• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > David Vallat, le jihadisme anachronique et hors-sujet mis en avant par les (...)

David Vallat, le jihadisme anachronique et hors-sujet mis en avant par les médias

C'est sur BFM-TV que sa sympathique bouille nous est apparue, il y a quelques jours. David Vallat nous est présenté comme un "djihadiste repenti", donc un ex-fanatique qui aurait déposé les armes pour revenir à la raison. En ces temps troublés, il y aurait de quoi rassurer les braves gens, car notre bonhomme serait la preuve vivante qu'il y a une vie après Daech. Seulement voilà, il s'agit d'une manipulation médiatique de plus, avec la complicité involontaire de David.

Car le problème, c'est qu'il n'a jamais fréquenté Daech (!)... David Vallat n'a jamais mis les pieds au Proche-Orient. Dans sa jeunesse (il y a tout de même vingt ans !), ce brave gars un peu paumé, cantonné aux petits larcins alimentaires, s'est engagé auprès des musulmans bosniaques. C'était durant la guerre civile yougoslave, où de nombreux occidentaux furent choqués par les crimes commis par les milices serbes. Il y eut donc des volontaires montés au combat auprès des bosniaques, qui, à cette époque, n'étaient pas religieux. Il n'y avait pas de "fondamentalisme" islamiste dans cette région laique de l'Europe centrale, mais des rancoeurs nationalistes issues de plusieurs siècles d'histoire chaotique. 

Donc David a combattu, avec courage. Puis il est rentré en France, en révolte contre les institutions. C'était l'après-mur de Berlin, où durant quelques années la lutte des classes était encore là. Le communautarisme n'était pas encore marqué au milieu des années 90 en France, pas au point d'engranger du jihadisme en tout cas. David était en révolte contre la société, mais n'en voulait pas aux civils... Loin des Abbaoud et autres cas jihado-psychiatriques. Converti à l'islam, il a flirté avec le GIA, fait du trafic d'armes, puis il a été arrêté et a purgé quelques années de taule. Après, il s'est repenti et rangé.

On voit mal le point commun entre ce gars et les commandos d'assassins qui ont ensanglanté Paris et Bruxelles. David Vallat, le converti, vient de la France profonde, ses parents étaient de culture catholique. Qu'on le veuille ou non, peu nombreux sont les jihadistes qui présentent ce profil ; toutefois ils sont mis en avant par les médias pour cacher la triste réalité qui dérange.

Celle de la violence sans limite des jeunes générations issues de l'immigration maghrébine, baignées par l'islam orthodoxe dans des ghettos urbains où misère culturelle et économique frappent durs. Les "jihadistes" de Daech sont nés dans les années 90, la lutte des classes et les brigades rouges ne font pas partis de leur univers. En l'occurence, Abbaoud, Abrini et autres Merah ont connu la dénationalisation de la France, le "nique la France" meuglé par des rappeurs aux ordres du système. Sans perspective d'avenir ni conscience politique, trop limités sur le plan culturel, les jihadistes ont cèdé aux sirènes du calife-gourou Abou Bakr. Le meurtre, la violence et le fric sont leurs seules raisons de vivre pour se venger de la société, et non la changer comme l'extrême-gauche des années 70. Le jihadiste n'est qu'un ex-truand manipulé, sans humanisme et pétris de sous-culture "racaille".

Si David Vallat avait un côté idéaliste, inspiré à son insu par l'environnement culturel de son adolescence (le rock alternatif, les mouvements sociaux etc.), il est impossible d'en dire autant pour les jeunes générations. Son cas est donc hors-sujet. Du coup, deux conclusions s'imposent concernant la récupération de son cas par certains médias.

Soit les journalistes manquent de culture au point de ne pouvoir discerner un militant d'un assassin, et surtout la nature de ses engagements ; soit ils nous ont présenté David Vallat comme échappatoire aux sinistres réalités. Déni de réalité ou inculture, cela fait désordre dans les deux cas.

On attend toujours le témoignage d'un véritable repenti de Daech. Il y en a parait-il quelques-uns, mais vous ne les verrez pas. Car ils risqueraient leur vie en se dévoilant, un autre signe de la manipulation médiatique de l'affaire David Vallat. Comme quoi l'esprit critique demeure une arme indispensable pour distinguer la réalité de l'illusion au pays des droits de l'homme...


Moyenne des avis sur cet article :  1.65/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion M de Sourcessure 20 avril 2016 18:02

     « C’était l’après-mur de Berlin, où durant quelques années la lutte des classes était encore là. »


    Parce que, d’après vous, la lutte des classes a disparu ?
    La conscience de classe en a certes beaucoup perdu côté exploités, mais côté exploiteurs, ça marche du tonnerre de dieu, et eux, ils savent très bien de quoi il retourne.

    « C’est la lutte des classes. Ma classe est en train de la gagner. Elle ne devrait pas. »
    Warren Buffett


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 avril 2016 19:24

      Bonjour,
      d’après votre analyse, tous nos maux actuels sont sortis tous armés des années 2000. Avant, il n’y avait ni violence islamiste, ni communautarisme. Les combattants bosniaques étaient nationalistes, et il n’y avait pas d’aspect islamiste dans leur combat.
      Les GIA ne s’en prenaient pas aux civils, il n’y avait pas d’attentats aveugles.

