• dimanche 27 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Chirac, Sarkozy, Royal, Buffet et l’évolution implacable de la (...)
18%
D'accord avec l'article ?
 
82%
(98 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Chirac, Sarkozy, Royal, Buffet et l’évolution implacable de la réalité française

Pendant que Ségolène Royal achève sa visite en Chine et qu’au sein de l’UMP, les rapports entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy au sujet des présidentielles restent complexes, François Bayrou, Marie-Georges Buffet ou encore Corinne Lepage, se plaignent d’une "omniprésence du duo Sarko-Ségo", voire de Nicolas Hulot, dans les médias. Globalement, le malaise des Français semble jouer le rôle d’un véritable empêcheur de tourner en rond pour les professionnels de la politique. C’est sans doute pourquoi Marie-George Buffet rejette l’actuel programme de Ségolène Royal et propose un "programme antilibéral" qui se veut alternatif. En même temps, le contenu même de ce programme "alternatif" donne toute la mesure de l’incroyable recul social qu’a connu la France au cours des trois dernières décennies. Où est passé l’avenir dans les projets de "nos" politiques ? Quel que soit leur usage de ce mot dans leurs discours, la réalité est accablante.

Qui pouvait penser, dans la France des années 1970, qu’en 2007 la "gauche de la gauche" proposerait d’éradiquer le chômage, de relever en urgence les salaires et les minima sociaux, de garantir un toit pour tous, de garantir le droit à la santé pour tous... ? Pour la grande majorité des Français de l’époque, le pays était censé avoir résolu ces problèmes bien avant la fin du XXe siècle. Si on leur avait expliqué ce qu’allait être en 2007 le programme du Parti communiste, ils auraient sans doute demandé quelle catastrophe naturelle allait s’abattre sur le pays pour en arriver à une telle situation.

Pourtant, aucun grand ouragan, aucun tremblement de terre sans précédent, aucune épidémie mortifère n’a ravagé la France.

Et si on avait parlé du contrat nouvelle embauche, de la précarité généralisée aux salariés français d’il y a trente ans, ils auraient peut-être pensé à un coup d’Etat militaire. Mais ils auraient sans doute écarté cette hypothèse, car la dernière période de la dictature franquiste n’avait pas connu une telle situation sociale. Pour en arriver à l’état de la France actuelle, il faut que quelque chose de bien pire se soit produit.

Que s’est-il donc passé en trente ans ? Il y a eu, entre autres, la mondialisation, l’ouverture des frontières au commerce mondial et au dumping social, la mise en place d’un véritable marché mondial de la main-d’oeuvre... Que valent les droits formels des citoyens dans un pays où le Smic est de 1200 ou 1300 euros, si les patrons et financiers peuvent délocaliser leurs capitaux vers des pays où le salaire minimum est inférieur à 100 euros ? Si on peut importer sans entrave les produits fabriqués dans des conditions sociales très inférieures à celles régissant dans le pays importateur... Il paraît évident que, dans un tel système, financiers et employeurs chercheront par tous les moyens à récupérer l’énorme magot que représentent la masse salariale et le budget des prestations sociales du pays "riche". Comment pourrait-il en être autrement ?

Aussi, lorsque Ségolène Royal dit évoquer les droits de l’homme en Chine, comme Jacques Chirac en octobre dernier, on peut se poser quelques questions. Par exemple, peut-on valablement considérer qu’un pays comme la France, où des êtres humains meurent de froid, est un pays où sont respectés les Droits de l’homme ? L’article 25 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme dit notamment :

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

Et si un doute existe sur le caractère relatif du respect des Droits de l’homme dans l’actuel système économique et social, en présence des intérêts implacables des lobbies financiers, il paraît utile de rappeler la "petite phrase" de Jules Ferry lors de son discours du 28 juillet 1885 :

Si l’honorable M. Maigne a raison, si la Déclaration des droits de l’homme a été écrite pour les noirs de l’Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? 

C’est notamment pourquoi les discours de campagne électorale sur les Droits de l’homme risquent de s’avérer insuffisants par rapport à la question, évoquée dans mon article du 8 janvier, sur la valeur réelle reconnue à l’être humain dans l’actuelle société capitaliste dite "avancée".

