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Début de scandale international. Après cela Sarkozy ne sera plus le roi du monde

C’est à la suite d’un article révélateur (?) de Libé à la suite d’un déjeuner auto-proclamé le G24 que le scandale s’est développé comme une traînée de poudre. Lors de ces agapes auxquelles participaient des élus de tous bords pour refonder le capitalisme que l’Empereur de tous les continents s’est lâché. En plus du moi, moi-même et je (traduit d’un article du Financial Time selon l’expression coutumière anglaise me, myself and I traitant du sujet) il a succombé à son péché mignon : dégrader les autres pour se survaloriser.

Pour une fois Libé a lâché une bombe qui explose petit à petit un peu partout dans le monde. Lors de ce déjeuner qui a commencé, s’est poursuivi et s’est terminé le tout en permanence en fanfare en l’honneur du Capitaine du Titanic : Festival de « moi je » hier à l’Elysée. De l’entrée au dessert, des tomates mozzarella à la mousse aux éclats de fruits et de chocolat, la vingtaine de parlementaires de tous bords conviés à déjeuner par le chef de l’Etat pour discuter régulation du capitalisme et paradis fiscaux ont eu droit, selon un convive, à « du Nicolas Sarkozy à 200 %, c’est-à-dire étrangement proche de sa propre caricature. On était en petit comité mais il parlait comme à la télé ou à un meeting de l’UMP ! » Nicolas the First s’est proposé de donner son avis éclairé sur les autres patrons qui gouvernent quelques pays de moindre importance comme l’Espagne, l’Allemagne et les USA. Et ce fut un festival :
« Obama est un esprit subtil, très intelligent et très charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position », assure Nicolas Sarkozy. Et il « n’est pas toujours au niveau de décision et d’efficience », dont lui-même ferait preuve. Exemple : la taxe carbone. Compte rendu, version Sarkozy, de son échange avec Obama sur le sujet : « Je lui ai dit : "Je crois que tu n’as pas bien compris ce qu’on a fait sur le CO2. Tu as fait un discours, il va falloir des actes." Le pack énergie-climat que j’ai fait adopter sous la présidence française [de l’Union européenne, ndlr] prévoit en 2020 une baisse de 20 % des rejets de 1990. Nous, en Europe, il y a des sanctions contre les Etats et les entreprises. Lui, il s’engage seulement à revenir au niveau de 1990 et il n’y a pas de sanction. »
Nicolas Sarkozy tape aussi sur José Manuel Barroso, le président de la commission européenne, « totalement absent du G20
Angela Merkel ? « Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position », s’autocongratule le Président.
« On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero », remarque Emmanuelli. « Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle », s’amuse Sarkozy en allusion à Lionel Jospin.
 
Il faut revenir aussi à la seconde mamelle de celui qui fait le job de Président :, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même : son autocongratulation :
« D’ailleurs, dans ma carrière politique, j’ai souvent battu des gens dont on disait qu’ils étaient plus intelligents et avaient fait plus d’études que moi. »
En guise de douceur, le président de la République ne résiste pas à informer ses convives que « le gouvernement espagnol vient d’annoncer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Et vous savez qui ils ont cité en exemple ? »
« Je vais exiger de la Commission européenne que les banques aidées ou nationalisées cèdent des actifs, comme j’ai été obligé de le faire quand j’ai acheté 22 % du capital d’Alstom », poursuit-il, évoquant l’opération qu’il avait réalisée en 2004 lors de son passage au ministère de l’Economie.
 
Il en est à un tel point de surdimensionnement de son ego qu’il parle de lui comme si c’était lui l’Etat : quand j’ai acheté 22 % du capital d’Alstom. Qui dit mieux ? Et bien sûr il exige. Comme il a exigé à Gandrange par exemple. ET comme son habitude il se plante lamentablement. les autres sont nuls mais lui ment et se trompe inlassablement. Le seul qui ait grâce à ses yeux est l’autre bling bling del’autre côté des Alpes : « l’important dans la démocratie, c’est d’être réélu ». […] « Berlusconi, il a été réélu trois fois. » Faux, deux fois seulement comme le souligne le Time bien trop content de nous enfoncer. Le nombre de fois où il est à côté de la plaque pour cet Hypercompétent en devient hallucinant. Il est pour le coup le recordman du monde toutes catégories. Et il a été le roi de l’Europe. Comme vous le voyez il connaît ses dossiers sur le bout des doigts.
 
