Et puis, dans le nombre incroyable d’affaires liées à la CIA, il y en a
une qui soudain apparaît et rassemble toutes les tares et toutes les
circonvolutions de ce mécanisme devenu depuis longtemps incontrôlable.
Et comme souvent dans ces cas-là, ça commence par un meurtre. Et comme
l’affaire se passe aux Etats-Unis même, on a même droit auparavant à
une belle course poursuite dans les règles de l’art, filmée comme il se doit en direct à la télévision.
Ça se passe à Houston, au Texas, le 29 avril 2008. Une photo prise
d’hélicoptère d’une chaîne de télévision montre juste après un homme étendu mort
par terre, au milieu d’une route, à côté d’un énorme 4x4 noir. Une
scène courante aux Etats-Unis, paraît-il. A part que là l’homme est
face contre terre et a les deux mains liées dans le dos par des
menottes. Pour un homme en fuite, voilà
qui ressemble davantage à un assassinat qu’à une arrestation : on lui
aurait mis les menottes après lui avoir tiré dessus ? Belle bavure de la police locale ! Un coup de zoom
de la caméra de télévision sur la plaque d’immatriculation de l’énorme
SUV Jeep de 2007 dont l’homme est sorti donne comme numéro DCL 848.
Rentrés à la station, les journalistes découvrent avec surprise que la
voiture appartient au National Security Command Center. Ils découvrent
très vite également que l’homme abattu appartient au National
Association for Intelligence Officers, une association d’anciens de la
CIA, présidée par George H. W. Bush, le père du précédent, qu’il
s’appelle Roland Carnaby, et qu’il est âgé de 52 ans. Et qu’il possède
un sacré palmarès d’agent très spécial reconverti dans de florissantes
affaires de sécurité privée. Mais ce n’est pas tout : les journalistes
ne savent pas encore sur quelle fourmilière ils viennent de poser le
pied. Le dossier Carnaby est explosif, car les ramifications de ses
contacts et de ses activités sont nombreuses et très hautes placées. Très,
très, hautes.
Pour en avoir la preuve, il faudra attendre ses obsèques. Et regarder avec surprise ceux qui tiennent les cordons de son cercueil à son enterrement : l’ancien Président George Bush Senior, l’ancien général du KGB, Oleg Kalugin, que Roland Carnaby avait personnellement invité en 2007 à Houston, mais aussi James Pavitt, l’ancien directeur des opérations de la CIA de 1999 à 2004, un personnage rarement vu à l’extérieur, (ayant déposé lui aussi à la commission du 11 septembre en affirmant que c’était bien l’œuvre de Ben Laden), et George Tenet, ancien directeur de la CIA sous W. Bush, et même un officier libanais de rang élevé. Roland Carnaby était bien un très gros poisson. Tellement gros que ses fiches internet depuis sa mort sont
régulièrement vidées. Avec une régularité qui défie l’entendement. De même pour la vidéo de la caméra de la voiture de police, mise en ligne quelques heures et depuis introuvable : il n’en reste qu’une seule capture d’écran. Reste la poursuite aussi, mais sans la scène de meurtre figurant au départ...Bref, depuis sa mort, l’internet ne cesse de frémir.
Sa mort rocambolesque comme un vulgaire voleur de voiture pose question : comment est-on arrivé à le localiser, lui si discret durant toute sa vie (les femmes avec qui il a vécu ignoraient ses fonctions réelles), et à le contraindre à fuir éperdument de la sorte à la suite d’un contrôle ordinaire de police ? Qui avait-il rencontré sur sa route pour tenter d’échapper ainsi ? Pourquoi avoir fui devant de simples policiers de la ville ? Pourquoi donc rester enfermé dans sa voiture aussi longtemps avant de sortir, alors que l’attendent dehors des hommes en armes ? Pourquoi ne pas communiquer ? Pourquoi la voiture qui le poursuit et le rattrape en premier ne possède aucun signe distinctif de la police ? A qui cherchait-il désespérément à téléphoner ? Il n’avait certainement pas peur d’un simple officier de police de Houston ! Carnaby a été descendu dans le dos, alors qu’il cherchait son insigne dans sa voiture, parait-il. Or la vidéo existante le montrant a un temps disparu : on a bien la poursuite, mais plus la scène des tirs, qui infirmerait la thèse officielle de la tentative de geste brusque. Puis on a pu la retrouver, et distinguer l’incroyable brutalité de ces policiers : un qui brise une vitre à coup de matraque, et l’autre qui tire après avoir coincé Carnaby, désarmé et non menaçant, entre sa portière et son véhicule. Carnaby s’effondre en tenant à la main droite des documents papiers, et en aucun cas une quelconque arme ou un quelconque objet qui aurait pu être pris pour une arme. La bavure est manifeste : la sauvagerie de l’attaque est inimaginable : qu’à t-on raconté à ces policiers sur l’éventuelle dangerosité de Carnaby pour qu’ils agissent avec une telle violence ? Un officier de la CIA, aux Etats-Unis, ne peut posséder d’armes dans sa voiture. On du mal à croire à une simple méprise de la part de policiers à la gâchette trop rapide. Rien ne va dans ce scénario ; pourquoi a-t-il fuit tout d’un coup, pourquoi il n’aurait pas répond tout de suite aux injonctions, etc.. rien ne tient debout (*1).