Il suffit d’ailleurs d’examiner de près l’évolution des lois et règlements des deux dernières décennies : développement de la précarité, limitation de l’exercice des droits sociaux et civiques (y compris de l’accès à la Justice), fonctionnement de plus en plus expéditif des administrations à l’égard des citoyens... Quel candidat propose de renverser cette logique implacable ? Tout compte fait, on nous promet quelques anesthésiques, mais rien de plus.

par De ço qui calt ? (son site) jeudi 11 janvier 2007 - 85 réactions
18%
D'accord avec l'article ?
 
82%
(98 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Syndicaliste (xxx.xxx.xxx.137) 11 janvier 2007 11:52

    "Et si on avait parlé du Contrat Nouvelles Embauches, de la précarité généralisée... aux salariés français d’il y a trente ans, ils auraient peut-être pensé à un coup d’état militaire. Mais ils auraient sans doute écarté cette hypothèse, car la dernière période de la dictature franquiste n’avait pas connu une telle situation sociale. Pour en arriver à l’état de la France actuelle, il faut que quelque chose de bien pire se soit produit."

    Bien sûr que quelque chose de pire s’est produit ! Les organisations syndicales et politiques censées défendre les plus faibles ont viré casaque. C’est, en effet, pire qu’un coup d’état.

    Dans les années 1960-70, le franquisme était une dictature institutionnelle, mais il avait un face une force très conséquente de militants politiques et syndicaux très aguerris et courageux qui bravaient tous les risques, jusqu’à la prison pendant des années ou se faire tirer dessus. Ils ne couraient pas après des places confortables ou bien payées. Souvent, c’était l’exil dans des conditions peu agréables.

    La France actuelle est soi-disant une "démocratie", mais le mouvement populaire se trouve dans un état de décomposition sans précédent, et ses prétendus "dirigeants" fréquentent les mêmes réseaux que les grands financiers, les dirigeants du patronat, la "haute fonction publique", etc...

    La "démocratie française" n’existe que de façade.

  • Par Sherlock (xxx.xxx.xxx.224) 11 janvier 2007 11:35

    "Que s’est il donc passé en trente ans ? Il y a eu, entre autres, la mondialisation, l’ouverture des frontières au "commerce mondial" et au dumping social, la mise en place d’un véritable marché mondial de la main d’oeuvre... Que valent les droits formels des citoyens dans un pays où le SMIC est de 1200 ou 1300 euros, si les patrons et financiers peuvent délocaliser leurs capitaux vers des pays où le salaire minimum est inférieur à 100 euros ?"

    Elémentaire, mon cher De ço qui calt !

    Mais que proposent les politiques ? On aimerait les entendre s’expliquer de manière CLAIRE.

    Parce que des manières de "gérer la crise", il peut dans les détails y en avoir des douzaines qui se ressembleront toutes à y regarder de près. Mais le problème, c’est la crise elle-même. Qui propose de faire quelque chose ?

  • Par Stef (xxx.xxx.xxx.129) 11 janvier 2007 11:50

    Lisez donc, "Fier d’être Français" de Max gallo, un beau résumé de la perte de notre nationalité en tant que Français et donc de la "citoyenneté Française", qui est bafoué par nos "élites" (que dans le nom) depuis fort longtemps.

    Dommage la France était une belle idée, face aux prédateurs environant.

    Critique de la classe politique, appuyé par la masse médiatique corrompu sans ideaux, le rouleau compresseur est en marche depuis trop longtemps.

    Aux armes citoyens, avant qu’il ne soit trop tard !!!

  • Par Sabine (xxx.xxx.xxx.49) 11 janvier 2007 12:15

    Trente ans de Giscard + Mitterrand + Chirac... et combien de gouvernements, combien de partis impliqués ? Tous ceux qui à présent viennent réclamer notre vote y ont trempé.

    Trente ans, aussi, de "construction européenne". A noter que la Convention Européenne des Droits de l’Homme ne contient même pas un alinéa équivalent à celui de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que cite l’auteur :

    "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté."

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox