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... centrisme

Bien avant le « je pense donc je suis », il y eut le « connais-toi toi-même ». Parfaitement oublié de nos jours. Le « je pense donc je suis » devait être plus facile et plus flatteur pour oblitérer ainsi ce qui reste la base d'une possible vie ensemble.

Du cogito, donc, je saute directement, sans méandres ni chicanes, sans m'intéresser au chemin pourtant long de plusieurs siècles, au « je le vaux bien ». Et ce je le vaux bien, merveilleuse philosophie mercantile a supplanté tous les commandements religieux, l'éthique qui fut le fondement de la décence, du bon sens populaire. Tout ceci, fort contraignant semble-t-il, fut expédié ad patrem comme arrivaient le marché et sa technologie, son abondance et sa propagande. De là on en vient de facto au « centrisme » qui n'a rien à voir avec le centre politique, mais qu'on retrouve dans ethnocentrisme, égocentrisme, et même, dans anthropomorphisme.

M'amusant à filtrer les dires et les actes de mes contemporains, avec comme filtre ce concept ( si on enlève à ce terme la notion de conscience), je me suis vite rendu compte que rien ne lui échappait. Il y a pourtant quelques venelles, quelques sentiers, peut-être trop escarpés, qui pourraient élargir notre champ, de vision, de pensée, de programme, d'observation, mais je n'en vois guère pour ne pas dire pas. C'est comme si le moi était un « trou noir » - quoique je me hasarde à cette comparaison, n'étant pas, mais pas du tout physicienne - qui, en tout cas, avale tout ce que ses sens captent pour en faire masse de même acabit, incorporant, souvent en le niant, l'étrange, l'étranger, l'autre. Plutôt que s'ouvrir, s'incorporer au monde, on assimile le monde pour le réduire à soi, à son connu, et ce à partir d'une minuscule information que l'on peut, sinon reconnaître, du moins assimiler. Assimiler ou, comment, intégrer à son système.

Je ne comprends toujours pas, mais depuis que je sais pourquoi j'en suis moins déstabilisée, comment on peut à la fois faire aimant, tout attirer à soi, et avancer en faisant chasse-neige, c'est-à-dire tout repousser ! Il n'y a aucune porosité, passé un certain âge, et le temps où l'on est poreux remplit ; quand on est plein on s'avance tout ego dehors, avec ses certitudes mais ses complexes, ses peurs, ses manques, qui pourtant sont d'une lisibilité parfaite. Je parle du profond de soi parce que le savoir se peaufine, s'accroît, se transpose, mais la connaissance de soi ne profite pas de cette manne. On est, et puis voilà. Il faut, et encore pas pour tout le monde, de sérieuses épreuves pour changer tout ça.

Un tour d'horizon est difficile à faire puisque des maux qui nous oppressent, aucun n'échappe au pouvoir de ce triumconcepti ; que ce soit des maux personnels, intimes, interpersonnels, sociaux, politiques, économiques, géopolitiques, bref.

L'incapacité de sortir de soi, l'obsolète empathie remplacée par la projection : on ne se met pas à la place de l'autre, on ne réagit qu'à l'alter ego, le semblable, le même ; anthropocentrisme au mieux. Du reste l'empathie est souvent de la compassion, misérabilisme cher à certains tempéraments. Je ne crache pas sur la compassion, mais la compassion vraie n'a pas les relents que l'on voit très souvent, parce qu'elle est un silence, une écoute, une main qui caresse une main dans l'ombre.

J'essayais de voir ce qui pouvait bien échapper à ce schéma, dans les malheurs qui nous plombent.

Vint le moment où les capitalistes comprirent qu'il leur fallait lever le pied : l'exploitation du travailleur serait encore plus juteuse si celui-ci devenait consommateur ; on a crié « hourrah », c'était le fordisme, encore chanté comme grande libéralisation du peuple ! Le problème du capitalisme, qui n'est plus le pouvoir de droit divin mais le pouvoir au mérite (!) a fait beaucoup d'émules et rendu le peuple traître à lui-même. Et ce peuple, où qu'on regarde, n'a eu comme visée que le mode de vie des nantis, aristocrates d'abord, puis bourgeois.

Ainsi est née une classe moyenne, celle-là même qui promeut un pays dans les rangs des pays démocratiques riches, grand modèle encore à l'heure actuelle. Preuve de supériorité, de puissance, d'aise.

Or les classes moyennes sont évidemment issues du peuple, mais reniant leurs origines comme une honte, elles n'eurent de cesse de vouloir imiter les puissants. Les femmes, à l'instar des nobles de jadis acceptèrent pendant longtemps de mettre bas, bien forcées, mais point de s'aliéner à la maternité, la déléguant à des subalternes ; aujourd'hui nous en sommes à ne pas accepter la mise bas, mais la reléguant à des femmes contentes de l'aubaine pour se faire quatre sous, en deux mots, une bonne action. Pour l'instant, une sexualité stérile est mise en avant pour faire passer la pilule, mais bientôt n'importe quelle femme de trader, de vedette ou de politique, ne voudra plus risquer les vergetures ou les nausées et puis et puis, le risque de grossir !

Mais il y a tous ceux qui veulent du foie gras, du saumon ou du caviar à chaque instant à fêter mais bien surtout les éleveurs de canards gras, un poème, et les élevages ahurissants d'esturgeons ou de saumons et sans s'appesantir sur le sort de ces pauvres bêtes, juste s'arrêter à la qualité du met. De la viande tous les jours relève aussi de cette frustration ancienne de ne pas manger comme les seigneurs ; tant pis si c'est du poison. Et tout à l'avenant.

