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C’est con, il va manquer 50 kilometres !

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50 : C’est le nombre de kilomètres qu’il manquera peut-être à la ligne Rhin-Rhône après des années de travaux. La ligne Lyon-Turin, contre laquelle les collectifs NO-TAV se battent depuis 20 ans, pourrait ne jamais voir le jour. Quels seront les critères appliqués par la commission qui décidera à la fin de l’année de l’abandon des projets ? La presse évoque déjà le coût des projets (86 milliards pour l’État, plus encore pour les collectivités locales), le faible temps de transport gagné et leur fréquentation… autant d’arguments de simple bon sens avancés depuis longtemps par les collectifs militants face aux élites à l’origine de ces projets.

En revanche, d’après un représentant de R.F.F, « les lignes construites en partenariat public-privé, c’est-à-dire Tours-Bordeaux, Metz-Nancy, Le Mans-Rennes et le contournement Nîmes-Montpellier, dont le contrat est déjà signé, ne devraient pas être touchées »… L’État avoue ainsi sa dépendance aux grands groupes privés. Le ministre tente de reporter la faute sur les gouvernements UMP, sur « ceux qui ont prévu une multitude de projets sans avoir le début du commencement du moindre financement ». C’est oublier que la plupart de ces grands projets, souvent déconnectés des réalités quotidiennes de la population, sont défendus dans leur région par des notables du PS, soutenus par leurs alliés électoraux … un certaine partie des élus de gauche se doit de sortir du « ni-ni », de prendre position et d’éclaircir cette situation !

Le 2e forum européen contre les Grands Projets inutiles et imposés (GPII), s’est déroulé à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, du vendredi 7 au mercredi 11 juillet. Le premier forum tenu en 2011 au Val de Suse (Italie), avait permis une première convergence des luttes sur les projets de transports : lignes à grande vitesse, aéroports ou autoroutes.

De la LGV dévastatrice en Pays basque à l’autoroute trouant la forêt de Khimki (Russie), du méga-complexe de casinos et d’hôtels d’Euro Vegas (Espagne) à la gare ferroviaire géante de Stuttgart (Allemagne), des centres d’extraction du gaz de schiste au centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (France), de la destruction du parc d’Hellinikon (Grèce) à la LGV Manchester-Londres dévoreuse de terres, cette deuxième édition du forum élargit les réflexions communes au nucléaire, l’énergie et à la gestion des déchets, aux parcs d’entreprises et aux zones commerciales, à l’urbanisme et l’organisation des territoires. C’est l’ensemble des politiques d’infrastructure qui sont ainsi confrontées aux besoins des populations et au respect de leur environnement.

http://2ccr.unblog.fr/2012/09/09/le-chiffre-50/

A lire également : SNCF  : PLACE AUX TRAINS PRIVES


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4 réactions à cet article    


  • HELIOS HELIOS 10 septembre 2012 12:51

    Le role de l’etat, c’est de prevoir !

    Prevoir quels seront les besoins des populations dans l’avenir et mettre en oeuvre les moyens qu’il faut pour satisfaire ces necessités, dans l’interet de tous.

    Faire des routes, des voies, des aeroports, des sites specialisés ou/et dediés etc... c’est donc bien dans le role de l’etat.

    On comprend bien que toutes les infrastructures, les decisions, l’organisation genent toujours quelqu’un.. il faut donc arbitrer dans l’interet de tous. cela n’est pas evident mais on ne peut pas tout figer pour faire plaisir a une toute petite minorité, fut elle « bio » !

    le point precis du financement de ces besoins est egalement legitime, mais tout ne peut pas etre du domaine privé ni du domaine plublic non plus. En tout cas, les depenses que le systeme privé ne peut pas assurer doit etre assuré par l’etat, justement parce que c’est un besoin public infinançable pour le systeme privé.

    Ceux qui ne veulent pas voir naitre des amenagements du territoire qui ne leurs plaisent pas, doivent se manifester, là ou c’est l’endroit, et etre confrontés a l’avis des autres. c’est ça, la democratie.


    • Plum’ 10 septembre 2012 17:13

      Vous semblez sous-entendre que les opposants à Nantes, Stuttgart, Lyon-Turin sont des minoritaires bio et vous croyez que ça suffirait à expliquer la résistance ? Dans nos démocratie, il est très difficile de créer un mouvement d’opposition, il faut etre nombreux et de divers horizons, et avoir le soutien de la population pour que ça prenne une ampleur susceptible de bloquer le rouleau compresseur administratif.

      D’ailleurs, c’est parce qu’il y a eu besoin de les imposer, en dehors des principes démocratiques, que ces grands projets sont inutiles...

      On peut aller au delà des exemples cités, les français ne se sont jamais prononcés sur le sujet du nucléaire et il n’en est toujours pas question. Pourtant, pire qu’inutile, c’est là dangereux, sauf pour ceux qui imposent leur idée d’une dangerosité s’arrètant à nos frontières. On a tout figé pour une petite minorité de décideurs et gens de pouvoir. Et on s’enfonce dans une impasse dont nous n’avons pas fini d’éponger les couts financiers et autres... au point de reléguer les problèmes aux générations à venir.


    • gaijin gaijin 10 septembre 2012 18:01

      « Le role de l’etat, c’est de prevoir »
      ben oui mais ça c’est de la théorie
      en pratique l’état est incapable de prévoir qu’il faut un jour payer ses dettes
      6 mois avant la crise de 2008 on nous assurait que tout allait bien madame la marquise et que la crise des subprimes ne toucherait pas la france .......
      l’état est incapable de prévoir .......
      il navigue a vue, l’ oeil sur les sondages de la semaine, une main dans la poche des contribuables et l’autre dans la louche des grands groupes qui financent les partis politiques .......


    • paul 10 septembre 2012 16:47

      On peut penser que les grands projets d’infrastructures sont toujours lancés par des élus responsables et compétents, aidés par des experts totalement indépendants .
      On peut penser aussi, en citoyen confiant sur le parfait contrôle démocratique des institutions et sur l’info indépendante donnée par nos médias, qu’il suffira le moment venu, de valider ou non le projet en question . Par exemple lors de l’enquête d’utilité publique .

      En réalité, le coût de ces projets atteignant souvent plusieurs milliards font l’objet d’un intense lobbying de la part des groupes industriels ou du BTP, dont la zone d’influence dépasse largement les frontières, puisque il y a souvent un cofinancement européen .
      Les épais dossiers farcis de chiffres,de graphiques et de simulations à l’horizon 2035 démontreront aisément la validité, voire la rentabilité du projet .

      Ainsi, vendre la construction d’une ligne LGV qui coutera plusieurs milliards pour qu’une minorité gagne quelques minutes sur un parcours, alors que la ligne actuelle se détériore et que RFF ( Réseau Férré de France ) cumule des dizaines de milliards de dette, ou vendre un aéroport dans une région qui n’en nécessite pas, c’est le métier de ces experts qui sauront réduire à néant les arguments des zécolos et des passéistes qui refusent « le progrès » .
      Le financement de cette mégalomanie ? c’est la botte secrète du partenariat Public-Privé, lancée par le gouvernement précédent ( LGV Tours-Bordeaux, Hôpital Francilien, le Pentagone français à Balard, et même la construction de prisons ...A payer pendant quelques dizaines d’années, trois fois plus cher que le devis initial, mais c’est un autre dossier ....
      Excellent article sur le sujet d’Alain Devalpo dans le Diplo d’aout dernier :
       « L’art des grands projets inutiles » .

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Robert GIL

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