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Chômage qui monte : économistes et politiciens responsables de l’impuissance sociale du système ?

50 000 chômeurs en plus et ce billet ? D’humeur, tribune libre (ah oui !), gratuit, génial, simpliste, partial, coup de gueule, décalé, rayez les mentions inutiles ! 50 000 chômeurs de plus en septembre. Rien de bien étonnant. La fin des vacances s’étant conjuguée avec le timing des plans sociaux retardés et le compte est bon. La courbe du chômage augmente inexorablement, tel un signal de fatalité. A l’opposé du chômage il y a le plein emploi et ce plein emploi ne semble pas être l’état le plus probable pour les sociétés hyper industrielles du 21ème siècle. On commence à comprendre que l’embellie des Trente glorieuses n’était qu’un résultat conjoncturel, du moins pour la France et d’autres pays européens. La configuration du marché du travail ne dépend pas d’une règle économique universelle et les chiffres des économistes ne servent pas vraiment à grand-chose. Ils ne reflètent pas les réalités existentielles en nivelant notamment les disparités sociétales se dissolvant dans les moyennes statistiques. Dire que le pouvoir d’achat augmente ou se stabilise ne signifie plus rien. Car pour certain ça augmente pas mal et pour d’autres ça diminue. La croissance n’indique rien de précis sur le niveau de vie des individus. Le plein emploi obtenu pendant quelques années aux Etats-Unis est un trompe-l’œil car il y a des sous-emplois qu’ici on désigne comme emplois précaires. Bref, la science économique est une vaste fumisterie. Seule la philosophie peut dire ce qui se passe actuellement. La société est un jeu, avec des gagnants et des perdants. Le comportement attendu pour les individus ressemble à celui des prédateurs dans une jungle. La jeunesse l’a bien compris. Les études sont entreprises non pas pour l’élévation en valeur éthique que procure une éducation mais pour se faufiler dans le monde technique et occuper un emploi disponible. Du point de vu économique, les sociétés sont organisées comme un jeu de loterie où selon les tickets qu’on a au début de sa vie, ajoutés à ceux que l’on acquiert progressivement, permet d’accéder à un lot plus ou moins important. Mais parmi ces lots que représentent les emplois, certains sont bien garantis et d’autres sont supprimés. Ainsi va le chômage.

 Les analystes et autres économistes et politiciens de théâtre nous bassinent avec des tas de considérations dont le principe repose sur la découpe de la société en segment. Ainsi, pour les uns c’est la dette qu’il faut résorber, pour d’autres il faut baisser le coût du travail, ou alors acheter français, ou bien former à tout va ou encore adopter des mesures coercitives pour que les chômeurs acceptent n’importe quel emploi ajusté à leurs compétences. Toutes ces propositions sont vaines et se résument à une juxtaposition de pansements utilisés pour réduire une fracture. Intellectuels, politiciens et surtout économistes et journalistes sont souvent des arnaqueurs qui profitent du système mais n’ont aucune idée novatrice pour le transformer en profondeur en commençant par le comprendre en profondeur. Comme dirait un sage taoïste, une compréhension de surface ne peut aboutir qu’à des transformations de surface. On croit cacher la vieillesse avec des crèmes anti-rides. On croit réduire le chômage avec la pommade du choc de compétitivité.

 Le chômage provient de deux facteurs, d’un côté la profusion de marchandises produites par un nombre restreints de travailleurs qui ne sont plus sectorisés dans les pays avancés, comme dans les années 1960-70 mais répartis de plus en plus à une échelle planétaire. D’un autre côté il y a la raréfaction inévitable des ressources, accentuée par la raréfaction de la monnaie car les classes supérieures sont voraces et insatiables, étant même prêtes à franchir la loi, comme ces entrepreneurs italiens rattrapés par le fisc parce qu’ils avaient fraudé pour se shooter aux ivresses d’une Ferrari. Ou chez nous cette élue verte pas vraiment dans le besoin mais ayant dissimulés quelques centaines de milliers d’euros au fisc. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres mais ils ont le mérite de dévoiler les traits de nature humaine et c’est en partant de cette « nature » qu’on peut comprendre un petit peu le chômage et un peu plus pourquoi les élites et les peuples ne mettent pas en œuvre une grosse machine volontaire visant à transformer en profondeur le système économique.

