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Accueil du site > Tribune Libre > Démocraties en loques

Démocraties en loques

 Les dirigeants des Démocraties occidentales semblent livrer leur peuple à des puissances que personne, pas même eux, ne peut ni connaître ni maîtriser. Les Démocraties semblent disparaitre sous les coups d’un radicalisme religieux aux multiples servants dont le dieu s’appelle « Marché ». Comme toutes les divinités, il prétend incarner la Vérité, une vérité éternelle, absolue, indiscutable, valable partout : l’équilibre offre-demande se régule seul sans aucun besoin de décisions politiques, si ce n’est pour détruire les structures gênantes héritées d’un passé révolu. Les dirigeants sont-ils serviles ou impuissants ?

 Une Démocratie, pour être opérationnelle, désigne des représentants et, parmi ceux-ci, un dirigeant en charge des décisions finales. D’évidence, tout responsable ne doit demander à son équipe, groupe ou « peuple » qu’une seule chose : des efforts. Si il suffisait d’aller au plus facile, à quoi le responsable servirait-il ? Les efforts sollicités seront d’autant mieux acceptés, que celui qui les formule sera aimé au delà de la raison, quasi-déifié. Mais le mode de désignation des élus, et surtout leur comportement, ne permet pas la distanciation avec le « commun » nécessaire à une dévotion : les gens perçoivent mieux leur caractère ordinaire qu’extraordinaire. Des efforts doivent donc être demandés mais le système structurellement ne le permet pas ou plus. Le futur élu doit obtenir l’agrément d’une majorité, il va donc s’appliquer à l’obtenir : ses propositions dépendront essentiellement des rapports de force qui se dessinent pour les élections auxquelles il se présente. Plutôt que d’expliquer clairement et objectivement les enjeux et les défis qu’il affronte, que le pays affronte, il va s’efforcer de déterminer la martingale gagnante. Si son sens politique va dans le sens de l’histoire (lire : si ses supputations électorales sont correctes), il va pouvoir triompher. L’Art du Verbe est considéré comme le plus grand des arts pour faire carrière en politique. Notre candidat devenu dirigeant ne pourra pas, au moins d’une façon cosmétique, ne pas tenir ses promesses de jours meilleurs, il va devoir verser des financements aux uns, faire des dégrèvements aux autres. Il n’est pas nécessaire que ces actions soient associées au bien de tous, il suffit, mais c’est impératif, que les uns murmurent leur contentement (ils ne feront jamais plus de bruit), tandis que les autres, une minorité de préférence, hurlent de rage afin que les médias de toutes sortes soient saturés de leurs cris. Le problème qu’il affronte c’est qu’il ne dispose pas des crédits nécessaires. Il ne peut pas non plus faire une quelconque redistribution des richesses qui s’imposerait par la justice ou le bon sens. Quand aux miracles permis par la « croissance », même les plus dévots n’y croient plus. Qu’à cela ne tienne, notre leader va emprunter sur les « marchés ». Le Qatar, par exemple, est devenu l’un des premiers investisseurs mondiaux grâce aux devises encaissées par ses ventes de pétrole aux consommateurs asiatiques ou occidentaux. L’importance des investissements financiers et des enjeux géostratégiques rend illusoire toute gestion autonome et démocratique d’un État par ses dirigeants. L‘impuissance des gouvernements pour lutter contre des déséquilibres économiques et sociaux ne peut que conduire à une remise en cause radicale de l’ensemble de la classe politique. Les élus ne pouvant plus grand-chose pour leurs électeurs - ceci indépendamment de leur talent personnel ou de leurs convictions- il faut occuper la scène politique en focalisant l’attention des masses grâce à l’émoi qu’engendrent les choses insignifiantes mais fortement symboliques : du « mariage pour tous » à la déchéance de la Nationalité, ou, pour les plus anciens, l’abolition de la peine de mort et le « droit » à l’avortement. Tout fut fait pour mettre sous le boisseau le plus important, la lutte des classes, quitte à favoriser la lutte des sexes, des jeunes contre les moins jeunes, de la fonction publique contre le privé, des CDI contre les CDD … Le symbolique mis en avant ne créait que des divisions supplémentaires parmi ceux qui auraient eu besoin d’union pour lutter contre une domination d’autant plus impitoyable qu’elle avait perdu ne serait-ce qu’un vernis chrétien dont elle se paraît jusqu’alors.

  Il ne faut plus accuser les politiques de ne rien faire pour leurs électeurs, ils n’y peuvent rien, la raison est structurelle. Cependant, il serait peut-être possible de redonner à la Démocratie tout le respect que chacun lui doit : il suffirait que les élus croient autant en ses vertus que les électeurs et qu’ils abandonnent ce rôle de pitre pendu aux ficelles de communicants : « Les habiles finissent toujours par avoir tort ». Il faudrait qu’ils cessent ce rôle de tartuffe qui est une insulte faite à tous mais en particulier aux classes populaires peut-être plus prêtes à croire en l’État, car la Nation est à peu près tout ce qu’ils leur restent, dépouillés de leur emploi, de leur utilité sociale. Couches populaires qui se sentent méprisées par les subsides alloués alors qu’elles ne demandent qu’à participer pleinement à la collectivité.