Nous sommes tous rois, des clients, mais des rois de deuxième catégorie quand même, peu importe, l'apparence fait illusion.

Ainsi, je me demandais si l'envie, la jalousie, l'imitation, relevaient elles aussi d'un quelconque centrisme.

Bien évidemment. L'apparence comme critère déterminant l'enferme en le piégeant.

Je vais aller jusqu'à dire que toutes les maladies qui nous tuent de plus en plus jeunes, hors l'environnement délétère qui relève lui aussi de l'apparence nous suffit, sont dues à la démission de soi, l'absence de conscience de soi, la somatisation. Il est clair que l'on pourrait vivre heureux et libres en étant plus frugaux, en épargnant toute cette souffrance aux animaux, en respectant la terre, en respectant notre corps, notre esprit, notre âme puisque nous n'avons gardé de notre désir d'aristocratie que les beuveries les décadences, jetant aux oubliettes la sagesse et la bravoure des chevaliers, la beauté de ses arts et ses lettres. Car la bravoure ni la sagesse ne se lèguent par les gènes, quant à la chevalerie, elle n'était pas orgiaque.

Le centrisme n'est pas conscient, c'est tout le contraire, certains pensent même que c'est instinct avec tout ce que cela comporte dans leur bouche de pulsions négatives et de bassesses. Sans s'être jamais aperçu que les animaux étaient incapables de telles bassesses alors même qu'ils gèrent leurs besoins au plus près possible. Le centrisme n'est pas un instinct, ou alors dévoyé et très lointain, c'est une non pensée, certes, mais de l'ordre de la pulsion égoïste assez récente qui a l'air de vouloir oublier que l'homme est un animal social. Et surtout, il se contente de quelque agrément, un confort de surface qui peut bien consoler en occultant les maux.

Il est vrai que l'on ne peut compatir qu'à une souffrance vécue : l'injustice quelle qu'elle soit est une douleur sourde, de rage et d'abandon, celui qui n'en a jamais souffert ne peut la concevoir, juste quelques mots qu'une morale partagée provoque ; mais celui qui en a tant souffert qu'il n'en est pas ressorti « entier », pourra aussi y être indifférent, tant la douleur anesthésie l'empathie. Un deuil, la douleur la plus partagée est en même temps celle qui reçoit le plus d'attention mais à condition qu'elle atteigne la perte qu'il faut. Un homme qui n'aimait pas sa mère ne comprendra pas que l'on se suicide à la mort de la sienne tandis qu'un couple uni comprendra la peine du veuf, encore qu'il ne s'agisse là aussi que d'une projection de l'amputation que l'on subirait soi-même. C'est assez normal tout ça et les rescapés des camps l'ont bien compris, qui se taisaient.

L'égocentrisme, l'égoïsme se retrouvent à chaque instant au niveau privé et à travers ce filtre, nous pourrions faire une encyclopédie de comportements en certaines conditions ; je ne sais si au niveau personnel on pourrait attribuer l'altruisme au féminin, tant la camaraderie entre hommes peut être forte, la parole donnée, la fidélité, l'entraide et cette fierté et cette droiture tout droit sorties de la chevalerie ; tant d'un autre côté les femmes modernes libérées se comportent souvent comme des harpies, à défaut de leur trouver un autre qualificatif.

Non, c'est au niveau politique que cela m'intéresse, une différence notable entre souverainistes et nationalistes, et puis cette fausse altérité des nantis mondialistes. Ces derniers sont intéressants car, à mes yeux, ce sont eux les plus ego/ethnocentristes, puisque classocentrisme n'existe pas. J'ai souffert dans mes chairs, des paroles, des prises de positions, des jugements de ces gens-là ; non pas qu'ils m'aient fait du mal à moi-même, mais leur allant-de-soi, leur évidence à être, leur supériorité tolérante et « humaniste » m'est intolérable. La tolérance peut être intolérable, oui, tant cette saloperie est tout droit sortie des élus de Dieu, ou de l'empereur. Un jugement posé,- mais qui s'arroge le droit de juger ?- avec mansuétude ! Cette supériorité innée ou acquise qui n'est pas en danger, et n'en a jamais éprouvé, cette inattention qui les fige en eux-mêmes, les met hors de compréhension des faits de ce monde. Ils cachent sans honte, puisque c'en est pas pour eux, toutes les bassesses ou soumissions qui les ont placés en haut de la médiocrité, celle que donne obligatoirement toute docilité au pouvoir. Cet égocentrisme qui manque d'imaginaire et de sensibilité n'a de compassion que celle prévue par la constitution, de tolérance que celle qui ne coûte pas cher et de capacité d'entraide que l'aumône charitable. Et quels que soient leurs discours par ailleurs ; ce n'est pas parce que je hais cette classe que j'en trace un tel portrait, c'est parce que ce portrait est juste que je la hais. Je hais qu'elle ait coupé ses racines , par honte, et qu'ainsi dérivante au gré des courants à la mode en tâchant de s'y façonner une culture, elle ne soit que mirage, qu'apparence. Nous n'y chercherons pas des engagements ou des esprits supérieurs, leur ego est indépassable. Et même si tous ne sont pas des collaborateurs volontaires ni même conscients, tous le sont. La plupart s'offusquerait d'un tel jugement tant ses privilèges lui semblent mérités.

L'égocentrisme primaire des nationalistes, à côté, fait figure de révolte. Parce que s'ils se mobilisent « contre », ils pensent le faire « pour ». Ceux-ci sont ethnocentrés, et ça peut être plus violent. Mais si l'individu reste le centre de ses prétentions, il y inclut ses semblables. Les nouveaux bourgeois, eux, se reconnaissent et se fréquentent mais n'affichent pas une conscience de classe, ce serait déjà, pour eux, s'abaisser.

