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Accueil du site > Tribune Libre > Cimetière de Thiais (94) : la ville de Paris laisse reposer les pauvres (...)

Cimetière de Thiais (94) : la ville de Paris laisse reposer les pauvres dans les broussailles !

Le cimetière de Thiais est situé dans le Val de Marne, au sud de Paris. C'est le plus vaste d'Europe, et le moins "people" de la région parisienne. Il est la propriété de la ville de Paris, qui s'est toujours arrangée pour y délester les défunts "indignes" du Père Lachaise ou du cimetière Montparnasse. En clair, Thiais c'est pour le peuple.

Cela faisait quelques temps que je ne m'y étais pas rendu. Un parent proche y est exhumé. Décédé à Paris, il trouva sa dernière demeure au carré 26 de la place, comme beaucoup de provinciaux exilés vers la capitale pour y gagner leur vie. Il n'y avait pas de place ailleurs, sauf peut-être à Pantin (93).

Or l'endroit que j'ai redécouvert est indigne d'un pays civilisé. Je précise que la photo d'illustration ne reflète pas la réalité de l'endroit, elle vient de google map, et je m'interdis de photographier dans un cimetière.

Herbe non taillée, tombes à l'abandon, décorations funéraires éparpillées sur le sol boueux, ronces, orties et arbres non entretenus. Il m'a fallu dix minutes pour trouver la bonne tombe, et une bonne demi-heure pour la nettoyer. Débroussaillage, élagage de l'arbre dont les branches pendaient vers la sépulture... je n'ai pas chômé. Un décor digne d'un cimetière roumain ou bosniaque de l'après-guerre civile, mais indigne du pays des droits de l'homme, où les plus humbles ont, à priori, le droit de reposer en paix sans être emmerdés par les ronces. Surtout quand la concession est payée par la famille à la ville de Paris.

Je suis allé me plaindre à la conservation, où on m'a conseillé d'écrire à Mme Hidalgo, que d'autres familles rouspètent elles-aussi, qu'il n'y a plus que sept cantionniers pour entretenir cet immense cimetière etc.

Triste époque. La ville de Paris fait donc des économies où elle le peut, en l'occurrence sur le dos des morts pauvres. Les très selects cimetières de la capitale intra-muros, vitrines et attractions pour touristes, n'ont pas ces problèmes. On ne retrouve pas ces caveaux de bobos bien-nés et friqués à Thiais. Au passage, on pense aux masses de pognon engloûties pour bâtir des stèles dignes de sénateurs romains pour d'anciens capitaines d'industrie et autres rentiers. Ceux qui gueulaient de payer trop d'impôts pour entretenir les gueux dont ils se fichaient... et qui le montrent jusque dans leur dernière sépulture, en emportant leur fric dans la tombe.

En conclusion, gardez-vous bien de périr à Panam. Après une vie à douiller pour des loyers exhorbitants, des transports en commun coûteux et sales, la promiscuité des lieux publics et la chèreté de la vie dans la capitale française, une double-peine vous attend : vous reposerez pour l'éternité dans la cambrousse, au fin fond de la banlieue, à moins de vous faire incinérer et disparaitre à tout jamais. Finalement il y a peu de différences entre la Rome antique et le Paris républicain : une caste de privilégiés d'un côté, jusque dans la mort (voir les stèles de notables sur la via appia romaine), et le reste de la population qui peut crever dans les ronces, comme il y a deux mille ans. On peut se demander si les premiers anarchistes n'ont pas sombré dans l'extrêmisme en sortant d'un cimetière de banlieue...


