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Ce sont les erreurs d’interprétation des archéologues qui sèment le doute sur le site d’Alésia

Ce mardi 25 novembre, sur France 2, dans son émission "Secrets d'histoire", Stéphane Bern évoquera-t-il, une fois de plus, la querelle de la localisation d'Alésia ? C'est probable. Madame Porte sèmera-t-elle le doute, une fois encore, en mettant en exergue les contradictions qui existent entre les interprétations des archéologues et ce qu'a écrit César ? Il faut s'y attendre. Doute pour Alésia, certitude pour un mont Beuvray qui sera bien évidemment présenté comme étant l'antique capitale de la Gaule, la célèbre Bibracte (1).

Bibracte, Alésia, les deux sites sont intimement liés par une histoire commune. Le premier est celui où Vercingétorix appela tous les peuples de la Gaule à s'unir dans un seul conseil (2) pour s'opposer aux ambitions de César, le second est celui où il fut vaincu. On s'accorde pour dire que Bibracte est au mont Beuvray. On se désaccorde sur Alésia. Or, véritable sac de noeuds, Alésia est bien à Alise-Sainte-Reine mais Bibracte n'est pas au mont Beuvray.

Titulaire de la chaire des Antiquités Nationales aujourd'hui supprimée, président du conseil scientifique du Centre archéologique européen du mont Beuvray à la grande époque où François Mitterrand appelait à l'union (3) sur le socle commun des origines celtiques retrouvées, c'est le professeur Christian Goudineau qui fut chargé de faire renaître une archéologie française qui s'essouflait, ce qu'il fit en privilégiant des interprétations dites plus scientifiques mais sans qu'on sorte définitivement du flou

C'est ainsi que certains continuent à attribuer aux Romains le creusement du fossé que Stoffel a mis au jour au pied du mont Auxois. Erreur funeste qui est à l'origine de tout le bafouillage qui a suivi et dont on n'est pas encore complètement sorti.

Je suis étonné que le commandant Stoffel ait pu commettre une telle erreur d'interprétation. Imaginer que les Romains se soient risqués à creuser un fossé sur une pente aussi dévorable et sous le tir direct des Gaulois est une méconnaissance totale du génie tactique de César. N'importe quel militaire de mon époque ayant l'expérience des conflits comprend qu'en prévoyant de se retrancher sur le mont Auxois, la simple logique militaire commandait à Vercingétorix d'établir une première ligne de défense en avant de sa position, de la rivière de l'Ose à celle de l'Oserain. Et en effet, c'est bien ce que César a écrit : Au pied de la muraille (de la citadelle/oppidum de Garenne, premier fouilleur du site), versant côté soleil d'orient (donc sur tout le plateau), les troupes gauloises remplissaient tout le lieu. Elles avaient tiré en avant (de cette muraille, donc versant côté soleil couchant) un fossé et un muret de six pieds de haut. (DBG VII, 69, 5)

C'est ainsi qu'au siècle dernier encore, en identifiant ce fossé au large fossé que César dit avoir construit, toutes les fouilles ont été faites trop en avant, ce qui a semé une grande confusion dans les interprétations, confusion dont il semble qu'on en soit pas encore sorti. En outre, en se fiant aux anciennes traductions peu soucieuses de précision, en pensant que l'oppidum désigne tout le plateau, les historiens ont placé les troupes gauloises, à leur arrivée, plus à l'est, à l'extérieur du mont, ce qui a amené certains à imaginer un murus gallicus tout autour du plateau. De là les accusations d'imprécision qu'on porte sur les Commentaires alors que tout s'explique si l'on acceptait de voir dans la citadelle de Garenne le véritable oppidum d'Alésia, une fortification en pierres maçonnées de chaux, refuge fortifié d'étendue modeste à l'échelle de l'effectif de la population mandubienne qui vivait là, dans le village également de pierres qui se trouvait un peu plus loin.

Car, dans cette affaire que César a relatée d'une façon très précise mais qu'on se plaît à embrouiller, tout se résume finalement à une question de traduction, de bonne traduction. Quand César dit que l'oppidum se dressait à la pointe du versant qui ressort tout à fait, n'importe qui peut comprendre qu'il s'agit du bec/éperon du mont et de l'oppidum de Garenne (DBG VII,). Quand il dit que Vercingétorix voit ceux de l'extérieur faire mouvement, depuis la citadelle d'Alésia (arce, DBG 84, 1), n'importe qui devrait comprendre qu'il s'agit de la construction dont Garenne a relevé la trace à l'intérieur de l'oppidum ovale.