Et toutes les factions dissidentes, révoltées, cuisantes de vérités révélées, où que se trouvent leurs pions sur l'échiquier, sont dans l'inattention sourde et aveugle à toutes les souffrances qui n'appartiennent pas à leur vocabulaire.

Il suffit de regarder l'histoire : des guerres, l'empire s'installe, l'empire se désagrège et le diable trouvera toujours des clampins pour le servir.

Cependant je n'oublie pas, je suis même imprégnée de l'ethnocentrisme occidental ; et nous sommes tous à cran sur les nouvelles de Syrie et du Moyen-Orient en général. Nous avons atteint là le summum de l'abject et c'est un renversement, une inversion. Certes on peut, comme moi, de deux maux préférer le moindre, une guerre défensive en réponse à une attaque, une guerre de libération après des lustres, des siècles, d'oppression ; on peut préférer une attaque qui dit son nom, on peut préférer la bravoure, quel qu'en soit le motif, à la lâcheté. Ici, nous avons affaire à la totale : une agression lâche.

Il n'est pas besoin de détailler pour comprendre que le centrisme est le terreau du pouvoir, plus, l'engrais de ses abus. Seul un horizon borné peut nous amener à nous croire tout puissant ; seul le moindre œil ouvert sur la richesse, la complexité, la beauté du monde, nous en prémunit à jamais. Est-ce un hasard si nos dirigeants sont si incultes ? Est-ce un hasard si après tant d'années de propagande, le peuple lui-même ainsi déculturé élit et se reconnaît en eux ? Et trouver en les plus cons d'entre eux leurs proches, ceux qui sauront les protéger ?

Il n'y a, j'en ai peur, aucune issue à ce problème, aucune issue à l'échelle d'une vie ; si Cuba et les Grecs, pour ne prendre qu'eux, ont voulu et réussi à se sortir de l'oppression, c'est que, opprimés, ils avaient les yeux ouverts ; et les yeux ouverts, ça ne s'est pas fait tout de suite ni en un instant. L'oppression d'aujourd'hui est sourde, tentaculaire mais surtout elle a su flatter quand il fallait l'ego de chacun. Le temps sera long de l'ignorance, l'illusion, à la prise de conscience, de la prise de conscience au courage, du courage à l'action.

 

La masse n'a plus le sentiment du commun. Le commun n'est pas ethnique, et la juxtaposition des singuliers peut faire pluriel, mais pas unité.


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58 réactions à cet article    


  • Le Gaïagénaire 29 mars 21:57
    @ alinea mardi 29 mars 2016

    « Il est vrai que l’on ne peut compatir qu’à une souffrance vécue : l’injustice quelle qu’elle soit est une douleur sourde, de rage et d’abandon, celui qui n’en a jamais souffert ne peut la concevoir, juste quelques mots qu’une morale partagée provoque ; mais celui qui en a tant souffert qu’il n’en est pas ressorti « entier », pourra aussi y être indifférent, tant la douleur anesthésie l’empathie. »

    La douleur du malheur de votre mère qui se manifeste dans l’enfant petit transmetteur de sérotonine :https://www.youtube.com/watch?v=YcatQH49pWo

    Cordialement

    • alinea alinea 30 mars 14:17

      @Le Gaïagénaire
      Cyrulnik, que j’ai lu avec avidité et qui m’a beaucoup appris, ne parle pas de tout dans cette vidéo.
      Je fus « gros transporteur de sérotonine », mais à force de harcèlement et d’acharnement judiciaire, je suis devenue toute petite.
      Je ne suis pas sûre que ma mère ait quelque chose à voir là-dedans, mais qu’elle ait à voir dans quelque chose de ce que je suis, je ne le nie pas !!!


    • Le Gaïagénaire 30 mars 23:25

      @alinea 30 mars 14:17


      C’était un clin d’oeil. Il y a d’autres vidéo dont un traitant de la mémoire.

      À+


    • marmor 29 mars 23:29

      Il n’y a aucune porosité, passé un certain âge, et le temps où l’on est poreux remplit ; quand on est plein on s’avance tout ego dehors, avec ses certitudes mais ses complexes, ses peurs, ses manques, qui pourtant sont d’une lisibilité parfaite. Je parle du profond de soi parce que le savoir se peaufine, s’accroît, se transpose, mais la connaissance de soi ne profite pas de cette manne. On est, et puis voilà. Il faut, et encore pas pour tout le monde, de sérieuses épreuves pour changer tout ça.

      Une telle force de pensée me laisse pantois ! Freud, Kant, Bergson étaient des petits garçons, car j’arrivais à les comprendre à peu près. Là, j’avoue, je bute, trébuche, je comprend tous les mots mais pas le texte, et quand je dis le texte, c’est tout le texte... L’étude des grands philosophes ne m’aura sans doute pas assez ouvert la comprenette. En fait, mettre des mots savants, ou rares, les uns à côté des autres , cela donne des phrases.... Un peu comme la pissotière de Marcel Duchamp qui devient une oeuvre exposée au Louvre... L’auteur est le Duchamp de la littérature analytique, et moi, le rustre du bulbe, je vais passer pour un goujat, enfin quoi, merde ! comme dirait l’intelligentsia de gauche du café de flore, en récitant du Botul dans le texte, ou en s’extasiant devant le tableau de Boronali !


