Le résultat des élections législatives n’est pas, à proprement parler, une surprise.
Il confirme la volonté des citoyens de voir rejetée la politique antisociale et bien peu républicaine menée depuis plusieurs décennies.
Dans le même temps, il présente des ambigüités. Certes, il donne au Président nouvellement élu une majorité que le mode de scrutin n’a pu que favoriser. Mais le rejet de la majorité précédente s’accompagne d’une montée de l’abstention autant que de l’extrême droite qui affaiblit la légitimité des deux principaux partis politiques.
De plus, se confirme la soumission du Parlement au Président dont il devient une sorte d’émanation, surtout depuis l’inversion du calendrier électoral décidée en 2002. D’année en année, les bases d’une vraie démocratie s’effritent sous les murs d’un présidentialisme de plus en plus prégnant.
L’Union européenne aggrave cette dérive en décidant de façon assez opaque sans se soucier de la souveraineté populaire et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
Or, le pays a besoin de cette vie démocratique qui, en valorisant les positions de chacun, permet le rassemblement des efforts au-delà de l’expression indispensable de divergences bien normales. Face à la crise que traverse aussi bien le pays que l’union européenne et, plus largement, l’équilibre du monde, le changement ne saurait se limiter à celui d’un homme, même si celui-ci était évidemment nécessaire. Il demande une dynamique mobilisant tous les citoyens au sein du corps social.
La réaffirmation de la souveraineté populaire est ainsi non seulement un objectif éthique, mais aussi un instrument indispensable face aux défis sociaux, économiques ou géopolitiques du moment. La nécessité d’une remise à plat du système institutionnel et politique trouve ainsi une fois de plus sa justification. Mais force est de constater qu’il ne peut plus se régénérer lui-même, toute tentative de le changer de l’intérieur semblant inéluctablement vouée à l’échec. Seule la réappropriation de la vie publique par l’ensemble des citoyens ouvre le chemin des changements nécessaires.
L’élection d’une Assemblée constituante en France est l’outil d’un tel processus de réaffirmation de la souveraineté populaire.
André Bellon, président de l'Association pour une Constituante.

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19/06 13:59 - bernardCes élections ne prouvent rien. Les législatives ont été vidées de toute substance et les (...)
18/06 19:58 - divernaDe toute façon un système où le législatif est soumis à l’exécutif est de fait un régime (...)
18/06 16:40 - Scual
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