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Ce qui manque aux indignés

Ce samedi 15 octobre s'est déroulée la “journée planétaire des indignés“. Sans appel ni de la part des syndicats ni de celle des partis politiques, elle fut organisée dans plus de 85 pays, et plus de 1000 villes à travers le monde, réunissant tout de même au total plusieurs centaines de milliers de personnes réclamant une “véritable démocratie”. Cette mobilisation, assez unique en son genre, ne peut pourtant pas être considérée comme une victoire, car elle n'a malheureusement pas atteint ses objectifs : les 99 % d'indignés que doit compter le monde n'étaient pas encore au rendez-vous, et loin s'en faut.

Pour comprendre les raisons de ce “demi-échec” (ou cette demi-victoire, c'est comme on voudra), il faut admettre que ce mouvement comporte des lacunes, et ce tant au niveau de ses revendications que de ses structures.

Mais tout d'abord, il faut avouer que le mouvement des “indignés” souffre d'un manque certain de médiatisation : bien que relayée sur internet et quelque peu médiatisé dans les journaux “papier” ou à la radio, la télévision n'en a pour sa part quasiment pas fait état dans ses journaux…

Ce défaut de médiatisation peut s'expliquer de deux manières : soit ce mouvement est délibérément occulté par les médias “au service du pouvoir” pour ne pas qu'il prenne de l'ampleur, soit il n'est tout simplement pas assez “crédible” pour faire peur au gouvernement ou intéresser les médias “populaires” (la télévision).

Car qu'on le veuille ou non , la médiatisation semble être le facteur essentiel de réussite (ou d'échec) de ce genre de mouvements, et ce malgré l'apparente contradiction de ce système (une fois la médiatisation obtenue, le mouvement s'amplifiera de lui-même, mais pour arriver à cette médiatisation le mouvement devra tout d'abord être déjà assez large…) (voir http://calebirri.unblog.fr/2010/10/05/le-nombre-et-la-force-pour-une-internationale-du-web/).

Pour tenter de choisir entre ces deux alternatives, il convient de se rappeler le fameux “bankrun” (voir http://calebirri.unblog.fr/2010/12/04/bankrun-2010-ou-le-symbole-du-dysfonctionnement-capitaliste/) qui avait fait réagir jusqu'à madame Lagarde, et qui tendrait à prouver que les médias sont moins soumis au contrôle des politiques qu'à celui des financiers : en effet, si le mouvement venait à être plus crédible, peut-être serait-il alors plus largement médiatisé.

Ces considérations une fois établies, il convient tout de même de s'interroger sur ce manque de “crédibilité” : les revendications portées par les indignés sont sans doute audibles par une population ayant soif de changements dans les politiques économiques et sociales conduites en Europe ou aux Etats-Unis, mais elles ne peuvent permettre à tous de s'engager derrière le flou qu'elles entretiennent. En réclamant des changements pour une “véritable” démocratie, les indignés ne font que contester sans proposer : parvenus à prendre conscience de l'injustice engendrée par le système capitaliste, ils n'ont en réalité aucune idée précise des moyens de la réduire. Et établir un diagnostic n'est pas guérir le malade.

Si on se réfère aux revendications émises, le changement de politique ne peut constituer ni une base suffisante pour unir et fédérer les mécontentements, ni véritablement inquiéter un pouvoir qui se bat déjà pour conserver la main. Il leur faudrait donc tout d'abord se mettre d'accord, ensemble, sur les réponses que les indignés voudraient voir adoptées par les gouvernements contestés pour aller les réclamer publiquement : car plus de justice, plus d'emplois, plus de partage des richesses ou plus de démocratie, cela ne signifie rien de bien concret pour développer la mobilisation.