      • alinea alinea 29 mars 23:40

        @marmor
        Quand on est vieux, on n’est plus réceptif car le temps de l’enfance où on l’était nous a remplis. Nos certitudes nous font avancer sans crainte, mais je sais lire ce qu’elles cachent de peurs, de complexes, de manques, de traumatismes,- une fausse force quoi-.
        La connaissance de soi est le chemin d’une vie, pas comme le savoir qui lui s’accumule, tandis que la connaissance, la compréhension n’est pas une accumulation, ce type d’apprentissage ne lui sert à rien. Ainsi, on « est » sans plus de question ; certains ouvrent les portes de la connaissance après une épreuve, d’autres sombrent.


      • leypanou 30 mars 11:14

        @marmor
        Là, j’avoue, je bute, trébuche, je comprend tous les mots mais pas le texte, et quand je dis le texte, c’est tout le texte...  : alinea est une intellectuelle, même quand on lit 10 fois son texte, on ne comprend toujours pas !

        Boronali me rappelle mes études littéraires du secondaire et cela va bien avec Botul.


      • alinea alinea 30 mars 14:13

        @leypanou
        Ce n’est pas une question de compréhension « intellectuelle », c’est juste un ressenti ; si un texte ne nous parle pas, il ne nous parle pas ! C’est au niveau de la sensibilité que ça se passe, on n’est pas « touché » par tout !!
        Je n’en prends pas ombrage !
         smiley


      • fred.foyn Le p’tit Charles 30 mars 08:49

        +++++(On est, et puis voilà)...tout les problème réside dans ces mots incapable que nous sommes d’assumer notre rôle sur terre celui (non pas de reproducteur uniquement) mais d’une partie prenante du destin de l’humanité..hélas notre petit EGO nous enferme dans une bulle pernicieuse du chacun pour soi..un parasite de plus sur la planète.. !


        • alinea alinea 30 mars 14:09

          @Le p’tit Charles
          Le rôle qu’on nous a donné est tout petit alors on se la pète pour se grandir ou bien on baisse le nez !
          Je n’ai pas assez de culture historique pour être sûre, mais j’ai idée qu’ailleurs ou avant, les petites gens qui assumaient leur petitesse étaient plus grands que les petites gens d’aujourd’hui qui la refusent !


        • Daniel Roux Daniel Roux 30 mars 09:40

          L’auteur est visiblement en dépression. Un passage à vide pendant lequel tout et tous nous paraissent étrangers, insupportable, irrécupérable d’égoïsme et de vacuité.

          Nous sommes tous passés par là, ou nous y passerons tous à un moment ou à un autre, plus ou moins profondément, pour peu que nous ayons le temps de réfléchir sur le sens de la vie, de l’univers, de tout ce qui existe.

          Ma religion est faite depuis quelques temps déjà. La vie, l’univers, tout ce qui existe n’a pas de sens particulier. C’est là et c’est bien ce qui est le plus surprenant.

          « Pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien ? » Aurait proposé Einstein. C’est la question fondamentale qui n’aura, évidemment, jamais de réponse.

          Donc, nous vivons, et nous savons que c’est par le plus grand des hasards. Nous possédons 5 sens qui nous donnent un accès partiel à ce qui nous entoure.

          Avez-vous remarqué comme la mémoire des sentiments ressentis est longue, plus longue même que les événements qui les ont produits ?

          Dans la vie, comme à table, un verre peu être considéré comme à moitié vide ou à moitié plein. C’est selon notre humeur, notre caractère, notre vécu, nos espérances.

          Nous pouvons nous aider nous-même, en nous connaissant et en reconnaissant qui nous sommes vraiment. Nous ne changeons pas au fond mais nos expériences, le contrôle de nos humeurs peuvent nous rendre plus agréable aux autres et à nous-même.

          Il suffit parfois d’apprendre simplement à respirer et voir, pas seulement regarder, la beauté que nous offre la nature dans sa totale indifférence d’être vue ou non.


          • Fergus Fergus 30 mars 11:35

            Bonjour, Alinea

            Je partage assez largement la vision de Daniel Roux.

            Et sa conclusion est superbe. Elle va d’ailleurs foncièrement dans le sens de ce que tu ressens, si je ne me trompe. Dès lors, c’est une formidable antidote aux états d’âme quelque peu dépressif, me semble-t-il. Non ? 


          • Ratatouille Ziziledur 30 mars 11:45

            @Daniel Roux
            L’auteur est visiblement en dépression
            bas.. une dépression c’est une maladie plutôt grave ,et il difficile d’écrire ,de travailler
            le sujet est souvent complétement anéanti,pathétique,moribond,proche de la loque humaine ..
            .
            tu doit parler d’autre chose,je suppose (hitoire)


          • Ratatouille Ziziledur 30 mars 11:49

            @Fergus
            peut-être qu’elle est alcoolique aussi...souvent cela va avec le tableau clinique des dépressions basse intensité  smiley


          • Gatinais33 Gatinais33 30 mars 11:55

            @Daniel Roux
            C’est plutôt vous qui me déprimeriez. J’ai grandi dans la dictature de l’absurde, y’en a marre !

            @alinea
            Un article dans cette veine n’est pas courant sur AV, j’ai plussé cependant. Sans répondre dans un premier temps, mais puisque ce commentaire de Daniel Roux m’en donne l’occasion...
            A côté de votre pseudo, le lien « son site » est vide. Peut-être avez-vous le projet de créer ce site ? Je pense que votre article y aurait mieux sa place que sur AV. Ici, vous pourriez nous en informer par un simple résumé.
            Sous votre pseudo, je ne doute pas que vous soyez une femme. Car vous soulevez parfois, dans vos commentaires, des évidences que nous autres coqs négligeons. Votre passage sur la différence qu’on constate, dans les relations à l’autre, entre hommes et femme est laconique, et c’est très bien. L’assumer plutôt que la comprendre, c’est ainsi que je vois les choses. Et dans la vie professionnelle, les harpies dont vous parlez sont des femmes qui jouent à l’homme de façon ridicule.
            Ce que je voudrais ajouter à votre article, c’est la fuite en avant vers la création technique. Cette création, d’abord à l’intention d’autrui, devient une course vers un horizon dépourvu de vie. Colonisation de la planète Mars, Intelligence Artificielle, maison intelligente, sont la seule nourriture de bien des imaginaires. L’incertitude n’y plane pas.