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15 réactions à cet article    


  • eric 20 juin 2015 12:16

    Et l’État devrait s’occuper aussi de vos morts aux frais du contribuable ? Les riches paieront hein ?!
    Tous cela me semble très étrange...Vous voudriez que l’on s’occupe de vos défunts à votre place ? Que les morts aient un droit de tirage sur les finances publiques ? Que les vivants aient un droit de ne pas s’occuper de leurs morts mais en ayant bonne conscience parce que les cantonniers s’en occupent à leur place ? Depuis 2 siècles, on finissait par jeter les « pauvres » ( les autres aussi du reste...°dans les carrières, sous Paris, en vrac, désormais ils ont des emplacements individuels à Thiais. Avec des ronces, est-ce un progrès ? Un recul ? Une délocalisation ? Pourquoi ? Globalement, cet article me donne l’impression d’une grande confusion.


    • Le p’tit Charles 20 juin 2015 12:34

      Allez vous occuper des vivants...ça vous changera.. !


      • fredvd 20 juin 2015 13:49

        Pas besoins d’aller au cimetière pour penser à ses proches disparus. Ca devrait être insinération pour tous le monde !


        • Auxi 20 juin 2015 19:27

          @fredvd


          Vous êtes QUI pour décider à la place des autres ? Je suis d’accord pour l’incinération, mais pas pour qu’on l’impose autoritairement.

        • Auxi 20 juin 2015 19:25

          Je serais d’accord avec vous si, une fois de plus, une fois encore, vous ne rameniez les anarchistes, dont j’ai l’honneur d’être, là où ils n’ont rien à faire. Qu’ont-ils à voir avec ça ? Votre analyse est pertinente – la domination des branleurs enfriqués jusque dans la mort – mais, encore une fois, qu’est-ce que les anars ont à voir avec ça ? Ils n’attendent pas d’aller au cimetière pour constater l’état du monde, et l’infamie de la bourgeoisie permise par la lâcheté des prolétaires.


          • César Castique César Castique 20 juin 2015 20:29

            @Auxi

            « ... l’infamie de la bourgeoisie permise par la lâcheté des prolétaires. »


            Les prolétaires ne sont « lâches » que parce qu’ils ne concèdent pas les pleins pouvoirs aux anarchistes, 

            Mais ils subodorent instinctivement, les prolétaires, que les anars seraient à l’origine de la pire des tyrannies, si l’on fait abstraction de l’Etat planétaire global rêvé par Attali, les néo-cons yankees et quelques autres.

          • Auxi 21 juin 2015 02:31

            @César Castique


            Par définition même, les anarchistes n’ont jamais revendiqué un quelconque pouvoir, connard. Et ils furent les premiers clients des goulags, connard. Et on ne voit pas, sauf toi, ce que le libéral-fasciste Attali et les néo-cons yankees viennent faire là, connard.

            Occupe-toi de tes fesses et cesse d’intervenir sur un sujet dont tu ignores tout, connard.

            « Le pouvoir est maudit » (Louise Michel).

          • César Castique César Castique 21 juin 2015 10:27

            @Auxi

            "Par définition même, les anarchistes n’ont jamais revendiqué un quelconque pouvoir...",

            Le pouvoir que les fortes personnalités pratiquent sur les faibles, ne se revendique pas, il s’exerce tout naturellement, spontanément… Et dans le système anarchiste, la législation qui permettrait de contenir cet ascendant et ses conséquences, avec les autres lois.

            « Et on ne voit pas, sauf toi, ce que le libéral-fasciste Attali et les néo-cons yankees viennent faire là, connard. »

            Ça, c’est parce que t’es pas fute-fute, il s’agit simplement d’une comparaison de niveaux de tyrannie.

            « Occupe-toi de tes fesses et cesse d’intervenir sur un sujet dont tu ignores tout… »

            J’ignore peut-être tout, mais je ne manque pas d’arguments, tout tu sais tout, mais t’as pas d’arguments. C’est ce qui nous différencie sur la forme, outre nos différences sur le fond. Et que cela nous plaise ou non, on se complète.


