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Ce qui va se passer à Copenhague

Lors de cette conférence, que tous les « spécialistes » jugent essentielle, de nombreux pays seront représentés, afin de prendre des mesures”historiques” concernant le réchauffement climatique. Mieux qu’un G20, tous les grands de ce monde sont invités à Copenhague, et les attentes de la part des populations sont paraît-il immenses.

Il y aura donc bien un accord lors de cette conférence, mais pas seulement. Comme pour les autres manifestations de ce genre, on assistera tout d’abord à la montée en puissance des médias, au cortège de leurs « éditions spéciales » et autres analyses plus ou moins défaitistes. On parlera des mesures de sécurité draconiennes entourant cette réunion, et des opposants à cette dernière. Les organisations alternatives et autres contestataires se feront une fois de plus refouler loin du bunker créé à cette occasion, et quelques débordements suffiront à justifier quelques dizaines d’interpellations. Quelques provocations policières histoire de faire de belles images et de satisfaire à la peur ambiante, et peut-être un ou deux blessés graves chez les policiers par exemple.

Enfin, toute cette mascarade occultera durant cette période un bon nombre d’autres informations, dont la polémique sur le « climategate » dont on ne parle déjà que très peu. Il est même possible que quelques lois soient discrètement votées pendant ce temps. Mais ce n’est pas tout.

Après un suspense à couper le souffle, des petites phrases de mauvaise augure et un simulacre de discussions interminables (alors que toutes les décisions sont déjà prises bien avant la tenue de cette conférence), les médias nous apprendront, peu avant le journal de vingt heures sans doute, que miraculeusement un accord a été arraché au dernier moment. On entendra quelques dirigeants se féliciter de cette « fabuleuse avancée » pour la planète, et célébrer la formidable « union sacrée » réalisée sur ce sujet. Il faudra ensuite chercher dans les recoins les plus sombres d’internet quelques voix dissidentes, comme par exemple les réactions de certains autres dirigeants, ceux des pays dits « en voie de développement ». quelques polémiques seront vainement lancées sur la teneur des accords, qui en réalité s’avèreront de peu d’impact pour les pays riches, et beaucoup plus contraignants pour les plus pauvres.

En réalité bien sûr rien ne bougera d’un iota, à part peut-être quelques taxes supplémentaires recueillies par les pays riches, de la part des pays pauvres. Enfin je dis rien, c’est un peu exagéré : pour les peuples, les gouvernements sauront une fois de plus faire coup double : après nous avoir fait croire à leur réel engagement dans cette lutte contre le réchauffement climatique, ils nous demanderont en retour un effort, qui lui sera voté unanimement et pourquoi pas en urgence, afin que tous partagent également le fardeau qui est celui de notre planète commune, et patati et patata…

Entre temps, quelques chiffres auront filtré sur le coût énergétique, financier, humain liés à cette fabuleuse conférence. Quelques uns seront scandalisés, d’autres se défendront pied à pied, et puis tout ceci se tassera peu à peu… jusqu’à la prochaine réunion.

Pour nous, les conséquences ne seront pas de taille à nous faire nous révolter, juste quelques taxes en plus à régler à la fin du mois, ou peut-être un chouïa de liberté en moins…. La planète, elle, continuera de subir les douleurs infligés par l’homme de la même manière qu’elle a continué de les supporter après Kyoto. Elle continuera à tourner comme avant, et nous dedans avec elle…

Et oui, Copenhague c’est du vent : nous le savons, et nous le sentons glisser sur nous ; mais tant qu’il ne nous renverse pas…


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2 réactions à cet article    


  • ddacoudre ddacoudre 5 décembre 2009 18:49

    bonjour caleb

    J’avoue que je ne vois pas moi non plus en quoi le sommet de Copenhague va apporter une solution à la production d’effet de serre qu’engendre le co2.

    Actuellement gaz pétrole et charbon fournissent 85% à 86 % de l’énergie primaire, l’objectif affiché est de maintenir l’élévation de la température en dessous du seuil des 2%. Avons-nous une chance de réussite à mon sens aucune.

     

    Cela ne tient pas à notre capacité technologique, car nous disposons des moyens de réduire nos émissions de gaz carbonique, des moyens de développer des puits à carbone, même si l’on considère qu’il n’est pas la source majeure du réchauffement, la fonte des pôles et les glaciers sont un résultats concrets

    Non notre difficulté vient du blocage de nos modèles systémiques. Notre économie repose sur un modèle de comptabilisation dont, le but est de faire du capital, du profit pour ceux qui préfèrent ce terme.

    Si bien que tout ce que nous entreprenons se compare par rapport à ce modèle que nous appelons le modèle capitaliste ; nous avons pris l’habitude de mesurer toutes nos créations dans un rapport coût/avantage.

