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Débat de France 2 : le déshonneur de Bayrou et Bertrand

(mal)Mené par une Arlette Chabot toujours aussi nulle et dépassée, complaisante envers la droite et agressive envers ses opposants*, le débat d’hier soir consacré aux élections européennes sur France 2, A vous de juger, est justement jugé très sévèrement aujourd’hui par l’ensemble des commentateurs.

"Le match dans le match : les grands contre les grands, les petits contre les petits, Mélenchon contre Besancenot, Cohn-Bendit contre Bayrou, Aubry contre Bertrand, Le Pen contre de Villiers. C’est le syndrome café du commerce, commérages et empoignades, combats de coqs et mise en scène", résume le journaliste François Bonnet (sans lien de parenté avec votre serviteur) sur Mediapart. Scandale en effet que ce dispositif hiérarchisant les candidats entre grands et petits, les quatre grands étant, évidemment, les oui-ouistes de l’UMP, du PS, du Modem et d’Europe Ecologie ! Et il est vrai que les échanges ont souvent ressemblé à une foire d’empoigne et l’on ne peut qu’évoquer le lamentable épisode qui a vu François Bayrou accuser Daniel Cohn-Bendit d’avoir justifié la pédophilie dans un livre publié en... 1975, sur lequel l’ex-leader de mai 68 s’était déjà expliqué en 2001, regrettant ce qu’il qualifie de "provocation" : "Prétendre que j’étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L’abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n’y a eu de ma part aucun acte de pédophilie, cite la fiche Wikipédia du candidat d’Europe Ecologie, ce texte qui n’avait pas fait scandale à l’époque est aujourd’hui insoutenable". "Des parents de ces « crèches alternatives » ont d’ailleurs apporté leur soutien au leader écologiste, poursuit la notice biographique : « Nous savons qu’il n’a jamais porté atteinte à nos enfants  », écrivent-ils. Les enfants eux-mêmes rejettent dans cette lettre « toute tentative de rapprochement entre Daniel Cohn-Bendit et des personnes coupables d’abus sexuels sur enfants". Dans ces conditions, l’accusation de François Bayrou est un véritable coup-bas écœurant, de la basse politique politicienne par excellence, qui déshonore son auteur. Citons François Bonnet, du même avis : "Il devait y avoir sortie de route. François Bayrou s’en est chargé en allant racler les fonds de poubelle pour les jeter au visage de Daniel Cohn-Bendit. A la grosse ficelle consistant à révéler « l’amité » supposée du président du groupe des Verts au Parlement européen avec Nicolas Sarkozy, ainsi que ses déjeuners récurrents sous les ors de l’Elysée, le président du MoDem allait ajouter l’abject en exhumant les accusations habituellement portées par l’extrême droite sur des écrits vieux de trente ans du leader des Verts sur la sexualité."

Bertrand ment comme il respire

menteurLe blogueur Mel36 le résume parfaitement sur Le Post : "Coincé entre les partis d’extrème droite anti européens et les partis de gauche anti-sarkozystes, Xavier Bertrand n’en menait pas large. Mais sa mauvaise foi légendaire lui a permis de garder la tête haute comme personne. Accusé à tour de rôle de mensonges par Aubry, Cohn-Bendit, Le Pen et Besancenot, le gentil Bertrand a continué sur sa ligne du "non, c’est faux, j’ai raison"... Dommage pour lui qu’il se soit fait rire au nez plusieurs fois par l’ensemble des sept autres représentants de partis, déclenchant même des applaudissements moqueurs, notamment lorsqu’il évoqua la Turquie ("Regardez, est-ce que la Turquie est dans l’Europe ?") ou encore en déclarant vouloir préserver "le modèle social français". Le secrétaire général de l’UMP n’a vraiment peur de rien ! Qui nous serine depuis la campagne présidentielle de Sarkozy que le modèle social français est dépassé et qu’il faut "réformer" ? L’UMP. Qui défend au parlement européen à tout crin le libéralisme ? L’UMP, au sein du Parti populaire européen. Mais depuis la crise, ledit libéralisme n’est plus très en vogue : Bertrand fait alors mine de vouloir réguler, se moquant ouvertement de la tête des électeurs. Comme quand il nie que Michel Barnier (candidat de la majorité aux européennes) ait signé pour déréguler les quotas laitiers ou pour ouvrir la voie à cette indigne proposition de faire du rosé en mélangeant blanc et rouge. Durant les deux heures de l’émission, Bertrand n’assumera rien de ce qui est en réalité la politique européenne de son parti. Un menteur de compétition ! Tellement énorme qu’on ne peut qu’espérer que tout le monde s’en sera aperçu. François Bonnet, encore lui, démontre son sens aigü de la formule : "Car qu’a-t-on pu voir dans cette mise en scène interdisant de finir toute phrase ou de développer tout argument ? Un Xavier Bertrand assenant un slogan, « la politique de la preuve », à coups de gros mensonges." Un homme politique qui ose ainsi bafouer les citoyens en mentant de façon aussi outrancière se déshonore. Remarquez, il est dans la lignée de son chef Sarkozy, lui aussi menteur invétéré.