Ensuite, la structure même de ces mouvements ne saurait être suffisante pour appuyer ces faibles revendications. Peu structurées (ça se construit peu à peu il est vrai) et mal organisées, les mobilisations avec occupation de places publiques sur un temps long sont à peu près improductives d'un point de vue stratégique, car elles permettent au gouvernement non seulement de satisfaire l'illusion démocratique (que les indignés dénoncent par ailleurs), mais aussi de s'autoriser à terme le recours à la force en cas de “trouble à l'ordre public”. On l'a vu à l'occasion de cette journée du 15 octobre, la mise en exergue des violences de casseurs isolés est utilisée à la fois pour décrédibiliser le mouvement et pour l'affaiblir : une fois le mouvement installé en nombre sur une surface limitée, il devient alors facile pour un gouvernement de le pousser à la faute en lui opposant une pression policière constante, jusqu'à pouvoir ensuite revendiquer l'expulsion par la force, avec dispersion sur des places plus petites et moins visibles où le mouvement périclitera sans doute, à l'abri des regards journalistiques lassés par la durée du mouvement.

Ce mouvement, on le voit bien, ne dispose donc pas encore des qualités nécessaires au développement de ses mobilisations, car il souffre d'une part d'un manque de médiatisation du à sa crédibilité, ainsi que d'un manque d'organisation de ses structures d'une autre part…

Et c'est bien pour pallier à ces manques que “Un RIC pour une AC” a été lancé ! En proposant à la fois une revendication claire et fédératrice, la mise en place d'une Assemblée Constituante, et l'organisation d'un mouvement unitaire fondé non pas sur la manifestation mais sur l'engagement “ponctuel” (en un lieu, en une fois), le “RIC pour une AC” se propose de préparer en amont une “révolution démocratique” qui doit s'effectuer autour d'une sorte de “Référendum d'Initiative Citoyenne” auto-réalisateur…

Une fois les objectifs de ce mouvement clairement définis, une fois le rassemblement effectué autour de ces objectifs clairs et concrets, la médiatisation de ce dernier ne tardera pas : en un seul jour et en une fois nous pourrons réclamer tout, car en réalité le pouvoir nous appartient déjà… de le prendre ou pas.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr


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27 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 20 octobre 2011 08:50

    « Il n’y a pas de vent favorable pour qui ne sait pas où il veut aller » . Sénèque.

    Les « indignés » pourraient être les prémices d’un très large mouvement populaire, sans partis ou syndicats inféodés au système pour le saboter, et mettraient tout le monde dans la rue, si seulement ils étaient à même de PROPOSER DES SOLUTIONS DE CHANGEMENT .
    Notamment celles que l’on énonce souvent sur AgoraVox : Réforme fiscale, souveraineté monétaire, reprise en main des banques, interdiction de la spéculation, société coopérative, information pluraliste, pouvoir de révocation des élus, recours au référendum .....etc..

    Tout chef d’entreprise, leader, décideur ... sait qu’il faut d’abord définir des objectifs afin de mobiliser tout le monde. Sans cela il n’y a aucune dynamique, aucune envie, et personne n’y adhère.
    Ce qui se passe.


    • lsga lsga 20 octobre 2011 10:54

      « Proposer des solutions de changement » : N’importe quoi. 


      Un processus révolutionnaire ne commence jamais avec des idéalistes qui pensent avoir trouver des solutions pour que « le monde il soit meilleur et les gens ils soient gentils ». 

      Les processus révolutionnaires s’enclenchent quand la continuation de la société telle qu’elle existe n’est plus possible, ni pour la population ni pour ses classes dirigeantes. 

      La révolution est avant toute chose un travail de destruction. Il s’agit de détruire autant que possible tous les piliers de la société précédente. Aujourd’hui, parmi les institutions à détruire on peut citer (au hasard ^^) : fiscalité, monétarisme, banques, spéculation, élections, référendum.... 
      Ce ne sont pas les membres d’une société décadente qui sont à même d’inventer une nouvelle société. Nos idées ne sont que le produit de nos conditions d’existences matérielles. Ce n’est pas vous, avec votre condition de valet de la bourgeoisie qui allez inventer ’un monde meilleur’. 

