Bush, Bush, Bush : en huit années de pouvoir l'homme a bien marqué ses contemporains : dans toutes les enquêtes depuis, il arrive largement en tête des pires présidents qu'aient connus les Etats-Unis. A côté des unes de journaux des années 60 vantant J.F.K, G.W.Bush à en effet fait pâle figure.Tout le monde est d'accord sur la chose en ce qui concerne le second. A part pour l'un des meilleurs journalistes pour beaucoup, à savoir Seymour Hersh, qui dès 1997 nous avait fait comprendre quel était le pire de tous avant Bush. Quel était donc pour lui celui qui avait apporté les défauts relevés depuis chez Bush ? Clinton ? Bush Père ? Reagan ? Nixon ? Celui des tricheries électorales, de la surveillance étroite de la presse, des enregistrements clandestins de ses interlocuteurs, des pouvoirs étendus accordés à la CIA pour aller assassiner des opposants dans d'autres pays, y compris d'autres présidents, des accords douteux passés avec la mafia, de l'usage de doses massives de drogues, sans oublier en ce qui le concerne une vie sexuelle atteignant l'obsessionnel : qui avait bien pu cumuler toutes ses tares ? Clinton ? Bush Père ? Reagan ? Nixon ? Non, cet homme, le pire président des Etats-Unis, selon Hersh, c'est tout simplement John Fitzgerald Kennedy nous avait dit celui qui avait révélé le massacre de My Lai. Surprise ? Pas tant que ça : hier tout juste encore, son image de président intègre, à la vie de famille exemplaire vient à nouveau d'être ternie par les révélations d'une de ses anciennes maîtresses, qui, aujourd'hui grand-mère, corrobore point par point le livre de Hersh écrit voici 15 ans ! L'icône Kennedy entièrement fabriquée, est bien celle qui a dévoyé le système, à un point tel qu'il ne s'en est jamais relevé depuis. Enquête sur la face cachée de J.F.Kennedy, celui qui a tenté de contrôler la CIA, cette dernière ayant fini par s'en débarrasser par la méthode que l'on connaît, associé à son plus grand rival : son propre co-listier !
Selon Libération, en 1998, dans la critique du bouquin d'Hersh, toute la carrière de Kennedy préfigure les dérives ultérieures. On a accusé à juste raison G.B.Bush d'avoir trafiqué les élections à deux reprises, Kennedy avait fait de même mais sans informaticien. "De façon plus large, il faudrait désormais admettre, selon Hersh, que toute la carrière de Kennedy s'est déroulée sous le signe de la corruption. La fortune de son self-made man de père (gagnée, entre autres, à trafiquer l'alcool avec la Mafia sous la prohibition) a contribué de façon décisive à son élection, en permettant d'acheter des voix dans certaines circonscriptions clés. Pour cela, un rôle éminent est revenu à la Mafia de Chicago, et notamment à son chef Sam Giancana.
Une des maîtresses de Kennedy servait d'intermédiaire entre lui et ce chef mafieux (également son amant), en convoyant des valises de billets. Il faut noter au passage que la même jeune femme apportait à la Maison Blanche, toujours en espèces, les généreuses contributions d'industriels californiens qui devaient bénéficier d'un énorme contrat militaire, en fait un des plus vertigineux gouffres financiers de l'histoire américaine (6,6 milliards de dollars des années 60 pour un avion pratiquement sans usage)."
Avec l'avion à géométrie variable présenté comme la merveille aéronautique du moment (depuis tout le monde en est revenu !) les anglais y perdront leur meilleur appareil, le TSR-2, abandonné en lieu et place du F-111 qui ne donnera satisfaction qu'après des années de modifications, pour en faire un avion-radar plutôt capable, le Raven, qui sera le seul modèle vraiment utilisable de la lignée. L'appareil reposait sur le même mythe que le F-35 actuel, à savoir un seul développement pour des appareils différents : or il n'y aura jamais de version pour la Navy. Trop lourd, sous-motorisé, l'appareil laissera vite la place au monstrueux Tomcat. Les avant-projets du Tomcat ressemblant comme deux gouttes d'eau au TFX (notamment celui de Douglas !)... Mais ce n'était pas ce qu'on lui reprochait le plus. Ce qu'on ne comprenait pas c'est pourquoi c'était la petite équipe associée Grumman-General Dynamics qui avait battu sur le fils les trois ténors de l'époque : Lockheed Aircraft Corporation, North American Aviation Corporation et la Boeing Company. Il y avait de quoi jalouser à ce moment-là General Dynamics : 80% de ses contrats étaient des contrats militaires. Mais la firme était fragile, ce qu'allait révéler un article de 1961 de Richard Austin Smith dansFortune Magazine, annonçant qu'elle était au bord de la banqueroute !