          • Daniel Roux Daniel Roux 30 mars 12:53

            @Gatinais33

            Vous déprimez n’est évidemment pas le but de ce commentaire.

            L’absurde ne doit pas nous empêcher de vivre « pleinement » cette vie, que nous n’avons pas demandé, dont nous ne choisissons pas le cadre, mais qui est là et bien là. 

            Après, la traduction que vous attribuez à « pleinement » ne regarde que vous.


          • Daniel Roux Daniel Roux 30 mars 12:55

            @Fergus

            Bonjour Fergus,

            Merci pour ton appréciation.


          • Gatinais33 Gatinais33 30 mars 13:21

            @Daniel Roux
            Je réponds plus avec mon vécu qu’avec ma culture. Qui est ancienne.
            Comme mes copains étudiants en sciences, j’ai éprouvé en plusieurs occasions une espèce de vertige à voir mon bon-sens mis en défaut, à comprendre la puissance explicative, la cohérence des théories de nos savants. Vertige sain. Je ne désigne donc pas par absurde ce qui choque mon bon-sens.
            L’absurde dont je parle, on le désignait aussi sous l’expression « terrorisme intellectuel ». Il exigeait de vous, petit esprit, d’accepter des conclusions contraires à votre perception de la réalité au motif que le discours qui les justifiaient nous dépassait. Sartre était plus intelligent que moi, cela ne m’oblige pas à suivre ses options politiques.
            J’approuve comme Fergus la fin de votre commentaire. Vous y désignez (c’est ma lecture) les limites du langage. Alors, certes, l’article d’Alinéa, c’est du langage. Mais il a une certaine poésie ; dans sa façon d’évoquer la trajectoire de l’humanité, je retrouve mes propres sensations. Il est pour moi une dénonciation de la démagogie, sous une forme non factuelle, et justifie en ce sens nos changes agoravoxiens.


          • Gatinais33 Gatinais33 30 mars 13:28

            @Gatinais33
            ... nos échanges agoravoxiens


          • alinea alinea 30 mars 13:33

            @Daniel Roux
            Non, je ne suis pas en dépression ; je l’ai été pour des cause violentes plus personnelles, mais je suis triste parce que je sens très proche de chacun la possibilité d’être connecté aux autres, à la vie vivante de la nature, ce qui éloigne de fait nos attaches idiotes à des idioties.
            En réalité je suis connectée, disons que je recommence à l’être mais ce sont les animaux, la nature qui m’ancrent.
            Les humains m’ont dégoûtée et pourtant je suis très humaine ; je les ai écoutés, entendus, aidés, mais ils ne me le rendent pas.
            C’est au moment de l’Afghanistan ( 2000 2001) que j’ai commencé à me faire des « ennemis » en exprimant mes colères de nos politiques extérieures et plus je lisais plus j’apprenais plus je savais que j’avais raison et plus je sortais d’un consensus, même passif, qui faisait huile dans mes relations.
            J’y ai fait un grand nettoyage car je suis issue du milieu que je décris, je le connais bien et je me suis heurtée à l’incompréhension jusqu’à la rupture. Il faut dire que j’ai laissé faire mon intransigeance, mon « tout ou rien », foncier celui-là !!
            Je parle de moi, ça n’a pas beaucoup d’intérêt mais c’est pour expliquer mon regard ; et rien dans ce qui se passe actuellement ne pourrait le rendre plus « doux » !
            C’est vrai que tout me hérisse et que je suis une écorchée vive !! Je prévois un retour aux sources !!
            Par ailleurs, étant adepte du bouddhisme du Bouddha, je ne me pose jamais la question : pourquoi quelque chose plutôt que rien. Je suis adaptable à tout sauf aux lois iniques des hommes !!
            En tout cas merci pour votre lecture et votre réponse.


          • alinea alinea 30 mars 13:42

            @Gatinais33
            C’est vrai qu’ils ne sont pas absurdes ! J’y vois l’opposition Nature/ Culture et je suis bien convaincue que nous pouvons vivre les deux ; or ce n’est pas ce qui se passe, la nature, pour eux, est un terrain de jeux ou un paysage, ils n’en ont pas l’histoire, notre histoire rurale. Je dis nature, mais chez nous il s’agit de campagne car la Nature est « hostile » à l’homme, ce n’est pas pour rien qu’il l’a dominée. Mais il est allé trop loin, jusqu’à l’oubli, le rejet, le mépris aussi. Rejet de la ruralité y compris par les ruraux.
            Je ressens la même chose en ce qui concerne le bon sens, mais j’y ajouterais l’attention, comme on prend soin de ce qu’on aime.
            Peut-être qu’au bout du compte, ça manque d’amour tout ça !!


          • alinea alinea 30 mars 13:47

            @Gatinais33
            Aussi : j’ignore ce que pourrait être ce « site » !! Je suis nulle en informatique, j’apprends au fur et à mesure de mes besoins.
            J’aime l’échange et la controverse, aussi j’aime ce site ; je crois que je m’ennuierais sur un blog, aucune envie des rester « entre soi ». Enfin, ce n’est peut-être pas comme ça mais c’est ce que j’imagine !