 Il faudrait … mais ils ne seraient peut-être pas élus !


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19 réactions à cet article    


  • Robert GIL Robert GIL 11 janvier 11:28

    Le capitalisme est le meilleur garant de la démocratie. C’est du moins ce qu’on nous a toujours dit. Mais la réalité, elle, contredit cette affirmation...voir ici


    • La mouche du coche La mouche du coche 11 janvier 13:14

      Un article aussi crétin ne peut être que celui d’un Charlie manipulateur probablement payé par le gouvernement


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 11 janvier 17:47

      @La mouche du coche

      Je suis chimiste et je n’ai rien à voir avec le gouvernement. 

    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 11 janvier 17:49

      @Robert GIL

      Au delà des mots, Démocratie, Capitalisme, Communisme, Libéralisme … il va falloir trouver une voie propre.

    • mmbbb 11 janvier 21:21

      @Jacques-Robert SIMON il est con c’est un avatar du creationnisme Dieu s’en mord les doigts


    • Sozenz 11 janvier 12:04

      très bon article. lucide et clair.


      • mmbbb 11 janvier 21:19

        c’est l’elite qui faillit Elle ne croit plus en notre pays Cette elite qui est de connivence avec les ultra liberaux et qui ne cessent pas de critiquer le peuple de le fouler Il y a un essai de deux journalistes a ce sujet Livre que j’ai feuilleté a la FNAC L’art du verbe a ses limites le taux d’abstention et la versalité des votes le prouvent Le verbe n’a plus l’a force d’antan Quant a l’economie c est la mondialisation chaotique qui seme le bordel Personne ne cite Maurice Allais qui pourtant avait predit que l’europe etait vouee a l’echec Quant a la democratie le peuple n’est plus respecte Voir Sarko qui s’est assis sur le referendum de 2005. Tout est fait pour exciter les nationalistes


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 12 janvier 09:07

          @mmbbb

          Je suis en accord avec vous, cependant il n’y a pas que les « élites » qui ont failli.

        • mmbbb 12 janvier 10:39

          @Jacques-Robert SIMON Certes mais comme nous sommes dans une societe hierachisee et dont le pouvoir est detenu par cette elite c’est normal qu’elle doive avoir les premieres critiques les plus acerbes Notamment cette elite qui a choisi le Minitel au detriment de la revolution numerique contre l’avis de Louis Pouzin formidable polytechnicien c ’est balot Comme par ailleurs ancien president d"Alcatel ( Thuruck ) qui ne voulait plus d’entreprise en France et meprisait de facto les chinois Vous voyez la descente de cette entreprise alors qu elle fut innovante et devancait Siemens dans les annees 1990. Il est facile de critiquer le programme Rafale mais sa conception a su au moins preserver un savoir faire de haute technologie et on s aperçoit qu il s’affirmr comme un bon avion C’est toujours ca de garder helas puisque l’ensemble des PMI PME francaise sont tout de meme al traine Probleme recurrent deja souligne par Giscard .


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 12 janvier 11:54

          @mmbbb

          Le Minitel fut une réelle réussite et les « ordinateurs connectés » de M. Pouzin aurait pu se développer en parallèle. Quant au Rafale, je n’ai pas de critiques liées à la technique, je pense surtout que ce genre d’avions ne sera plus développé qu’aux États-Unis pour une multitude de raisons politiques et militaires. 

        • mmbbb 12 janvier 13:20

          @Jacques-Robert SIMON Le Minitel etait certes innovant mais si vous regardez son organisation c’’est une architecture deconcentree a la maniere d’une administration francaise Donc cela a du influencer le choix de nos enarques a l’esprit jacobin Le MINITEL ne pouvait donc pas pretendre a conquerir les marches d’autant plus que nous n’etions pas maitre dans la fabrication des microprocesseurs Ce bidule etait equipe de puce TEXAS INstrument Internet developpe par ARPANET est une achititecture en etoile ce n’est pas le meme principe Maintenant l’informatique est sous domination americaine C’est con mais ainsi Le programme Rafale a permis de conserver un savoir faire et une expertise bien qu il fit tant decrie et d’associer des entreprises comme SAFRAN THALES 


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 12 janvier 19:59

          @mmbbb

          J’ai participé aux écrans plats à cristaux liquides du Minitel : chacun a fait de son mieux. Techniquement, tout était en ordre. Par contre, il est vrai que l’aspect marketing était étranger à la préoccupation de presque tous. 
           Je n’arrive pas à supporter que notre politique étrangère dépende autant des ventes de Rafale, en particulier à l’Arabie Saoudite. 

