Ce monde manque cruellement d'amour. Voici une analyse des causes, et des propositions pour les régler.
Quelques constats chiffrés, centrés sur la société française - mais les autres sociétés occidentales n'offriraient pas un spectacle très différent :
Nous ne pouvons pas non plus additionner toutes ces catégories parce qu'elles se recoupent en partie. Certains, comme moi, ont vécu les 3, viol, inceste et solitude.
Franchement, un observateur impartial exposé à cet état de fait conclurait forcément à une catastrophe humanitaire. Ce pays riche d'argent est un pays pauvre d'amour.
Il y a des responsables à cette situation lamentable. Ces responsables sont les institutions sociales qu'on nomme le couple et le mariage et la famille nucléaire, et les idéologies, les comportements, les mentalités qui vont avec.
Ces institutions sociales :
De prime abord, on pourrait se dire qu'on ne peut rien faire, car qui a le pouvoir de changer des institutions sociales basées sur des siècles d'erreur, qui aurait l'instrument magique pour changer les mentalités ? Il n'en est rien. On peut tout à fait vivre autrement qu'en couple et en famille. On peut échanger beaucoup plus d'amour, de bonheur et de fraternité avec autrui en adoptant tout simplement - ICI et MAINTENANT - d'autres idées, d'autres comportements, d'autres valeurs, d'autres usages.
Au niveau des valeurs, on peut commencer par déclarer que tout ce qui comporte, favorise, génère, maintient de l'amour, est bon, souhaitable et encouragé.
Cela signifie que :
A l'inverse, on retournera évidemment les valeurs puantes du couple et du mariage :
Le couple et la famille ne sont pas des instances abstraites, on peut au contraire les voir formater la réalité sociale d'une manière absolument abjecte. La trace la plus significative de l'emprise de l'idéologie du couple exclusif et de la famille nucléaire, c'est tout simplement l'habitat.
Alors que les sociétés humaines ont multiplié les formes d'habitat collectif, l'occident est une des seules cultures à avoir valorisé l'habitat restreint à l'unité familiale.
De sorte qu'il est devenu difficile de trouver un appartement qui soit autre chose qu'une structure familiale. Il n'y a guère que la catégorie des studios d'étudiants et des "chambres de bonne" qui échappe à l' "universalité" de fait du "foyer familial". En effet, quand le couple s'est formé et a décidé de "fonder une famille" (c'est à dire simplement baiser jusqu'à ce que la nature produise 3 à partir de 2, ce qui est à la portée de tout un chacun) la prochaine étape sera forcément la recherche d'un habitat pour loger cette famille - un habitant aussi permanent, exclusif, privatisé et replié sur soi que le couple et la famille.
Cette institution qui s'exprime par l'habitat, on peut facilement la casser en restructurant l'habitat, et aussi en libérant les habitants de leurs habitudes :-)
La solution est connue, c'est celle, d'abord, de la colocation. A savoir qu'au lieu de vivre en famille, on vit dans des communautés à taille humaine, de 3 à 10 personnes. Ces colocataires peuvent être actifs ou pas, parents ou pas, avoir divers âges, même si de fait on sait que les gens ont tendance à se regrouper par affinités, donc par âge, classe sociale, profession etc. Cela ne pose pas problème.
L'autre solution est celle de l'habitat collectif de taille supérieure à celle de la coloc. Je n'ai pas rencontré ça souvent, mais parfois quand même, trois exemples : 1/ une communauté d'artistes installée dans une ancienne manufacture, à Marseille. Les gens vivent et travaillent sur place. Certains ont des enfants. 2/ un éco-village dans le sud de la France. Beaucoup des habitants sont des militants écolos. 3/ un immeuble transformé en habitat collectif à Berlin. Sur 4 étages - sans serrures, avec peu de séparations, avec de grands espaces communs - salon, cuisine, buanderie - et des espaces privés, les chambres. Une quarantaine de personnes y vivent, âgés de 20 à 40 ans.
Coloc et habitat collectif sont des solutions applicables partout, il suffit de changer les règles d'usage et, le cas échéant, de casser quelques murs ou d'enlever quelques portes - ça fera du bois pour le feu. Et les "familles" et les "couples" y sont bien entendu les bienvenus, à condition qu'ils ne vivent pas en vase clos.
Déjà, on peut faire en sorte d'empêcher que la situation tragique de dépendance d'enfants et d'adolescents vis-à-vis de trop de parents violeurs ou violents ou abandonneurs ou incompétents soit réduite.
Pour cela, on peut : créer un droit à l'indépendance à partir de 16 voire 14 ans. De là, les jeunes gens qui le souhaitent peuvent échapper à leur vie familiale malheureuse, et aller vivre, par exemple, dans des habitats collectifs solidaires, où ils trouveront plus d'amour et plus d'opportunités de développement :-)
On peut aussi les autoriser plus tôt à gagner leur vie, tout en empêchant qu'on les exploite. Nos grands-parents travaillaient souvent à partir de l'âge de 14 ans. Les enfants en milieu rural travaillaient plus tôt. Je ne plaide pas en faveur du travail des enfants, mais si le travail est un moyen de gagner son indépendance pour vivre une vie plus heureuse, je ne vois pas pourquoi on interdirait à celles et ceux qui le veulent et qui s'en montrent capables, de gagner leur vie.