          • Auxi 21 juin 2015 18:22

            @César Castique


            « Né en 1882, Voline milita activement dès la fin du siècle dernier dans les rangs du parti socialiste révolutionnaire. En 1917, de retour en Russie, D’OÙ IL S’ÉTAIT ENFUI POUR ÉVITER LA DÉPORTATION EN SIBÉRIE, il eut sur le mouvement makhnoviste une influence décisive. En 1921, PERSÉCUTÉ PAR LES BOLCHEVIQUES, Voline dut s’expatrier une fois encore et se réfugia en France où il continua, jusqu’à sa mort en 1945, à œuvrer au sein du mouvement libertaire. »

            Voline, « La révolution inconnue », Belfond. Attention, c’est 850 pages, quand même, et pas une seule à colorier. Un petit bout, pour goûter ?

            « Nous savons déjà que l’État bolcheviste a réussi à faire naître et à développer avec une rapidité vertigineuse une bureaucratie formidable, incomparable, inégalable, une bureaucratie qui forme actuellement à elle seule une caste privilégiée, « aristocratique », de plus de deux millions d’individus.
            Il a réussi, d’autre part, à diviser la population de l’État « socialiste » en plusieurs catégories – vingt au moins – de salariés. On est arrivé à une inégalité des conditions sociales jamais atteintes par les États du capitalisme privé. Les catégories les plus basses perçoivent de 100 à 150 roubles par mois. Les catégories les plus élevées gagnent 3000 roubles et plus.
            Il existe une bourgeoisie d’État en URSS : bourgeoisie qui vit grassement, disposant de villas somptueuses, de voitures, de domestiques, etc. " 


          • César Castique César Castique 21 juin 2015 23:25

            @Auxi

            « Voline, « La révolution inconnue », Belfond. Attention, c’est 850 pages, quand même, et pas une seule à colorier. »


            Pour les pages à colorier, je sais, j’ai. Et je prouve. Les huit premiers mots du dernier chapitre (« Testament de la Makhnovtchina aux travailleurs du monde ») sont :

            « Terminons par ces quelques paroles de Pierre Archinoff... » 

            et les huit premiers mots de l’avant-dernier chapitre (« Le sort de Makhno et de certains de ses camarades - Epilogue ») sont :

            « En guise d’épilogue, quelques détails sur la répression... »

            Mais la chimérisme, démontré, du bolchévisme ne corrige en rien, le chimérisme de l’anarchisme.



          • Auxi 22 juin 2015 01:33

            @César Castique


            Tant mieux. Mais vous répondez à côté du sujet : quand vous prétendez que l’Anarchie était grande pourvoyeuse de goulags, soi vous ignorez, soi vous mentez, puisque les anarchistes qui n’avaient pu fuir le régime stalinien comme Voline, étaient déportés en Sibérie, quand ils n’étaient pas purement et simplement liquidés. Et à chaque fois que les anarchistes ont été en mesure d’appliquer concrètement leurs théories (Espagne, Ukraine), ils l’ont fait, et avec succès. Lors de la guerre civile espagnole, lorsque les communistes, sur ordre de Staline, abandonnèrent le combat, ils laissèrent les anars seuls et pratiquement désarmés face aux hordes fascistes. Ce qui valut à l’Espagne quarante ans de dictature franquiste catholique.

          • César Castique César Castique 22 juin 2015 10:16

            @Auxi

            « ...que l’Anarchie était grande pourvoyeuse de goulags. »

            Je n’ai jamais parlé de goulags ni de pourvoyeuse, mais de « tyrannie sans précédent » puisque la suppression des lois laissera la grande majorité de faibles, à la merci de la petite minorité de forts, sans la moindre protection contre le totalitarisme d’une « volonté générale » triturable à l’infini.

            « Et à chaque fois que les anarchistes ont été en mesure d’appliquer concrètement leurs théories… »

            Pour autant que je sache aucune expérience impliquant des dizaines de millions de personnes à loger, nourrir, habiller et approvisionner en énergie, n’a connu la durée dans des conditions de vie normales et dans une période de paix.

            Et, dans une société aussi complexe que la nôtre, tout devra faire l’objet d’une planification rigide, appliquée par une hiérarchie inflexible, qu’aucun « obstacle législatif » ne contrecarrera, puisque une société anarchiste cesserait de l’être en se dotant de lois et de règlements.


          • Hannibal GENSERIC Hannibal GENSERIC 21 juin 2015 08:28

            En Tunisie, c’est encore pire : les cimetières français sont dans un complet abandon, sauf un de deux à Tunis.

            Voici la triste anecdote.

            Un ami français est venu visiter la Tunisie dans laquelle ses parents et grands parents ont vécu heureux et en complète symbiose avec la population.

            Son grand père, Mr Dupuis, a été ingénieur dans les années 20, et a choisi de travailler là où on avait le plus besoin de lui : un coin perdu appelé Sbeitla, pendant que sa femme et ses enfants résidaient à Tunis, la capitale, car il n’y avait pas décole française à Sbeïtla.

            Après des dizaines d’années de bons et loyaux services, Mr Dupuis est décédé et avait demandé à ce qu’on l’enterre à Sbeïtla.

            Lors de la venue de mon ami Jean-Yves, son petit fils, âgé alors de plus de soixante ans, nous avons décidé d’aller faire un tour à Sbeïtla, qui abrite de belles ruines romaines, et qui est maintenant une belle capitale provinciale.

            Arrivés sur place, nous avons demandé aux gens où se trouvait le cimetière français : personne, parmi les jeunes, ne savait qu’il en existait un !! Sauf un petit vieux qui nous avait entendu chercher.

            Après plusieurs recherches, on a abouti à un petit terrain, plus ou moins vague, dans lequel des poules et des chèvres coulaient des jours tranquilles. C’était le cimetière français, dans lequel on peut décompter quelques dizaines de tombes, pour la plupart abimées.
            Nous avons bien retrouvé la tombe de Mr Dupuiis, cet homme qui a tant aimé la Tunisie et ses habitants, parmi les plus simples et les plus démunis.

            Une parenthèse ici : Sbeïtla a été l’un des principaux foyers de la « révolte » contre la dictature de Ben Ali.

            Un habitant du voisinage nous a dit que, n’était la vigilance des voisins et de la municipalité, le cimetière aurait été squatté par des gens qui voulaient y construire leur bicoques.

            De retour à Tunis, nous avons été voir l’ambassade de France pour leur signifier notre tristesse et notre révolte de voir des cimetières de Français dans un abandon total.

            Dix ans après, c’est à dire aujourd’hui, rien n’a été fait.

            Vu de Tunisie, on a l’impression que, depuis la disparition de De Gaulle, la France est devenue aussi insignifiante qu’un pays balte. Malte veille mieux sur ses cimetières que la France.


            • robert 23 juin 2015 09:35

              pas grave, les familles abandonnent déja leurs vieux bien avant la mort, de plus dans les cimetières la plupart des tombes sont abandonnées.


              • kng2012 9 août 2015 18:47

                Permettez moi de vous dire que votre article manque d’honnêteté...
                Et la photo que vous avez utilisé ne représente en rien l’ensemble du cimetière qui est un vrai havre de paix au travers de grandes allées et de très beaux arbres !

                Il existe une démarche de « biodiversité » qu’apparemment vous n’avez pas bien saisi... Des panneaux jonchent les allées pour l’expliquer ! En effet, les désherbants chimiques ont été abandonnés pour favoriser l’apparition d’une biodiversité mais, c’est sur que si vous préférez des cimetières faits de bétons ! A mon avis, les morts qui sont là doivent être contents d’entendre les fleurs s’épanouir, les oiseaux chanter... au lieu de ne rien entendre du fait du béton (lol) !

                Après si vous souhaitez que votre tombe soit entretenue, faut y aller plus souvent (à priori, vous n’y allez pas souvent alors, à quoi bon de raler « ce n’est pas entretenu » !)Et je vous invite à vous promener dedans à pied (et pas en voiture) vous y verrez des choses étonnantes !

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