     

    C’est ainsi que devant ce problème de « santé » planétaire nous analysons notre capacité à agir contre les effets de serres produits par le co2 sous le même angle.

     

    Malgré la contre verse , qui produit les gaz à effets de serres, tous les experts sont d’accords que si l’on ne réduit pas drastiquement nos émissions, les conditions de vie sur notre terre seront radicalement bouleversés, même s’ils se sont trompés.

     

    Alors que font nos économistes. Ils calculent combien nous coûterait la réduction des gaz à effet de serre par rapport au coût des bouleversements qu’engendrerait le réchauffement. C’est-à-dire qu’ils comparent une réalité effective, l’émission de gaz et le réchauffement à un modèle virtuel, celui de la monnaie qui n’est qu’une construction intellectuelle. C’est un peu comme si voyant quelqu’un qui se noie vous calculiez si vous avez assez d’argent pour ensuite faire sécher vos vêtements avant de lui porter secours, plutôt que de vous demandez si vous savez nager.

     

    C’est comme cela que nous abordons le problème de la réduction des gaz à effet de serre.

     

    Pour les scientifiques l’économie mondiale doit devenir neutre en GES (gaz à effet de serre), c’est-à-dire absorber autant qu’elle rejette voire se transforme en un puits à carbone c’est à dire absorber plus que ce qu’elle émet. Et c’est là que le raisonnement aliénant devient sublime.

     

    De telles mutations ont évidemment un coût. Il va donc falloir payer pour continuer à bénéficier d’une température clémente sur terre. Et donc de se poser la question, combien pouvons nous mettre sur la table ? Quel climat pouvons-nous réellement nous payer ?

     

    Pour le savoir économiste et ingénieurs ont mis au point une panoplie de modèles informatiques pour simuler le fonctionnement de nos sociétés, naturellement ces modèles ont un intérêt s’ils visent la visualisation des objectifs de stabilisation de la concentration de co2 en fonction de l’utilisation des énergies fossiles et éventuellement de leur substitution par des énergies renouvelables et moins polluantes. Mais si c’est pour en conclure que nous ne pouvons pas le faire parce que il n’y a pas suffisamment d’argent disponible, autant les mettre à la retraite ou dans un asile d’aliéné.

     

    Si devant l’impérieuse nécessité de sauver l’espèce humaine nous estimons que cela est impossible parce que nous estimons impossible d’émettre quelque chose (de la monnaie) qui n’est pas une réalité, c’est que nous n’avons pas le sens des priorités.

     

    Je pense donc que c’est ce débat sur le coût financier des restrictions qui va avoir lieu à Copenhague plutôt que l’élaboration d’un modèle spécifique en dehors de la loi du marché pour faire face à la difficulté à laquelle est confronté l’humanité.

     

    Aucun expert ne croit que notre économie va devenir un puits à carbone, et avec lui l’espoir de maintenir le réchauffement bien en deçà des 2°c. Pour maintenir la température en dessous de 2°c il faut contenir la production de co2 à un niveau de 450ppm.

    Sur 13 modèles simulant le climat que l’économie pourrait s’offrir, seul deux atteignent cet objectif, pour y parvenir il faudrait créer 500 centrales nucléaires supplémentaires et séquestrer plus de 20 milliard de tonnes de carbone, une technologie qui n’est pas encore disponible à grande échelle, c’est ainsi que d’ici 2100 il faut s’attendre d’avoir une température entre 2,8 à 3,2° d’élévation.

     

    Ce n’est pas moi qui m’en plaindrais puisque je me ferais incinérer d’ici là, mais je pense que les experts sont en deçà de ce qu’il adviendra ; il nous reste163 990 millions de tonnes de pétroles ; 618 316 millions de tonnes de charbon ; 35 413 millions de mètre cube de gaz ; 2151.5 milliers de tonnes d’uranium, sans oublier celles qui sont en voie de prospection et non prise en compte. Alors la question est : est-ce que les industries de renouvellement permettrons de laisser dans le sol toutes ces quantités de co2 potentiel ou bien les consommerons-nous .

     

    Il ne me semble pas que le débat de Copenhague soit abordé sous cet angle, mais plutôt de se borner à déterminer la quantité d’émission de co2 que devrons respecter les divers états, c’est-à-dire en définitive ralentir le processus de réchauffement.

    Si l’on ne construit pas des puits à carbone parce que cela coûte trop cher alors cette réunion ne servira qu’aux marchands de droits d’émissions de co2 à s’enrichir.

    cordialement.

     


    • Dolores 6 décembre 2009 12:44


      Il n’y arien à attendre des « mondanités » internationales.

      Comme toujours la montagne accouchera d’ une souris.
      En dépensant beaucoup d’argent pour que les gouvernement fassent bonne figure.
      Ce qui compte c’est paraître faire quelque chose en grandes pompes.

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