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Accueil du site > Tribune Libre > De Rome à Riyad, la laïcité, l’oubliée du réarmement moral prôné par (...)

De Rome à Riyad, la laïcité, l’oubliée du réarmement moral prôné par le président Sarkozy ?

Le président Sarkozy persiste et signe. Dans son discours de Riyad devant le Conseil consultatif saoudien, le 14 janvier 2008, il a réaffirmé sa volonté d’accorder aux religions une place plus grande dans la République française. Sans doute n’en omet-il aucune, mais la religion chrétienne est appelée à jouer les premiers rôles au nom d’un héritage historique propre à la France dont les devoirs de sa charge font de lui le garant. À bon entendeur salut !

« J’ai le devoir, rappelle-t-il, de préserver l’héritage d’une longue histoire, d’une culture et, j’ose le mot, d’une civilisation. » Il a repris quasiment mot pour mot son discours prononcé au palais du Latran, le 20 décembre 2007 : « Je considère, avait-il affirmé, qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d’histoire, de patrimoine, d’art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale. »

Conjurer la menace du « choc des civilisations »

Qui pourrait l’en blâmer, sous réserve que cet héritage comprenne aussi la part encore plus grande apportée par une pensée philosophique et scientifique qui, elle, ne s’est pas contentée de ressasser la « continue et sublime récapitulation  » d’une tradition, selon le mot du moine aveugle menant son monastère à la ruine, dans le livre d’Umberto Eco, Le Nom de la rose ? Elle a prouvé, au contraire, que le progrès des connaissances contribuait à fonder la dignité des hommes par leur affranchissement patient, fût-il chaotique, tant des contraintes physiques que des servitudes morales et politiques.

On ne pourra pas dire, en tout cas, que le président Sarkozy n’aura pas mis cartes sur table. Qu’on ne se méprenne pas ! La place qu’il entend accorder à toutes les religions, et en priorité à la religion chrétienne, répond avant tout à une préoccupation politique. Plusieurs de ses discours, depuis celui tenu, le 27 août 2007, devant la conférence des ambassadeurs français à Paris, font état d’une crainte lancinante d’un « choc des civilisations » qu’il convient de prévenir. Son projet d’ « union méditerranéenne » vise ainsi à nouer une relation apaisée avec une « partie du monde, disait-il à Rome, où les religions et les traditions culturelles exacerbent souvent les passions, où le choc des civilisations peut rester à l’état de fantasme ou basculer dans la réalité la plus tragique. » « (Une politique de civilisation), a-t-il répété à Riyad, c’est une politique qui cherche à conjurer la menace du choc des civilisations en mettant l’accent sur ce qui réunit les hommes, par-delà ce qui les oppose. »

Un réarmement moral par la religion

Sous cet angle, on peut comprendre que le président souffle sur les braises d’une religion chrétienne réduite à une religiosité sociologique pour une grande part, puisque, même incroyant, on continue de se rendre à l’église pour le baptême, le mariage et l’enterrement. Quelle meilleure force mobiliser contre une mythologie conquérante, estime-t-il sans doute, qu’une autre mythologie traditionnelle qui s’est déjà opposée à elle avec succès dans le passé. Si vis pacem, para bellum - Si tu veux la paix, prépare la guerre, disaient les Romains. Et cette préparation commence par un réarmement moral.

Le calcul présidentiel a été clairement expliqué dans le discours au palais de Latran. Pour faire face, il faut des militants dévoués corps et âme. C’est sûrement pourquoi il a exalté l’abnégation des « permanents » chrétiens que sont clergé et congrégations : « Dans la transmission des valeurs, a-t-il souligné, et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.  »

Voilà sans ambages dénier au personnel laïc, en la personne de l’instituteur, toute possibilité d’atteindre par son engagement à l’oblation du religieux dont l’institution ecclésiastique exige pauvreté, chasteté et obéissance, que ne requiert pas encore heureusement le statut du fonctionnaire. Et cette oblation peut aller parfois jusqu’au martyre : est-ce un hasard si le président a salué à Rome la mémoire des moines de Tibhérine et de Mgr Claverie, archevêque d’Alger, assassinés lâchement en 1996 dans le contexte de la guerre civile entre le gouvernement algérien et une rébellion islamiste ?

