Jon Lord, qui vient de tirer définitivement sa révérence à l’âge de 71 ans, après avoir souffert d’un cancer du pancréas, n’était pas seulement le co-fondateur, et claviériste de génie, du légendaire Deep Purple, l’un des trois grands groupes, avec Led Zeppelin et Black Sabbath, à avoir donné naissance, dans les « seventies », au hard rock.
Il était aussi, comme son nom - Lord - l’indique en anglais, un seigneur : un seigneur qui, bien qu’il fût un musicien classique hors pair, « premier prix de conservatoire », et qu’il conférât ainsi à ce mythique groupe ses lettres de noblesse, avait toujours l’habitude de jouer très humblement, sur scène, à l’ombre de ses quatre autres compères : Ritchie Blackmore (guitariste), Ian Gillan (chanteur), Roger Glover (bassiste) et Ian Paice (batteur).
Car c’est bien cette formation-là qui, malgré les nombreux changements de musiciens qui caractérisa Deep Purple, fit de ce groupe, au début des années soixante-dix, un monument du rock and roll.
A retenir, en particulier, ces quatre albums incontournables que sont « In Rock » (1970), « Fireball » (1971), « Machine Head » (1972) et, peut-être surtout, « Made in Japan » (1972), l’un des plus grands (et doubles) disques « live », enregistré à l’état brut, lors de deux concerts donnés successivement dans les villes japonaises de Tokyo et d’Osaka, sans aucun remaniement technologique ni post production d’aucune sorte, de l’histoire du rock.
C’est aussi à Jon Lord, du reste, que l’on doit la composition de l’immortel « Smoke on the Water », morceau, introduit par l’un des riffs électriques (sous le doigté de Ritchie Blackmore) les plus célèbres du rock (avec le « Satisfaction » des Rolling Stones), racontant l’incendie qui, dans la soirée du 4 décembre 1971, ravagea le casino de Montreux, petite ville suisse en bordure du Lac Léman, alors que Frank Zappa and the Mothers y jouaient sur scène lors de son fameux festival de jazz.
C’est donc avec une tristesse toute particulière que ceux qui ont passé la cinquantaine, tout comme moi, tiennent à rendre hommage à ce seigneur du rock que fut, effectivement, le discret mais excellent Jon Lord.
Car Deep Purple, pour les nostalgiques de ces années-là que nous sommes, c’est un peu, toutes proportions gardées, une de nos madeleines de Proust, lorsque la recherche du temps perdu rejoint, à travers l’évocation du souvenir, le temps retrouvé : ils bercèrent, fût-ce parfois à grands bruits, notre adolescence ; et c’est comme un nouveau mais inexorable pan de notre propre jeunesse qui, avec cette mort de Jon Lord, s’en va également pour les orphelins quinquagénaires que nous sommes ainsi, à travers ces disparitions qui commencent à s’accumuler pour nous, chaque jour un peu plus.

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@Gabriel Oui, mais en même temps je me dit que Nolwenn à très bien fait de s’y (...)
22/07 18:41 - files_walkerDe l’Ecossaise... Il a un malaise le maladif ???????? Quoi de désobligeant dans mon (...)
22/07 18:21 - Micka FRENCHRelis-moi bien, la porn-star... tu poses ta question après la réponse.
22/07 18:16 - LeManuToujours en suivant l’émission dont je parle au dessus.. Cohn Bendit, y dit quelque chose (...)
22/07 12:50 - lemoutonBonjour Chapoutier... Mais au niveau créatif, tant en musique, théâtre, arts plastiques, ça (...)
22/07 12:18 - lemoutonC’est un peu con d’être dans la nostalgie de sa jeunesse mais dans ce cas (...)
22/07 11:59 - Marcel Chapoutier
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