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Accueil du site > Tribune Libre > Corrida : stop à la barbarie !

Corrida : stop à la barbarie !

Du 18 au 21 avril se déroulera dans la ville d’Arles la traditionnelle Féria de Pâques. Beaucoup de musique au programme, et notamment des concerts de bandas ou des aubades de peñas, sans compter l’ambiance conviviale des bodegas. La fête pour tous. Sauf pour les taureaux qui, une fois encore, seront martyrisés dans l’arène pour satisfaire les instincts du public. Des instincts indignes d’une civilisation moderne, indignes d’un peuple éduqué...

JPEG Avant toute chose, il est important de ne pas confondre corrida et tauromachie, l’art d’affronter le taureau dans une arène ne constituant pas dans tous les cas une pratique barbare, loin de là. Il suffit, pour s’en convaincre, de faire témoigner les amateurs de course landaise ou les afecieunados provençaux de course camarguaise. Comparée à ces spectacles plutôt bon enfant, la corrida héritée de la tradition espagnole est en revanche une monstruosité d’un autre âge dont on se demande comment elle peut encore être acceptée dans une société qui se prétend civilisée et par conséquent soucieuse du bien-être animal.

La corrida n’est autre, en effet, qu’une suite de tortures infligées à l’animal. Et les Français ne s’y trompent pas : dans un sondage Ipsos du 5 août 2010, nos compatriotes se déclaraient déjà à 66 % en faveur de l’interdiction de la corrida, ce pourcentage étant – fait remarquable – de 63 % dans les régions de tradition taurine où nombre de gamins sont pourtant élevés dans l’amour de cet « art » décadent. Or, la cause de l’interdiction ne cesse de gagner du terrain, et cela jusqu’en Espagne et en Amérique latine. Comment pourrait-il en aller autrement lorsqu’on sait quelles effroyables blessures, quelles indicibles souffrances sont infligées aux taureaux de combat dans l’arène ? Sans compter les trop fréquentes éventrations des chevaux, mal protégés par un caparaçon dont l’utilité consiste moins à protéger le cheval qu’à masquer ses tripes. Tout cela sous les acclamations d’un public effrayant car déshumanisé par la résurgence d’un instinct ancestral l’amenant à jouir de la torture infligée.

Dès la veille de la corrida, le taureau est conditionné. Enfermé dans la pénombre d’un torril durant les 24 heures qui précèdent, il est soudain lâché, au comble du stress, dans la lumière crue de l’arène où l’accueille un public hurlant son plaisir et savourant déjà les exploits des bourreaux. Des exploits souvent biaisés, mais on se garde bien de le faire savoir, par l’administration préventive de sédatifs aux taureaux en vue de limiter leur dangerosité. Et que dire de l’afeitado qui consiste, lors de certaines corridas de charité (!), à scier à vif la partie terminale des cornes ?

 

Le révoltant martyre du taureau

Dans l’arène, sitôt terminé le paseo (le défilé des bourreaux !) aux accents d’un paso doble, le supplice commence avec le travail des picadors sur la première victime désignée. Juchés sur des chevaux dont un œil a été occulté pour éviter la panique à la vue du taureau, les cavaliers plongent leurs instruments de torture jusqu’à 20, voire 30 cm, dans les muscles et les ligaments du cou de l’animal jusqu’à la rupture de ces derniers visant à obliger le taureau à garder la tête basse. Vient ensuite le travail des peones dont l’acier des 6 banderilles – en réalité de redoutables harpons – reste fiché dans le corps du taureau en occasionnant à chaque mouvement de l’animal des dégâts toujours plus grands. Objectif : compléter le travail des piques en augmentant les hémorragies et l’affaiblissement du taureau afin de faciliter la mise à mort. Celle-ci vient à la fin, l’épée du matador étant censée achever le taureau dans une estocade fatale. Mais l’aorte visée par la lame est rarement atteinte et l’agonie de l’animal se prolonge le plus souvent entre paralysie ou hémorragies internes parfois traduites par des vomissements de litres de sang dans le sable doré de l’arène. Du grand spectacle ! Dès lors, c’est au poignard que l’un des aides doit intervenir pour parachever la sanglante et monstrueuse boucherie.