C’est que les militants de la mythologie d’en face sont assez fanatisés pour, en kamikazes, accepter de se suicider au nom de leur croyance afin de déjouer toute mesure de protection chez l’ennemi infidèle. On le voit tous les jours.

La laïcité dépréciée, un mauvais calcul

Est-ce, pourtant, aujourd’hui, un bon calcul que de parier sur la religion ancestrale d’un pays pour s’opposer aux visées conquérantes d’une autre et non sur la force d’une laïcité qui a su imposer à cette religion ancestrale des règles du jeu que les deux camps avaient fini par trouver « positives » ? À raviver la flamme d’une religion contre celle d’une autre, n’est-ce pas l’embrasement que l’on prépare, comme ça s’est vu par le passé ? La notion de « laïcité positive », chère au président, ne fait pas illusion : c’est une façon de discréditer comme négative la laïcité tout court qui avait pourtant réussi à contenir les religions dans la sphère privée en leur déniant le droit d’imposer leurs croyances et leurs règles à la République.

Que les chrétiens se mobilisent face à ce qu’ils peuvent ressentir comme une menace existentielle, c’est à eux qu’il appartient d’en décider. Le pape Benoît XVI semble en avoir donné le signal dans sa conférence de Ratisbonne du 12 septembre 2006. Mais est-ce au président de la République française de les y inciter ? On attendrait de lui plutôt qu’il mobilise les forces de la laïcité française pour faire barrage à cette menace redoutée d’« un choc des civilisations ». Ce réarmement moral passe évidemment par le refus déterminé de toute atteinte à la laïcité dans l’espace public, qu’il s’agisse de vêtement, de nourriture dans les cantines, de mixité hommes femmes dans les piscines, ou du choix de son médecin aux urgences hospitalières, sachant que tout recul enhardit l’adversaire et justifie qu’il avance ses pions méthodiquement un à un.

Les princes et le christianisme

Il n’est pas sûr, du reste, que le président Sarkozy soit le meilleur propagandiste qui soit de la religion chrétienne. Il s’inscrit, somme toute, dans la lignée des princes pour qui la religion est avant tout une simple police morale du peuple pour l’amener à se résigner au désordre économique et social dont il souffre en échange d’un bonheur assuré dans l’au-delà. L’Église, très politique, a su en tirer parti et rendre grâces à ces alliés du moment, y compris en les canonisant, pour la liberté de manœuvre qu’ils lui laissaient à l’occasion. Les églises sont pleines de superbes tombeaux offerts à ces reîtres paillards, fourbes et sanguinaires qu’on présente comme de grands témoins de la foi chrétienne.

Ce n’est pas une mince surprise, non plus, de découvrir dans l’église Santa Croce à Florence le tombeau de Nicolas... Machiavel, le froid théoricien, sous la Renaissance, de la conquête du pouvoir et de sa conservation qui, c’est le moins que l’on puise dire, ne puise pas dans l’Évangile chrétien les principes de l’action politique. Tant de compromissions et de contradictions répétées n’ont-elles pas fini par discréditer une religion qui prétendait fonder les relations humaines sur l’amour des uns et des autres ?

Le riche et "le trou de l’aiguille"

On ne fera pas l’offense au président, bien sûr, de le comparer personnellement à ces princes du passé. Mais pour quelqu’un qui prêche avec insistance « la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance », on ne voit pas dans son existence ce qui s’en rapproche de près ou de loin. Sauf erreur, l’Évangile chrétien met en garde contre les richesses qui corrompent le cœur de l’homme : « Il est plus difficile à un riche d’entrer dans le royaume des cieux, enseigne-t-il, qu’à un chameau de passer par "le trou de l’aiguille" » (qui, sauf erreur, était, à l’époque, le nom d’une porte basse de Jérusalem). Le goût prononcé du président pour un luxe ostentatoire n’est plus à démontrer quand il est promis à ses compatriotes de ne gagner plus qu’en travaillant plus.

