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Chronique du racisme ordinaire

Aujourd’hui, j’ai été nul. Sans rire. Pour me rattraper, je vais vous raconter cette histoire affligeante…

Aujourd’hui, il est 12h et je vais commander un chéquier à ma banque. Ou plutôt dans une agence qui n’est pas la mienne, un endroit où je suis un parfait inconnu, Place de la Nation, à Paris (un quartier pas vraiment chic mais pas franchement populaire). Je pénètre dans le sas de la banque et je sonne pour qu’on m’ouvre. Le guichetier me dévisage et, environ 3 secondes après, m’ouvre la porte. Il est aimable, professionnel ; le portrait-type de l’employé modèle.
 
Un homme entre dans le sas et sonne. Il est noir (moi pas). Grand, assez costaud, jeune (une petite trentaine sans doute). Le guichetier, face à moi, le dévisage. Il dit à mi-voix « Ah, je ne le connais pas » et lui demande dans son micro « Bonjour monsieur. Vous êtes client de la banque ? ». Oui, lui répond l’homme. « En quoi puis-je vous aider ? » demande poliment le zélé employé de banque. « Je viens faire une remise de chèque ». Le guichetier, décidément tenace : « Vous avez un bordereau ou un papier à me montrer ? » (sous-entendu, pour prouver vos dires…). Le type montre un papier à travers l’épaisse vitre du sas. Le guichetier, visiblement satisfait, lui ouvre enfin la porte.
 
La scène a duré moins d’une minute. Le guichetier reprend son travail avec assiduité. Le type qui vient de rentrer souffle légèrement. J’interprète cela (mais ce n’est peut-être qu’une interprétation) comme un mélange de soulagement (« c’est bon, il m’a laissé entrer ») et de résignation (« bah, j’ai l’habitude maintenant, c’est comme ça à chaque fois, partout et tout le temps »).
 
Je suis proprement sidéré. Je tourne et retourne mes phrases dans ma tête, je cherche quelque chose à faire ou à dire. « Excusez-moi, Monsieur, mais pourriez-vous m’expliquer pourquoi vous m’avez immédiatement ouvert alors que vous avez posé 3 questions à ce Monsieur avant de le laisser entrer ? ». Ca, c’est la question que j’aurais aimé poser. Mais j’ai été nul (je vous l’ai dit en préambule), je n’ai rien dit. Pour ma défense, je n’ai pas osé faire un scandale dans l’agence (ce n’est vraiment pas mon genre, croyez-moi) et, pour tout vous dire, j’ai eu un peu honte de mettre mal à l’aise le Monsieur, tout à fait calme et serein…
 
Je suis encore sous le choc quand une autre personne (encore un homme, blanc de nouveau) se présente dans le sas et sonne. L’employé va lui demander quelque chose ? Ne serait-ce que pour faire semblant. Pour que dans ce grand théâtre de la comédie humaine, dans lequel il joue le rôle de l’employé-de-banque-bien-propre-sur-lui-qui-ne-laisse-pas-rentrer-n’importe-qui-dans-sa-banque, la représentation puisse se poursuivre. Mais non. Pas un mot. Il ouvre. Il a à peine regardé le type dans le sas. Il continue son travail, avec autant d’assiduité et d’amabilité envers ses clients. Je suis bouche-bée. Le client noir reste imperturbable. Pour lui, c’est un jour comme les autres…
 
De cette triste et banale histoire, je n’en tire aucune morale, aucune conclusion. Je sais, ça fait un peu « aujourd’hui Oui-Oui découvre le racisme ordinaire » et des anecdotes comme celles-ci vous en connaissez peut-être des milliers.
Ceci dit, cet épisode pose plusieurs questions qui méritent débat.
L’attitude du guichetier-bien-sous-tous-rapports, d’abord (rien à voir avec le portrait-robot du franchouillard raciste).
Mais aussi celle de la banque qui, peut-être, cautionne ce type de comportement (voire l’encourage ?).
Mon attitude à moi, ensuite, qui n’ai rien fait (à part témoigner par le biais de cet article).
Et enfin celle de l’homme noir. De loin la plus énigmatique pour moi…
 
 
par pierref jeudi 18 mars 2010 - 113 réactions
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  • Par Darius (xxx.xxx.xxx.180) 18 mars 2010 22:31