      Sauf qu’il y a bien eu des grands massacres en Algérie, des attentats aveugles en 1995 96 en France, et que la guerre des « bosniaques » (qui entre parenthèses, s’identifiaient par leur religion vis à vis des Serbes) avait une coloration religieuse indéniable, Izetbégovic étant soutenu par le gratin des pays religieux (hormis nous autres)


      • Jo.Di Jo.Di 20 avril 2016 22:53

        « Hijab day »
         
        Hijab ....
         
        Day ...
         
        Terra Nostrum ? Plus pour longtemps ...


        • Milla (---.---.51.21) 21 avril 2016 01:53

          LES AGENCES DE RENSEIGNEMENT ORGANISENT LES ACTES TERRORISTES

          Les agences de renseignement occidentales comme la CIA et le MI-6 sont au service des banquiers, et non des contribuables qui les financent pourtant. Elles sont responsables de la plupart des actes terroristes. Les politiciens et les médias rendent cette imposture possible.

          Le Mossad israéliens parait coordonner l’ensemble des opérations. Dans un ouvrage intitulé « Coups et Blessures », l’ancien Ministre des Affaires Étrangères français Roland Dumas, écrit : « Les Israéliens font ce qu’ils veulent en France et contrôlent les services de renseignement français, s’emparant de ce qui leur est utile. »


          • devphil30 devphil30 21 avril 2016 07:56

            @Milla


            Les banquiers possèdent le monde , les gouvernements , font et défont les dirigeants , supprimer ceux qui les gênent.

            La guerre des monnaies de Hongbing song.

            On le sait mais là on reste attéré par la nature inhumaine des ces banquiers qui ne pensent qu’à piller et tuer pour de l’argent , vous savez ces petits bouts de papier.

            Philippe 

          • MILLA (---.---.1.10) 21 avril 2016 13:45
            D Les attaques sous faux drapeau comme celle de Charlie Hebdo doivent être replacées dans le contexte d’une série d’actes terroristes meurtriers en Europe occidentale au cours des années 1950-1990. Ces vagues de terreur furent provoquées par les agences de renseignement des pays de l’OTAN, qui sont toutes au service des Illuminati.

            Le programme appelé : « Opération Gladio », créa l’illusion d’une menace communiste, exactement comme les « Terroristes Islamistes » sponsorisés par la CIA et le Mossad, de nos jours.

            Les attaques terroristes sous faux drapeau servent de prétexte à la création d’un état policier mondial Illuminati (judéo-maçonnique).

            Les dessous de l’Opération Gladio commencèrent à émerger en Italie en 1990, après plus de 40 ans d’opérations clandestines. Des membres du projet révélèrent que des projets similaires existaient dans la plupart des pays, si ce n’est tous, de l’Europe Occidentale. Ces réseaux de l’ombre étaient… impliqués dans des activités anticommunistes y compris des troubles antidémocratiques et des actes terroristes sous faux drapeau. (Ils étaient qualifiés de « stay behind » parce qu’ils étaient censés se préparer pour mener une guérilla en cas d’invasion communiste.)

            Dans son ouvrage sorti en 2004, Les Armées Secrètes de l’OTAN, probablement le livre le plus ostensiblement ignoré des médias mainstream, Daniele Ganzer a démontré que le terrorisme dirigé contre le peuple par des armées secrètes financées et organisées par l’OTAN et ne rendant de compte qu’à des échelons élevés de l’état profond au sein de l’OTAN, du MI6 et de la CIA, plutôt qu’à leurs gouvernements respectifs… De surcroit, ces recherches ont été validées par des enquêtes judiciaires en Italie, en Suisse et en Belgique et ont même fait l’objet de débat (et de condamnation) au Parlement Européen.

            Le scandale vit le jour en Italie en 1984, lorsqu’un juge italien Felice Casson, rouvrit le dossier d’un véhicule piégé à Peteano en 1972 et découvrit une série d’anomalies dans l’enquête initiale. L’atrocité qui avait été originellement attribuée aux Brigades Rouges communistes, avait en fait été l’œuvre d’une organisation d’extrême droite appelée Ordine Nuovo(l’Ordre Nouveau). Suite à une découverte d’une cache d’arme près de Trieste en 1972, contenant des explosifs de type C4 identiques à ceux qui avait été utilisés dans l’attaque de Peteano, l’enquête de Casson révéla que l’attaque à la bombe de Peteano avait été l’œuvre des services secrets militaires SID (Servizio Informazioni Difesa), en collaboration avec Ordine Nuovo. L’objectif était de de mettre l’attaque sur le compte de l’extrême gauche militante des Brigades Rouges. Le terroriste d’extrême droite, Vincenzo Vinciguerra, fut arrêté et condamné, puis il avoua avoir placé la bombe.

