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De nouveaux financements pour la culture via le Net ?

Le Village du off organise un certain nombre de rencontres sous le chapiteau du Village. Le Festival d'Avignon est parait-il le plus grand théâtre du monde... Au delà de ce grand concours qui n'existe pas et qu'il gagne, purement quantitatif, il est aussi un lieu d'échanges entre tous les participants. Les offinités sont des échanges entre spectateurs (les jours pairs), il y a aussi des propositions de réflexions générales. Dont le financement participatif, autrement appelé crowdfunding.

Adrien Aumont expose son site et entreprise KissKissBankBank.

Les communautés de l'Internet comportent trois cercles :

1/ les proches 2/ les amis d'amis (par exemple, les amis d'amis trouvent l'appart que vous demandez sur Facebook, tandis que les amis vous aident à déménager) 3/ des inconnus, parfois à l'autre bout du monde qui partagent les mêmes antécédents, valeurs, principes, goûts, hobbies... (le médium tweeter est mieux pour ça).

Les sites comme KissKissBankBank ouvrent le champ des possibles. Tout comme un grand rassemblement théâtral en Avignon.

Avec leurs trois ans d'expérience, KissKissBankBank arrive à calculer la capacité de financement d'un projet, d'après la taille de la communauté liée aux personnes qui portent ce projet.

La constitution de cette communauté semble un prérequis. La dépendance changerait de lieu, de centre, d'institution.

Adrien Aumont raconte une histoire. Une cinéaste vient vers KissKissBankBank : « As-tu une communauté ? _ Je n'ai même pas de public. Pour mes films précédents, selon qui m’a soutenu, Télérama ou Inrocks, je n'ai pas eu le même public. » Moralité : Le public est volatile, la communauté engagée. Hum...

Adrien Aumont raconte une autre histoire : Deux notoriétés très différentes (Adrien Aumont ne prononce pas le mot de notoriété). Les deux ont vingt mille fans sur Facebook. L'un a rempli cette communauté à la main... allant chercher chaque « ami » l'un après l'autre. Le deuxième n'a rien fait, la presse a parlé de lui. Il n'a qu'un public. Demain le crowdfunding (financement participatif)... et sa préalable et solide communauté sera un passage obligé.

Qu’en sera-t-il de plusieurs sollicitations de la communauté ? Une fois, deux fois, trois fois ?... Les amis d’amis achètent leur place par avance, en quelque sorte, et plus cher, conscients de faire une bonne action. Jusqu’où ce lien social peut aller ?

On parle beaucoup de fracture numérique... mais la différence principale est la fracture d'usage.

KissKissBankBank casse l'économie pyramidale (avec des décideurs en haut) et organise une économie latérale, alternative, bien qu'ils ne soient pas nomenclaturés dans le secteur de l'économie sociale et solidaire. (Il ne parle que de solidarité, cependant).

KissKissBankBank ne prend sa part que sur les projets qui réussissent. Leur entreprise n'est à l'équilibre que depuis 3 mois, avec 3 ans d'existence. Ils ont donc été financés. Pas d'anticapitalisme spécialement. D'ailleurs, à y bien réfléchir, ce système latéral ressemble furieusement aux prémisses du système des actions dans la Venise ancienne : sachant que deux bateaux sur dix environ se perdent en mer, mieux vaut posséder un dixième de chacun de ces bateaux que d'en posséder un seul et de vivre à « tout gagner ou tout perdre... » mutualiser le risque, mutualiser le capital. Ici des gens qui ne se connaissent pas vraiment créditent moralement la valeur artistique d'un projet parce qu'ils créditent la valeur artistique des personnes à l'origine de ce projet. Ce crédit moral, qui se bâtit sur les réseaux du Net, devient sonnant et trébuchant grâce à KissKissBankBank qui promet par ailleurs de n'être jamais en bourse.

Ils augmentent la proportion de succès, ils sont vers 66% (au ministère de la culture 10% de projets réussissent). Côté cinéma, le CNC aide d'autant plus que les projets ont déjà des aides privées (dont les diffuseurs et le crowndfunding qu'il considère comme apport de fonds privés).

KissKissBankBank pilote assez précisément les proposeurs de projet (ils coachent) ; ils ont toujours des mails, des contacts téléphoniques avec les porteurs de projet afin d'affiner la présentation et d'optimiser les chances (Adrien Aumont ne parle pas comme ça, je m'amuse avec les mots et le vocabulaire managérial mais on parle financement, non ?).

De plus, ils sont internationaux, comme tout le Net, à condition de respecter les lois nationales.

Il arrive parfois que la solidarité passe aussi dans les objets, dans des aides non-financières. Eux-mêmes ne s'en occupent pas, officiellement. « Ça échappe à nos radars... » dit Adrien Aumont. Ah bon ? Ils ont des radars (sourire) ?

Il veut dire que c'est en dehors d'eux, bien qu'ils s'en mêlent à l'occasion.

Il appelle clairement à la créativité... créer des objets dans la continuité du spectacle (des produits dérivés ?). Cette créativité tout azimut doit entrer dans les dramaturgies ou créer des dramaturgies nouvelles... Pourquoi pas ?

Allez-y, quoi ! Just do it !


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3 réactions à cet article    


  • soi même 24 juillet 2013 23:13

    Je vous pleins le jours de la panne universelle de l’électricité !


    • F comme... F comme... 25 juillet 2013 23:21

      Et au final, avez-vous été convaincu par ce mode de financement ou nourrissez-vous certains doutes quant à son bien fondé ?

      Ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler une pièce jouée à Avignon que vous avez chroniquée tout récemment...


      • Orélien Péréol Orélien Péréol 28 juillet 2013 13:08

        J’ai retranscrit la conférence et les questions réponses de la fin, plus quelques réflexions entendues à la sortie.
        Il me semble que ce mode de financement va devenir un adjuvant indispensable, qui va donner confiance aux autres financeurs. Cela va devenir une sorte d’évaluateur de la qualité (de la réceptivité) des projets. Plus il y aura de gens suffisamment prévenus de l’arrivée de tel ou tel projet, (et suffisamment prévenus pour mettre la main à la poche), plus ce projet sera sécurisant pour les subventionneurs et mécènes.
        Je peux me tromper.
        Je ne suis pas très convaincu par la distinction public-communauté...
        Je n’y vois ni plus de bien, ni plus de mal. J’y vois une autre configuration de la situation de débutant. Peut-être plus démocratique, plus atteignable par tous (moins dans le carnet d’adresse des parents, du père en général). On peut faire le porte-à-porte, pour créer sa communauté, comme l’animateur de la conférence-débat l’a signalé...

        Quant à un projet financé seulement par ce biais, et qui gagnerait son public ou sa communauté par la reconnaissance type bouche-à-oreille, tache d’huile... à la seule force de sa qualité et d’un lent et patient travail de communication (on pourrait dire, en termes économiques, « ante-in »), cela marquerait une révolution démocratique, de type autogestionnaire... ça me plairait beaucoup, mais je n’arrive pas à penser que cela puisse arriver au moins une fois et encore moins se généraliser.
        Je peux me tromper.
        On verra.
        En espérant avoir répondu à votre question. Avec mes remerciements.

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