Malgré l’inhumanité du traitement infligé aux taureaux de combat, il se trouve encore des aficionados pour défendre les pratiques barbares de la corrida. Au nom de la culture, disent les uns, au nom de la tradition affirment les autres. Un argument sans la moindre valeur, même si d’illustres artistes ou romanciers, tels Pablo Picasso, Federico Garcia Lorca ou Ernest Hemingway, ont – comme Francisco Franco ! –, fait l’apologie de la corrida en louant son esthétisme, en exaltant la beauté du ballet tragique qui oppose l’homme en habit de lumière à la force bestiale.

Sans valeur, l’argument de la tradition ? C’est l’évidence même. Doit-on, au nom de la tradition, laisser perdurer des pratiques barbares qui avilissent tout à la fois ceux qui en sont les acteurs et ceux qui se repaissent du spectacle de la torture ? Oui, se défendent les organisateurs de corridas et les aficionados, les premiers en affairistes avisés, les seconds aveuglés par leur passion.

Quelle mouche a donc piqué ceux qui, au nom de la civilisation, ont éradiqué les autres pratiques séculaires, immondes héritages de l’Antiquité ou du Moyen Âge, mais laissé perdurer ce spectacle dégradant ? Pourquoi a-t-on interdit dans la plupart des pays occidentaux les combats de coqs où l’on voyait des gallinacés se livrer, dans une ambiance hystérique, à des luttes à mort, dressés sur leurs ergots préalablement affûtés comme des lames de rasoir ? C’était pourtant la tradition. Pourquoi a-t-on interdit également les combats de dogues où, là aussi, les chiens transformés en fauves, se déchiraient à pleins crocs, s’arrachant des lambeaux de flanc ou de joue, parfois jusqu’à l’agonie ? C’était pourtant la tradition. Et que dire du lancer de chèvre vivante du haut d’un clocher, longtemps pratiqué dans le sud-ouest de l’Espagne au moment de Pâques ? C’était pourtant la tradition !

 

Les grands humanistes pour l’abolition

Mais revenons à la corrida. Certes, elle a eu des avocats célèbres, comme cela a été évoqué ci-dessus. Mais que pèse l’opinion de ces rares défenseurs face aux grands humanistes qui ont combattu, et combattent encore, cette pratique ? Des géants comme Victor Hugo et Émile Zola ont, en leur temps, condamné la corrida. Et cela avec d’autant plus de conviction qu’elle leur inspirait un profond dégoût, dicté non seulement par la torture infligée, mais aussi par le dégradant spectacle des vils instincts qu’elle induisait chez les amateurs : « Torturer un taureau pour le plaisir, pour l'amusement, c'est beaucoup plus que torturer un animal, c'est torturer une conscience », clamait avec force le premier. « La corrida, ni un art, ni une culture ; mais la torture d'une victime désignée » constatait avec répulsion le second. De nombreuses autres personnalités ont également fait part de leur condamnation sans appel de cette « art » décadent dont les racines plongent dans les plus sadiques jeux antiques. Parmi elles : Victor Schœlcher, Hans Christian Andersen, Franz Kafka, H.G. Wells, André Malraux, Théodore Monod ou Simone Veil.