      Votre devoir, notre devoir, c’est de détruire la société actuelle. ’Inventer un nouveau monde’, ce sera la tâche des générations futures une fois que nous nous seront sacrifiés pour leur faire place nette. 

      Ainsi, le mouvement des indignés ressemble de près à ce dont Marx rêvait pour l’Internationale Socialiste : un mouvement purement prolétaire (c’est à dire ’salarié’ pour les incultes), qui ne se pervertit pas dans aucune forme d’organisation hiérarchisée, et qui a pour unique but son devoir de classe : Renverser la bourgeoisie. 




    • Alpo47 Alpo47 20 octobre 2011 13:16

      Il est bien certain qu’avec un message comme le votre « Il faut tout casser », vous allez mobiliser les foules.
      Vous êtes certain de ne pas faire partie des provocateurs qui viennent pourrir tous les mouvements légitimes ?


    • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 20 octobre 2011 13:48

      Isga : votre avis est intéressant, en soi, mais dépassé. Le paradigme a changé. On ne détruit plus : on construit. Ce qui existait avant disparaitra tout seul, simplement parce que plus personne n’y souscrira ni portera attention.
      Je sais, c’est difficile de sortir de catégories de pensées toutes faites et déjà surchargées sémantiquement... la lutte des classes, bla bla bla...
      Ce que veulent les indignés est très clair : La Démocratie Réelle Maintenant.
      Dans une démocratie réelle, c’est le peuple qui décide. Point.
      La question centrale est donc :
       << Qui c’est qui décide ? >>
      Et la réponse est claire : c’est nous, les 99%.
      Il ne s’agit pas de s’engager sur un projet en particulier, sur une priorité. Les projets changent, évoluent, les priorités aussi... et on apprend de ses erreurs, on change de direction, on rectifie, on peut même changer radicalement d’avis sur un point ou un autre...
      Mais ce qui reste, c’est que c’est nous, le peuple, le peuple du mot démocratie, les gens ordinaires, qui discutons, nous saisissons des problèmes, sans intermédiaires, et qui décidons.
      Est-ce assez claire comme ça ?


    • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 20 octobre 2011 20:36

      Oui, et à la suite d’Alexis Barecq, je dirai que le but - si tant est qu’il y en est un - n’est pas tant de renverser le(s) pouvoir(s) que de les nier, de les contourner, de les ignorer, de passer outre.
      Il ne s’agit donc pas d’une Révolution à proprement parler, il ne s’agit pas de casser l’existant ni de mettre le oaï mais d’insuffler chez les gens la nécessité pour chacun d’entre nous que le citoyen prenne le pas sur le consommateur ; et ceci d’une manière active.
      Le citoyen aura alors la primauté sur le consommateur, ses décisions influeront sur ses actes de consommations, et à terme, voir en même temps pour certains, sur ses actes de production. Ce qui sous-entend le choix d’un produit tant en fonction de sa qualité, que du lieu et du mode de production.
      J’ai la conviction qu’on ne pourra « agir » sur le capital ou le politique qu’en les « ignorant », c’est à dire en promouvant les modes alternatifs de consommations, voir un mode de vie alternatif moins basé sur la consommation, des modes d’échange moins basés sur les biens.

      Pour Alpo47. Je me désole de ce genre de commentaire où le consommateur prend le pas sur le citoyen, c’est à dire que tu « attends » que des idées te soient proposées sans que tu participes à leur élaboration ; en fait tu consomme de la politique, tu ne la fabriques pas. Tu la choisis sur les rayons le jour des élections, soit une fois tous les... D’autre part le risque de faire des propositions concrètes, c’est d’être catalogué et étiqueté, le risque d’être trop structuré est de devenir « préhensible » dans les sens où l’on peut nous prendre, nous manipuler, ce qui compté tenu de notre inexpérience et de notre relative naïveté se ferait sans difficulté si nous faisions l’erreur de vouloir nous justifier vis-à-vis du système en place.

      Hugh, j’ai dit !