On ne s’attardera pas non plus sur sa fringale de consommation féminine, que la morale chrétienne nomme luxure : même son ex-épouse, selon un livre récent, le traite de « sauteur » ! Sans doute honore-t-il ses père et mère, ne tue-t-il pas ni ne vole-t-il non plus, pas plus qu’il n’use du nom de Dieu sans respect. Mais bien piètre est l’exemple qu’il donne pour pousser ses concitoyens à s’enrôler dans une armée religieuse avec pour tout horizon la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Peut-on même souhaiter cette vie à son pire ennemi ?

Il reste qu’en connaisseur de l’Évangile chrétien, il sait qu’il n’est pire pécheur qui ne reçoive miséricorde. Il garde donc toutes ses chances, même si en attendant, il est bien décidé à « jouir de la vie sans entrave  », ... comme le prescrivaient justement les murs de Mai-68 qu’il a tant décrié pour plaire à ses électeurs. «  Il y aura plus de joie dans le Royaume des Cieux, disent les Écritures, pour un pécheur repenti qui sait faire pénitence, que pour 99 justes qui, eux, n’ont pas besoin de pénitence ». Il faut avouer que ce n’est pas très gentil pour eux ! Mais c’est une constante ! Le Bon Dieu chrétien a une prédilection pour les repentis : l’ouvrier de la onzième heure payé comme les autres qui ont trimé sous le soleil toute la journée en croyant « gagner plus », la femme adultère à qui ne peut jeter la première pierre que celui qui est sans péché ! Brassens, on s’en souvient, applaudissait, soulagé... parce que, disait-il, « (il était) derrière »... la femme adultère. Et le fils prodigue donc ! À son retour, son père ne trouve rien de mieux que de tuer le veau gras ! Si ce n’est pas de l’encouragement à la jouissance sans entrave, on n’en est pas loin ! On se laisserait tenter à moins.

Ce ne sont pas, en tout cas, les meilleurs arguments pour favoriser un réarmement moral, même s’il est vrai que souvent un certain prosélytisme entend faire adopter aux autres une morale qu’il ne respecte pas lui-même. On est tenté de lui demander de la respecter le premier pour juger de sa pertinence. Dans l’attente, une laïcité comme celle qui a déjà fait ses preuves depuis 1905 paraît autrement efficace, d’autant que les chrétiens eux-mêmes avaient trouvé grand avantage par la laïcité à n’être plus enfin confondus, sous les logos malheureux du trône et de l’autel ou du sabre et du goupillon, avec la piétaille des princes et de leurs courtisans. « Celui qui croyait au ciel » et « celui qui n’y croyait pas » s’étaient même retrouvés ensemble à défendre les mêmes valeurs humaines.

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19 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 25 janvier 2008 10:35

    Bonjour Paul,

    Un bonne mise en évidence des contradictions de la posture sarkozienne dans un domaine où notre HP-chanoine s’est ridiculisé. La presse étrangère se gausse...

    Quelques prolongements et liens :

    Sarkozy menace-t-il la laïcité ?

    Un président de droit divin (Reboul)
    Le discours du président Sarkozy au palais du Latran (Villach)
    L’inquiétant pacte de Sarkozy au Vatican

    "...Sarkozy assure que « celui qui ne croit pas ne peut soutenir en même temps qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel. » Comme s’il fallait être croyant pour se poser des questions métaphysiques ! Pire, il explique que « le fait spirituel est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance ». De quelle « tendance naturelle » parle-t-il ? Non seulement il nie la capacité des athées ou des agnostiques à se poser des questions existentielles, mais il dénie aussi ce droit aux milliards de gens, des confucianistes aux animistes, qui ne croient pas à une transcendance ! C’est une vision très étroite et insultante." (CK)
    SOS Laïcité ! - Riposte Laique
    Sarkozy : la religion doit devenir l’opium des banlieues !
    Laïcité : Sarkozy franchit la ligne rouge

    « Cette conception sociologique de la religion, fournissant "l’espérance" qui fait que les peuples se tiennent tranquilles, on croyait qu’elle était loin derrière nous ! », s’est exclamé François Bayrou, l’un des premiers à réagir le 25 décembre après le discours de Latran. « Ce n’est pas autre chose que l’opium du peuple que dénonçait Marx » a ajouté le président du MoDem, qui a aussi relevé « le paradoxe troublant » d’un Président « qui affiche sa complaisance avec le matéralisme financier et en même temps souhaite faire de la religion une autorité dans l’espace public ».