Tous ces grands esprits, dont les qualités intellectuelles ne sont plus à démontrer, seraient-ils aveuglés par une suspecte bien-pensance ? Évidemment pas : guidés par leur profonde connaissance de la nature humaine, ils sont tout simplement arrivés, à des époques différentes, à la conclusion qu’il ne peut y avoir de respect de l’Homme lorsqu’il se livre ainsi, pour satisfaire un plaisir foncièrement sadique et avilissant, à la torture d’un animal. En France, le législateur ne pense pas autrement, comme le montre clairement le Code pénal dans son article 521-1 : « Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves (...) ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. »

Il est grand temps que la torture cesse. Pour cela, la dérogation accordée aux régions taurines au titre d’une tradition aussi éculée que monstrueuse, doit désormais disparaître au plus vite afin que les organisateurs de spectacles tauromachiques tombent sous le coup de la loi s’ils ne respectent pas l’article 521-1. Oui aux courses landaises et camarguaises. Non, définitivement non à la corrida !

 

Vidéos :

 Non à la corrida

Toujours non à la corrida

Ska-P : Vergüenza (Ole ! Torero asesino...)

 


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192 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 08:35

    À l’auteur :
    « illustres artistes ou romanciers, tels Pablo Picasso, Federico Garcia Lorca ou Ernest Hemingway »
    Avant le caparaçon, un écrivain, admiré dans le monde entier, trouvait comiques les chevaux éventrés des picadors qui couraient dans l’arène en traînant leurs viscères entre leurs postérieures...
    Hemingway, Mort dans l’après-midi, Premier chapitre.

    Corrida : Je suis un aficionado !

    Remplaçons la tauromachie par la gladiature !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 08:43

      Addendum :

      Merci de nous épargner le couplet :

      « la jouissance que procure cette souffrance du toro au public. »

      Cette affirmation est parfaitement fausse.
      Aucun « aficionado » ne se rend aux arènes pour jouir de la souffrance faite au toro.
      Cette affirmation erronée témoigne bien de l’incompréhension totale et irréductible entre « aficionados » et anti-corridas.
      Exercice d’explication totalement inutile ! ! !...



    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 08:48

      Addendum Bis :

      À ma connaissance, la corrida ne semble pas dommageable au psychisme puisque les statistiques de la criminalité n’ont jamais mis en évidence une nature criminogène et sadique exceptionnelle des aficionados.


    • Fergus Fergus 10 avril 2014 08:56

      @ Jean-Pierre.

      Je crois que vous faites un amalgame. Qui a dit qu’il existe une corrélation entre la goût pour la corrida et la délinquance ? Non seulement cette corrélation n’a jamais été établie, mais on peut penser que, précisément, l’esthétisme de la torture exercée par procuration dans l’arène peut permettre à certaines personnes d’évacuer par ce biais des tendances violentes ou sadiques. 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 09:11

      Par Fergus (---.---.141.148) 10 avril 08:56

      Ce n’est pas un amalgame : certains ont porté sérieusement cette accusation.

      « on peut penser que, précisément, l’esthétisme de la torture exercée par procuration dans l’arène peut permettre à certaines personnes d’évacuer par ce biais des tendances violentes ou sadiques. »
      Cela fait bien longtemps que je vis en Bretagne et n’ai plus l’occasion d’assister à des corridas.
      Néanmoins, je ne sens pas croître mes tendances violentes ou/et sadiques qui ne s’évacuent plus dans le spectacle de la corrida...


    • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:30

      @ Jean-Pierre.

      Le fait est qu’en Bretagne, la corrida est un spectacle rare. La violence aux animaux y est toutefois présente sous la forme d’élevages concentrationnaires, mais ceci est un autre débat.

      Pour en revenir à la corrida, je pense qu’il s’agit d’un goût esthétique pour la violence et non d’un besoin personnel de la pratiquer. C’est un ressort vieux comme le monde qui s’exprimait autrefois dans les Jeux du cirque ou les exécutions publiques du Moyen Age avant d’être véhiculé par les livres (depuis Les cent jours de Gomorrhe de Sade jusqu’aux bouquins de James Ellroy) ou le cinéma.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 09:48

      « un goût esthétique pour la violence  »

      un goût esthétique généré par la proximité de la mort du toro et du matador, pas par la violence.


    • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:58

      @ Jean-Pierre.

      Vous savez pertinemment que tout est fait désormais pour limiter l’agressivité du taureau et le désorienter afin d’éviter les accidents dont pourraient être victimes les toreros.

      Cela dit, en admettant qu’il puisse exister un équilibre du risque, ce qui n’est évidemment pas le cas, l’inhumanité du spectacle n’en serait que plus grande encore ! 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 10:01

      Simplement faux !


    • Croa Croa 10 avril 2014 17:14

      « Qui a dit qu’il existe une corrélation entre la goût pour la corrida et la délinquance ? »

      Moi je le dis !
       smiley
      Comme chacun sait les espagnols et les gens du midi ’’ont le sang chaud’’ : la corrida n’y est pas étrangère. ( Ce n’est pas une spécificité et pas la seule cause, l’alcool comptant plus encore par exemple. C’est donc de violence qu’il s’agit et non de délinquance générale.)


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 avril 2014 17:58

      @ LLabres


      Je ne perdrai pas une minute a discuter avec vous, ni a essayer de convaincre de quoi que ce soit une quelconque ordure qui trouve plaisr à la cruaut envers un animal. Je pense que les seuls bons moments d’une corrida sont ceux où le matador est tué par le toro et je mettrais avec fierté sur mon mur les photos que j’aii vu à Ronda des heros-miuras qui ont réussi ce trop rare exploit. 

      J’ai souvent pitié de l’humanité. Parfois, je comprends qu’elle est vicime de sa propre bêtise, de sa propre méchanceté, parfois cette comprehension ne me suffit pas

      Pierre JC Allard







    • Fergus Fergus 10 avril 2014 19:45

      Bonsoir, Pierre.

      On ne peut, à mes yeux, condamner la violence gratuite exercée sur le taureau en souhaitant que celle-ci se retourne, le cas échéant jusqu’à la mort, contre le torero. N’oublions pas que les professionnels de la corrida ont le plus souvent été conditionnés dès leur plus jeune âge. Leur responsabilité s’en trouve donc atténuée. En revanche, pas celle du législateur qui continue de tolérer cette barbarie !


    • bourne 13 avril 2014 15:43

      Vous êtes bien trop gentil Fergus...
      .
      Onfray hier soir faisait remarquer que les aficionados insistaient sur les vertus de courage, virilité, instinct, beauté du geste sans jamais parler du plaisir qu’il prenait à ce spectacle....  smiley


    • Fergus Fergus 13 avril 2014 17:52

      Bonjour, Bourne.

      Onfray a raison, et l’on n’est pas surpris de ce discours des aficionados : les « esthètes », amateurs des Jeux du cirque dans l’Antiquité, usaient déjà des mêmes arguments.


    • Henri Diacono 13 avril 2014 20:16

      Salut et bravo Fergus.
      Il m’a été donné d’assister une seule fois à une corrida en Arles justement. Portugaise, le torero étant à cheval. La dextérité et le travail de ce denier au début m’avait conquis mais la suite horrifié.
      Aux deux détracteurs précédents et surtout au second,voilà qu’à présent on assimile la corrida à la violence et la barbarie exprimées par les gens du SUD. Une stupidité supplémentaire et nauséabonde !
      Cela me rappelle,voilà plusieurs années, qu’on lisait dans les journaux,que les attaques à mains armées et vols en tous genres vus par des témoins dans le Nord de la France, en Belgique et même en Suisse étaient invariablement commis par des des hommes à TEINT BASANE. Sans autre commentaire !


    • Fergus Fergus 13 avril 2014 20:37

      Bonsoir, Henri.

      Merci pour votre soutien.