          • alinea alinea 30 mars 13:54

            @Fergus
            la musique était le ferment de ma relation au monde à travers l’humain, mais je n’en fais plus et je le regrette. La nature n’est pas une consolation, elle est ce ferment, cette adéquation au monde, mais y manque, pas tout à fait quand même, l’humain.
            Et puis, je ne peux pas fermer les yeux ou être inattentive, et dans cette nature, dans les animaux d’autres que je vois autour de moi, toujours des causes de tristesse ou de colère.
            Je suis sur la corde raide, prête à partir dans un lieu sans téléphone ni électricité, mais en pleine nature.
            Je pleurerai les hommes. Mais je ne viendrais plus vous gonfler avec mes états d’âme ! smiley


          • Gatinais33 Gatinais33 30 mars 15:17

            @alinea
            J’ai préféré écrire « site » que « blog » car la première approche donne libre cours à l’organisation des documents, avec des savoirs-faire vraiment limités. Les conseils sont faciles à trouver, à partir du moment où on est décidé.
            Sur le fond, votre article est dense, dixit ZiziLeDur. Vous auriez pu le développer dans une page de votre site. On trouverait aussi sur le site les informations complémentaires que vous donnez dans vos réponses.
            Presque personne n’irait s’intéresser à cela, c’est évident, sans un véritable terrain d’échange comme Agoravox. Les deux sont complémentaires.
            Et puis, voyez, je continuerais aussi avec plaisir sur les autres questions du fil, avec les différents intervenants. Mais je dois partir.


          • Ratatouille Ziziledur 31 mars 06:58

            @Daniel Roux
            il n’empêche que premièrement vous posé un diagnostique médical ,et de ce faite comme une sorte
            d’autorité médical,ou comme autorité tout court une forme de domination peut-être,de supériorité
            naturelle ,qu’il ne faudrait pas remettre en question.


          • Ratatouille Ziziledur 30 mars 10:19

            @alinea....chapeau.. !!!.

            c’est dense comme écriture,j’ai un peu de mal et je suis un peu fainéant,

            « J’ai souffert dans mes chairs, des paroles, des prises de positions, des jugements de ces gens-là »

            j’ajoute : des décisions qu’ils prennent qui impacte presque tout les aspects de notre quotidien ,de notre avenir.une oligarchie hors sol.
            .
            je les ignore,et ne les hais plus, je me concentre sur ma propre évolution,j’ai du boulot sans fin.
            ils vont mourir sans avoir entrevu le très grand nombre de possibilités que leur humanité
             mettait juste devant eux,sous leurs nez,des trésors qui resterons invisible.Ils préfèrent le
             pouvoir et l’argent

            ils perdront les deux. smiley

            écrire un petit livre...non.. ?


            • alinea alinea 30 mars 14:05

              @Ziziledur
              Quand je dis que je les hais c’est un peu exagéré parce que la haine est une énergie ; mais je ne peux pas les occulter.
              Ceux qui m’étaient proches ne prennent pas de décision mais se font croire à une grande liberté alors qu’ils ne sont que les jouets de la pensée dominante avec tout ce qu’elle comporte de miasmes flatteurs et valorisants !
              C’est vrai que c’est dommage que tous ces trésors passent inaperçus à tant de gens !
              Des livres, j’en ai écrit plein !! mais ils avaient sûrement un effet thérapeutique car au premier refus j’arrêtais de proposer !!
              J’aime bien vos commentaires à tous et je dois avouer que je vous livre plus qu’à mes voisins !!!
              La communication, dans la vie, passe beaucoup plus par l’action ensemble ; le langage va bien à l’écrit parce qu’il se fait dans la solitude et ça me va, j’ai horreur des projecteurs qui m’aveuglent !!
              Merci à vous


            • Ratatouille Ziziledur 30 mars 14:49

              @alinea
              et bien merci à toi aussi
              en tout cas j’aime bien ton style d’écriture,c’est kool même si je capte pas toujours tout

              j’aime bien se site aussi,mais je trouve qu’il y à un peu trop de médecin, psychologue et éplucheur de cerveaux... smiley

              .
              moi, je vie dans une chambre dans le noir quasi complet et je commence à avoir des colonies de champignons qui poussent sur moi ,cela me fait de la compagnie.. smiley
              un peu comme les vieux cachalots avec leurs berniques sur la tête.
              .
              bonne journée à toi et vive l’écriture (là tu à fait fort)


            • Neymare Neymare 30 mars 14:53

              « C’est vrai que tout me hérisse et que je suis une écorchée vive !! Je prévois un retour aux sources !!
              Par ailleurs, étant adepte du bouddhisme du Bouddha »

              Ces 2 phrases semblent assez opposées : si vous etes adeptes du Bouddha (d’une façon non superficielle), rien ne devrait vous toucher, ou tout du moins vous devriez comprendre (« connais toi toi meme ») les mécanismes qui réagissent en vous et vous en débarrasser.
              Ces mécanismes sont d’ailleurs les memes qui sont à l’origine des maux de la société.
              Vous considérez ce monde et vous dites : « ceci est bon, ceci n’est pas bon », cette attitude est à l’origine de votre souffrance.
              Vous devriez plutot dire : « voilà tout celà est en moi et a une raison d’etre, s’il y a un probleme ce probleme ne peut etre que dans mon esprit et nul part ailleurs, puisqu’il n’y a rien d’extérieur à mon esprit »
              La vraie richesse est au delà de la pensée, car la pensée vous donne toujours une vision fausse des choses, en réalité, et contrairement aux apparences, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.