Mais tout cela, les archéologues ne veulent pas le voir, je précise, ne peuvent pas le voir, car ils ont l'esprit conditionné par les thèses développées sur le site du mont Beuvray, site secondaire de Gorgobina que l'on prétend être Bibracte : les Gaulois n'auraient construit qu'en bois ! Passez votre chemin, touristes étrangers, il n'y a rien à voir ici que des trous de pieux gaulois et quelques ruines attribuées aux Romains !!!

L'aveuglement est tel que même lorsqu'une équipe de fouilles allemande leur met sous les yeux son remarquable travail de relevé, on pense que c'est un exemple parmi la diversité des autres. On ne comprend pas qu'il correspond très exactement à ce que relate César... à condition de bien l'interpréter.

Alors que le muséoparc n'était encore qu'en projet, j'ai pris soin d'alerter le maximum de notables, notamment les responsables locaux, y compris le journal "Le Bien public" qui m'a consacré quelques articles, y compris le président du conseil général qui pilotait l'affaire... sans succès. 

Incapable qu'on est de se représenter en taille réelle ce qu'est une armée en campagne, même à cette époque, on hisse les chariots sur les hauteurs ; on installe César à demeure dans son poste d'observation de la montagne de Flavigny ; on affirme que les camps de la plaine n'étaient que ceux des premières nuits et qu'ils ont été rapidement abandonnés alors qu'ils sont des pièces essentielles du dispositif. Comme je l'ai indiqué dans mon précédent croquis, le camp K était le camp logistique de César, un véritable village de tentes, particulièment bien implanté sur le début de la pente ; le camp H ou I était probablement celui de la cavalerie germaine. Par la pensée, je refais le parcours que faisait chaque jour César de son PC logistique à son PC tactique, très émouvant !

On inverse l'ordre des obstacles. On imagine un terrassement de 3m50 de haut alors qu'il s'agit de la hauteur du "vallum" comptée à partir du fond du fossé. On ne comprend pas que ce terrassement était surtout composé de tout venant, y compris de branches diverses et pas seulement de mottes de gazon (4). Trompés par le mot "cervi", on imagine des branches fourchues ridicules à l'image des bois de cerf, alors qu'il s'agit d'épines noires, plante semblable aux épines de cerf qui poussent en altitude. On remplace les rangées d'arbres couchés par des branchettes plantées dans le sol. On extrapole l'ouvrage de la plaine à tout le dispositif d'encerclement alors que César dit seulement qu'il était semblable - mais pas forcément identique -. Incapable qu'on est de comprendre le latin de César, un latin réaliste, riche, détaillé, précis tout en étant concis, on crie à l'erreur en pensant que le fossé de 6 mètres de large a été creusé à 120 mètres du terrassement précité alors que celui-ci n'était pas encore construit et alors qu'il s'agit des fortifications avancées du camp K. Je passe pour mémoire sur les treillages de branches très serrées que les reconstitutions ne font qu'évoquer, sur l'emplacement erroné du fossé que César a rendu boueux en y dérivant l'eau de la rivière. 

Mais le plus important concerne la manoeuvre et la déroulement des combats avec toutes ses péripéties que César prend soin d'évoquer en faisant preuve d'une clarté pédagogique exemplaire http://www.agoravox.fr/tribune-libr.... Que cela soit au muséoparc ou dans les ouvrages professorals, bien que cela soit le sujet principal, rien ! même pas un simple croquis ! et encore, quand il existe quelques tentatives d'interprétation particulièrement laborieuses, on n'y comprend rien. Pourtant point fort du terrain, on n'inclut pas le mont Rhéa dans le dispositif romain, puis on s'étonne de ne pas retrouver les distances qu'indique César. On éloigne Labiénus dans un camp fixe alors que l'usage est que le second soit auprès du chef, prêt à le remplacer ou à intervenir à la tête des réserves. On brode sur sa balle de fronde qui va pourtant dans ce sens. On ne voit pas que le terrain légèrement en pente et en position défavorable est celui de Bussy où pourtant on a retrouvé la trace des camps des deux légats. Bref, on ne veut pas se rendre compte de l'extraordinaire guerre de mouvement qui s'est déroulée dans cet espace restreint où s'est affrontée l'intelligence tactique des deux adversaires et où l'art d'utiliser les réserves a été le facteur de la décision. 