Et les autres participants du débat ? Marine Le Pen et Villiers assénant certes quelques vérités anti-europe libérale - ce qui est facile ! - mais discrédités par leur propre libéralisme - le programme économique de l’extrême droite l’est on ne peut plus - et par leurs "pétages de plombs". Il faut avoir vu la fille de son père se ridiculiser en prétendant que la monnaie chinoise était sous-évaluée à cause de... l’euro, alors que c’est évidemment à cause du dollar, et Villiers reprocher soudain en hurlant à Cohn-Bendit son passé soixante-huitard et dans la foulée les millions de morts du communisme ! Un Cohn-Bendit souvent assez bon mais coincé sur son allégeance au traité de Lisbonne, qui interdit toute régulation qu’il appelle pourtant de ses vœux. Aubry, en parallèle, n’assumant ni le soutien de son parti au même traité, ni les votes des eurodéputés socialistes en faveur des diverses libéralisations. Restent Besancenot et Mélenchon, impeccables tous deux. Un Mélenchon qui ne décolérait pas au sortir du débat, comme il l’a exprimé sur Canal + : "Le service public s’est couvert de honte !", rage-t-il. Pour une fois que le Front de gauche n’est pas purement et simplement évincé comme sur France 3 ! Une pertinente vidéo résume la situation, baptisée L’émission clandestine, à visionner ici. Nous n’avons pour notre part pas changé d’avis, nous votons et appelons à voter Front de gauche. En relayant son avertissement suivant : "Le Parti socialiste est-t-il fâché avec les mathématiques ? Ignore-t-il la loi ? Est-il devenu amnésique ? A moins qu’il ne mente sans vergogne pour arracher le vote d’électeurs crédules ? On peut le craindre à la lecture de tracts de dernière minute glissés par le PS dans les boîtes aux lettres. Leur texte circule également par courrier électronique. Il prétend sans honte que pour obtenir des sièges aux européennes les listes doivent obtenir entre 7,7% (Ile-de-France) et 11,1% (Est) et en conclut que le vote PS est le seul vote utile. Il s’agit là d’une manœuvre mensongère. La loi est claire : « les sièges sont répartis, dans la circonscription, entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés  » (loi n°77-729 du 7 juillet 1977 relative à l’élection des représentants au Parlement européen). Les mathématiques aussi : la répartition des sièges se fait en fonction du résultat de toutes les listes ayant dépassé 5%. Au-delà, il n’existe aucun seuil en-dessous duquel une liste est assurée de n’avoir aucun élu. Quant aux scrutins précédents, chacun peut consulter les résultats par soi-même. Lors des européennes de 2004, 6 députés européens ont ainsi été élus avec moins de 7% des voix : 6,04% (en Ile-de-France), 6,08% (en Ile-de-France), 6,15% (dans la circonscription Sud-Est), 6,39% (Est), 6,80% (Nord-Ouest) ou 6,83% (Nord-Ouest)."

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* En ce qui concerne les antécédents de Chabot, ce passage tiré d’un billet de juin 2007 : "Rappelons à tous ceux qui paient la redevance que cette chaîne appartient au service public. Et qu’il s’agit de la même qui a vu sa directrice de l’information, Arlette Chabot,chabot_cop_ offrir trois heures de direct à Nicolas Sarkozy la veille du décompte du temps de parole par le CSA pour la campagne présidentielle ! Une Arlette Chabot qu’on a vu également à l’antenne faire la bise à Jean-François Copé (...). Toujours la même Arlette Chabot qui n’a pipé mot lorsque, alors qu’elle interviewait Nicolas Sarkozy, le futur président a pour la première fois parlé de "ministère de l’immigration et de l’identité nationale". Toute la gauche - et, au-delà, tous les antiracistes - se sont-ils alors indignés ? Tous les journaux ont-ils le lendemain fait leurs gros titres sur cette annonce ? Le rapporteur spécial de l’ONU contre le racisme et la xénophobie, Doudou Diène, a-t-il récemment estimé que cette initiative constituait l’expression de la "banalisation du racisme", dénonçant "la lecture ethnique et raciale des questions poitiques, économiques et sociales et le traitement idéologique et politique de l’immigration comme un enjeu sécuritaire et comme une menace à l’identité nationale" ? Exact, mais alors même que le siphonneur des voix du Front national lâchait cette bombe, il n’a pas fallu compter sur la Chabot pour poser la moindre question, pourtant évidente, ne serait-ce que sur un plan journalistique : l’immigration devait-elle être considérée comme menaçant forcément l’identité nationale, et comment la création d’un ministère pouvait-il censément lutter contre ledit supposé péril ? Personne n’a, à notre connaissance, souligné ô combien Chabot avait gravement failli ce jour-là à sa mission." Ajoutons aussi que Chabot a laissé Sarkozy mentir sans le contredire sur le sujet des multirécidivistes (voir Insécurité : encore une manipulation de Sarkozy).

par Olivier Bonnet (son site) samedi 6 juin 2009 - 87 réactions
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