    • RilaX RilaX 25 janvier 2008 10:55

      Bonjour,

      un truc me chiffone dans votre commentaire. C’est a propos de la double négation : " « celui qui ne croit pas ne peut soutenir en même temps qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel. » Comme s’il fallait être croyant pour se poser des questions métaphysiques ! "

       Cette double négation dit bien que celui qui ne croit pas s’interroge sur l’essentiel.

      Celui qui a analysé cette phrase est donc allé un peu vite en besogne.

       

      Je ne suis pas un sarkolatre, mais je n’aime pas qu’on fasse dire aux gens ce qu’ils ne disent pas.


    • 5A3N5D 25 janvier 2008 11:07

      @ Rilax,

      ""Cette double négation dit bien que celui qui ne croit pas s’interroge sur l’essentiel.""

      Donc, Sarkozy aurait dit le contraire de ce qu’il voulait dire ?

      M’étonne qu’à moitié, vu la façon dont il cause le français.

       


    • Djanel 25 janvier 2008 11:23

       

      Oui, il existe une métaphysique laïc qui contient une théologie laïque. Le mot laïc signifiant ici en dehors de la religion. Les croyants craignent cette théologie mais comme elle est difficile à saisir, elle n’a pas été vulgarisée. C’est dommage. Pour en avoir un aperçu, il suffit de lire les Méditations Métaphysique de Descartes et ensuite la critique de la Raison Pure de Kant. Comme, c’est un gros livre, personne ne le consulte et la théologie est diluée sur quelques assez gros paragraphes.

       

      Cette théologie laïque peut contrer avec beaucoup d’aisance les théologies religieuses quelques soient les dogmes véhiculés. Dieu n’étant pris que comme un concept de la raison n’existant que dans la pensée.


    • grangeoisi grangeoisi 25 janvier 2008 11:54

       

      Maître Villach, à l’ouvrage, sur son article penché

       

       

      En ses termes, un des obligés TSS journaliers

       

       

      Ni mieux que d’autres thèses, moins bien que beaucoup d’antithèses

       

       

      Que croyez qu’il arriva ? Comme d’habitude une foutaise.


      • Paul Villach Paul Villach 25 janvier 2008 12:18

        Labori-eux, ce madrigal ! 

        Vous vous donnez beaucoup de mal

        À faire vos vers de mirliton.

        Prenez garde au retour de bâton !

        Car si c’est ça vos arguments,

        Je vous retourne le compliment ! Paul Villach


      • Djanel 25 janvier 2008 13:25

         

        Sarkozy nous apparaît de plus en plus comme un être ridicule commettant des erreurs de jugement qui finissent par nous agacer pour ne pas en dire davantage.

         

        Il ignore quelles ont été les forces politiques qui imposèrent la séparation du pouvoir religieux du pouvoir laïc ou civil . Ces forces existent encore aujourd’hui bien qu’endormies. Sarkozy risque de les réveiller.

         

        Avec des musulmans qui ne savent rien de la laïcité et des chrétiens qui cherchent à la faire reculer, Sarkozy prend le risque de provoquer des conflits religieux avec les laïcs et en cela il ne remplit pas son devoir de garantir l’application des lois pour préserver la paix sociale. Nous avons donc élu un homme qui ne comprend pas sa mission et qui ne respecte pas l’esprit des lois constitutionnelles voulues par les Français sur proposition du Général de Gaule en 1958. En plus l’animal veut réformer cette constitution pour renforcer le pouvoir du Président.

         

        La loi 1905 est une loi de tolérance religieuse. Vous ne pouvez pas dire le contraire car l’histoire le prouve avec l’inquisition, l’intolérance religieuse vient des religieux. L’église de Rome a massacré plus de chrétiens que tous les empereurs romain réunis. Les cathares étaient des chrétiens en dissidence avec Rome parce que pour eux les Papes étaient les héritiers et successeurs des empereurs et non pas du Christ d’où le conflit. Tous exterminés.