            L’enquête du juge Casson révéla aussi que l’attentat à la bombe de Peteano était la poursuite d’une série d’attaques terroristes qui avaient débutées à Noël 1969, dont la plus connue fut celle de la Piazza Fontane à Milan, tuant 16 personnes et en blessant 80. Cette campagne de terreur culmina le 2 août 1980 par l’explosion d’une énorme bombe dans la salle d’attente de la gare de Bologne, qui fit 85 morts et 200 blessés. Ce fut l’une des plus grandes attaques terroristes des temps modernes en Europe continentale.

            LA STRATÉGIE DE LA TENSION

            Au cours de son procès, Vincenzo Vinciguerra révéla que, outre le fait de discréditer les groupes politiques d’extrême gauche, il existait un but plus sombre derrière les attaques, à savoir de provoquer un climat de peur parmi la masse. Cela était défini par le terme de « stratégie de la tension », qui avait pour but de générer une atmosphère de terreur qui pousserait la population à faire appel à l’état pour se protéger.

            Vincenzo Vinciguerra déclara lors de son procès : « Vous deviez attaquer des civils, des gens, femmes et enfants, des innocents, des inconnus loin de toute préoccupation politique. La raison était très simple. Cela visait à faire en sorte que ces gens et tout le peuple italien se tourne vers l’État pour assurer leur sécurité. »

            (À droite, les Illuminati ont tué 85 personnes et ont fait 200 blessés à la gare de Bologne en 1980.)

            Dans un documentaire de la BBC, il décrivit les objectifs de la manière suivante : « destabiliser afin de stabiliser »… « Générer de la tension au sein du pays pour promouvoir des tendances politiques et sociales réactionnaires et conservatrices.

            En 1990, le juge Casson reçut l’autorisation du Premier Ministre Giulio Andreotti de poursuivre ses recherches au sein des archives de des services secrets militaires italiens, les Servicio informazioni sicurezza Militare(SISMI), où il découvrit la preuve de l’existence du réseau Gladio et de ses liens avec l’OTAN et les États-Unis.

            Comme l’a révélé Andreotti, l’armée secrète Gladio, était bien pourvue en arme. L’équipement fourni par la CIA était dissimulé au sein de 139 cachettes à travers tout le pays, dans des forêts, les champs et même sous les églises et les cimetières. D’après les explications d’Andreotti, les cachettes de Gladio comprenaient des « armes de poing, des munitions, des explosifs, des grenades, des couteaux et des dagues, des mortiers de 60 mm, plusieurs fusils, des émetteurs radio, des jumelles et divers outils… »

            LE SCANDALE SE RÉPAND

            En octobre 1990, le Premier Ministre grec, Andreas Papandreou, confirma l’existence d’un réseau Gladio en Grèce. En Allemagne, un programme de télévision révéla comment un ancien membre des Forces Spéciales SS d’Hitler avait fait partie d’un réseau allemand de l’ombre. Le parlement belge forma un comité spécial pour enquêter sur l’existence – confirmée par le ministre de la défense – d’un réseau Gladio belge.

            En Turquie, l’ancien Premier Ministre Bulent Ecevit alla encore plus loin, en admettant qu’une armée secrète avait été impliquée dans des actes de torture, des massacres, des assassinats et des coups d’état, sommant le ministre de la défense de l’époque à déclarer : « Ecevit ferait mieux de fermer sa p… de g… ! »

            En tout, les 12 pays de l’Union Européenne furent affectés et le 22 novembre 1990, le Parlement Européen initia un débat sur le problème.

            Le ton fut donné par le parlementaire grec Ephremidis : « Monsieur le Président, le système Gladio a mené ses opération pendant quatre décennies sous des noms divers. Il a fonctionné clandestinement, et nous pouvons lui attribuer toutes les tentatives de déstabilisation, toutes les provocations et tout le terrorisme qui se sont déroulés dans nos pays pendant ces quatre décennies. »

            Ephremidis critiqua vertement le réseau entier : « Le fait est qu’il fut mis en place par la CIA et l’OTAN, qui tout en prétendant défendre la démocratie, ne faisait en fait que la miner et l’utiliser pour leur propres objectifs maléfiques

            


            • jamjam 21 avril 2016 20:41

              quand on est musulman de naissance, c’est comme ça. Mais se convertir à l’islam faut être un peu dérangé. Comment faire confiance à un tel type ?


              • OMAR 21 avril 2016 21:13

                Omar9

                @jamjam

                Alors tu décides quoi, la guillotine ou l’euthanasie ?


              • Crab2 22 avril 2016 12:10

                Le féminisme n’a jamais tué ni ne fut en aucune circonstance la cause d’attentats terroristes – idem pour ce qui concerne plus particulièrement l’athéisme car dans toute l’histoire mondiale, jamais une seule guerre ne fut déclarée au nom de l’athéisme – hors, il faut ….

                Suites :

                http://laicite-moderne.blogspot.fr/2016/04/le-pourceaux-depicure-est-un-imam.html

                ou sur :

                http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2016/04/22/le-pourceaux-d-epicure-est-un-imam-5792036.html

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès