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Désillusion à gauche : le sarkozyste Valls pourrait siéger au gouvernement

La présence du sarkozyste Valls dans le prochain gouvernement serait un signe particulièrement négatif envoyé à la gauche. Une nouvelle d’autant plus mauvaise si, au lieu de choisir Martine Aubry ou Jean-Marc Ayrault, Hollande avait la fâcheuse idée de lui confier le poste de Premier ministre.

Hollande commettra-t-il une grossière erreur de casting, mardi, après sa prise de fonction ? D’aucuns le redoutent à gauche de la gauche où les mauvais pressentiments n’ont pas tardé à effacer l’immense joie de l’élimination du fou Sarkozy ! Les craintes de voir le nouveau président de la République privilégier la voie libérale au détriment d’une politique radicalement sociale risquent de se vérifier, s’il choisit Valls comme chef du gouvernement.

 

Valls à Matignon, adieu le progrès social

Si Valls est envoyé à Matignon, ce sera un signe alarmant pour la reprise du progrès social, auquel ce faux homme de gauche, régulièrement encensé pour son « réalisme » par la droite sarkozyste, s’est ostensiblement opposé, notamment en cautionnant la suppression de la retraite à 60 ans, et en approuvant la TVA, dite sociale, de Sarkozy, et en prônant une politique de rigueur préjudiciable à la croissance et aux plus modestes !

Son appartenance au PS a d’ailleurs suscité à maintes reprises des recadrages fermes de la part de quelques dirigeants, tel Benoît Hamon son porte-parole, souvent irrité par le discours droitier de Valls, en contradiction, ou parfois carrément en opposition, avec la ligne officielle !

Premier ministre ou simple membre du gouvernement, son influence peut s’avérer particulièrement négative s’il a l’écoute d’un président trop inféodé au système libéral européen et à la ligne rigoriste de la chancelière allemande, qui incite à des coupes budgétaires douloureuses dans le domaine social ! La chancelière allemande Merkel, qui manifestement entend garder une main de fer dans ses rapports avec les dirigeants français !

Valls, sur les traces d’Hortefeux et Gueant…

En nommant le « sarkozyste » Manuel Valls ministre de l’Intérieur, François Hollande renoncerait également à une approche humaniste des questions de sécurité. Il est à craindre que ce jeune loup de 49 ans d’origine espagnole, aux dents très acérées, qui aurait naturellement sa place à l’UMP, ami d’Alain Bauer, le patron de l’observatoire de la délinquance nommé par Sarkozy, ne poursuive une politique essentiellement répressive.

Sur les traces d’un Hortefeux ou d’un Gueant, notamment en matière d’immigration, à propos de laquelle il s’est dit favorable aux quotas, depuis 2009, il n’a cessé de manifester son soutien à la politique sécuritaire de Sarkozy !

Valls apparaît comme le rigide de service. Pourtant ultra-minoritaire au sein du PS. Au cours des primaires socialistes d’octobre 2001, contrairement à la percée spectaculaire d’un Montebourg -favorable comme Mélenchon à la retraite à 60 ans et à une VIème République-, qui a obtenu 17,3%, lui a subi un cinglant revers en finissant dernier des socialistes en lice, avec 5,7% des voix.

Valls le Premier ministre que veut le Medef

On s’est souvenu, chez les électeurs, de l’ambitieux opportuniste aux convictions chancelantes qui, en 2005, avait d’abord fait campagne pour le non au TCE avant de se rallier au oui… En janvier 2011, à peine sa candidature annoncée, il disait vouloir « déverrouiller les 35 heures »…

Après cette peu glorieuse défaite, Valls a su rebondir, très vite et fort opportunément, en se raccrochant au train du vainqueur. Ce qui lui vaut d’être aujourd’hui récompensé, après s’être acquitté avec assiduité du rôle de directeur de la communication du candidat Hollande !

A l’époque, Hollande sortait lui-même d’une période de marginalisation du fait de l’omniprésence d’un DSK qui s’imposait comme le candidat naturel des socialistes. Libéral lui-même, le candidat officiel a naturellement accueilli ce renfort, aujourd’hui chouchou de la patronne du MEDEF, Laurence Parisot, qui espère le voir nommer Premier ministre. Ce qui en dit long sur la perception de Valls par les forces les plus réactionnaires et rétrogrades du pays, qui ont identifié en cet homme un des leurs !

Un rocardien qui provoque l’agacement de ses camarades du PS

Il est vrai que Valls, le rocardien, se disant pragmatique, ancien soutien de Ségolène Royal, s’est fait remarquer plus souvent qu’à son tour en se distinguant de la ligne du parti sur des sujets sociaux qui auraient dû emporter l’unanimité. Il s’est surtout singularisé en soutenant la politique de casse sociale de Sarkozy, provoquant l’agacement, pour ne pas dire la colère de certains « camarades ».

Au lendemain de l’élection, à la veille de son investiture officielle à l’Elysée, la crainte de millions de gens, c’est de voir Hollande s’appuyer sur des "sarkozystes" encartés au PS, tel que Valls, lesquels prendront l’ascendant sur un président pourtant censé porter les espoirs de changements bénéfiques aux classes populaires. Or, les préoccupations de Valls se situent aux antipodes de la démarche humaniste d’un Mélenchon.

Réduire la politique à des exercices comptables, sous le prétexte fallacieux de cette crise dont on nous rebat les oreilles, ce n’est pas être un homme politique mais un pantin au service des riches et de la finance mondiale. Il n’y a pas de crise ! Il y a juste une mauvaise pièce de théâtre créée de toutes pièces par les ultralibéraux pour semer la panique chez les peuples de la planète, afin de les asservir davantage encore à leurs règles. Valls est un grand serviteur du Nouvel Ordre Mondial... et par conséquent un grand danger pour le progrès social et les petites gens !

Les législatives rappelleront à l’ordre le président Hollande

Les législatives arrivent. Elles doivent rappeler à l’ordre le nouveau président ! Cette fois, le vote utile, ce n’est pas éliminer un fou (Sarkozy), en votant par défaut pour un libéral (plus présentable), c’est imposer une politique pour le peuple et non pour les riches financiers. Par conséquent, maintenir à l’écart de la responsabilité des affaires publiques des individus comme Valls qui, a terme, finiront par rejoindre leur famille politique naturelle, loin de la gauche !

Mesure emblématique de la rupture avec le sarkozysme, le rétablissement du droit au départ à 60 ans, préconisé par Mélenchon et le Front de Gauche, auquel est farouchement opposé Manuel Valls, s’imposera de lui-même si le Front de Gauche réussit à établir un rapport de force crédible face au PS à l’Assemblée nationale.

Ce qui suppose de disposer d’un nombre de députés suffisant pour avoir la possibilité de créer un groupe parlementaire !

Ce qui signifie que, pour limiter l’influence ou la marge de manœuvre des sarkozystes tel que Valls, la vraie gauche puisse participer activement aux affaires…

Verdi

Dimanche 13 mai 2012




par Verdi (son site) lundi 14 mai 2012 - 77 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par moussars (---.---.---.40) 14 mai 2012 12:55

    Walls pragmatique.
    Moi aussi. Mais c’est curieux car mes idées, c’est-à-dire mes solutions sont à l’opposé de ce gigolo :
    Constatant qu’il n’y a pas crise de la dette mais crise des recettes, je décide de :
    1.) Vraiment supprimer les niches fiscales et exonérations de toutes sortes des possédants : 160 milliards (qui peut varier quelque peu suivants les calculs) de transferts annuels entre les salaires et retraites et le capital (c’est un fait qu’un individu sachant seulement faire des additions peut constater)
    2.) Stopper l’évasion fiscale et sanctionner (pénalement et civilement, avec dommages et intérêts), comme il le faut, les responsables de l’évasion fiscale de 600 milliards (chiffre du journaliste Peillon de La Croix, pas vraiment révolutionnaire (suite à une année d’investigation) et de l’économiste Gabriel Zucmann (par une méthode scientifique)).

    Plus de déficit, plus de dettes (et encore d’intérêts de la dette), plus de trou de la sécu, des retraites...
    J’attends la réfutation des 2 points par mes détracteurs. Partisans du « Si c’était aussi simple, ce serait fait depuis longtemps », s’abstenir !
    La solution est politique, gramscienne, et non technique ou économique.
    Il faut juste être un démocrate et avoir un minimum le sens de l’équité.
    Le reste...

  • Par jaja (---.---.---.129) 14 mai 2012 11:11
    jaja

    Infléchir la politique du PS vers la gauche est l’illusion politique majeure sous-jacente ici. Jamais le PS n’ira à l’encontre de la volonté des capitalistes... et en ce sens Valls, aussi détestable soit-il, n’est en rien différent de n’importe quel autre ministrable socialiste...

    Se faire des illusions sur la nature du pouvoir en France c’est désarmer les gens du peuple et les empêcher de se réclamer du combat pour une opposition de gauche à l’austérité qui sera inévitablement mise en place par le nouveau gouvernement...

  • Par Cocasse (---.---.---.36) 14 mai 2012 11:15
    Cocasse

    Si je me rappelle bien, ce sinistre individu fait partie du groupe de bilederberg.
    Un mondialiste pur jus, particulièrement détestable, il me fait penser question mentalité au divers BHL, Val, Kouchner.

  • Par wesson (---.---.---.240) 14 mai 2012 18:34
    wesson

    bonsoir le matou,


    « Pas besoin de boule de cristal, il suffit d’anticiper. »


    rabâcher le préchi-précha libéral ce n’est pas de l’anticipation, c’est juste du rabâchage.


     « 

    se traduira par des suppressions massives d’emplois :
    -par l’automatisation dans les services (y compris supermarchés=> caisses automatiques)
    -par la délocalisation dans la production de produits industriels ou alimentaires
     »

    c’est à se demander pourquoi il n’y avaient pas pensé avant ... mais merde, ils y ont pensé avant... cet argumentaire est ridicule : c’est en plein âge d’or libéral et baisse généralisée des salaires que les délocalisations ont été les plus massives, pour une raison très simples : les salaires ne sont jamais assez bas. 

    « -par la faillite dans les petites entreprises »

    celui là est effectivement le pire des arguments idiots. Les petites entreprises ont à plus de 80% une clientèle locale. Assurer des bons salaires, c’est assurer la pérennité de cette clientèle. Avant toute chose, une entreprise a besoin de clients. Et si elle en a, elle peut toujours payer ses salaires. A l’inverse, si elle n’a pas de client, vous pourrez mettre le travail gratuit que l’entreprise ne sera pas plus viable. 

    Et baisser les salaires, ça fait 30 ans que on le fait, avec le succès que l’on connait.

    En Grèce, en pratique ils ont divisé les salaires par 2. La encore, le succès est total ! 


    Comment peut-on encore de nos jours débiter de telles âneries, qui sont démenties partout par les faits !

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