    • lsga lsga 22 octobre 2011 12:59
      Pour Alpo47 :
      « Il est bien certain qu’avec un message comme le votre »Il faut tout casser« , vous allez mobiliser les foules. »

      Il n’est pas nécessaire de mobiliser les foules. Il faut mobiliser un petit noyau de personnes engagées qui préparent la Révolution. Mais les foules se mobilisent d’elles-mêmes d’un coup de manière imprévisible. 

      Pour les deux autres, vous êtes la démonstration même de mes propos :

      « c’est difficile de sortir de catégories de pensées toutes faites et déjà surchargées sémantiquement. »

      c’est précisément ce que j’expliquais : nous ne sommes pas capable d’inventer véritablement le monde d’après. On peut y réfléchir, mais sans illusion : notre pensée est le produit de la société Capitaliste.

      « Mais ce qui reste, c’est que c’est nous, le peuple, le peuple du mot démocratie, les gens ordinaires, qui discutons, nous saisissons des problèmes, sans intermédiaires, et qui décidons.
      Est-ce assez claire comme ça ? »

      C’est à dire exactement ce que je dis. Vous êtes en plein modèle marxiste. Comprenez bien : La société qui résulte d’un tel processus est absolument imprévisible. Vous dites simplement : nous réfléchirons à ce qu’il faudra faire, vous ne vous prononcez pas sur ce qu’il faut faire. Vous avez raison. C’est la bonne manière de procéder. Par contre, je tiens à vous prévenir, il y a des gens face à vous qui ne vous laisserons pas faire. Quand on vous passe à tabac, c’est difficile d’ignorer les forces réactionnaires.

      « le citoyen prenne le pas sur le consommateur ; et ceci d’une manière active.
      Le citoyen aura alors la primauté sur le consommateur, ses décisions influeront sur ses actes de consommations [...] c’est à dire en promouvant les modes alternatifs de consommations, voir un mode de vie alternatif moins basé sur la consommation, des modes d’échange moins basés sur les biens. [...]  »

      Preuve même que vous êtes incapable de penser un monde différent. Vous restez bloquer dans les représentations du monde Capitaliste qui vous a produit. En fait, le Chat de Judas, vous êtes un réactionnaire, vous faites partis des forces contre-révolutionnaire.



       



    • Robert GIL ROBERT GIL 20 octobre 2011 09:05

      Si les indignés ont peur d’être récupérés et ne veulent pas politiser le
      mouvement, ils prennent quand même le risque de servir de « faire valoir » aux
      partis de gouvernement lors des élections : ils seront récupérés d’une manière ou
      d’une autre. Ne pas vouloir politiser le mouvement est le plus sûr moyen de se faire
      manipuler, le plus sûr moyen de crier et de ne pas faire entendre sa voix !
      A eux de choisir :
      http://2ccr.unblog.fr/2011/06/23/les-indignes-jen-suis/


      • Ronald Thatcher rienafoutiste 20 octobre 2011 10:23

        ils leur manquent d’avoir faim, froid, peur, et une paire de couilles...


        • _Ulysse_ _Ulysse_ 20 octobre 2011 10:42

          Ca fait des mois qu’ils s’indignent sans rien faire d’autre.

          Ce mouvement est totalement inoffensif pour le système et même il le renforce.
          En effet, il donne l’impression que les manifestations populaires ne mènent à rien.

          Et j’ai cru comprendre qu’ils étaient pour une vraie démocratie européenne, c’est à dire qu’ils sont pro UE. Un peu curieux pour un mouvement contestataire. 


          • Gabriel Gabriel 20 octobre 2011 10:54

            Ulysse, permettez moi de douter de vos conclusions. On disait aussi cela des manifestations et rassemblements pacifiques déclenchés par Gandhi. On n’a vu le résultat, un gouvernement ne peut que plier face aux nombres.