Carnaby, d’origine libanaise, (il a américanisé son nom qui était au départ Karnabe) et dont le père, Vincent Said Karnabe, a été ambassadeur Libanais, et a travaillé pour la CIA a partir de 1975. Son père semble avoir dès 1936 avoir rejoint les phalangistes libanais, favorables aux chrétiens maronites, proches de l’extrême droite. Il a aussi rejoint pendant la guerre l’OSS, le précurseur de la CIA : Roland aurait donc suivi la filière familiale, tout simplement. La famille Karnabe aurait tissé dans les années 50 des liens étroits avec Camille Chanoun, président libanais de 1952 à 1958, devenu ami proche de la famille Karnabe. Très vite, les facultés du fils de bonne famille lui donnent un rôle clé : il parle en effet couramment l’arabe et le français, et devient logiquement une espèce à part à la CIA qui a toujours manqué de ce genre d’agent. Et très vite aussi il franchit les étapes et grimpe dans la hiérarchie. C’est un homme respecté et écouté au Proche-Orient, cette poudrière depuis cinquante ans. La CIA et la famille Karnabe c’est une vieille histoire en fait. A la mort d’Allen Dulles, en 1969, le directeur de la CIA, toute la famille Karnabe est déjà présente à l’enterrement.
Au Liban, le fondateur du Kataeb Party phalangiste, Pierre Gemayel est enlevé par des palestiniens en 1970, puis c’est au tour de son fils, Bachir Gemayel, ami d’enfance de Roland Karnabe devenu Carnaby. Bachir deviendra le chef des paramilitaires phalangistes libanais responsable des massacres de 1975 de palestiniens et de musulmans, puis en juin 1978 celui d’Ehden, consécutif à la tentative ratée d’enlévement de Tony Frangieh.. en 1980, la CIA (et donc Carnaby) va plutôt choisir de soutenir Gemayel contre les Tigres de Danny Chanoun, fils de l’ancien président, qui décédera en 1987. Carnaby est donc déjà en même temps fort partagé et très actif à cette époque au Proche-Orient, et il va le payer cher. En 1983, il est blessé à la jambe lors de l’explosion d’une bombe, le jour où plusieurs têtes de la CIA au Liban meurent dans cet attentat, alors que lui en réchappe par miracle. Il est censé ne plus travailler pour la CIA jusqu’en 1993, date de sa déposition sur les attentats du WTC. L’année précédente, toute sa famille Karnabe était présente lors des cérémonies pour la nomination de Rafik Hariri comme 41 eme premier ministre du Liban.
En 1993, on trouve donc trace de sa déposition dans l’affaire de la première explosion au WTC. Il travaillait alors sous les ordres de John O’Neil qui a eu la mauvaise idée de mourir dans le second attentat alors qu’il était devenu responsable de la sécurité du bâtiment ! Et comme tout agent de la CIA haut placé, c’est à lui de gérer les affaires les plus délicates et de monter les coups les plus tordus. Très vite, son passé va resurgir dès son décès, tout d’abord sous forme de vigoureuses dénégations : le premier a venir dire à la presse qu’il ne fait pas partie de la CIA est un dénommé Don Clark, présenté comme un correspondant de Fox news, dont on sait les liens avec le pouvoir (*2). Mieux encore : il l’avait même vu fort récemment à l’association des anciens de la CIA (¨3). décidément, dès sa mort on tient beaucoup à mentir à son propos... Le cas doit être embarrassant. Il l’est !
