C’est très gentil de votre part de me mettre des moins plutôt que de me répondre. On voit le niveau de rhétorique de la presse citoyenne.
"Depuis des décennies l’on nous
persuade que le travail coûte cher, que cela est un handicap, qu’il
freine l’économie, favorise les délocalisations et crée du
chômage. Bref, le travail est une tare qui est la cause de tous nos
problèmes, ou plutôt c’est sa rémunération qui pose problème.
Si les gens acceptaient de travailler gratuitement cela irait
beaucoup mieux. D’ailleurs, à une époque c’était possible, on
appelait cela l’esclavage et effectivement c’était très
rentable pour ceux qui se plaignent aujourd’hui de la cherté du
travail…"
Vous sous-entendez ici que ma conception de l’économie est esclavagiste. Au contraire, je lutte personnellement contre toutes les formes d’esclavagisme, y compris celles de l’état. Le travail cher n’est c’est vrai en soit une problème dans une société économique sans crise. Mais dans une conjoncture critique, elle le devient car elle rajoute arbitrairement des coûts à la production, surtout lorsque son coût est maintenu artificiellement inflexible par des aberrations étatiques comme le salaire minimum.
"Le travail ne coûte pas cher, au contraire le travail crée de la
richesse, il ne peut coûter, puisqu’au contraire il rapporte."
Le travail créé de la richesse à partir de l’action humaine. Bien sûr que si le travail coûte quelque -chose, et distinguer comme vous le faites la rémunération du coût n’a aucun sens. Le travail créé de la richesse à partir d’autres richesses déjà produites. Le travail est en soit même en réalité une ressource rare qui doit être traitée tout comme les autres ressources rares, c’est à dire par le système des coûts et du marché.
Toutes les fortunes ont été crées par l’exploitation du travail
et des travailleurs."
Pfff... Donc selon vous les employés n’ont aucun intérêt à être embauché ? S’ils le sont, c’est que dans cet échange (l’employé accepte de faire partie de l’entreprise.) ils y trouvent leur intérêt. Ce n’est pas de l’exploitation.
Ce qui coûte cher, c’est ce que le capital
prend au travail, c’est la rémunération des actionnaires, les
dividendes distribués, les stock-options et les parachutes dorés.
Sur un produit fini, la partie consacrée aux salaires des
travailleurs est en constante diminution, ceux qui fabriquent le
produit ont souvent un salaire dérisoire qui ne leur permet même
pas, dans beaucoup de cas, de s’offrir ce qu’ils ont produit !"
Selon vous un actionnaire qui a investi dans un projet ne dois recevoir de l’argent en retour ? Un patron ayant bien géré l’entreprise lui ayant été confié ne pourrait recevoir de prime ? Là je ne vous comprend pas.
"Et que l’on ne nous dise pas que pour produire il faut investir,
le commencement n’a jamais été l’argent mais toujours le
travail."
Ça ne veut rien dire ça. Le travail en lui même est un investissement. En travaillant, comme vous le dites plus haut, nous créons de la richesse. Cette richesse que nous créons doit être épargnée afin de pouvoir l’investir dans la création d’autres richesses. C’est la BASE de la science économique, que même les auteurs socialistes ne contestent pas.
"Si avant de créer quoi que ce soit l’homme préhistorique avait
attendu des investisseurs, l’humanité serait morte !"
Et pourtant ! Que fait un homo erectus lorsque pour la première fois il taille un silex ? Je vous cite une texte de Daniel Toure (un vulgarisateur libéral.) :
Bon assez rigolé avec des blagues de boulevard, nous allons
tenter une autre approche le temps d’un chapitre : la fresque
historique à grand spectacle.
Imaginez à l’aube de l’humanité, une savane
immense où des petits hommes poilus se dressent sur leurs
pattes
arrière.
Un matin, une petite silhouette fragile ne part pas
à la chasse comme les autres.
Depuis plusieurs mois, chaque jour, elle a mis de
côté un
peu de nourriture. Après beaucoup de privations, elle a
assez épargné pour tenir une semaine sans
chasser
. Le
petit humanoïde
contemple avec fierté la viande
séchée durement économisée.
L’EPARGNE
VIENT D’APPARAITRE.
(Tatsoin, grand
éclat sonore, genre 2001 l’odyssée de l’espace)
Elle a décidé de mettre
à profit cette semaine libre pour se fabriquer une arme plus
efficace.
L’humanoïde
taille avec détermination des silex sur une musique
grandiose genre
chant
grégorien chantonné en chorale à la
« 1492 ».