            "Soyez résolus de ne plus servir, et vous serez libre". Etienne De La Boétie


          • _Ulysse_ _Ulysse_ 20 octobre 2011 11:03

            @Gabriel

            Je ne pense vraiment pas que ce genre de mouvement non violent puisse rencontrer le succès en Europe. Nous ne sommes pas des individus déracinés et acculturés.
            L’inde et les indiens ont une culture très différente de la nôtre qui leur permet ce genre d’action car c’est dans leur culture. Il ne faut pas oublier que bien que non violente, cette révolution a fait 1 million de morts.

            J’attends de voir des indignés bloquer les trains et se laisser écraser, sincèrement je ne crois pas que cela arrivera.

            Nous n’avons pas la même façon de mener les révolutions, nous les faisons par la violence et la coercition. On le voit dans les mouvements sociaux et les grèves. Les prises en otage de managers sont monnaie courante aujourd’hui.


          • Gabriel Gabriel 20 octobre 2011 13:26

            Ulysse, vous avez raison nous ne sommes pas comme les indiens. Je ne crois pas non plus qu’il soit nécessaire de se coucher sur les voies ferrées. Le simple fait de s’arrêter bloque l’économie et fait tomber les gouvernements, les meilleurs exemples sont récents, révolutions Tunisienne et Egyptienne. Que peut faire un gouvernement contre le nombre ?  


          • Ronald Thatcher rienafoutiste 20 octobre 2011 14:29

            ... s’arrêter de bosser bloque surtout les PMI/PME et si ça dure trop longtemps c’est faillite et chômage pour tout le monde !
            Les grosses entreprises et les multinationales s’en foutent de 65 millions de consommateurs français comparé aux 2,5 milliards de chinois et indiens potentiellement aptent à prétendre bouffer industriel et s’équiper en électroménager lowcost.
            C’est con mais je pense de plus en plus à la fin du scénario radical du livre Chuck Palahniuk « fight club », une remise à zéro des comptes bancaire virtuels !


          • bigglop bigglop 20 octobre 2011 20:03

            Ce qui manque aux « indignés » c’est l’esprit de révolte


          • amipb amipb 20 octobre 2011 21:58

            Ce qu’il manque aux indignés ? Rien.

            Ce qu’il manque à ces manifestations ? Un peu plus d’indignés.

            Les Islandais n’ont pas essayé de faire comme Gandhi ou les indiens, qui n’ont d’ailleurs pas plus ce genre d’action dans les gênes que d’autres peuples, et pourtant leur gouvernement a plié et les banques ont botté en touche.

            Ce qu’il manque aux indignés français ? La troisième valeur de notre république, la fraternité. Notre égoïsme est devenu désormais bien trop démesuré, et chacun reste dans son coin en attendant que le voisin s’indigne.


          • miha 20 octobre 2011 11:34

            Revendication commune à tous les indignés européens : réelle démocratie.... c’est clair pourtant.

            Préalable impératif pour une réelle démocratie = constitution écrite par des citoyens, c’est évident.

            Comment l’obtenir ? D’abord faire en sorte que l’opinion publique s’empare de cette idée.

            Ensuite, il sera moins difficile de mobiliser des citoyens pour obtenir le nombre « hénaurme » (4 500 000 !!!!!!) de signatures requis pour un RIC.

            Sans que leur appel à la mobilisation soit relayé par les médias, sans leader, sans le soutien et la logistique de syndicats ou/et de partis politiques, les indignés ont réussi à mobiliser dans quasiment le monde entier...

            La méthode de Gene Sharp nous montre la façon de procéder.


            • bernard29 bernard29 20 octobre 2011 12:54

              « Ensuite, il sera moins difficile de mobiliser des citoyens pour obtenir le nombre »hénaurme« (4 500 000 !!!!!!) de signatures requis pour un RIC. »

              En France c’est pas demain la veille !!! déjà il n’y a pas de manifestations d’indignés....

              MAIS SURTOUT, aprés 6 mois de mobilisation intense, de meetings, de rencontres avec « le peuple !!! », 4 débats télévisés trés suivis, des discours, des articles en veux tu en voilà, des reportages, etc etc les primaires citoyennes n’ont rassemblés que 2,7 millions de signataires, bien loin des 4, 5 millions de pétitionnaires nécessaires au déclenchement d’une procédure éventuelle (car ça ne suffit pas loin de là) de référendum en France. Alors une pétition de 4, 5 millions de personnes , on peut vraiment dire que c’est une farce démocratique.