Très vite, les dénégations successives de ceux qui ont travaillé avec et les effacements de fiches sur Internet cherchent à détourner l’attention. Carnaby était sur un très gros lot, semble-t-il au moment de sa mort. La présence à l’enterrement de Carnaby de Bush père n’est pas non plus un hasard. Bush senior et Dick Cheney avaient tissé des liens forts avec la Syrie d’ Hafez el-Assad, qui a contribué à donner des troupes dans l’opération Desert Storm du père de W. Bush. Ce sont aussi les services secrets d’Hassad qui ont certainement éliminé
Imad Mugniyah à Damas le chef militaire du Hamas, une opération très certainement supervisée pa
r la CIA et Carnaby en personne. Pourquoi donc aurait-il tant tenu à aider à la disparition de Mugniyah ? Pour une raison simple : c’est celui qui avait torturé et assassiné son supérieur à l’époque en 1985, à savoir
William Buckley, le patron au Liban de Carnaby. Et Carnaby, enlevé lui aussi, avait eu la chance d’en ressortir vivant (*4)
D’aucuns citent le Mossad dans l’assassinat de Mugniyah, mais à cette date on n’en a toujours pas la preuve. Une coopération services secrets Syriens et CIA est tout autant envisageable. Comme l’est tout autant une collaboration Mossad-CIA, où Carnaby aurait joué les intermédiaires !
Carnaby semblait beaucoup circuler dans le monde et s’occuper de tout ce que d’aucuns n’auraient osé faire. Nous verrons plus loin qu’il a été aperçu en Europe à Londres et à Malte, à la descente d’avions bien connus de la CIA (nous y reviendrons). Les sales affaires, les coups tordus de déstabilisation de l’adversaire sont pour lui semble-t-il, et il est bien revenu aux "affaires", mélangeant sans doute désormais firme privée et CIA, puisque cette dernière en recrute à tour de bras. En 2007, le New-York Times redécouvre un très étonnant trafic de voitures, déjà évoqué deux ans avant dans l
e Boston globe, sans qu’il n’y aît eu beaucoup
de remous. Or l’affaire est grave, très grave. Quelque chose de particulièrement inattendu et qui ravive les soupçons déjà énoncés ici : dans les débris des véhicules explosant sur les marchés de Bagdad ou dans les grandes villes irakiennes, des enquêteurs ont fait de bien étranges découvertes. Des plaques de moteurs ou de châssis révèlent que les véhicules sont... américains d’origine ! L’observation des fiches de la
National Motor Vehicle Title Information System créée en 1992 est en effet formelle : parmi les voitures explosées certaines ont bien été achetées aux Etats-Unis ! (*5) précise le journal. Il y a le choix : près d’un million de véhicules sont volés aux Etats-Unis chaque année et on n’en retrouve qu’environ 1/3 (*6). 21 états ne participent pas au fichage dit de VIN (pour
"vehicle identification numbers") ce qui facilite la tâche des voleurs ! Quel intérêt pour des terroristes à faire venir des voitures des Etats-Unis alors qu’à Bagdad traînent les mêmes partout et qu’en voler est chose courante ? L’idée d’une "préparation" des voitures dès leur départ fait surface. Une fois "livrées", elles sont "disponibles" instantanément pour ceux qui le désirent. Le gag supplémentaire, c’est que dans le lot, il y a aussi des voitures... neuves. Quel intérêt pour un terroriste de recourir à du neuf ?
Lors de l’enquête, le nom de la CIA et de Carnaby apparaît fugacement. On a déjà affirmé ici que certaines explosions étaient douteuses et faisaient penser à des opérations type escadron de la mort. Carnaby apparaît, car la filière d’apport de voitures est ... syrienne, et que notre homme possède une longue implantation libanaise et syrienne de par ses
origines mêmes. (*7). Et le spécialiste incontesté de la Syrie, à la CIA, n’est autre que... Carnaby.
L’histoire des voitures et des soupçons sur leur provenance a démarré à Karbala, le 27 janvier 2007, où une douzaine d’insurgés ont kidnappé quatre soldats US de la base en y débarquant en SUVs, habillés d’uniformes américains et irakiens, certains parlant américain et l’un d’entre eux étant même blond. On retrouvera quelques jours plus tard les quatre soldats morts, une balle dans la tête, dans l’un des véhicules. Les engins étaient deux GMCs (numéroté 3GNGC26UX1G12602 pour le premier) et un Toyota numéroté JTGHJ01J143005349. Les trois viennent du Texas, et de Houston exactement. Selon le journaliste Wayne Madsen, l’homme qui était venu le certifier était bien... Carnaby. (*8)
A l’origine du trafic, des réfugiés politiques shiites du temps de Saddam, en majeure partie arrivés à Tampa en Floride. Et tous reconvertis en maquilleurs de véhicules volés, aidés ou laissés sans surveillance précise par une CIA plus que bienveillante. Une CIA qui va les choyer, comme elle a choyé les réfugiés cubains au temps de Kennedy en leur laissant faire leurs trafics (*9) A Tampa, ou à Savannah (*10)
Le plus étonnant, c’est que la Floride est censée justement appliquer la
législation VIN’s ! Il y a bien quelque chose qui cloche sur place, et une CIA toujours à l’affût qui n’attend que se trouver le porteur idéal de coup bas. Le 3 juillet dernier, les douanes irakiennes reconstituées faisaient leur première prise : quatre cargos irakiens surpris dans le détroit de Shatt Al-Arab transportant des
véhicules volés. En provenance... des Etats-Unis ; C’était la première interception depuis l’invasion du pays. Les seuls à contrôler les ports depuis 2003 étaient les américains et les anglais... ou les services de Carnaby, qui inspectent les véhicules au départ de... Houston.
Parmi les témoignages recueillis après le décès de Carnaby, l’un d’entre eux est fort troublant. C’est celui de son propre... garagiste (*11)
". Mieux encore : la firme de protection qu’il avait créée avait obtenu de juteux contrats et des bénéfices importants, qu’il avait réinvesti... dans l’entretien d’une compagnie de porte-containers du port de Houston, une compagnie créée et détenue par.... son propre père Vincent Saïd ! (*12). La famille Carnabe/Carnaby payait cash, le meilleur moyen d’éviter les traces des transactions. Son bureau au port de Houston était dans le même immeuble où le père de W.Bush continuait à avoir le sien (au 9eme étage). Et comme notre homme était doué, il avait posé des caméras sur les quais qu’il activait de ses téléphones portable ou de son ordinateur (*13) L’homme n’avait pas moins de trois téléphones uniquement pour surveiller son quai personnel (*14) !
Etonnant geek de la CIA !
Carnaby se méfiait car selon lui le port de Houston n’était pas assez bien protégé (*15). Une opinion que partageait un de ces proches amis, lui aussi un beau cas d’espèce : Tim Spicer, un mercenaire de première catégorie d’Aegis Defense Services (*16). Aegis, les fameux mercenaires anglo-afrikaners qui s’amusent le soir à tirer sur les véhicules civils irakiens... les amitiés de Carnaby étaient bien étranges ou plutôt assez réminiscentes de celles de son père au Liban. Surtout
Spicer, au dossier long comme un jour sans pain. Carnaby avait ses entrées depuis longtemps partout, y compris dans les bureaux d’Ehud Olmert, dont il semblait également s’occuper de la sécurité en contractant privé, après s’être occupé de celle d’Ariel Sharon (*17) : Ha-Mossad le-Modiin ule-Tafkidim Meyuhadim, autrement dit le Mossad...Voilà qui n’est pas très commun en effet !
Que faisait donc exactement notre exécuté d’autoroute ? Qui fuyait-il autant ? Quel était son rôle exact dans le trafic de voitures entre Houston et l’Irak ? Tenter d’y voir clair dans la vie de Roland Carnaby n’est pas chose aisée... c’est pourquoi nous allons y revenir dès demain : le sujet mérite qu’on s’y intéresse plus en détail encore, en effet.
(1) “
There is no legitimate reason for a CIA officer in the U.S. to have weapons in his car. And (1°certainly, there’s no legitimate reason for a CIA officer in the U.S. to not comply with uniformed local law enforcement officers,” Adler said. “They certainly don’t engage in this sort of dangerous behavior that happened yesterday.”
(2) "I only knew him as Tony," said Don Clark, FOX 26’s security and law enforcement analyst and former FBI agent. "I had no idea what his name may have been or was. The name that was in the newspaper, I had never seen that name before." Or, le problème, c’est que Clark connaissait très bien Carnaby : "According to Clark’s bio that was released when he went to work for Sharp Technology, Clark managed the FBI’s investigation of the 1993 World Trade Center bombing."
(3)"on February 16, 2007, Clark was a guest of Roland Carnaby’s Houston chapter of the Association of Intelligence Officers. It was a formal dinner also attended by deputy director of the CIA James Pavitt. Roland Carnaby introduced Pavitt and Clark and gave a presentation that evening. Yet we’re to believe that a highly-decorated and highly-respected former FBI agent has no recollection of Carnaby’s name ?"...