La musique grandiose s’arrête net. A la place,
pendant quelques secondes, un silence et les bruits de la savane
écrasée par la chaleur.
La petite silhouette -se découpant sur un soleil rougeoyant-
lève alors doucement un silex aiguisé vers le
ciel.
LE CAPITAL
(ou plus précisement un bien de capital) VIENT D’APPARAITRE.
(Tatsoin,
grand éclat
sonore, genre 2001 l’odyssée de l’espace)
Quelques semaines plus tard, dans les crépitements nocturnes
autour du feu, un autre chasseur fait une proposition au tailleur de
silex.
"Tu me prêtes ton silex aiguisé pendant une
semaine et en échange, je te donnerai deux gigots venant des
mammouths que je vais tuer grâce à cette arme
déjà fabriquée."
Le tailleur de silex hésite un peu, regarde les
mèches incandescentes virvolter au dessus du foyer, puis
répond « d’accord ».
LE TAUX
D’INTERET VIENT D’APPARAITRE.
(Tatsoin,
grand éclat
sonore, genre 2001 l’odyssée de l’espace)
La musique continue de plus en plus fort tandis qu’on voit un gigot de
mammouth tournoyer sur un fond de ciel bleu.
Le gigot se transforme en grande tour en verre ultra-moderne avec
marqué « banque » sur le côté. La musique
s’arrête.
Pour le réalisme historique, je
ne suis pas très sûr. Mais bon, c’est Hollywood,
le
grand spectacle quoi.
Mais le fond reste vrai. L’épargne, le capital et son
accumulation, les taux d’intérêt ont vu le jour
il y a très très longtemps.
Bien avant que des économistes se
crêpent le chignon sur leur conceptualisation.
"Si pour produire industriellement il faut des machines, très
bien, mais ces machines ont-elles-même été fabriquées par du
travail ! Et s’il a fallu des matières premières pour les
fabriquer, et bien le bois, le fer, l’eau, le gaz ou le pétrole,
tout cela est gratuit dans la nature. Et de l’exploitation à la
transformation de ces matières premières, c’est du travail, du
travail et seulement du travail. L’argent ne crée pas du travail,
c’est le contraire !"
"Cependant, le travail à lui seul produit fort peu, s’il n’est
aidé par l’emploi de ce qui a été réalisé auparavant, au moyen
d’épargne et de capital accumulé. Les produits sont le fruit d’une
coopération entre le travail et l’outillage ainsi que d’autres biens
de production, coopération dirigée selon le plan à longue portée
de l’entrepreneur. Les épargnants, dont les économies ont constitué
et maintiennent le capital, et les entrepreneurs, qui drainent ce
capital vers les emplois où il sert le mieux les consommateurs, ne
sont pas moins indispensables au processus de production, que les
travailleurs de force.
Il est dénué de sens d’imputer tout le produit aux apporteurs de
travail, et de passer sous silence la contribution des apporteurs de
capitaux et d’idées d’entreprise. Ce qui produit des objets utiles,
ce n’est pas l’effort physique comme tel, mais l’effort physique
correctement guidé par l’esprit humain vers un but défini. Plus
grand (à mesure du progrès du bien-être général) devient le rôle
des capitaux investis, plus devient efficace leur utilisation dans la
combinaison des facteurs de production, et plus devient absurde la
glorification romantique de la simple exécution routinière de
travaux manuels."
L’action humaine - Ludwig von Mises (je conseille à tous ceux qui veulent acquérir de bonnes notions d’économies et de praxéologie, même les non-libéraux.)
Vous ne devez sûrement pas connaître Von Mises, mais c’est un des économistes les plus influent du XXéme siècle. Quelqu’un de l’école autrichienne ayant durant très longtemps travaillé sur des notions d’économie, plus généralement autour des théories du capital. À lire, absolument.
"La recherche constante du profit maximum, voila ce qui coûte cher
! C’est cela qui dégrade les conditions de travail, qui tire les
salaires à la baisse, qui met en concurrence les travailleurs entre
eux et qui pèse non seulement sur le travail, mais sur l’ensemble
de la société."
Si vous avez écrit ce texte c’est que vous espérez en maximiser le profit non ? Êtes-vous pour autant un méchant capitaliste ? Bien sûr que non. Le profit ne doit pas être incriminé ici, car ce concept est juste la rétribution normale du travail ou de l’investissement de quelqu’un. Pas profits, pas d’avancement dans la civilisation. C’est tout.
Je ferais la suite après votre réponse. Je suis trop fatigué ce soir pour faire autre chose que des sarcasmes.