         

        Ce n’était qu’une brève pour agacer le culs bénis.


      • Djanel 25 janvier 2008 13:35

         

         

        Il faudrait compter les pieds aux madrigaux.


      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 25 janvier 2008 18:02

        Le christianisme a quand même cet avantage de combattre la violence au moins dans ses principes, alors que l’islam, pourtant plus tardif, n’est qu’un appel aux meutres ; voir les extraits du Coran cités à partir de la page en lien.

        Le christianisme a encore le mérite d’avoir ressenti le besoin de prouver l’existence de ce que ses croyants appellent "Dieu". On sait qu’il a échoué dans cette entreprise.


      • Paul Villach Paul Villach 25 janvier 2008 18:15

        Ne pensez-vous pas , cependant, que la meilleure des stratégies est de réunir "celui qui croit au ciel" et "celui qui n’y croit pas " pour la même défense des valeurs humaines, comme ça s’est produit par le passé et comme ça se produit tous les jours, dans un cadre clairement défini par les règles de la laïcité ? Paul Villach


      • docdory docdory 25 janvier 2008 14:00

         Cher Paul Villach 

        Il n’est pas étonnant que le sixième Président de la V ème République , dont l’ambition essentielle semble être de transformer cette République en Réprivée , et de devenir le premier Président de la première Réprivée , s’attaque avec une violence inouïe à la laïcité : en effet , la morale républicaine , est décidée en fin de compte par les citoyens , par le vote des lois par leurs représentants .

        La laïcité fait que ce sont les lois de la République qui s’appliquent aux citoyens de ce pays , et non les diverses et contradictoires lois religieuses . La laïcité n’est rien d’autre que de laisser la liberté aux croyants d’obéir à leurs lois religieuses , quelque bizarres qu’elles puissent être , pour peu qu’ils se soumettent également aux lois républicaines , et que ces lois religieuses ne soient pas contraire à l’ordre public déterminé par les lois républicaines et n’entraînent aucun aménagement spécial ni dépense supplémentaire de la part de l’Etat !

        Or , 80 % du travail législatif actuel de l’Assemblée Nationale consiste à adapter au droit française des directives européennes , issues d’autorités européennes qui ne sont pas républicaines ( l’Union Européenne n’est pas , n’a jamais été , et n’a pas l’intention de devenir une République , que je sache , et la commission européenne n’est élue par aucun peuple ! )

        Le principe de base de l’Union Européenne est , comme chacun sait , la " concurrence libre et non faussée " principe de base de l’idéologie anglo-américaine , et son corollaire de suppression des services publics . Quoi d’étonnant ensuite que Sarkozy poursuive cette logique et en vienne donc à contester l’idée même d’une morale républicaine , donc publique , pour y substituer des morales privées concurrentielles que sont les diverses morales religieuses ! 

        Il y a donc un lien très étroit entre le coup d’état visant à annuler le référendum sur le TCE en instituant , contre la volonté du peuple , un TCE bis infinitésimalement modifié , et le coup d’état que constitue le fait pour le Président d’une République constitutionnellement laïque de conspuer la laïcité , qu’il est chargé par sa fonction de faire respecter , devant des chefs d’état étrangers ! 


        • grangeoisi grangeoisi 25 janvier 2008 15:55

          On gnagnate beaucoup !


          • docdory docdory 25 janvier 2008 16:14

             @ grangeoisi

             

            " on gnagnate " ??? Pourriez vous préciser la signification que vous attribuez à ce curieux néologisme ?


          • Céphale Céphale 25 janvier 2008 16:06

            Cher Paul Villach, je partage entièrement les idées que vous exprimez avec tant d’élégance dans cet article. Je vous en remercie.

             

            Première idée à retenir : le cynisme froid et calculateur de Nicolas Sarkozy et de celui qui écrit ses discours.

             

            Deuxième idée à retenir : le grand danger de diviser la France entre chrétiens, musulmans et athées, à des fins politiciennes, au mépris de la loi sur la laïcité. 