            • miha 21 octobre 2011 10:14

              @Bernard29 :

              je parlais du RIC pour ne pas décourager Caleb... mais je pense aussi que cette obligation de 4 500 000 signatures est tout simplement du foutage de gueule de la part de nos politiques.

              Quant à dire qu’il n’y a pas de manifestations d’indignés en France : il y en a, je vous assure... les médias français ne parlent pas des indignés français, c’est tout. Méfiez-vous de nos médias.

              Lorsque 80 indignés ont été arrêtés à Paris le 17 septembre, les médias français n’en ont pas dit un mot. Les journaux espagnols en ont fait leur une.


            • Tall 20 octobre 2011 12:35

              En Grèce, le parlement devrait voter ce soir des lois que le peuple grec réprouve massivement. S’ils les votent, ça pourrait tourner à l’insurrection. Et ensuite, on pourrait avoir un effet de vagues au sein de l’UE, comme au printemps arabe.


              • Walid Haïdar 20 octobre 2011 13:51

                Conseil technique : ton .doc est illisible depuis une machine qui ne dispose que de word (et pas de openoffice).


                C’est balo. Il faut régler ce problème.

                • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 20 octobre 2011 13:52


                  Cette hantise des Indignés de ne pas être récupérés... est très saine et salutaire. Elle correspond à une certaine maturité politique. Bravo !

                  Au lieu d’expliquer aux Indignés ce qu’ils devraient faire... venez donc participer... vous verrez, c’est une expérience au-delà des mots...


                  • robin 20 octobre 2011 13:59

                    les médias sont le nerf de la guerre de ce genre de mouvement, mais hélàs ce nerf là est verrolé par les banksters donc aucune chance qu’ils relaient les indignés objectivement ou relaient tout court.

                    Seul Internet encore libre (mais pour combien de temsp ? ) permet encore de le faire.


                    • Jean-paul 20 octobre 2011 14:56

                      @ Tall
                      Arretez de dire des conneries .La Francest est en periode d’elections et aucun autre pays ne suivra la Grece .


                      • Jean-paul 20 octobre 2011 14:59

                        @ Robin
                        Internet libre mais seulement 18 reactions .Pour l’affaire DSK + 300 reactions .


                        • Montagnais Montagnais 20 octobre 2011 17:48
                          Bonjour l’Auteur, 

                          Vous écrivez : 

                          « Sans appel ni de la part des syndicats ni de celle des partis politiques »

                          « la télévision n’en a pour sa part quasiment pas fait état dans ses journaux… »

                          Etc.. 

                          Elle est là l’explication ! Comment voulez-vous que la dictature fasse l’apologie de ses pires ennemis ? Leur reconnaisse une existence quelconque !

                          Quant à la nature du mouvement, ne nous trompons pas, ne chantez pas vous aussi les sottes et naïves critiques à l’unisson de nos ennemis..

                          Pas bla-blater sur « pas de revendications », pas clair, pas crédible, pas dangereux, pas organisé, sans effets.. Quatsch !

                          Dans tout votre papier, on sent que vous êtes pas assez renseigné.. Adbusters ? Vous connaissez ? Un exemple.. Occupy Tundra ?.. Très important !

                          Le mot d’ordre ?

                          Désertion ! On joue plus ! ça suffit.. La démocratie, on verra lundi.. D’ailleurs ? ne-la-t-on pas déjà ? c’est ce qu’on nous dit à plein jet de spectron.

                          Désertion ! Quand tous les bidasses du capitalisme déserteront.. tout réglé ! 

                          Pour l’instant, les bidasses, sont bien en rang.. Mais l’idée de la désertion se répand..