      Comme vous, je crois foncièrement qu’il est faux et dangereux d’amalgamer un comportement à une origine géographique ou ethnique. Les combats de coq suscitaient naguère l’hystérie des spectateurs du nord dans les gallodromes. Quant à la délinquance, elle est avant tout la fille des galères sociales, d’un taux de chômage insupportable et d’une ghettoïsation des démunis qui facilite l’émergence d’une économie parallèle. Aujourd’hui en France on pointe du doigt les immigrés africains ; naguère c’était les Polonais ou les Italiens. A chaque époque ses boucs émissaires. Hélas !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 avril 2014 00:42

      @ Fergus


       Bien sûr, vous avez raison. Cela dit, on m’a informé recemment d’un fait, pour moi nouveau, qui me semble prometteur. La présidente de l’Alliance Anticorrida de Nîmes, Claire Starozinski, a soutenu que,  « À partir du moment où un taureau de corrida a connu l’homme, il met environ un quart d’heure pour apprendre qu’il ne doit pas foncer dans le chiffon rouge, mais dans l’homme. La deuxième fois, il va rentrer directement dans l’homme et le tuer. C’est pourquoi après une corrida ces bêtes sont finies et doivent être tuées, car elles vont attaquer l’homme. »

      Si la toro a vraimentt cette capacité d’apprentissage on voit une opporrtunité d’en faire a peu de frais un adversaire plus habile et plus pugnace, ameliorant grandement le coté viril et couraggeux de l’affrontement que recherche le torero et la foule. 

      Avantage secondaire que je garderai discret pour ee choquer personne, on peut penser a une diminution progressive du nombre de toreros. Un toro averti en vaut deux. 

      Pierre JC Allard, alias Sulfurik le Goth




    • Fergus Fergus 18 avril 2014 09:08

      Bonjour, Pierre.

      Ce que décrit Claire Starozinski semble bien connu dans le milieu des corridas et confirmé par des témoignages de spécialistes du comportement animal. C’est sans doute la raison pour laquelle aucun combat ne dépasse cette durée d’un quart d’heure, durée mise à profit pour considérablement affaiblir le taureau et diminuer sa dangerosité.

      Si l’animal n’avait pas cette capacité d’apprentissage, le face à face toro-toréros pourrait effectivement prendre une forme différente, moins sadique, mais ni les organisateurs ni le public n’y trouveraient leur compte, les premiers en termes de recettes, le second en termes de jouissance liée à la souffrance. C’est pourquoi le type de combat que vous évoquez n’a pas l’ombre de voir le jour : la corrida c’est très beau, mais à condition que l’homme gagne à tous les coups !

      Cordialement.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 21 avril 2014 15:56

      Fergus


      Non, je ne crois pas vraimnet qu’on le ferait... De toute facon, ne me connaissant pas de pulsions sadiques, j’inclinerais plutot pour que les toreros recidivistes soient envoyés au bagne.

       PJCA



    • Fergus Fergus 10 avril 2014 08:51

      Bonjour, Jean-Pierre.

      J’attendais évidemment un commentaire de votre part. Vous connaissez ma position. Je connais la vôtre. Ce n’est donc pas aujourd’hui que l’un de nous pourra convaincre l’autre. Je crains toutefois pour vous que la corrida ne soit désormais qu’une survivance appelée à s’éteindre.

      Notez bien que je ne suis pas opposé à la tauromachie, uniquement à ses aspects les plus choquants : torture et mise à mort. J’en profite pour souligner que, contrairement à ce que croit la majorité des gens, les corridas portugaises sont elles aussi conclues par une mise à mort, la différence étant que le taureau est tué hors de l’arène, cette partie du « spectacle » ayant été éradiquée.

      Je souhaite, pour le respect des animaux et la dignité de l’Homme, que mon camp l’emporte. L’évolution de l’opinion sur la pérennité de la corrida sera, à cet égard, déterminante.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 09:04

        Au moins sommes-nous d’accord sur notre désaccord... smiley


        « Je crains toutefois pour vous que la corrida ne soit désormais qu’une survivance appelée à s’éteindre. »
        Si vous avez attentivement lu mon texte « Je suis aficionado », vous savez pertinemment que je n’en suis pas un inconditionnel pour la raison que le ratio « Réussite esthétique »/Toros tués est trop faible.