Enfin pour terminer en feu d'artifices, je ne peux conclure qu'en évoquant cette tragique erreur de traduction qui a fait dire à l'ensemble des historiens que l'armée gauloise de secours s'était enfuie sans combattre. Je cite mon "Histoire de Bibracte, le bouclier éduen" publié en 1992 : Les fantassins restant de l'armée de secours se déployèrent devant les camps (romains) de la plaine des Laumes (pro castris) et non devant les camps gaulois de la montagne de Mussy. Au signal de la retraite, ils abandonnèrent les camps (romains) et non les camps gaulois... "Fit ex castris Gallorum fuga" doit se traduire par : "elle se fit hors des camps (sous-entendu romains), la fuite des Gaulois, et non pas : elle se fit hors des camps des Gaulois", leur fuite. Et cela signifie que les Gaulois de l'armée de secours n'ont pas fui sans combattre mais qu'ils avaient bel et bien investi les camps romains de la plaine et que par conséquent, ils avaient dû y causer de multiples dégâts avant de se retirer. Peut-être avaient-ils même "tout rasé". Dans cette fin de bataille, César n'insiste pas. La perte de son train des équipages, en totalité ou en partie, n'a jamais été un titre de gloire pour un général de Rome. 

E. Mourey, château de Taisey le 22/11/2013, www.bibracte.com

 

Renvois

1. Le mont Beuvray est le site secondaire de Gorgobina qu'évoque César. Il y a installé une tribu boïenne. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mont-beuvray-gorgobina-site-159475

2. "Je ferai de toute la Gaule un seul conseil dont personne au monde ne pourra contester les décisions dès lors qu’elles auront été prises dans une volonté commune". (Vercingétorix, DBG VII, 29). Ce qui ne correspond pas du tout à l'inscription napoléonienne de la statue : « La Gaule unie, formant une seule nation, animée d'un même esprit, peut défier l'univers »

3. Discours de François Mitterrand au mont Beuvray. http://discours-publics.vie-publique.fr. et http://www.leshistoriensdegarde.fr/...

4. Au siège de Bourges, les assiégés gaulois avaient réussi à mettre le feu au terrassement (la rampe d'accès).


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17 réactions à cet article    


  • diogène diogène 24 novembre 2014 09:38

    On sait bien que Stéphane Bern est à l’archéologie ce que Laurent Deutsch est à l’histoire : 

    un imposteur.

    Soyez tranquille Monsieur Mourey, cette émission de variétés ne troublera pas les consciences. Elle ne fera que renforcer les certitudes des analphabètes nationalistes qui s’accrochent aux mythes de Jeanne d’arc et de leurs ancêtres blonds à moustaches. Pendant qu’ils regarderont l’émission, ils ne feront pas de conneries.

    • Emile Mourey Emile Mourey 24 novembre 2014 11:29

      @ Diogène


      J’aime bien regarder les émissions de Stéphane Bern. Cela ne m’empêche pas de voir en-deça la tragédie de la comédie humaine. Je lis actuellement des ouvrages sur le « grand » Constantin et ses successeurs. C’est absolument incroyable de constater, comment, à cette époque encore, le pouvoir rayait de la carte toute une population sans état d’âme, au nom de l’empire, et comment les dites populations s’agitaient aux discours des évêques, et cela sur des questions d’interprétation du « fils de l’homme », substance ou pas substance etc...

      Je viens d’ouvrir le dernier lien de mon article. Je suis un peu surpris. Quand je l’ai inséré, il ouvrait directement sur le discours de Mitterrand.