                          • Jean-paul 20 octobre 2011 18:11

                            Montagnais
                            100 milliiard d’euros pour les banques europeennes


                            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 21 octobre 2011 13:58

                              @ l’auteur

                              Bravo.
                              Beaucoup de lucidité et d’intelligence dans ce papier.
                              Contrairement à ce que dit Montagnais, il y a bien un problème de direction avec les Indignés ou Occupy Wall Street.
                              Quand je dis direction, je parle d’orientation, de but, de revendication.
                              Cela a peut-être à voir avec leur volonté de ne pas avoir de leader, mais je ne le crois pas.

                              Quoi qu’il en soit, ils ont a résoudre ce qui fait l’essence et le succès des démocraties : trouver ce qui va mettre tout le monde d’accord. Bravo d’avoir su aller droit à cet aspect de la question.

                              Durant les manifs de 1995 contre Juppé-droit-dans-ses-bottes, j’ai connu de jeunes huluberlus tellement lessivés par la propagande individualiste de l’Empire qu’ils refusaient en conscience de ne pas avoir chacun leurs revendications propres et distinctes. Impossible pour eux de chercher les points communs avec les autres, l’idée les révulsait.

                              Pourtant, c’est bien ce qui fait la force des peuples : leur unité derrière une conviction, une exigence fondamentale.

                              Et quoi qu’en disent certains, cette unité n’est pas faite chez les Indignés ou à OWS.

                              Alors oui, la démocratie passera par la décision, l’acte consistant à déclarer son adhésion à un projet fédérateur. Rien de moins.
                              Ceux qui croient que le consomm’acteur peut changer la nature du régime actuel se fourrent le doigt dans l’oeil.
                              Nous sommes de plus en plus asservis par la finance et la liberté qui nous est laissée n’est jamais que celle de consommer ceci ou cela, de travailler ici ou là et de voter pour blanc benêt ou pour noir benêt.
                              Les lois sont bien faites, quand il faudra aller à la guerre (comme en Afghanistan ou Lybie), on ne nous laissera pas le choix.

                              Bref, une fois écartées les lubies, que reste-t-il comme projet fédérateur susceptible de faire consensus au sein de la population et de lui donner enfin la conscience de son pouvoir de changer les choses ?

                              J’ai peur que cela ne puisse être une Assemblée Constituante.
                              A croire que vous êtes un mathématicien.
                              Pour avoir aussi peu d’empathie avec le commun des mortels qui se fout de l’’AC comme de sa première chaussette.

                              Pour faire adhérer à l’AC il faut vendre les raisons qui la motivent. Quelles sont-elles ?
                              Je dirais que je ne veux même pas le savoir : l’urgence est ailleurs.
                              Il faut construire l’unité nationale (et la conscience qui va avec) MAINTENANT sans avoir à se perdre dans la cuisine du diable, celle des détails.

                              Autour de quelle idée pourrait se réaliser la mobilisation puis le consensus nationale ?

                              Pour ma part, je n’en vois qu’une. Elle a trois parties indissociables :

                              1) Restauration totale de la souveraineté populaire sur la création monétaire avec abrogation de toutes les lois et traités contraires
                              2) Dorénavant la Banque Centrale (Nationale) crée l’intégralité de l’argent et les banques privées contribuent seulement à sa circulation (pas de réserve fractionnaire).
                              3) Annulation de la dette souveraine (et pourquoi pas de ses descendantes régionales, départementales et municipales ?).

                              Je pense que cela constitue une formulation approximative mais suffisante pour aujourd’hui du projet fédérateur dont la nation a besoin.
                              Oter un ou deux volets ferait perdre sa cohérence à la chose.
                              Lui ajouter quoi que ce soit (comme sortir de l’Europe) idem.
                              La population n’est pas en état de penser, de réfléchir ni loin, ni longtemps.
                              Elle a juste besoin d’un objectif clair aux conséquences fondamentales.
                              Or le système actuel de création monétaire, aux mains des banques, c’est la malédiction de notre monde.
                              Il faut y mettre un terme définitif.
                              Je ne vois pas d’urgence plus grande que celle-là actuellement.

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