(4)
"Carnaby had worked for the agency in Beruit and was captured by Hezbollah 1984. After Carnaby’s capture, his boss, William F. Buckley, was captured, tortured, and murdered. Carnaby was returned in an prisoner exchange arranged by the Lebanese government. Recently, Carnaby rejoiced when the man behind his capture died when his car blew up".
(5)"The FBI declined to estimate how many stolen U.S. cars have turned up as car bombs in Iraq but said the number is believed to be at least in the dozens" .
(6) "Authorities estimate that more than one million vehicles are stolen each year in the United States, yet only 35 percent of them are ever recovered".
(7) "Investigators believe the cars were stolen by local car thieves in US cities, then smuggled to waiting ships at ports in Los Angeles, Seattle, and Houston, among other cities. From there they are shipped to black-market dealers all over the world, including in places like Syria where foreign militants fighting in Iraq are thought to be transiting from countries across the region and where they gain critical
logistical support".
(8) "The auto theft ring also caught the attention of Roland Carnaby, the Lebanese-American retired CIA agent who was gunned down by Houston police in April. In addition, our sources in Texas report that the auto theft ring put large amount of cash into the hands of Texas politicians, including George W. Bush gubernatorial and presidential campaign coffers. One of the major figures in the auto theft ring reportedly skipped out on a $250,000 bail and disappeared. It is believed he may have gone to Beirut."
(9) ."the Shiite Iraqi refugees (now Car dealers) who arrived in Tampa Fl after the 1991 and the 1996 Iraq uprisings had been left to hang out to dry by the CIA and the U.S. DOD which never intervened".
(10)"the Tampa (Iraqi) Shiite used car dealers who were exporting vehicles, operated out of the Port of Tampa and the Port of Savannah, vehicles were purchased at salvaged auto auctions and or from street hustlers of recent stolen vehicles. Stolen vehicles were disassembled, the engine and transmission taken out and then shipped with the hull of the vehicle packed in shipping containers as “auto parts” and sent to Dubai UAE". "
(11) "
Car dealer Alan Helfman met Carnaby more than a decade ago when “a mutual friend high in law enforcement” brought him by the dealership. “He bought eight or nine cars from me over the years,” Helfman said."
(12) " the Port Authority connection could make sense for a strictly commercial reason. Carnaby’s family, which used the different spelling of Karnabe, was involved in the shipping industry, which was the apparent source of his considerable but undetermined income. He paid cash for his cars".
(13) "it still remains unknown what happened to Carnaby’s Mac laptop computer as well as a number of other cell phones, including an I-Phone and a Bang and Olufsen mobile phone in Carnaby’s possession at the time of his shooting. Carnaby’s colleagues revealed that Carnaby possessed a number of cell phones because some were dedicated to activating video and camera systems placed in strategic locations in and around Houston’s ports and airports and downloading images to his phones and eventually to his laptop".
(14) "At least three phones in Carnaby’s possession on the morning of April 29 were used to activate cameras and download photos and videos from sites in and around Houston. One mobile phone number was reportedly used for this surveillance activity".`
(15) "Carnaby’s fear about lax port security was borne out when this editor easily gained access through the main gate into the Port of Houston in a rental car. Although containers in bound and out bound from the port are x-rayed and checked for radioactive materials, the overall security is poor and that prompted Carnaby into calling for a better HUMINT program. However, better HUMINT would also result in the arms, drugs, and auto theft activities of the Russian-Israeli mob, Israeli intelligence assets, and their allies in the pro-Mojahedin e Khalq (MEK) Iranian expatriate community in Houston being identified by federal authorities".
(16 )
"some of Carnaby’s associates were also critical of the security contract for the Houston that involved ex-British commando Tim Spicer, whose Aegis Defense Services, the recipient of a number of private military contracts from the Defense Department and the former U.S.-run Coalition Provisional Authority in Iraq. Spicer, in 2002, managed to convince Per Christiansen, a retired Norwegian naval officer whose Hudson Maritime won a Homeland Security Department to secure various American ports, including Houston, to bring him on as a partner.
(17) "Roland Carnaby, the one-time CIA Station Chief for the Southeast Region, headquartered in Houston, had sources inside the office of Israel’s Prime Minister. A source who knew Carnaby said the agent, killed by Houston police on April 29, had a certificate of appreciation personally signed by former Israeli Prime Minister Ariel Sharon. The certificate was embossed with the seal of the Ha-Mossad le-Modiin ule-Tafkidim Meyuhadim"