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Canal+ : un VRP nommé Hamon

Jeudi 27 juin, à l'Assemblée nationale, Benoît Hamon a craché sa valda. Celui qu'on pensait être le ministre de la Consommation s'est révélé sous un jour insolite, enfilant pour l'occasion le costume de VRP du groupe Canal+. Un plaidoyer en faveur de la chaîne payante qui n'est pas sans évoquer un léger foutage de gueule.

Reprenons au début. Un ministre de la Consommation, à la base, c'est un type en complet sur-mesure au tissu d'origine transalpine grassement payé par le contribuable pour défendre les intérêts du consommateur. Ça, on savait. Ce qu'on ignorait, en revanche, c'est que la veste de ce costume était réversible à merci.

Benoît Hamon nous en a fait une belle démonstration lors de la discussion parlementaire sur le projet de loi relatif à la consommation. Ni une ni deux, hop, le ministre est passé dans le camp adverse, défendant les intérêts privés de Canal+. Pas vu pas pris ? C'était sans compter les yeux de lynx des chroniqueurs de Mediapart.

Il est vrai que l'affaire aurait pu ne jamais en devenir une. On ne peut pas dire que LCP soit la chaîne la plus regardée du PAF, et quand elle l'est, c'est souvent d'un oeil louche, les paupières lourdes, un filet de bave à la commissure des lèvres. Hamon, par-ailleurs, s'est bien gardé de défendre dans les médias la position qui a été la sienne ce jeudi 27 juin dans l'hémicycle, comme s'est chargé de le rappeler Damien Abad, pas dupe : "Il existe un grand décalage entre votre positionnement politique dans la presse et ce que vous défendez ici, à l’Assemblée nationale !" Bim.

Mais venons-en aux faits. Ce que révèle Mediapart semble un brin anecdotique, c'est pourtant très grave. Lors de cette fameuse séance, qu'on rebaptisera ici "la quenelle du 27 juin", Hamon à foulé au pied la mission dont le bon peuple de France l'a investi, pour s'en aller draguer, putassier comme jamais, le grand capital.

A l'origine de l'affaire, le souhait d'un certain nombre d'élus, Catherine Proccacia en tête, de faciliter la procédure de désabonnement à Canal+. Jusqu'à présent, c'était un peu laborieux, on ne pouvait guère rompre son contrat avant sa date anniversaire, anniversaire dont l'approche ne nous était pas rappelée, ou de façon sibylline. Si ce dernier point vient d'évoluer, puisqu'à l'avenir la chaîne de Bertrand Meheut enverra un courrier à ses abonnés deux mois avant la date de la fin de leur engagement, le premier point, lui, est resté inchangé. Pas glop.

Résumons-nous. Alors qu'en matière de téléphonie mobile, d'assurances automobile ou habitation, on peut se libérer de ses engagements à tout moment, en matière de Canal+, pas possible. N'y aurait-il pas ici une légère incohérence ? Comme un parfum de scandale ?

Pas aux yeux de Benoît : « Afin de proposer des contenus attractifs, les opérateurs doivent engager d’importants investissements pour l’achat de films, de séries ou de sport, de surcroît dans le cadre le plus souvent de contrats pluriannuels. Les investissements sont mutualisés sur une base annuelle entre les différents types de contenus et sur l’ensemble du parc des abonnés. La structuration des offres en contrats annuels permet de ne pas supporter de trop forts volumes de résiliation durant les périodes de trêve des championnats sportifs ou à la fin de la diffusion d’une fiction, ce qui permet de lisser le prix des abonnements et d’assurer l’équilibre économique des offres ».

Petit séisme. En plus d'accorder sa préférence au groupe Canal+ - aux oreilles duquel ce petit laïus est clairement adressé - sur ses concurrents, chez lesquels les contrats ne sont en général pas annualisés, Hamon défend les intérêts de Canal+ au détriment de ceux des abonnées, c'est à dire des consommateurs.

Et oui, mon bon monsieur, ce serait quand même dommage que Canal connaisse des creux au cours de l'année, entre deux saisons de foot ou d'une série à succès. Et si monsieur tout le monde perd son emploi et rencontre des difficultés à payer son abonnement ? Que voulez-vous, dans la vie, il y a des creux. Il pourra toujours se réconforter en regardant Hamon au Grand Journal, il y passe tous les 6 mois. 


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3 réactions à cet article    


  • spartacus spartacus 5 juillet 2013 13:30

    Petits arrangements entre TV de gauche et parti politique de gauche.

    Je t’aide positivement d’un coté, tu médiatisera positivement de l’autre !

    Tous les jours les guignols ne sont pas bien plus féroce avec les gens de droite que de gauche ?

    • 1984 5 juillet 2013 22:17

      De gauche ???
      T’es vraiment trop con de cracher sur des putes de droite, c’est ta famille mon petit esclave qui confond révolte et soumission !


    • Claude Simon Claude Simon 6 juillet 2013 09:03

      Belle manoeuvre que d’exiger au capitalistes la précarité qu’ils ont imposé aux travailleurs.

      Mais je ne suis pas sûr qu’au final, cela soit profitable à tous ou du moins à la majorité, comme les efforts qui ont été fait pour précariser les basses recrues de la grande muette.

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byzance


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