Ô banquiers, que vous êtes nuls !
La dette n'est que la conséquence de prêts accordés à des pays (et leurs banques) qui, savait-on, n'auraient pas la capacité de payer les intérêts, ni de rembourser le capital aux échéances contractuelles. Le responsable de la déconfiture de l'emprunteur, n'est-il pas, in fine, le prêteur du fait de l'emploi de méthodes inappropriées ?
Si les prêteurs avaient eu une attitude responsable, auraient-ils, par exemple, prêté à la Grèce ou à ses banques ? Le comportement des organismes financiers est en effet incompréhensible : Quand l'emprunteur est sûr, ils peuvent prêter à quasiment 0% - ce qui revient à placer ses lingots dans un coffre fort pour les mettre à l'abri sans se préoccuper du rendement ; et moins l'emprunteur est sûr, plus les prêteurs augmentent le taux d'intérêt... ce qui conduit inévitablement à cette situation absurde où l'emprunteur ne peut non seulement pas payer les intérêts, mais encore fait disparaître le capital prêté ! Comme si la couverture du risque pouvait se faire en augmentant le taux du prêt ! C'est absurde. L'augmentation du taux d'intérêt contribue à rendre friable un emprunteur déjà fragile : on est sûr d'aller dans le mur en imposant des taux élevés à des emprunteurs qui ne vont pas bien.
On n'est pas dans l'assurance dommage où l'événement attaché au risque répond à un calcul de probabilité - l'espérance mathématique de voir le risque se produire permet de définir le montant de la prime, et donc de couvrir le risque (avec des dispositions complémentaires qui garantissent la pérennité de l'assureur en rendant le jeu de l'assurance inéquitable en sa faveur).
Les banquiers d'ailleurs ne se comportent pas comme des assureurs avec les particuliers ou les entreprises, puisqu'ils recourent à un autre mécanisme pour couvrir le risque : la caution. Si l'emprunteur ne peut payer ses intérêts ou rembourser le capital, la banque fait jouer la caution pour récupérer sa mise. On voit bien que le taux d'intérêt pratiqué ne contribue pas à cette couverture du risque, mais qu'au contraire, dans certains cas, il l'augmente. Pour amener les Grecs a quia, il suffit de leur prêter de l'argent à 30% (10% suffiront). C'est ce qu'on appelle l'usure. Mais Shyloc aurait pris des garanties, ce que ne pouvaient faire les prêteurs, l'Etat grec n'ayant rien à mettre en face... si ce n'est la solidarité des pays de l'Euroland ! Mais elle a ses limites comme ils l'ont constaté puisqu'ils ont perdu plus de la moitié des sommes prêtées, et que les Etats financièrement solides, Allemagne en tête, ne veulent pas entendre parler des « eurobonds » - c'est à dire refusent de mutualiser les dettes - ce qui permettrait à des pays comme le Grèce de continuer à vivre au-dessus de ses moyens sur le dos des autres. Quand les comptes seront remis à zéro, on verra dit la Chancelière sans chanceler sous les coups de menton des dirigeants des Etats en faillite, ou de ceux qui aiment les pauvres jusqu'à demander aux autres de leur filer du fric.
Le fait de savoir que les prêteurs à la Grèce ont perdu plus de la moitié de leur argent est une satisfaction intellectuelle certes, mais ça ne va pas au-delà car ils se retournent vers les Etats et les Banques centrales pour reconstituer leurs capitaux (fonds propres et autres). C'est à dire vers le contribuable.
Qui a donc gagné ? Mais ce sont les banquiers et traders eux-mêmes qui ont pris des honoraires, commissions, bonus et autres pendant le jeu ! Cet argent est insaisissable.
Les financiers sont des cons, mais pas lorsqu'il s'agit de leur propre argent. CQFD.

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J’ai du mal à penser que des organismes financiers , des banques prêtent à fonds perdus . (...)
27/06 16:42 - chanteclerIl n’y a pas de dette ni aucune crise bancaire chez les richissimes. Bien au contraire il (...)
27/06 16:15 - mortelune... la dette ? quelle dette ? Un groupe de gens se declarent « banque ». investissent quelques (...)
27/06 16:06 - HELIOSMercredi 27 juin 2012 : L’Italie emprunte 9 milliards d’euros à six mois à des (...)
27/06 15:21 - BACe qui est anormal,c’est que l’état soit obligé d’emprunter aux banques (...)
27/06 12:28 - CHIMEREdu mecanisme de la dette analysé par Marx : http://2ccr.unblog.fr/2011/01/07/la-dette-publique-et-l
27/06 08:11 - ROBERT GIL
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