Le programme TFX, successeur du F-105 Thunderchief (the "Thud" la "Bûche"), était un enjeu extrêmement important financièrement pour le pays comme pour la firme qui en hériterait. Si bien que les joutes politiques pour son adoption puis sa répartition furent en effet épiques. Les journalistes, qui redoutaient le rôle d'entremetteurs de Kennedy tels George Smathers, se méfiaient des attributions de contrats d'armement à des firmes proches du clan Kennedy, dans laquelle figurait General Dynamics. Une commission présidée par le sénateur McClellan avait donc été choisie pour remettre un rapport pour déterminer à qui irait le contrat pharaonique du TFX et si il n'y aurait pas de passe-droit pour son attribution. Lors d'une entrevue avec des journalistes, Kennedy eut beaucup de mal à calmer le jeu : "Monsieur le Président, pensez-vous partager l'avis de certains fonctionnaires du Pentagone, membres du comité McClellan, notamment ceux pour la prochaine réélection, qui auraient pu être politiquement motivés pour critiquer le contrat décerné à General Dynamics ?" avait attaqué d'emblée l'un d'entre eux, Kennedy répondant que " comme je l'ai dit, quand un contrat se fait dans un Etat, l'entreprise ou les sénateurs peuvent tenter d'impliquer les membres du Congrès pour qu'ils aillent vers l'un ou vers l'autre. Je ne voudrais pas entrer dans cette question, parce que je ne pense pas que c'est le point important. Je suppose que le comité McClellan, auquel j'ai déjà participé, rendra un jugement just . En second, je suis convaincu du contrat TFX parce que j'ai été convaincu de son utilité par la secrétaire à la Défense McNamara.
Par conséquent, comme je l'ai dit, cette audience peut continuer aussi longtemps qu'elle le veut car j'estime qu'elle sert un résultat utile, et quelles que soient sa motivation, je ne voudrais pas tenter d'influer sur elle, car j'ai pleinement confiance dans le comité et les membres impliqués." Le fameux comité dont parlait alors Kennedy n'était autre que celui qu'avaient créé les deux frères Kennedy pour contrecarrer la mafia, alors très active aux USA. Il était destiné au départ à vérifier les malversations de la caisse de retraite du puissant syndicat des camionneurs, celui de Jimmy Hofa, la terreur alors du pays ! L'écrivain James Ellroy, dans American Tabloïd, fait la part belle à toutes ses turpitudes. Un livre qu'on ne peut recommander ! Dans le cas du Comité et du TFX, il y avait effectivement bien un conflit d'intérêt flagrant entre la famille Kennedy et l'attribution du contrat du siècle à General Dynamics.
Ceci pour la politique et la diplomatie. Mais Kennedy a été également le plus sulfureux de tous les présidents, question vie privée : son image de marque soigneusement entretenue par sa famille, dont ses deux frères Bob et Ted, masquait une véritable obsession sexuelle qui tournait à la folie, avec des agents qui passaient leur temps à trouver des créneaux à Jackie pour qu'elle n'aille pas à la piscine de la Maison Blanche où il y avait invariablement une ou deux naïades, le plus souvent complètement nues. A l'extérieur, c'était un vrai casse-tête pour faire entrer ou sortir du lieu ou Kennedy résidait les prostituées qu'il appelait constamment. Les agents de sécurité n'en pouvaient plus : jour et nuit, ils devaient aussi jouer les voyeurs, à protéger au final les exigences sexuelles journalières de leur patron. "Si on en croit l'enquête de Seymour Hersh en particulier les témoignages très explicites de membres du service secret chargés de la sécurité à la Maison Blanche Kennedy n'a pas dû être trop incommodé par ses migraines. Pour lutter contre elles, outre les innombrables maîtresses que lui valait son légendaire pouvoir de séduction, Kennedy a toujours eu recours à des professionnelles. Une fois Président, son entourage lui fournissait des prostituées qui avaient leurs entrées au palais et notamment à la piscine intérieure, cadre habituel des défoulements présidentiels. Voyages ou week-ends pouvaient être l'occasion de vraies partouzes entre amis, comme cette soirée à Palm Springs, chez Bill Crosby, où un des policiers a pu voir « Powers (un membre du cabinet, ndlr) occupé à baiser une hôtesse. A l'autre bout de la piscine, le Président buvait un verre et s'amusait avec des filles. Tout le monde était à poil. » "La rumeur qui courait du priapisme de JFK doit désormais être tenu pour un fait historique," ajoute même Hersh.
Une particularité qu'évoque justement la dernière en date retrouvée de cette vie dissolue. Tout le monde a en tête encore la fille au béret faisant la bise appuyée à son président préféré : Monica Lewinsky, et les détails sordides de sa relation avec Bill Clinton, grand amateur de cigares et de boîtes à cigares d'un genre peu commun. Aujourd'hui, une jeunette de 19 ans en 1962, révèle dans un livre qu'elle a été la maîtresse de Kennedy avec force détails de la même veine, la jeune fille distribuant une fellation à un collaborateur de Kennedy, au bord de la piscine dont avait parlé juste auparavant en détail Seymour Hersh. Aujourd'hui, on sait donc aussi qu'il n'y régnait pas qu'une sexualité débridée : la drogue était aussi présente aux "parties". "Dans ses mémoires,
Mimi Alford décrit aussi une soirée hollywoodienne dans le ranch de Bing Crosby, au cours de laquelle circulaient des « capsules jaunes », « sans doute (...) du poppers ». Le président lui demanda si elle souhaitait essayer. Elle répondit non, mais « il prit les devants, éclata la capsule et la tint sous (son) nez" raconte Slate. Elle confirme aussi que les galipettes présidentielles n'étaient soumises qu'à une seule restriction : la présence ou non sur place de Jackie Kennedy !