Autant dire tout de suite que les amabilités de l’Arrogant suprême n’ont pas beaucoup plu dans les misérables contrées dont les chefs politiques respectifs étaient concernés . Et pour le coup il a réussi un 100 % : tout le monde à dos. Il va même réussir à refaire des unions nationales (La presse conservatrice, quant à elle, a sauté sur les propos de Nicolas Sarkozy pour nourrir ses critiques du dirigeant socialiste. ABC en profite pour estimer que Zapatero est « stupide, borné, sectaire, têtu, n’en faisant qu’à sa tête et divisant l’Espagne ». Le parti conservateur a quant à lui commencé par estimer que « Sarkozy pourrait avoir raison » avant de rectifier, notant que « Zapatero est notre Président et, quoi qu’il arrive, s’il est attaqué de l’étranger, nous serons amené à le défendre ».) sur notre dos. Et nous n’avons pas fini d’entendre que le coq est le seul animal qui chante les deux pieds bien enfoncés dans le fumier. Notre image d’arrogance olympique vient de recevoir un bon coup de projecteur, vous savez les sun light.
 
Evidemment l’Elysée dément, comme certains participants mais d’autres confirment : L’Elysée, ainsi que des témoins, ont démenti auprès de l’AFP. "Ces propos n’ont absolument pas été tenus par le président de la République", a démenti à l’AFP l’un des participants à ce déjeuner, le député socialiste Didier Migaud, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.
En revanche, le député Vert François de Rugy, lui aussi présent au déjeuner, confirme les propos rapportés par Libération : "rien de ce qui est dit dans cet article n’est faux", écrit-il sur son blog, tout en ajoutant : "il ne doit pas y avoir d’erreur d’interprétation non plus : il était très clair que Nicolas Sarkozy faisait l’éloge de Zapatero, comme de Gordon Brown ou de Felipe Gonzalez, pour s’en prendre ironiquement aux socialistes français" Il est difficile d’y voir un éloge sauf à croire que seul le fait d’être élu compte quand bien même pour cela il faudrait ne pas être très malin. La phrase du Kondukator est à double tranchant, lui veut prouver qu’il est bien supérieur à ceux que l’on dit plus intelligents et plus diplômés que lui, mais lui a gagné quand ceux-là ont perdu. Et pour arriver à cette conclusion il dit qu’un âne bâté comme Zapatero a réussi à être élu. Il s’y est pris les pieds dans le tapis. En attendant il a bien traité Zapatero de pas très intelligent et même s’il le flattait d’avoir été élu.
 
Place maintenant au festival de la presse internationale (source Le Figosky, le Nouvel Obs, le Monde, L’express, le Financial Time) :
Dans un article au vitriol, le quotidien britannique The Guardian note que le chef de l’Etat, qui avait « déjà irrité ses homologues avec sa vantardise, les avait épuisé avec son hyperactivité et offensé avec sa tendance à envoyer des textos lors des réunions », s’est « surpassé ».
On le connaissait "vantard", "hyperactif" et "familier", mais, cette fois, Nicolas Sarkozy "s’est surpassé", note le quotidien britannique The Guardian. En l’espace d’un déjeuner, "le président français s’est débrouillé pour rabaisser Barack Obama, traiter Angela Merkel avec condescendance et insulter" le premier ministre espagnol.
"Stupide, immature, hors de propos : le jugement de Sarkozy sur ses homologues", titrait en Une le quotidien britannique The Guardian, à propos de ses commentaires supposés sur M. Zapatero, la chancelière allemande Angela Merkel ou le président américain Barack Obama.
Même ironie dans le Telegraph, pour qui « Sarkozy n’est pas connu pour son tact » et possède « une réputation de grossièreté ». L’article consacré par le quotidien aux sorties présidentielles est d’ailleurs titré « Nicolas Sarkozy insulte les leaders mondiaux autour d’un déjeuner ».
- Le Times parle quant à lui de « fin de la brève lune de miel franco-américaine » et estime que « Sarkozy est irrité par l’adulation dont jouit un dirigeant américain sans expérience, dont la popularité a éclipsé (sa) réputation de sauveur du monde ».
Pour le New-York Times, qui n’est pas tendre non plus, Nicolas Sarkozy est connu pour sa tendance à « se vanter et descendre ses homologues ». « Dans le monde de Sarko, le président Obama est faible, inexpérimenté et mal conseillé, Angela Merkel n’a pas compris les problèmes économiques de son pays… » Rapporte le quotidien.
En Espagne, El Periodico glose « sur le caractère fanfaron » du président français,
La Vanguardia doute « que ce soit la meilleure manière de préparer » sa visite en Espagne, qui aura lieu les 27 et 28 avril prochains.
"Fasciné par les commérages, Sarkozy donne la véritable mesure de son altière - et trompeuse - figure politique", commentait ABC.
El Mundo (libéral) compte sur la présence prochaine à Madrid de Carla Bruni-Sarkozy pour "alléger les tensions et contenir les légèretés auxquelles se livre son époux quand il se sent à l’aise et desinhibé".
"Mr. Sarkozy’s model seemed to be Italy’s prime minister, Silvio Berlusconi. ’The important thing in democracy is to be re-elected,’ Mr. Sarkozy reportedly said. ’Look at Berlusconi. He has been re-elected three times.’ (He has actually been re-elected twice.) (NY Times)
President Nicolas Sarkozy is well known for his blunt speaking and ascerbic observations. But even by his standards, insulting his American, Spanish and German counterparts – three of his closest allies – over a brief lunch is quite an achievement. (Financial Time)
 