    il conviendrait plus judicieusement de lire cet article et le fil des commentaires au 2nd degré et de se demander comment l’idéologie de l’anti-racisme est parvenue à s’incruster si fortement chez nos compatriotes ?
    qu’entend on par racisme ordinaire ? (ouh l’immonde tare caractéristique du beauf absolu)
    c’est un réflexe de méfiance, tout ce qu’il y a de plus humain en fait, mais il est maintenant associé à un sentiment de culpabilité !
    ainsi celui qui constate chez lui cette méfiance provoquée par la rencontre d’un individu "allogène" opère tout de suite ce lien avec l’idée de "racisme" et va se culpabiliser face à cette constatation !
    il va alors chercher à refouler cette méfiance qu’il éprouve car tous les maitres à penser de notre époque depuis des décennies lui ont tous dit et répété que : "le racisme c’est mal"
    comment s’est donc opéré ce lavage de cerveaux à l’échelle d’une génération ?
    d’abord il a fallu développer le concept de racisme, lui attribuer toute cette charge symbolique très forte de véritable crime moral, et ainsi on obtient :
     simple méfiance => racisme => crime moral
    comment a t on pu persuader les gens que cette simple méfiance qu’ils éprouvaient qualifiée ensuite de racisme était quelque chose d’affreusement mal ?
    la méfiance découle de l’expérience de la vie, il nous est arrivé dans le passé pas mal de désagréments avec certains types d’individus ce qui fait que quand on en voit qui y ressemblent, on est a priori mal disposés, c’est le bon sens on pourrait dire...
    "pas du tout" rétorquent les maitres à penser de notre époque, vous faites erreur, ces individus dont vous vous méfiez sont comme vous et moi et si vous pensez différemment c’est parce que vous êtes racistes (ouh), "vous êtes victimes d’idées malsaines dont vous devez absolument vous défaire" vous avez tort de vous méfier, nous allons vous aider à vous débarrasser de ce mauvais travers en militant avec nous pour l’antiracisme !
    voici ce que l’on nous assène depuis des décennies...
    nous devons abandonner tout jugement résultant de l’expérience !
    tout doit être lisse, sans aucun a priori, mémoire gommée, méfiance endormie.

  • Par Senatus populusque (xxx.xxx.xxx.27) 18 mars 2010 15:13
    Senatus populusque (Courouve)

    Je ne comprends pas bien où est le problème, sinon dans l’imagination de l’auteur.

    Une discrimination, éventuellement raciste, consiste en le refus de vendre un bien ou de fournir un service. On n’est pas dans ce cas.

    Une différence de tarif, selon que l’on appartient à une catégorie X ou à une catégorie Y n’est pas considérée par la Halde comme une discrimination. À fortiori, je doute qu’elle s’intéresse à un différentiel de temps d’attente qui peut d’ailleurs être motivé par d’autres raisons que la couleur de peau : tenue vestimentaire, mine patibulaire, problèmes antérieurs avec une personne ayant quelque ressemblance avec le noir concerné, etc.

    Avant de faire un procès médiatique, il faudrait instruire à charge et à décharge, ce que l’auteur ne fait pas. Je déplore ce comportement, bien plus que celui du guichetier.

    J’ai parlé plus haut de différence de tarif. J’ai interrogé la Halde sur le fait que certains clubs avaient un tarif de 40 € pour les hommes seuls et la gratuité sur les femmes seules. Réponse : ce n’est pas une discrimination illégale. Alors, les secondes d’attente de votre co-client ...

  • Par COVADONGA722 (xxx.xxx.xxx.137) 18 mars 2010 22:39
    COVADONGA722

    ce qui est incompréhensible c est le nombre d étrangers venant de contrées merveilleuses
    ou tombent du ciel aides pecunieres soins gratuits educations gratuites transport et logement quasi gratuits qui tiennent absolument parfois au peril de leur vie à venir vivre dans ce pays de raciste ou nulle aide n est a attendre et qui pour eux s avere etre l enfer , incompréhensible disais je

  • Par alchimie (xxx.xxx.xxx.12) 18 mars 2010 17:58
    alchimie

    Avec toutes ces bonnes ames qui dénoncent le racisme français à tous les coins de rue je m’étonne qu’il y ait encore des racistes en France

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