le Royaume uni ne quittera (malheureusement) pas l’Europe, et il en sera de même de la France aussi longtemps que les Français porteront à la présidence des ’Young Leaders’.


          • TSS 3 février 13:36

            De Gaulle l’avait predit :« Si vous voulez une Europe unie et solidaire faites la

            sans l’Angleterre » !.


            • Le421 Le421 3 février 20:12

              Depuis le début, la Grande Bretagne a profité de l’Europe et de la bêtise de ses dirigeants.
              Les anglais ont gardé ce qui les intéressait et ont refusé toutes les contraintes.
              Ce sont eux les plus malins.
              Nous, on fait exactement le contraire, en France !!

              Alors que si on faisait pareil, ce serait nettement mieux. Mais il faudrait des dirigeants avec des couil... !!


              • Serge ULESKI Serge ULESKI 3 février 21:04

                Le 03 février 2016 à 20h25

                Europe : la maestria de la diplomatie du Royaume Uni

                 

                  Non contente d’avoir tué l’Europe que la France avait rêvé telle une « puissance politique »capable de proposer au monde une relation autre que celle imposée par une hégémonie étasunienne qui écrase tout sur son passage, toutes les cultures et toutes les ambitions d’auto-détermination et d’auto-conservation...

                Non contente donc d’avoir paralysé l’Europe avec un élargissement sous Tony Blair, agent américain confirmé, qui a signé l’arrêt de mort de cette Europe alternative qui se voulait ou se serait voulue comparable à une sorte de « projet alternatif d’être au monde » dans sa relation avec les autres Continents...

                Voilà que le Royaume Uni souhaite continuer de prendre ses distances avec l’UE - elle renforce son parlement national -, qui implique pourtant le partage des avantages aussi bien que des inconvénients ; tranquillement, ce Royaume poursuit la renégociation de son appartenance à l’UE afin de ne goûter que les avantages et aucun des inconvénients de cette intégration.

                Aussi, saluons ici l’efficacité de l’action du Royaume Uni depuis son adhésion en 1973.

                Avec ces négociations et ce chantage à la sortie de l’UE, Cameron s’inscrit dans la continuité et parachève une oeuvre conduite pour le compte des USA dont le Royaume Uni n’a jamais cessé de servir les intérêts, dans une relation de vassal à suzerain car le rapport de force c’est bel et bien inversé au cours du XIXe siècle : la maison mère du Royaume Uni, ce sont les USA en ce qui concerne sa sécurité et son soutien au maintien de l’hégémonie culture, économique et militaire des Etats-Unis.

                  Et quand on pense que jamais il ne nous sera donné, à nous Français, de compter sur une classe politique capable de défendre avec une détermination et une efficacité comparables nos intérêts à la fois économiques et géo-stratégiques, et ce au bénéfice, il est vrai, d’un tout autre projet - nommément : l’émancipation de l’Europe -, c’est encore une fois le rejet de cette Europe passoire des intérêts étasuniens qui s’impose à nous.

                 

                _____________

                 

                Pour prolonger, cliquez : Penser la construction européenne avec François Asselineau


                • Gandalf Gandalf 3 février 22:24

                  Là, on serait plutôt sur le concept de little Brexit.


                  • MAIBORODA MAIBORODA 4 février 10:42

                    Nos bons amis Anglais veulent le beurre, l’argent du beurre, l’argent de l’Europe, mais surtout pas les inconvénients de l’Europe. 

                    Ils veulent bien y rester, à condition d’en tirer avantage sans en partager les contraintes.
                    Ah ! Perfide Albion, se serait exclamé Bossuet.

                    • BA 4 février 10:45

                      4 février 2008 : un coup d’État des élites politiques françaises.

                      Le jour où les élites politiques françaises ont montré leur vrai visage.

                      Le jour où les élites politiques françaises ont trahi le peuple français.

                      C’était il y a huit ans, le 4 février 2008, à Versailles. Les députés et les sénateurs étaient réunis en Congrès pour voter le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution.

                      En clair :

                      • Si les députés et les sénateurs avaient voté “contre”, un référendum sur le traité de Lisbonne aurait été organisé.

                      • Si les députés et les sénateurs votaient “pour”, il n’y aurait pas de référendum sur le traité de Lisbonne.

                      Résultat :

                      Les députés et les sénateurs se sont rendus complices d’un coup d’État : ils ont voté “pour” (560 voix).

                      560 traîtres ont trahi le peuple français.

                      560 traîtres ont refusé de soumettre le traité de Lisbonne à référendum, alors que ce traité de Lisbonne reprend 98 % du Traité établissant une constitution pour l’Europe, refusée par 54,7% des Français lors du référendum du 29 mai 2005.

                      Seuls 181 députés et sénateurs ont sauvé l’honneur. Seuls 181 députés et sénateurs ont résisté au coup d’État : ils ont voté “contre”.

                      Et ne parlons pas de tous ceux qui se sont abstenus (152) ou ont préféré ne pas prendre part au vote (14), laissant ainsi sciemment le champ libre aux 560 traîtres.

                      Conséquence : il n’y a pas eu de référendum sur le traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne a été adopté trois jours plus tard par le Parlement français, le 7 février 2008. 

                      Conclusion : la construction européenne est anti-sociale, anti-populaire, anti-démocratique. Elle doit être détruite.

                      Pour savoir qui sont les 560 traîtres qui ont voté “pour”, c’est ici :

                      http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo9000.asp


                      • ZenZoe ZenZoe 5 février 08:24

                        Quel cinéma tout ça, que de mousse gaspillée, puisque chacun sait que le RU va rester !
                        Comme d’hab, on nous enfume en nous faisant croire qu’un immense danger nous guette si l’Europe s’effondre, alors qu’on voit bien que c’est tout le contraire..
                        Quel pays, quel dirigeant aura le cran de dire merde à cette Europe qui trahit tous ses ressortissants, qui les ruine, qui les angoisse, qui les monte les uns contre les autres ?
                        Il suffit qu’il y en ait un, juste un, pour dire non, et tous les autres suivront. Comme pour l’entrée des migrants...
                        Allez, quel pays se lance en premier ?

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