Mais qui donc peut-il être étonné ? Il avait déjà attaqué dans son tout premier discours de président, les allemands à propos de la résistance, Merkel plusieurs fois, Brown et sa TVA, les arabes dans leur ensemble lors d’une conversation avec les responsables tchèques, les africains à Dakar, tous les hommes politiques au gouvernement ou dans l’opposition, les grévistes, l’armée, les enseignants, les fonctionnaires, les chercheurs, Martinon.... Il tient pour principe cardinal de descendre devant une assemblée les absents afin de, croit-il, se rehausser à leurs dépens, puis devant une autre assemblée avec les absents d’hier il descend les présents d’hier qui ont ri et applaudi à ses bons mots dévastateurs. Il n’y a que ceux qui sont faibles qu’il humilie en public eux présents ou ceux qui ne peuvent répondre comme le pauvre Joffrin, le satisfait Joffrin qu’aucun journaliste n’a défendu en janvier 2008 lorsqu’il avait demandé à la Luminescence si le pouvoir ne dérivait pas vers une monarchie élective, que le Prince des Ténèbres avait traduit par hérédité. Heureusement qu’il ne donne pas des cours de génétique ce gars qui fait son job de Président.
 
Voilà au moins un problème réglé : Sarkozy ne sera pas le roi du monde mais cela va nous coûter cher, très cher. Il faut remarquer que les journaux se servent de l’article de Libération pour enfin dire au grand jour ce qu’ils pensaient de notre Guide sans vraiment trop en parler (Nicolas Sarkozy est connu pour sa tendance à « se vanter et descendre ses homologues », ou The Guardian note que le chef de l’Etat, qui avait « déjà irrité ses homologues avec sa vantardise, les avait épuisé avec son hyperactivité et offensé avec sa tendance à envoyer des textos lors des réunions », s’est « surpassé » ou encore El Periodico glose « sur le caractère fanfaron »), quoiqu’en fait ils en parlaient mais n’étaient jamais relayés en France. Voilà qui est fait.
 
Il est vrai que la presse étrangère et ingrate fait de l’anti-sarkozysme primaire.
par Imhotep (son site) samedi 18 avril 2009 - 62 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Serge (xxx.xxx.xxx.219) 18 avril 2009 13:03
    Serge

    Merci pour cet article de synthèse ...
    1) Sarko est la risée de la presse internationale ;c’est évident à la lecture du " Courrier International " qui pourtant ne donne qu’un aperçu de ce qui s’écrit à l’étranger.
    2) Et dire qu’il a le le pouvoir "d’appuyer sur le bouton de l’apocalypse nucléaire ?"

  • Par Jojo (xxx.xxx.xxx.155) 18 avril 2009 13:17

    « Le mot que tu retiens entre tes lèvres est ton esclave. Celui que tu prononces est ton maître... »Proverbe arabe.


  • Par Reinette (xxx.xxx.xxx.83) 18 avril 2009 12:26
    Reinette

    Le 7 juin 2009, élections européennes, à la proportionnelle. Si on est mécontent de l’Europe actuelle, on vote ! Surtout pas d’abstention, à l’UMPS ils n’attendent que ça !

    Leur Europe n’est pas la nôtre ! Les membres du Parlement européen (MPE)

    Elle est au service des trusts et de la finance. C’est cette Europe qu’ont rejetée les populations des Pays-Bas et de la France, en 2005, puis de l’Irlande en 2008 en votant majoritairement NON au projet de traité constitutionnel
    Une véritable Europe sociale ne pourra voir le jour que par une contre-offensive des travailleurs qui annule toutes les lois et mesures de régression sociale qu’ont imposées, dans tous les pays européens, les patronats et leurs gouvernements.

    Une véritable Europe des peuples signifie pour chaque peuple le droit à sa langue, à sa culture, le droit de choisir ses institutions ; c’est-à-dire, de façon générale, le droit de décider de son destin. Il s’agit aussi de s’opposer au mandat d’arrêt européen, instrument de répression politique aux mains des Etats.

  • Par ndididju (xxx.xxx.xxx.179) 18 avril 2009 18:30

    Qu’attendez-vous ? Saisissez la justice contre Libération !

    Juste en passant, c’est le Président qui a fait le choix de l’ouvrir un peu trop grande devant un public non-entièrement acquis à sa cause (donc, non "sécurisé"), et il ne peut pas nier ne pas avoir su à qui il parlait, quand même !
    Ne soyez pas vous-même naïf au point de croire qu’il s’est fait "piéger" ou "trahir" par les parlementaires et la presse....

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