        « les corridas portugaises sont elles aussi conclues par une mise à mort »
        Cela est d’une immense hypocrisie car, ce faisant, le matador ne peut tuer le toro par une estocade à l’épée et est dispensé d’affronter le moment le plus périlleux du combat (quasi seul moment où il risque sa vie)...
        De plus, le toro est honteusement tué au pistolet d’abattage. Comme en boucherie...
         

      • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:08

        @ Jean-Pierre.

        Je ne voulais évidemment pas soutenir la corrida portugaise, mais en souligner la parfaite hypocrisie, comme vous l’avez fait.



      • Armelle ARMELLE 10 avril 2014 08:57

        Bonjour Fergus

        Je me proposais de lire un artcle Avox ce matin, histoire de me détendre...
        C’est chaud !!! c’est brutal, c’est vrai. Une fresque en tout cas fidèle aux ressentis que j’ai de cette barbarie insensée qui pourtant perdure.
        Merci de rappeler le côté glacial et immonde d’une pratique que les défenseurs osent légitimer à travers un ’’prétendu’’ caractère culturel ! 
        Nous ne sommes pas sortis des arènes antiques finalement 

        • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:06

          Bonjour, Armelle.

          Merci pour votre commentaire.

          Avec la corrida, c’est effectivement de la survivance des Jeux du Cirque qu’il est question. Et l’excuse de la culture n’est plus, désormais, qu’un paravent illusoire pour les tenants de cette pratique barbare.

          Dommage, car il existe des formes de tauromachie qui respectent l’intégrité des animaux (à condition d’accepter que l’on plante des cocardes dans le front des taureaux).


        • Txotxock Txotxock 10 avril 2014 11:06

          Il faut arrêter de dire des conneries, on ne plante pas des cocardes dans le front des taureaux, on attache des cocardes aux cornes des taureaux avec de la ficelle.


        • Fergus Fergus 10 avril 2014 13:16

          Bonjour, Txotxock.

          Vous avez entièrement raison, j’ai relayé sur ce point de détail une information erronée. Je vous prie de bien vouloir m’en excuser.


        • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:01

          @ Jean-Pierre Llabrès.

          « Aucun « aficionado » ne se rend aux arènes pour jouir de la souffrance faite au toro. »

          Je pense qu’il y a plutôt lieu de dire qu’aucun aficionado ne l’avoue. Et cela parce qu’il ressent, de manière plus ou moins consciente, que ce spectacle, aussi beau soit-il dans sa forme chorégraphique, est dégradant pour celui qui s’en repaît. 


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 09:16

            « il y a plutôt lieu de dire qu’aucun aficionado ne l’avoue »
            Là, vous allez trop loin dans le procès d’intention ! ! !
            Ce que vous affirmez là est ab-so-lu-ment FAUX.


          • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:38

            @ Jean-Pierre.

            Je veux bien admettre que tous les aficionados ne soient pas animés par les mêmes motivations, mais je n’ai encore jamais été convaincu par les explications de ceux qui refusent de reconnaître que leur goût pour la corrida n’est pas lié à l’accomplissement des différentes phase de la torture.


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 09:54
            Par Fergus (---.---.141.148) 10 avril 09:38

            Le drame, entre pro et anti corrida, est que les seconds sont totalement hermétiques à l’émotion esthétique ressentie par les premiers indépendamment de la souffrance infligée au toro.
            Le dialogue, la compréhension est impossible.


          • Fergus Fergus 10 avril 2014 10:03

            @ Jean-Pierre.

            « L’émotion esthétique », c’est également ce qui a permis de vendre sous le manteau des vidéos de tortures et de viols infligés à des femmes dans le cadre d’une scénographie. 