On peut aussi abaisser à l'âge de majorité le droit d'accès au RSA. Et on peut envisager des formules intermédiaires entre le travail, les études, et les minima sociaux. Les 16-20 ans qui ont fui leur famille prédatrice ou absente auraient droit aux minimas.
Si beaucoup de gens sont inaptes à s'occuper d'enfants, d'autres au contraire font ça merveilleusement bien.
Je ne crois pas une seule seconde à l'idée d'un "instinct parental", d'un "amour maternel" ou d'un "amour paternel". Mes 3 parents - 2 parents biologiques et un beau-père, ont accumulé contre moi enfant et adolescent les crimes suivants, dans l'ordre chronologique : violence, abandon, alcoolisme, violence conjugale, inceste, viol. Il faut ajouter à cela insultes, indifférence, absence complète d'éducation, absence de loisirs. Le reste de ma "famille" - grands-parents, tante - n'a pas bougé le petit doigt pour me défendre. J'ai été témoin de dizaines de situations semblables, il n'en va donc pas que de ma petite personne. L'absence d'amour entre beaucoup de parents et leurs enfants est une réalité, cruelle mais clairement établie. J'avais cru que j'étais le seul, que je n'avais pas de chance : j'ai appris ensuite que nous avons été des millions à subir nos familles, parfois criminelles, souvent simplement incapables.
On peut donc facilement progresser vers un mieux-être social généralisé, on peut à la fois soulager ces parents qui au fond ne veulent pas être parents, et ces enfants et ados qui souffrent d'être avec ces parents qui s'occupent mal d'eux, en remplaçant le système actuel d'éducation par la famille + l'école, par un système plus ouvert et plus diversifié qui inclurait :
- Des lois du type "pension alimentaire obligatoire". Si des individus ont fait des enfants qui naissent, ces individus doivent en assumer les frais, sauf s'ils se sont arrangés avec d'autres gens pour que ces gens deviennent parents à leur place. Si les parents biologiques refusent de payer, on les y contraindra.
- Une facilitation de l'adoption, assortie d'un consentement surveillé de l'enfant ou de l'adolescent - pas question de les "placer d'office", il faut qu'ils puissent se sentir bien avec leurs adoptants. On institue ainsi une sorte de "délégation de parentalité" (les Ministères vont adorer mon post) basée sur le consentement mutuel. Les enfants et ados ainsi adoptés et adopteurs de leurs nouveaux parents sociaux, restent en contact avec une institution spécialisée auprès de qui ils peuvent se plaindre en cas de problème, si ça se passe mal dans leur famille, si on veut les maltraiter ou les exploiter. Il vaut mieux changer de famille même 2 ou 3 fois, que rester dans une famille qui nous massacre, pas vrai ? Le changement de famille est perturbant, mais quand même moins que les viols et les violences. Le monde ne peut pas être parfait, il est seulement perfectible.
- Ces adoptions peuvent aussi se faire non pas seulement avec des personnes physiques, des nouveaux parents, mais aussi avec des personnes morales - des associations par exemple. Ainsi, les unités d'habitat collectif décrits plus haut, sont aptes à accueillir des enfants, sous certaines conditions : aucun criminel avéré dans les parages, entretiens réguliers entre les enfants adoptés et des psychologues et pédiatres qualifiés à repérer le bien-être ou le mal-être des enfants.
Réjouissons-nous : la situation est lamentable, ce qui veut dire que notre société a un énorme potentiel d'amélioration de la qualité de vie, de la satisfaction des besoins sexuels des adultes et des besoins éducatifs des enfants et ados. Nous avons du pain sur la planche, l'amour à faire, des enfants à voir grandir dans la joie et la curiosité, des murs à casser, des millions d'appartements et de maisons à réaménager. De quoi occuper toute une vie ! Des millions de vies !
—
Note : J'ai publié cet article d'abord sur mon site, il fait partie de la catégorie "politique libertaire".

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
@Aldous pseudo-Huxley : il me semble difficile que le monde devienne meilleur avec toi dans (...)
28/01 03:44 - Ludovic BablonNon non vous faites un contresens. 2 personnes qui s’aiment c’est super. Et 6 (...)
28/01 03:34 - Ludovic BablonOk : j’aime pas Schopenhauer, je le traiterais comme j’ai traité Nietzsche (...)
28/01 03:31 - Ludovic BablonHé, l’auteur ! Vous ne me paraissez pourtant pas avoir la « grosse tête » sur la photo. (...)
27/01 15:06 - cevenneviveAldous, Cet auteur me fait penser à Hommelibre (en moins sympa quand même...) La vie (...)
27/01 12:24 - cevenneviveil ne réanime pas mai 68 il est resté bloqué en 1967 !!! Il imagine que la liberté sexuelle (...)
27/01 00:08 - Aldous
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération