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Commentaire au sujet d’un éditorial de Ignacio Ramonet sur Hugo Chavez

Cher M. Ramonet

Je me permets de vous écrire ce petit mot public à la suite de votre éditorial du Monde Diplomatique d’août 2007. Je dois commencer par reconnaître mon désir initial de vous ignorer complètement. Au Venezuela, votre attachement inconditionnel à M. Chavez a nui considérablement à votre crédibilité, peut-être même parmi certains chavistes probablement un peu jaloux de votre proximité au leader bien-aimé. Cet éditorial, que je vais adresser ci-dessous, confirme encore une fois que quand il s’agit de Chavez, il ne peut rien faire de mal à vos yeux. Non, si je vous écrit si tard c’est que j’ai reçu bien des courriels me demandant en tant que blogueur franco-vénézuélien d’écrire un démenti et je me suis donc décidé. Evidemment en espagnol certains intellectuels vénézuéliens qui n’ont rien à vous envier vous ont déjà corrigé. Vous pouvez chercher par exemple les écrits de Petkoff ou d’Ibsen Martinez pour votre édification.

Je dois reconnaître que dès la deuxième phrase de votre texte j’ai haussé les sourcils (comme Ibsen le fit sûrement puisqu’il en parle). Vous écrivez que M. Chavez a été le sujet de « tentatives d’attentat ». Lesquelles ? Quand ? Des blessés ? Des morts ? Des arrestations ? Un procès quelconque ? Renseignez-nous ! Vous êtes journaliste en plus d’intellectuel, non ? Je crois que vos visites espacées au Venezuela ne vous permettent pas de savoir que ces fameux "attentats" sont ressortis à l’occasion, lorsque les besoins politiques nécessitent un divertissement (nous devrions d’ailleurs avoir droit à un nouvel "attentat" bientôt, avant le vote de la réforme constitutionnelle, cela rallie les troupes je crois). Je vous pardonne donc de ne pas savoir que si nous avons effectivement vu à la télévision au moins une fois un déploiement d’armes (curieusement neuves, curieusement militaires) nous sommes toujours à l’attente de la première inculpation formelle pour cause d’attentat. Si vous me donnez votre courriel je me ferai un plaisir de vous prévenir le jour où vraiment il y aura quelque chose qui paraîtra être une véritable tentative d’attentat. Ici, en attendant, nous rigolons tous en parlant de "auto magnicidio". Je ne vous fais pas l’affront de traduire.

Le reste de votre éditorial n’est qu’une ode à la gloire de Chavez que j’ose espérer vous avez écrit en vitesse avant de partir en vacances. Vous corriger sur les détails ? Non, pas vraiment, après tout certains sont des faits vérifiables. Je me permettrai donc de faire seulement trois petites remarques afin que vous sachiez que le lecteur averti n’est pas dupe de votre engagement (d’ailleurs, certaines allusions de cette élégie me font croire qu’en fait à travers celle-ci vous ne cherchiez qu’à régler vos comptes avec un gauche démocratique qui a depuis longtemps cessé de vous prendre comme guide intellectuel).

Le premier détail, si l’on peut dire car son omission est plutôt impardonnable, c’est que vous ne mentionnez pas la multiplication par 6 du prix du pétrole Vénézuélien, grâce surtout à la Chine et aux erreurs de Bush. Donc le lecteur naïf pourrait penser que M. Chavez est un as de l’économie. Il n’en est rien : la croissance économique du Venezuela est due à cette manne pétrolière, non aux prouesses des ministres de Chavez. En fait les trois premières années de Chavez, avant que le pétrole soit devenu cher, ont été plutôt mauvaises. Je vous fais remarquer que le bolivar vénézuélien était un peu au-dessus de 500 pour un dollar américain en 1999. Aujourd’hui au marché noir il frôle les 5000, bien plus du double du cours officiel. Cette autre omission de votre part m’oblige à corriger votre évaluation du salaire minimum qui est en fait la moitié de que vous dites, le rabaissant parmi les plus bas du continent.

"Trois millions d’hectares de terre ont été distribués aux paysans", cela m’a fait bien rire. Les fameux paysans n’en sont pas les propriétaires. Ils ne peuvent ni les vendre ni demander de crédits bancaires pour l’exploitation (plutôt généreux de par la loi). Ils sont en fait soumis à l’Etat pour toute décision de production et d’aide. Je pense que vous savez comment ce genre de propriété agricole d’Etat a terminé en Europe de l’Est, à Cuba et ailleurs. Au Venezuela les interventions de Chavez dans le secteur agricole ont déjà vu la baisse importante de la production de viande, de lait et de sucre, trois produits dont l’absence sur les étagères des commerçants est devenue chronique, même à Mercal.

Le troisième détail est assez curieux et peut-être en dit plus sur votre relation peu objective avec Chavez, si bien illustrée par le reste de votre aubade. Je remarque que votre éditorial date du numéro d’août (parution le premier août je suppose). Pourtant vous parlez déjà comme d’un fait accompli du passage de la semaine de travail de 44 heures à 36 heures. Ceci est faux. La semaine de travail vénézuélienne varie de 40 à 44 heures selon les entreprises, et ceci au moins jusqu’au mois de janvier 2008. Chavez a inclus cette promesse dans ses "réformes" constitutionnelles présentées le 15 août. Comment saviez-vous ce détail ? Avez-vous conseillé à M. Chavez d’inclure cet appât pour allécher l’électeur en décembre ? Savez-vous d’ailleurs que dans la constitution de 1999 rien, absolument rien, n’aurait empêché Chavez d’établir la semaine des 36 heures ? En fait, cette constitution de 1999 l’y engageait, un des nombreux engagements que Chavez n’a pas rempli [vous pouvez lire l’article 90 de la constitution de 1999, commenté ici]. Les questions que nous avons le droit de nous poser lorsqu’on vous lit sont : comment tant d’intimité ? Quel est votre lien réel avec Chavez ? Pouvez-vous lire ses pensées ? Et bien sûr : que lui devez-vous pour l’appuyer autant ?

Je termine ce mot bien plus long que prévu. Vous vous rendrez compte bien sûr que je pourrais continuer aisément sur ma lancée, mais comme je l’écrivais au début je ne crois pas que votre influence soit très grande de nos jours en dehors des cercles alter mondialistes qui feraient mieux de chercher d’autres guides que vous. D’ailleurs, continuez à vous attacher à Chavez : si sa "réforme" constitutionnelle passe, votre réputation ne pourra qu’en diminuer.

Bien à vous.




par Daniel Duquenal (son site) lundi 10 septembre 2007 - 51 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Gazi BORAT (---.---.164.192) 10 septembre 2007 10:17

    « ...ces fameux ‘attentats’ sont ressortis à l’occasion, lorsque les besoins politiques nécessitent un divertissement... »

    Pourquoi pas ?

    Il en est de même pour les apparitions de Mr Ben Laden, de plus en plus suspectes..

    gAZi bORat

  • Par JL (---.---.113.55) 10 septembre 2007 18:39
    JL

    @ Zygomar, je ne comprends pas votre remarque. Peut-être n’avez-vous pas compris la mienne. Cela me serait égal si vous étiez le seul dans cette confusion.

    C’est pourquoi je précise : JE CONSIDERE, et je l’ai moi-même dis ici, que le Monde Diplomatique est l’honneur de la presse française.

    J’étais le premier à commenter ce texte. J’ai pris des gants parce que je ne savais pas si mes soupçons étaient fondés. J’ai pu, à la lecture des commentaires suivants, conforter mon opinion : Mr Duquenal est un scélérat.

    Si vous précisez ce que vous avez voulu dire, je pourrai peut-être me faire une opinion sur le Zygomar que vous semblez être (ceci pour le pitoyable de votre post). smiley

  • Par elateolibre (---.---.187.38) 11 septembre 2007 18:13

    Michel Maugis @ tous.

    Je vais ici démontrer le « Faux culisme » de l’auteur qui ne sait comment faire, en se gratant l’oreille droite avec la main gauche en passant derrière la tête, pour exprimer une idée très simple mais fausse avec des mots qui arrivent aisément : Ramonet est malhonnête.

    Dans ce commentaire, je traite seulement de son attaque introductive sur Ramonet et qui concerne sa crédibilité.

    Les procédés argumentatifs de Duquenal sont tous tautologiques et ce referment en boucle. C’est l’argumentation des charlatans, de ceux qui veulent tromper son monde et faire plaisir à ses supporters du la « liberte’ » et de la « démocratie » ( bourgeoise bien entendue).

    Il part de la prémisse implicite que Chavez est un vil personnage, que cela n’est pas à démontrer, que c’est un fait historique incontestable, donc que toute personne qui défend son œuvre est forcément malhonnête et peu crédible.

    Cher M. Ramonet

    En français on ne s’adresse pas à quelqu’un qu’on déteste par un « cher », encore moins si on le juge malhonnête. Le faire c’est de l’hypocrisie.

    Duquenal invoque sa propre personne comme argument d’autorité pour « démontrer » la crédibilité de ses dires. Duquenal est crédible, honnête et contre Chavez, donc puisque Ramonet défend Chavez il est forcément non crédible et malhonnête. Voilà pour le Duquenal qui ne se prend pas pour une merde mais pour une autorité morale.

    Ainsi, il nous informe de son désir initial de ignorer Ramonet complètement. Ce qui nous permet immédiatement de juger Ramonet à l’aune de Duquenal, et inversement.

    Ramonet aurait perdu de sa crédibilité Au Venezuela, par son attachement inconditionnel à M. Chavez.

    Certainement parmi les inconditionnels anti chavistes nous suggèrent t’il. Donc Ramonet aurait eu de la crédibilité parmi eux. Foi de Duquenal. Ce qui est totalement absurde. Voilà la grande trouvaille lapalisienne de Duquenal qui le rendrait crédible : Ramonet aurait perdu de la crédibilité parmi les antichavistes.

    Hélas pour cette duquenalerie, Ramonet n’a jamais eu de crédibilité chez les antichavistes, pour être justement un supporter de Chavez.

    Mais en aurait il eut, que celle ci ne se perd que si l’attachement inconditionnel est envers une personne vile !!! Ce que Duquenal impose dans sa prémisse implicite et qu’il n’a jamais essayé de démontrer. Belle tautologie qui ne repose que sur la crédibilité de Duquenal qui se prend pour une autorité morale.

    Mais, foi de Duquenal encore, Ramonet aurait perdu de la crédibilité parmi les chavistes, PEUT ÊTRE.

    Car Duquenal aime bien les spéculations gratuites et surtout sa lâcheté lui commande de se protéger avec un peut être. Il en n’en est donc pas sûr, c’est pourquoi il avance une raison probable : Ramonet est proche de Chavez., ce qui rendrait certains chavistes jaloux de cette proximité !!. Et en quoi est ce mal d’être proche de Chavez ? Parce que Chavez est vil, pardi !

    Mais il n’y avait pas besoin de cette remarque. La proximité avec Fidel était largement suffisante.

    On se demande en quoi cette jalousie de certains chavistes ôterait de la crédibilité à Ramonet..

    Seul l’intellectuel de haut niveau Duquenal sait.

    Au passage, il insulte donc ces chavistes qui parceque jaloux ôteraient de la crédibilité à Ramonet. Des imbéciles en plus clairs et moins faux cul.

    Duquenal pense que les gens sont tous aussi futil que lui.

    Il va sans dire que Duquenal, en étant systématiquement et inconditionnellement contre Chavez serait crédible parce que dans toutes ses diatribles anti chavistes il ne fait que mentir et répéter les lieux communs pondus à Washington et repris par la presse « libre » de scrupules, comme Le Monde et Libération.

    Ce que je vais montrer dans mes commentaires suivants, si j’ai le temps.

  • Par Michel Maugis (---.---.187.38) 11 septembre 2007 15:59
    Michel Maugis

    MichelMaugis @ Urru.

    « Excusez-moi mais nous (vénézuéliens) mangeons oui des dollars, parce que tout ce que nous mangeons est importé. »

    C’est parce que vous dîtes une connerie que vous vous excusez ? Vous l’êtes.

    Le fait que vous nommiez le président Chavez, le lieutenant colonel en dit long sur votre opinion à son égard.

    Je ne m’étonne donc pas de l’idiotie de votre réponse.

    Je ne savais pas que Chavez achetait au marché noir les dollars qui lui permettent d’acheter sur le marché international les aliments.

    Quel con ce Chavez, alors qu’il peut utiliser le dollar officiel.

    Avant il n’était pas comme ça, mais le lieutenant colonel Chávez a obtenu que nous importions tout celui que nous mangions.

    C’est faux. Avant c’était bien pire. La part relative d’importation alimentaire est moindre, même si en absolue elle a augmenté principalement en raison de l’augmentation du pouvoir d’achat des pauvres. Ceux-ci mangent maintenant, ET C’EST BIEN CE QUI SEMBLE VOUS GÊNER.

    Mais depuis quand vous souciez vous de l’autonomie alimentaire ? Le principal n’est ce pas que les pauvres soient moins pauvre, puissent se faire soigner, puisse s’éduquer etc...

    J’avais proposé à Duquenal qu’il me la sorte celle là, mais il n’a pas osé, car chez Duquenal ce n’est pas l’intelligence qui manque, c’est la sincérité.

    Vous c’est peut être le contraire.

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