Le corps des femmes dans les médias après l'affaire DSK et l'affaire Tron...
image ci-dessous prise ici
Que l'on ne se méprenne pas, l'auteur du texte qui suit n'est pas franchement un féministe, ni même un soutien du féminisme de près ou de loin, quoi que je ne dédaigne pas la compagnie des femmes toutes proches, très proches. De plus, le féminisme ce n'est ni plus ni moins qu'un militantisme pétri de certitudes pénibles à entendre, comme toute vulgate.
Je me souviens par exemple de cette manifestation organisée il y a quelques années à Bastille pour défendre le sort des femmes afghanes, dont j'avais été repoussé avec quelques autres mâles car mâles dont mauvais pour les dames présentes ce jour là.
Ce qui est contradictoire, puisque dans les mouvements féministes fleurit depuis quelques temps une théorie « du genre » qui affirme que le genre n'existe pas, donc le genre masculin non plus.
Or, si les mâles ne sont pas acceptés dans une manifestations, c'est donc que le genre est reconnu comme existant, puisque nous étions perçus comme hommes. N'y étaient même pas tolérés les hommes/« copines » très à la mode dans certains milieux, capables de tellement d'écoute avec les femmes, souvent ou homosexuels, assumés ou pas, ou simplement intellectuellement châtrés.
Ce que j'ai toujours trouvé étrange, mais pas tant que ça finalement, c'est que l'on retrouve le même genre de harpies frustrées au bout du compte dans d'autres mouvement pourtant apparemment aux antipodes, comme dans certains groupes catholiques où il semble de bon ton pour les filles de s'enlaidir le plus possible.
Depuis quelques semaines cependant, après l'affaire DSK et l'affaire Tron, on se pose quand même beaucoup de questions sur l'image des femmes dans la société actuelle.
D'un côté on nous dit qu'il n'y a pas « mort d'homme », de l'autre on on parle de « troussage de domestiques », sans trop de gravité, ce qui en dit long sur les commentateurs. Ce qui est également assez curieux, c'est qu'il s'est trouvé quelques femmes dont celle-ci, pour défendre DSK tout en se prétendant féministe, ce qui en dit long sur la sincèrité de ses convictions et les contradictions des féministes.
De l'autre, on croit bon de nous alerter sur la pudibonderie de notre société qui signifierait que nous serions en train de nous américaniser, de devenir des protestants rigides qui ne tolèrent pas la moindre déviation à la morale. On n'ira pas jusqu'à dire qu'il y a encore beaucoup de préjugés sur les « parpaillots » ou réputés tels mais on n'en est pas loin.
Pour l'américanisation, je dirais que malheureusement c'est déjà fait ou du moins largement entamée.
Pour le retour à un ordre moral pudibond et rétrograde, je serai moins définitif, je dirai que c'est un peu court les gars, (je parle de la phrase les gars, pas d'autre chose).
Cela sent le vieux refrain, la même ritournelle est servie depuis 68 dés que l'on révèle les frasques d'un notable ou un autre dans les médias, surtout quand celui-ci se prétend progressiste ou libéré. Traduire par là que ce n'est pas qu'il ait quoi que ce soit à ficher du sort du peuple et des précaires, mais qu'il veut continuer à profiter de son argent en baisant à couilles rabattues le plus possible (que les oreilles chastes m'excusent d'être cru, mais c'est la bonne formule).
Et cela ressemble aussi à une excuse tout trouvée des spécialistes de blagues de cul de fin de banquet qui ont peur de ne plus provoquer autant de rires gras qu'avant, des dragueurs de boîtes minables qui tremblent de ne plus pouvoir lever de boudins maussades le samedi soir, des spécialistes de l'adultère bourgeois, bohème ou pas, qui s'inquiètent de ne plus pouvoir coucher à droite à gauche, ou de ne plus avoir la possibilité de « se faire » la jolie stagiaire du premier, en lui promettant un CDI si elle est docile sur la photocopieuse ou sous le bureau du patron.
Rien de pire aussi que le minable se trouvant irrésistible pour une raison ou une autre, grossier quand il se croit séducteur, débile quand il s'imagine d'une grande finesse.
Les féministes comme ceux qui craignent le retour à un ordre moral se trompent dans les deux cas.
Ce qui détériore le rôle et l'image des femmes c'est la marchandisation des corps qui deviennent des choses comme les autres, que l'on vend et que l'on s'échange.
Le corps des femmes devient aussi de plus en plus virtuel, retouché, et les femmes réelles se soumettent aux diktats de plus en plus impérieux quand à ce corps dont on leur demande qu'il ressemble à celui qu'elles avaient juste avant leur puberté à onze ans, un corps sans formes, ni rondeurs, qui témoignent surtout d'un réel puritanisme celui-là, qui implique la haine du corps féminin au bout du compte, une haine transmise également par la pornographie qui fait des femmes des mécaniques à jouir et rien d'autres.
Tant que le corps des femmes sera comme une marchandise, tant qu'il servira à vendre de belles bagnoles ou du jambon, l'image des femmes sera mauvaise. Et rien ne changera.

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
Certes, Annie, mais la beauté objective existe bel(le) et bien malgré tout. Et même s’il (...)
10/06 09:45 - Amaury WatremezGeorge, Votre commentaire montre toute l’ambiguité de votre position, qui est loin (...)
08/06 14:59 - AnnieLe fait qu’elles soient conditionnées à être volontaires ne veut pas dire que c’est (...)
08/06 14:50 - Amaury WatremezEt elles réagiraient très vite comme vous Louise.
08/06 14:49 - Amaury WatremezLa pudeur non, c’est que le corps est toujours perçu comme diabolique.
08/06 14:48 - Amaury WatremezMais moi je ne prétend pas que mon expérience prétend à l’universel affirmant ma (...)
08/06 14:47 - Amaury Watremez
Pierre Lescure chante le rock
Taddeï l’anticonformiste, de Dieudonné à Chomsky
Violence des jeunes : vrai ou faux problème ?
Akhenaton : rap, religion et politique
Coline Serreau, la belle verte