Elle fera aussi des tours sur le Sequoia, le yacht présidentiel, pour un tour sur le Potomac. Ce qui sidère, dans ce récit comme dans le livre de Hersh, c'est le nombre incroyable de personnes qui étaient au courant (entre les amis de piscine et le personnel de la maison blanche ou la garnison de gardes du corps sur place, le personnel du yacht, ça fait du monde en effet !) et qui n'ont jamais rien dit, puisque le livre de "Mimi" est une découverte pour tous ou presque. Ce qui rabaisse illico les prétentions des détracteurs de la théorie interne du 11 septembre, dont l'argument principal est d'affirmer que ça n'a pas pu se faire ainsi car cela aurait impliqué trop de gens ! C'est elle aussi qui nous donne quelques clés sur les relations politiques de Kennedy, qui lui dira un jour à propos de Johnson : "tenez vous éloignée de lui " ! Et c'est elle aussi qui nous dévolie le côté sordide de ce genre d'affaire. Alors qu'elle est repartie à l'université, elle se croiral enceinte et obligée d'avorter... alors qu'il s'agissait, dit le Post d'une 'fausse alarme".
En fait, cela fait maintenant plus de 15 années que l'on savait que Hersh avait raison sur toute la ligne : la seule biographie valable sur JFK est bien la sienne, toutes les autres évitant les écueils graveleux. "C'est en 2003 que l'identité d'Alford avait été révélée, quand l'historien Robert Dallek, spécialiste de l'histoire présidentielle américaine, avait publié des fragments d'une histoire qui se racontait en 1964 et faisait état d'une aventure. Une attachée de presse avait d'abord décrit l'aventure à un chercheur, lui demandant de garder le secret. Dallek l'avait finalement convaincue de rendre l'interview publique pour les besoins de son livre. Le New York Daily News s'était ensuite mis à la recherche de celle qui a aujourd'hui 69 ans et qui, face au délire médiatique, ne put que confirmer l'affaire. A l'époque, le journaliste Hugh Sidey qui couvrait Kennedy à la Maison Blanche confirma dans le Time qu'« il y avait une Mimi. Il y avait aussi une Pam, une Priscilla, une Jill (deux Jill, en fait), une Janet, une Kim, une Mary et une Diana", précise Slate. Mimi, alors qu'elle venait de se marier, le rencontrera pour la dernière fois le le 15 novembre 1963. Il sera assassiné une semaine plus tard, le 22. 
le chef du contre-espionnage (CIA), qui admettra devant eux qu'il savait tout de la relation de Marie avec John F. Kennedy et qu'il était à la recherche de son journal ou les lettres qui pouvaient révèler les détails embarrassants de l'affaire. Le même Angleton affirmera plus tard avoir détruit le contenu de la boîte de fer blanc contenant les lettres et le carnet, non sans avoir auparavant révélé que dedans Mary Pinchot Meyer y évoquait le fait qu'elle prenait du LSD avec Kennedy avant "de faire l'amour". Pour le journaliste Leo Damore journaliste au New York Post, la mort de Mary était donc bien l'acte d'un "professionnel". Un ouvrage qu'il avait rédigé sur le dècès ne paraîtra jamais et lui-même se suicidera en 1995.
Tout ça sans oublier la plus ancienne des maîtresses de Kennedy, Gunilla von Post, une suédoise au bien joli minois, rencontrée juste avant le mariage avec Jackie Bouvier. Elle avait fait surface à nouveau en février 2010, avec la découverte de courriers, dont la plupart envoyés de la riviera française, au Cap d'Antibes, où elle résidait. Une fois marié, les rencontres de Kennedy s'espacèrent mais il lui écrira encore en l'appelant sa "Swedish Flicka"... c'est peut-être une des seules femmes qu'il ait jamais aimé, comme le laisse entendre Paris-Match : "les amants se rencontrent finalement dans un château suédois loin des regards indiscrets de l'électorat américain et de Jackie en août 1955. Avec cette même culpabilité, battue en brèche par un amour torride incontrôlable, Gunilla racontera à ABC, des décennies plus tard : « Je lui ai emprunté [à Jackie, ndlr] pour une semaine, une semaine merveilleuse que nul ne peut m’enlever. » Ce sera leur seule vraie escapade". Jackie, en épousant John, allait commencer son long chemin de croix de femme trompée.

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