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 10:24

            Par Fergus (---.---.141.148) 10 avril 10:03

            Là c’est vous qui faites un amalgame insoutenable en vous référant à l’émotion esthétique des aficionados pour la comparer à la perversion des crimininels sadiques et pédo-criminels auteurs de tortures et de viols sur des êtres humains.
            Vous perdez tout sens de la mesure ! ! !



          • Fergus Fergus 10 avril 2014 10:49

            @ Jean-Pierre.

            Désolé, mais en admettant de voir un spectacle violent, basé de surcroît sur la torture, l’homme s’inscrit dans une hiérarchie de l’horreur. Certains restent à un niveau bas de cette échelle de l’horreur quand d’autres aspirent à des formes toujours plus insoutenables.

            Personnellement, le seul spectacle d’un coup de couteau porté dans un film m’est insupportable.


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 avril 2014 11:02

            « Personnellement, le seul spectacle d’un coup de couteau porté dans un film m’est insupportable. »

            Pauvre trésor ! smiley

            Une de mes amies est atteinte d’une si grande sensiblerie qu’elle ne supporte pas la souffrance infligée à un enfant dans une fiction.
            Cependant, chaque jour, elle regarde impavidement le journal télévisé sans autres états d’âme ! ! ! ...


          • Croa Croa 10 avril 2014 17:21

            L’ « émotion esthétique » de jean-Pierre me parait bien scabreuse... smiley


          • Armelle ARMELLE 10 avril 2014 09:02

            D’ailleurs AVAAZ vaut ce que ça vaut, mais je sais que certaines pétitions rassemblant des centaines de milliers de gens ont réellement impacté sur le devenir d’un événement, et asséner ce discours de façon régulière serait peut être un bon début



            • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:15

              @ Armelle.

              Toutes les initiatives sont bonnes à prendre, et les pétitions d’Avaaz peuvent être utiles en s’ajoutant aux luttes conduites par des associations comme l’Alliance Anticorrida.


            • Daniel Roux Daniel Roux 10 avril 2014 09:23

              Bonjour Fergus,

              Tes arguments sont, comme toujours, convaincants et l’article bien écrit.

              Le sujet de l’article porte sur la souffrance qu’infligent des tortionnaires à un animal devant des spectateurs qui en veulent pour leur argent. Le reste n’est que littérature.

              La corrida est la descendante des jeux du cirque romains et du culte du Taureau, symbole de la force brute et virile. Les spectateurs frémissent que leur double, le toréador, abattent comme une offrande aux dieux, ce symbole dans un combat loyal, la sueur et le sang.

              La réalité est bien différente. La technique très scénarisée fait tout pour que le toréador et les autres acteurs humains de l’arène, courent le moins de risques possibles. Qui, dans un monde civilisé, accepterait de voir des hommes éventrés dans l’arène à chaque corrida. Les candidats aux sacrifices seraient certainement moins nombreux.

              Il s’agit bien d’un spectacle réglé comme un ballet où l’issue du combat est connue d’avance sauf accident, heureusement rares mais pas inexistant.

              L’impression que j’en ai tiré est bien celle d’une boucherie. Les pics qui fouillent la chair des animaux sont maniées par des hommes payés pour cela, qui agissent en boucher, sans en tirer de plaisir particulier. Il font leur travail dans le but d’affaiblir l’animal pour réduire, sans l’annuler tout à fait, le risque couru par le toréador qui lui, a choisi d’être là.


              • Fergus Fergus 10 avril 2014 09:36

                Bonjour, Daniel.

                Merci pour ton commentaire et pour tes arguments qui viennent compléter les miens.

                Oui, tout cela est parfaitement scénarisé, la « beauté » du spectacle étant une manière de donner ses lettres de noblesses, via l’esthétisme et la symbolique de la lutte de l’homme courageux contre la force brutale du fauve, à une pratique foncièrement immonde. C’est bien d’une boucherie qu’il s’agit !

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