              • alinea alinea 30 mars 15:19

                @Neymare
                Vous avez absolument raison, je suis adepte, mais sur la voie, par parvenue !
                Il n’est pas question de pensée mais de sensibilité ; quand l’herbe devient rose vif sous l’effet d’un désherbant, je souffre, puis ma pensée vole vers le Vietnam ; quand je vois des chevaux dans trente mètres carré qui ont bouffé tous les arbres de la haie, tous les lilas, je souffre ; je n’ai pas encore trouvé la voie qui m’épargnerait la souffrance sans être indifférente, même, l’indifférence des autres à tout me fait mal.
                Je ne parlais du bouddhisme que dans les questions sans réponse que je ne me pose pas ! je n’ai pas la prétention, encore assez lucide, pour me prétendre grand sage !!
                je ne considère pas le monde, je suis en empathie maladive, maladive parce que peu partagée parce que sinon, ça me paraît normal d’être touchée par la mort imposée, la souffrance du vivant, données pour rien, juste par indifférence ou volonté pathologique de puissance quand il s’agit de guerres !
                C’est difficile de trouver la sagesse qui préserve des souffrances, but avoué du bouddhisme, sans verser dans l’indifférence. J’y arrive plus qu’à une époque mais il faut se retirer sur la montagne, c’est plus facile alors !
                Et puis le Bouddha, j’aimerais bien entendre ce qu’il aurait à dire aujourd’hui ! Ce n’est guère transposable. Le bouddhisme n’est pas une religion, en revanche les trois autres se foutent de la nature comme d’une guigne, se focalisent sur l’homme, et ne m’intéressent guère ! smiley


              • Neymare Neymare 30 mars 15:45

                @alinea
                « C’est difficile de trouver la sagesse qui préserve des souffrances, but avoué du bouddhisme, sans verser dans l’indifférence »
                C’est pas l’indifférence, c’est le détachement. Des évènements arrivent dans ce monde, ils m’intéressent, je les assimile, je les comprends, je comprends leur but, mais ils ne me touchent pas, car ils doivent se produire.
                Tout le probleme vient d’appliquer le bien ou le mal aux évènements qui se produisent ou à l’attitude des individus.
                Hors, l’etre humain réagit à chaque chose en y appliquant le masque du bien ou du mal, il sépare ainsi les choses qui n’ont pas à etre séparées.
                Par exemple confronté à la mort, l’homme dit « c’est mal », confronté à la naissance il dit « c’est bien », alors que ces 2 choses sont les 2 facettes d’une meme pièce et n’ont pas de caractère ni positif ni négatif. Toute naissance donne lieu à une mort et toute mort donne lieu à une renaissance.
                Je peux vous assurer que naitre est bien plus difficile que de mourrir, et que ce qu’il y a après la mort est bien plus sympa que ce qu’on peut avoir dans cette vie, et pourtant c’est la mort qui est vue négativement
                Le conseil que je peux vous donner c’est qu’à chaque fois que vous serez impactée négativement par qq chose ou quelqu’un, repérer vos pensées et vos émotions et convenez que ce qui se passe, se passe pour le bien de tous, meme si ça vous apparait négatif. Et surtout, regardez les choses et les gens avec amour (l’amour compationnel), car ce uq’il y a en eux est aussi en vous.

                Si le Bouddha était là aujourd’hui il réagirait exactement de la meme façon car l’homme n’a pas changé : vous devez saisir intuitivement que tout ceci est illusoire, une fantasmagorie de l’Esprit, si les hommes font des erreurs, c’est pour apprendre, c’est pour qu’in fine il en résulte du positif.


              • alinea alinea 30 mars 16:30

                @Neymare
                Je sais bien, le détachement et l’indifférence ; je serai capable du détachement mais pas d’indifférence. ; Je sais bien que même une fin de civilisation telle qu’il semble que nous la vivons aujourd’hui passe par cette barbarie ; mais l’espace temps que cela suggère dépasse largement ma perception animale de la vie ; je ne peux l’y inscrire que dans mon cerveau rationnel et si je sais bien que la vie survivra à nos débordements, ce savoir n’est pas encore passé dans ma connaissance.
                Je sais pourquoi mais je ne suis pas sûre de pouvoir le dépasser.
                Sans compter qu’il y a tellement de grands sages ordinaires qui ne sont que de grands indifférents parce qu’ils ne connaissent pas la précarité et que leurs assises ne sont pas spirituelles mais sociales.
                L’homme n’a pas changé, c’est vrai, mais ses moyens si ! Et la technique dont parle Gatinais plus haut (j’espère ne pas me tromper, je n’ai pas le fil sous les yeux) est bel et bien en cause !
                La science moderne et la technologie ne nous donnent que des buts et des effets mortifères.. ; et que l’on ne me parle pas de confort et d’espérance de vie !!


              • franc 31 mars 17:43

                @Neymare

                -

                j’ai rarement vu une personne qui ait atteint un tel niveau d’élévation et de sérénité que le votre ,et je vous remercie de votre intervention.

                Merveilleuse leçon de boudhisme.


              • cevennevive cevennevive 30 mars 15:15

                Bonjour alinéa,


                « ce problème ne peut être que dans mon esprit et nul part ailleurs »

                Neymare a raison alinea, c’est bien ainsi que je vois les choses...

                On ne peut pas changer le monde. Une partie d’icelui nous agresse et nous hérisse, mais l’autre partie nous enrichit, nous protège et nous grandit.

                Voir, sentir autour de nous seulement ce qui nous fait du bien.

                Pour le reste, je m’y suis égratignée étant jeune. J’ai souffert, pleuré, supplié « pourquoi ??? pourquoi ??? » Mais cette souffrance m’a rendue plus forte à l’intérieur de moi. Peut-être est-ce ce que tu appelles « le centrisme », moi j’appelle cela le calme de la maturité, l’apaisement.