      • L'enfoiré L’enfoiré 24 novembre 2014 19:08

        Bonsoir Emile,

         J’aime aussi regarder les émissions très fouillée de Stéphane Bern.
         Il n’est pas le seul pour construire ses « Secrets d’histoire ». Dénigrer c’est dénigrer l’ensemble des intervenants qui sont de milieux différents.L’histoire est toujours interprétée. Écrite pas les vainqueurs
         Remonter cette fois, à César, ajoute encore en difficulté.
         Lire le latin, une nouvelle difficulté.
         Je suppose, Emile, que vous êtes un latiniste pratiquant.
         Pour moi, c’est un souvenir très lointain.
         
        Bien à vous
         

      • Emile Mourey Emile Mourey 24 novembre 2014 20:45

        @ L’enfoiré


        Oui, j’étais assez bon en latin mais en découvrant César sur le tard, j’admire encore plus. Son écriture est le reflet de sa pensée avec une logique qui n’a rien à voir avec notre langue française un peu frivole. On dira ce qu’on voudra, il y a chez César un cerveau latin et une intelligence, notamment dans la recherche de l’expression exacte, qui mériterait qu’on s’y intéresse tout autant qu’à ses exploits militaires..

      • L'enfoiré L’enfoiré 27 novembre 2014 17:50

        Bonsoir Emile,

         Qu’en avez-vous pensé de l’émission « Secrets d’Histoire ».
         Perso, j’étais trop intéressé pour me rappeler l’histoire scolaire de César, pour être impartial. 


      • Emile Mourey Emile Mourey 27 novembre 2014 18:05

        @ l’enfoiré


        Bonsoir,

        Voyez mon commentaire que j’ai fait dans mon débat avec Antenor.

      • Antenor Antenor 24 novembre 2014 13:39

        La seule chose qui me fait tiquer concernant Alise-Sainte-Reine, c’est la présence de la citadelle de Grignon, ancienne forteresse des Comtes d’Auxois, juste de l’autre côté de la plaine des Laumes.

        Quand on cherche des citadelles en Auxois à l’époque médiévale, on rencontre fréquemment les noms de Montbard, Montréal, la Butte de Thil ou Grignon mais pas Alise-Sainte-Reine.

        Je me demande là-encore s’il ne faut pas voir dans la ville du Mont-Auxois, une extension de la citadelle de Grignon.

        Placer Alésia au Mont-Auxois plutôt qu’à Grignon me fait le même effet que de placer Gergovie à Merdogne ou à Corent alors que juste à côté se trouvent des forteresses comme le Crest des Langeac ou le Monton des Beaufort-Canillac.


        • Emile Mourey Emile Mourey 24 novembre 2014 17:25

          @ Antenor


          Alésia est née sur une voie de l’étain, celle des Séquanes que la carte de Peutinger nomme « Sequanas ». Nous ne sommes pas dans la logique du Moyen-âge où c’est la position la plus forte qui pouvait l’emporter sur les autres.

          L’alésia dont parle Diodore de Sicile n’est pas Alise mais le Mont-Saint-Vincent où nous situons Bibracte. Non loin de là, Aluze devait être une autre station sur cette voie. Voyez Alexandre qui a semé sur son chemin un certain nombre d’Alexandrie.

          ici, c’est Héraklès qui fonde Alésia... les alésias. Ces « Héraklès » sont les premiers colons/aventuriers/ouvreurs de voies... Quelle signification étymologique donnez-vous au mot « alésia ». Le sujet est toujours en discussion.

          • Antenor Antenor 25 novembre 2014 11:51

            @ Emile

            « Nous ne sommes pas dans la logique du Moyen-âge où c’est la position la plus forte qui pouvait l’emporter sur les autres. »

            Alors pourquoi placer Bibracte à l’emplacement de la forteresse médiévale de Mont-Saint-Vincent ? Les voies commerciales de l’Antiquité et du Moyen-âge étaient manifestement les mêmes et les logiques de contrôle du territoire aussi. Il suffit de voir où se sont déroulés les principaux évènements de la Guerre des Gaules : Sens, Paris, Orléans, Bourges... ; on se croirait en pleine Guerre de Cent Ans. Sans citadelles pour les protéger, les comptoirs celtes n’auraient pas tenu longtemps devant les autochtones.