        • philippe baron-abrioux 12 janvier 11:25

           BONJOUR ,

           il y a peu j’ai entendu un éditorialiste politique déclarer que la démocratie (actuelle ) s’exerçait de la façon la plus efficace et vraie grâce aux réseaux sociaux .

           bien qu’étant ouvert à ces technologies et à leurs applications mais étant prudent sur leurs utilisations (qui d’ailleurs créent 2 catégories de citoyens -une de plus- ceux qui ont F...et ceux qui n’ont pas F...) ,je fais le choix de ne pas m’y abonner .

          à tort peut être mais l’immédiateté avec laquelle il devient indispensable, si on veut faire partie de cette catégorie de personnes « informées » et qui donc sont en droit d’émettre un avis autorisé, ne me convient pas ;j’ai besoin d’un temps pour comprendre ce que recouvre une information et y réfléchir au cas où j’aurais un avis ou une opinion à me forger .

           je suis (presque ) émerveillé par la promptitude avec laquelle je lis des réactions à une information et je ne peux m’empêcher de me dire : « quel C...de vieux tu es devenu ! » .

           CETTE RUEE VERS L’ INFO en masse ,à la vitesse toujours plus grande que permettent les nouveaux processeurs devient générale et y sont inclus ,pour faire court, ceux qui nous gouvernent ,eux qui devraient avoir ce temps de la réflexion qui sans aucun doute leur éviterait d’avoir à se déjuger aussi lamentablement ,parfois en un jour , ce qui donne d’eux une image de girouettes assez peu compatible avec la démocratie qu’ils prétendent incarner pour la durée de leur mandat .

           QUAND ON SAIT TOUTES LES MANIPULATIONS POSSIBLES sur ces réseaux dits « sociaux » , si on veut que la Démocratie ne devienne pas un joli mot qui perde son sens profond ,réel ,peut être faudrait il que nos gouvernants ne soient plus les« commentateurs de leur chaine d’information en continu » ,toujours à la recherche du micro et de la caméra qui signaleront, comme preuve d’efficacité de leur fonction, le délai avec lequel ils sont intervenus sur les ondes ?

           la pratique de la démocratie ne se démontre pas avec un chronomètre .

           la précipitation , les couacs et leurs conséquences , sont autant d’attitudes déroutantes pour une société déboussolée et qui tombe dans les bras de ceux ,les pires ,qui ne cessent de leur rabâcher que ,eux ils ont réfléchi .

           SANS DOUTE BIEN PLUS QUE CEUX QUI VEULENT PROFITER DES MORTS DE 2015 POUR

           INSTAURER UN ETAT D’ URGENCE PERMANENT et des catégories distinctes de citoyens français !

           P.B.A

           

            


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 12 janvier 11:57

            @philippe baron-abrioux

            Votre commentaire est intéressant. Vous devriez, après quelques ajouts, le soumettre comme article.

          • philippe baron-abrioux 12 janvier 15:58

            @Jacques-Robert SIMON

            BONJOUR ,

            merci tout d’abord pour votre réponse .

             EN CE QUI CONCERNE la proposition de soumettre mon message pour le transformer en article après quelques ajouts comme vous me le préconisez ,ma réponse est claire :non !

             je me suis inscrit sue ce site le 19 07 2015 . j’ai trouvé des articles sur toutes sortes de sujets dont j’ai apprécié la diversité et parfois l’intérêt et la mesure .

             un matin ,j’ai découvert un article particulièrement insultant pour le peuple grec ;

             ce jour là , j’ai choisi d’essayer de faire paraître un article pour tenter d’amener quelques éléments de réflexion entre autres points pour indiquer qu’il ne fallait pas imputer à un peuple entier les errances de leurs gouvernants .

             souvenez vous ,nous étions en plein mélodrame grec et le peuple subissait depuis plusieurs années des souffrances de tous ordres et on prévoyait que cela allait encore empirer .

             CET ARTICLE qui ne visait qu’à apaiser et à rappeler ce que la Grèce avait connu depuis le 21 avril 1967 (coup d’état des colonels) et son entrée dans cette belle Europe qui était en train de l’étouffer avec la complicité de la BCE et du FMI ,n’a jamais été publié .

             MIEUX ,je n’ai jamais su quelle en est la raison objective ;j’aurais au moins que l’on ait l’amabilité de m’en indiquer une .

             j’ai été tenté une autre fois de rédiger un article sur un tout autre sujet .

            mais,réflexion faite ,j’ai renoncé . j’ai choisi un autre site sur lequel il est plus facile de poursuivre un échange construit et exempt le plus souvent de grossièretés qui n’ajoutent rien au propos .

             bonne fin de journée !

             P.B.A

             

             


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 12 janvier 20:03

            @philippe baron-abrioux

            L’arbitrage se fait ainsi : vous devenez arbitre une fois que vous avez publié 4 articles. Vous donnez alors votre avis sur les articles de votre choix : ils seront acceptés si les avis positifs l’emportent sur les avis négatifs.
            Quoi qu’il en soit, ce que vous écrivez est construit et clair, je ne vois pas de motif de refus. 

          • fcpgismo fcpgismo 12 janvier 13:33

            Le marché ;

             c’est l’avidité, la cupidité, en chaque homme qui ne c’est pas désintoxiqué de cette drogue mortelle.

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