 Au final, si le chômage augmente et ne baissera plus, c’est sous la responsabilité des économistes et des politiques. Alors que les journalistes participent à l’abrutissement des citoyens. On n’est pas prêt de voir le bout du tunnel. Reste la conjecture de Gaulle. Notre bon vieux général qui dans une formule lapidaire annonçait que passé le million de chômeurs il y aurait une insurrection en France. En 1981, le million était allègrement franchi et la France s’amusait de la candidature de Coluche à la présidentielle. En 2012, il y a cinq millions de chômeurs et la France regarde ces abrutis d’apprentis cuistots évoluant sous le regard de chefs confondant la gastronomie avec une course à pied. Les jeux télévisés sont à l’image de la société, basés la plupart sur des épreuves visant à éliminer les autres concurrents. Il n’est même pas certain qu’avec 10 millions de chômeurs les Français se révoltent. Les gens mangent à leur faim, ce n’est pas comme en 1930. Ils ont accès aux « netvertissements », ou à la télé, pour tromper l’ennui et oublier qu’on n’a pas de travail. Le chômage n’est au fond qu’une conséquence de la crise d’une humanité qui a toujours été en crise, avec des formes différentes selon les époques. Le chômage découle d’une économie qui répond à des désirs humains, lesquels sont arbitrés par les règles édictées par le politique. Les économistes ne veulent pas comprendre la genèse du chômage, les politiques ne peuvent pas résorber le chômage parce que la société ne veut pas réduire le chômage. Du moins une majorité et comme en démocratie, c’est la majorité qui élit ses gouvernants, alors la boucle et bouclée. Encore plus difficile serait le grand saut conceptuel. Ne plus mettre le travail au centre de la société. Laisser le chômage et commencer par résorber la pauvreté. C’est impensable pour un type sorti de l’ENA et pour un individu du peuple, ce n’est pas à l’ordre du jour.

 La conscience se sent bien démunie et impuissante face à ce chômage qui parfois est vécu comme un drame mais que faire quand la majorité ferme les yeux et qu’un chômeur n’a pas plus d’incidence sur l’attention des gens qu’un accident de la route. Tout dépend si un de vos proches est concerné. Ce billet fleure bon la résignation mais au vu de l’état des consciences, autant démissionner. Quand tant de gens sont indifférents ou abrutis, quand le narcissisme et les perversions font que même chez les plus instruits et lotis, on trouve des individus prêts à pourrir l’existence aux autres ou à se démettre de leur responsabilités, il n’y a plus rien à faire, sauf à rester debout. Peut-être y a-t-il des époques où l’on désespère de l’homme. Il faut laisser l’histoire se faire. Ou alors trouver l’introuvable et espérer l’inespéré ainsi que réaliser l’impossible. Vous qui êtes plus savants que moi, dîtes-moi si c’est envisageable, si c’est prévu dans les Testaments, ou bien le Tao te King of the divan, faites-moi planer !

 




par Bernard Dugué (son site) vendredi 26 octobre 2012 - 79 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Romain Desbois (---.---.---.55) 26 octobre 2012 10:32

    Rebonjour Bernard.

    Il n’y apas 36 solutions pour endiguer le chômage :

    1- réduire le temps de travail à 32 heures (c’est partager le boulot au lieu de payer des gens au chômage pendant que d’autres bossent 45 h par semaine en incitant à faire des heures supp.)
    2- généraliser le droit à la retraite à 55 ans pour tous (50 ans pour les métiers très durs).
    3- augmenter les salaires
    4- A terme instaurer le RU (revenu universel)

  • Par ROBERT GIL (---.---.---.190) 26 octobre 2012 11:03

    Pour créer de l’emploi il ne faut pas alléger les charges des entreprises, qui ne sont d’ailleurs que des cotisations sociales, mais au contraire instaurer un impôt sur les sociétés indexé sur le nombre de chômeurs. Plus le nombre de chômeurs augmente, plus l’impôt augmente, le nombre de chômeurs diminue, l’impôt diminue et si le chômage disparaît, l’impôt disparaît ! Il faut que le MEDEF et le patronat n’ait aucun intérêt à ce qu’il y ait du chômage........

    voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2010/11/04/creer-de-lemploi-ou-des-richesses/

  • Par walden (---.---.---.58) 26 octobre 2012 11:03
    walden

    le chômage n’est pas un problème : se vendre sur un marché de l’emploi comme un esclave n’est pas l’horizon ultime d’une civilisation productiviste. par contre, le problème, c’est le salaire, que tout le monde y ait droit. la production est là, les besoins sont là et l’organisation du travail selon un marché asservit les gens au lieu de les émanciper. émancipons le travail du marché et élargissons le salaire. Pour ce faire, il suffit de séparer le salaire et le travail, la rémunération et la prestation. Dans une civilisation productive, les besoins seront toujours largement couverts - surtout que la motivation à entreprendre, à travailler, à effectuer, à accomplir, à réaliser pourrait être stimulée par le salaire plutôt qu’inhibée par le marché du travail.

  • Par foufouille (---.---.---.177) 26 octobre 2012 12:48
    foufouille

    Les gens mangent à leur faim, ce n’est pas comme en 1930.

    ca depens lesquels et a cette epoque, plus de gens avaient un jardin, des poules, etc

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