            Forteresse médiévale au Mont-Lassois :

            Page 353 :

            http://books.google.fr/books?id=CLEEAAAAQAAJ&pg=PA353&lpg=PA353&dq=mont+lassois+forteresse&source=bl&ots=bHkdjgFGVS&sig=N_yMUuqKpN4fOkh2eGNYf1hRFuM&hl=fr&sa=X&ei=GF10VMCKK87HPdufgdgC&ved=0CEYQ6AEwBw#v=onepage&q&f=false

            Page 12 :

            http://books.google.fr/books?id=6lz7onVy0AAC&pg=PA12&lpg=PA12&dq=mont+lassois+forteresse&source=bl&ots=Q5uw33UlOq&sig=rBfVC5Cr9rWpPWk6EWGTrRClb70&hl=fr&sa=X&ei=GF10VMCKK87HPdufgdgC&ved=0CD0Q6AEwBQ#v=onepage&q&f=false

            Pourquoi les archéologues n’en parlent-ils jamais ?


            « Quelle signification étymologique donnez-vous au mot « alésia ». Le sujet est toujours en discussion. »

            Là-encore, la réponse vient sans doute de Chypre :

            http://en.wikipedia.org/wiki/Alashiya

            Nos Alésia gauloises sont probablement d’anciennes colonies chypriotes. Cela confirme mon rapprochement entre le port chypriote de Cition et le monstre marin Céto qui engendra les gorgones.


          • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 2014 13:41

            @ Antenor

            Alésia ? Génial votre interprétation ! Je souscris des deux mains. Cela s’accorde parfaitement avec ce que nous pensons : des colons Héraklès ouvrant des voies de l’étain à travers la Gaule/Galatée. Le meilleur moyen pour assurer la sécurité de ces voies est d’y fonder des stations/colonies d’où les trois alésia, Alésia/Bibracte/Mont-Saint-Vincent, Aluze, Alise-Sainte-Reine que j’ai évoquées et qui, manifestement, matérialisent la voie qui du pays éduen rejoint la voie Sequanas.

            Vous allez me dire que si Mont-Saint-Vincent/Alésia est bien sur la transversale qui relie la Loire à la Saône, il n’est pas sur la voie de la Saône, en effe : si on raisonne « voie de la Saône » c’est Chalon/Taisey qui devrait être une station « Alésia ». Et pourquoi pas ? Et pourquoi pas la Nuerax d’Hécatée de Millet à Chalon/Taisey ? Et pourquoi pas l’Alésia de Diodore, le Bibracte de Mt-St-Vincent ne venant qu’après ?

            Mont-Lassois, je pense que vous voulez dire que César n’en parle pas, car les archéologues ont bien mis en valeur le site avec son ancien temple ou salle commune et le vase de Vix retrouvé à son pied. Quand les Helvètes se sont enfuis après leur défaite, ils se sont repliés chez les Lingons. Cela ne peut être qu’au mont Lassois. Langres était leur grande ville/colonie, Mont-Lassois était l’oppidum. Le nom des habitants a changé.

            D’accord pour penser que les châteaux-forts du Moyen-âge ont succédé aux sites gaulois ; Je ne dis pas autre chose en parlant de la permanence des points forts du terrain, mais avec Aluze et Alise-Sainte-Reine, nous avons deux cas où le Moyen âge ne les a pas repris parce qu’il a trouvé position plus forte ailleurs. 

            • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 2014 19:54

              @ Antenor

              Vous dites : Nos Alésia gauloises sont probablement d’anciennes colonies chypriotes. 

              Je ne pense pas, mais que l’Alashiya de Chypre soit une base de transit, de départ, d’embarquement ou base avancée en avant des côtes cananéennes/phéniciennes, oui. Je vois mal les seuls habitants de Chypre alimenter le grand courant d’émigration phénicien/Héraklès qui est allé s’installer sur les côtes de la Méditerranée occidentale et aussi à l’intérieur des terres comme nous le pensons. Une base à Chypre, à l’écart des tribulations et des conflits des royaumes et empires du continent/Proche Orient, cela me semble pouvoir être un bon choix de la part des hommes d’affaire de l’époque. Une sorte d’état fantoche qui a pour principal raison d’être la plaque tournante du commerce des métaux précieux de l’époque.

              Normal que dans la légende de la Méditerranée orientale, l’île soit comparée à un monstre marin, Ceto, au milieu de la mer, engendrant les Gorgones qui ont envahi la Gaule jusqu’à Gergovie. Alashiya serait donc le nom d’une station de la voie de l’étain ou son point de départ.