            • Senatus populusque (Courouve) Courouve 25 janvier 2008 18:07

              Il faut distinguer entre une division néfaste parce qu’accompagnée de violences et une confrontation, porteuse de progrès, entre croyants et incroyants.

              La libre communication des idées et des opinions est un des droits de l’homme de 1789.

              La critique des religions est légitime. L’unique tort d’Onfray est de les critiquer sur le seul plan politique, et pas sur le plan philosophique (logique).


            • docdory docdory 25 janvier 2008 18:59

               @ Courouve 

              Dans son " traité d’athéologie " Onfray critique fortement les religions sur le plan philosophique .


            • grangeoisi grangeoisi 25 janvier 2008 16:37

              Ha ! Le côté péremptoire de certains rédacteurs . Tout le monde il est beau tout le monde il sait à AV.

               

               Cela frise le sectarisme !

               

               


              • ARMINIUS ARMINIUS 26 janvier 2008 23:29

                Comme le dit la comtesse :

                Not’président quand il était petit révait de voir en curé avec une calotte, plus tard il s’est retrouvé avec une Boutin , un peu folle de la messe, et maintenant il se turlupine à encoller une pate !

                L’aurait pas du aller voir les populations laborieuses du Cap, ou les fouilles curieuses du Pape, ça lui a donné trop d’idées...


                • mcpn 31 janvier 2008 20:13

                  La religion, la culture de la psychose hallucinatoire.

                  Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique.

                  D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés « prophètes » avec leurs paroles et écrits indiscutables. De nos jours, ceux qui entendent des voix ont pour certitude que Dieu leur parle ; ce sont nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde dont le traitement relève de la psychiatrie.

                  OUI, toutes les schizophrènes ont le même “Dieu”.

                  Dieu ne communique avec personne, c’est votre psychose qui vous parle, de jour, avec votre vocabulaire, avec vos mots identifiés dans votre culture - d’où les diverses religions - à la manière de vos rêves et cauchemars de nuit.

                  Est inscrit sur une notice pharmaceutique dédiée : « ... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées... ».

                  Les délires psychotiques - le plus souvent mystiques - n’ont pas d’existence, c’est de l’imaginaire symptomatique de la schizophrénie. Alors pour donner corps aux perceptions et sensations, le psychotique crée sont environnement existentiel que sont Dieu et son Paradis ainsi que le Diable et son Enfer. C’est dans sa logique schizophrène binaire de représenter le Bien (son espérance) et le Mal (sa souffrance).

                  L’enseignement du religieux aux jeunes :

                  Que les divers mouvements religieux expliquent leurs différences entre une hallucination psychotique visuelle, auditive d’avec les relations dites « mystiques » de l’au-delà : contacts prophétiques, apparitions, voix intérieures...

                  Aussi comment concilient-ils la création dite « divine », Adam, Eve et la succession » avec notre préhistoire : l’homme des cavernes, l’âge de pierre, du feu, du fer… ?

                  La schizophrénie, est cette « maladie trompeuse » que vous l’on appris à ne pas comprendre, le fond de commerce des religions.

                  Je mets au défi quiconque pouvant me citer une autre affection maladive dont les manifestations seraient à la fois l’œuvre de l’au-delà et les symptômes d’une maladie.

                  Si il avait un Dieu, cette maladie n’existerait pas, ce serait indigne d’un créateur.

                  Stop à l’arnaque sans service après-vente. Celui qui croit, c’est son droit de relation personnelle avec son Dieu, il peut entrer en contact avec lui en étant chez lui, dans sa cuisine ou ailleurs... Ne venez pas interférer sur nos « malades » par cette débauche avec tous les ingrédients collectifs de la manipulation mentale.

                  La manipulation mentale n’est pas une doctrine que l’on subit, elle est une demande personnelle, un besoin irrationnel intériorisé, que l’on défend bec et ongle, sans aucune réserve et se nomme « spiritualité ».

                  Aussi, c’est trop d’honneur d’avoir construit, et d’en rajouter, tous les lieux de culte dédiés à cette maladie.

                  20 années au cœur de cette maladie, çà vous change un homme.

                  Mon site dédié : http://monsite.orange.fr/champion20

                   

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