                Je me réfugie dans ma tour d’ivoire. J’aime les gens, les animaux, les enfants et ce site qui me fait rencontrer spirituellement toutes sortes de personnes intéressantes (dont toi !)

                Il faut à tous prix que tu acceptes le monde tel qu’il est...

                Je t’embrasse.


                • alinea alinea 30 mars 15:23

                  @cevennevive
                  On va réfléchir à ce que veut dire « accepter » ; bien sûr, fatigue aidant, j’ai perdu mes révoltes et colères, mais je ne peux pas faire semblant et sourire aux tortionnaires ! C’est tout je crois !
                  Pour le reste, bien forcée d’accepter... mais sans résignation !
                  Je t’embrasse aussi cevennevive, et j’espère que tu vas...


                • cevennevive cevennevive 30 mars 15:40

                  @alinea,


                  Non ! Pas sourire aux tortionnaires tout de même, comme tu y vas !

                  Seulement, tu n’y peux rien toi, toute seule. Tu ne peux qu’en pleurer. Tes larmes peuvent-elles changer le monde ? Ta colère est-elle capable, un tant soi peu, de calmer les horreurs ?

                  Personnellement, si j’y pensais trop, j’en mourais de chagrin. Mais j’ai peut-être la « chance » d’être une descendante de ces huguenots qui ont résisté aux dragons. Il m’en est resté la haine de Louis le quatorzième, des ors de Versailles et des salopards qui veulent toujours que le monde leur ressemble.

                  Ce n’est pas nouveau alinea, il y eut de tous temps des tortionnaires odieux, des massacres d’innocents.

                  Pour utiliser ton mot : je me suis « résignée » à ne rien pouvoir y faire.




                • Neymare Neymare 30 mars 16:00

                  @cevennevive
                  « je me suis « résignée » à ne rien pouvoir y faire. »

                  Considérez le monde et son histoire et vous comprendrez que ce sont les tyrans, les tortionnaires, les avides, les exécrables qui le font avancer.
                  Ce ne sera jamais le sage qui fera avancer l’histoire du monde car le sage n’a pas besoin d’avancer lui meme, il est content avec ce qu’il a. C’est toujours l’insatisfaction qui fait avancer les choses. Or, le monde doit avancer, ils sont donc indispensables.
                  Il ne faut pas penser en termes de positif et de négatif, car tout est lié et tout est un seul et unique esprit, la transcendance vers cet esprit unique abolie toute notion de bien ou de mal (si je suis seul à qui puis je faire du bien ou du mal ?)


                • alinea alinea 30 mars 16:04

                  @cevennevive
                  J’y viens !
                  mais on ne me laisse pas en paix ; j’ai raconté ici assez longuement une partie des accablements dont je fus l’objet !!
                  Si on me fout la paix cinq minutes et qu’il arrête de pleuvoir des emmerdes, je me replierai, je sais que je possède la capacité de la solitude nourrie de toutes les vies des bêtes, des végétaux.
                  Quand on me reproche d’avoir toutes ces bêtes qui me contraignent à la sédentarité, je réponds que sans elles il y a longtemps que je serais morte !
                  Je ne veux pas te donner l’impression d’un tableau noir de ma vie, il y a plein de couleurs au contraire, et de joies mais ici je n’en fais pas trop cas car c’est trop personnel !
                  J’ai plein de portraits dont je ferai peut-être un jour un article mais il y a toujours quelque chose de fugace ; tu sais bien qu’on ne peut pas « jouer à » !
                  On parle de déprime, non, mais c’est vrai que je ne suis pas renée de tous les harcèlements que j’ai subis !!
                  Si un jour je reviens sur ce site avec le pseudo « renée », je n’aurai que de bonnes choses à vous donner !
                   smiley


                • alinea alinea 30 mars 16:09


                  Tout à fait d’accord avec vous Neymare, mais je crois que les pionniers, les créateurs, les audacieux, les combattants de l’impossible, les minorités font avancer le monde que restreignent les tyrans. Les tyrans sont un déclic qui réveillent. À quand ce déclic ?
                  Les sages, les moines, les pieux, les spirituels sont à part mais ils font partie de l’équilibre. Très manquants aujourd’hui.


                • Neymare Neymare 30 mars 16:19

                  @alinea
                  « Très manquants aujourd’hui. »
                  Vous considérez la situation actuelle comme terrible alors que l’etre humain n’a jamais vécu dans autant de confort ! qu’il n’a jamais eu autant de possibilité de s’instruire et de s’épanouir.
                  C’est assez paradoxal : si vous viviez dans votre bulle sans vous soucier du reste du monde et des infos le monde vous paraitrait bien meilleur. C’est que vous prenez sur vous les malheurs du monde, alors que ce ne sont pas vraiment des malheurs, ce sont des évènements nécessaires, pour assurer la continuité de l’espèce et du monde.
                  Considérez le monde comme votre corps : des cellules naissent des cellules meurent, il y a des génocides de microbes, des tsunamis, des tremblements de terre, etc ... tout celà vous parait il négatif concernant votre corps ? Vous etes bien contentes quand il génocide vos microbes, est ce positif ou est ce négatif ? de votre point de vue c’est positif mais du point de vue du microbe c’est négatif
                  Vous voyez que tout celà est relatif, qu’en réalité des évènements ont lieu et n’ont pas de caractère positif ou négaitf, c’est vous qui leur donné ce caractère


                • alinea alinea 30 mars 16:34

                  @Neymare
                  Je sens que vous avez raison, du simple fait que je suis impuissante et que ma misère ajoute à la misère !!
                  Si je ne meurs pas avant j’atteindrai ce stade, alors, renée, je viendrai vous le dire !!
                  (j’ai la pensée extravertie, mais c’est bien tout !! smiley )

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