              Je me pose des questions sur les statuettes à la déesse Epona. Il me semble qu’elles symboliseraient davantage la migration/expédition coloniale de ces premiers aventuriers qui ont ouvert les premières voies de l’étain dans notre pays alors sauvage. Épona, déesse des écuries, sur le tard peut-être, mais avant, je doute. À Alise-Sainte-Reine, que tient-elle dans sa main droite ?

              • Antenor Antenor 25 novembre 2014 23:42

                @ Emile

                Oui, Chypre à elle seule paraît un peu faible pour une telle entreprise. Dans la mythologie grecque, le parèdre de Céto s’appelle Phorcys. C’est également un monstre marin donc une puissante cité portuaire. Il y a une rade de Phorcys à Ithaque mais on trouve aussi un Phorcys chez les Phrygiens durant la guerre de Troie. La piste la plus sérieuse est peut-être celle de la Phocide. Phocide => Phocée => Marseille

                Concernant Epona, on peut sans doute la rapprocher de la Gorgone centaurine de ce vase dont on avait déjà parlé :

                http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9duse_(mythologie)#mediaviewer/File:Perseus_Medusa_Louvre_CA795.jpg

                La cavalerie jouant un grand rôle dans les armées gauloises, Epona était peut-être la matrone des cavaliers. On peut aussi éventuellement la rapprocher des Walkyries germaniques qui recueillaient l’âme des héros morts au combat.

                Pour le Mont-Lassois, je m’étonne juste que les archéologues qui l’on récemment fouillé n’aient pas mentionné la forteresse médiévale.


              • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 2014 23:48

                @ Antenor,


                Sans doute ; Je suis persuadé qu’on devrait trouver encore d’autres indices quitte à revoir certaines interprétations anciennes.

              • Antenor Antenor 26 novembre 2014 15:07

                @ Emile

                Derrière Chypre, il faut sans doute voir Tarse et les Hittites. La ressemblance entre les noms de Tarse et Tartessos n’est sûrement pas une coïncidence. Pas plus que celle entre Ligures et Lyciens. Il y a manifestement eu une véritable course vers l’Occident entre les différentes puissances maritimes de l’Orient. La Phocide a sans doute servi de relais à Cition dans son expansion vers l’Ouest.

                Alésia comme nom générique pour les stations sur la voie de l’étain, cela me convient très bien. Alès sur la route entre Clermont et Marseille entre tout à fait dans ce cadre. On peut noter en Italie à l’Est de San-Remo, la ville d’Alassio en face de laquelle se trouve l’Ile de Gallinara. Manifestement une colonie celte en territoire ligure.


              • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 2014 23:49
                Après l’émission « César et la gloire de Rome ».

                Excellente émission, comme d’habitude. Excellente prestation de Stéphane Bern. Comme il fallait s’y attendre, Mme Porte a eu beau jeu de dresser le livre des Commentaires et personne n’a contesté sa traduction. La description du retranchement césarien est nulle, le cheval qui tombe dans le trou de loup risible et contraire au texte. Beaucoup de flou du côté de Vincent Guichard. Le buste, soi disant de Gaulois, vient de Bohème et non du mont Beuvray. Le lieu de la bataille des Helvètes n’est toujours pas fixé contrairement à ce qu’il laisse entendre. Son explication du grand nombre d’amphores ne tient pas la route.

                • L'enfoiré L’enfoiré 28 novembre 2014 09:24

                  Merci, pour cette confirmation.

                  J’ai retrouvé ceci à son sujet.
                  Encore une fois, bizarre qu’il ne prenne pas son droit de réponse.

                • Emile Mourey Emile Mourey 28 novembre 2014 09:59

                  @ L’enfoiré


                  En effet, la consigne a été donnée à tout le monde, et en premiers, à tous ceux qui sont dans le système, depuis la ministre jusqu’à la base : il ne faut pas recommencer la même polémique que celle qui a toujours cours pour Alésia. La polémique d’Alésia, que le pouvoir laisse encore aujourd’hui se développer, c’est l’arbre qui cache la forêt et qui fait ignorer ce qui est beaucoup plus grave.

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