• lundi 20 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Disparition ou renouveau des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves (...)
43%
D'accord avec l'article ?
 
57%
(21 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Disparition ou renouveau des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED) ?

Parce qu’ils sont complètement méconnus, les Résaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED) ont été les premières victimes des restrictions budgétaires imposées à l’Education Nationale. On peut encore espérer que la « refondation de l’école » actuellement en projet en assurera la pérennité. Mais pour être préservé, encore faudrait-il que ce dispositif soit d’une part connu et, d’autre part, compris, reconnu pour l’intelligence de sa conception comme pour son efficacité. Tout en prenant la forme d’un plaidoyer, l’article qui suit tente de mettre un peu de lumière sur cet obscur objet qu’est le RASED.

C’est un secret de polichinelle, l’Education Nationale a régulièrement souffert de l’incompétence de ministres de rencontre [1]. Ces dernières années, elle a en outre subi la brutale logique comptable des RGPP au travers desquelles le système néolibéral démantèle lentement mais sûrement nos services publics avec, trop souvent, le concours obséquieux de hauts fonctionnaires rivalisant dans la servilité et le mépris des réalités de terrain.
 
Mais heureusement, aux dernières nouvelles, l’éducation semble enfin redevenue un axe essentiel de l’action gouvernementale et l’équipe en place apparaît non seulement motivée mais compétente.
 
On nous annonce ni plus ni moins qu’une « refondation de l’école  » qui peut, certes, porter à espérer mais pas encore à l’optimisme étant donné que le « président sorti » nous avait lui aussi claironné un projet de refondation dans sa fameuse « Lettre (mort-née) aux Educateurs  » de l’automne 2007.
 
Toutefois, ne boudons pas notre plaisir : des moyens sont mis sur la table, des orientations sont données qui paraissent excellentes et une réflexion est lancée par un pouvoir qui a su faire montre, en son temps, d’une réelle capacité à concevoir un système éducatif cohérent — et même intelligent à un point qui ne laisse pas de surprendre, au moins pour ce qui concerne le primaire.
 
Je pense à la mise en place des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED) dont les incompétents susmentionnés ont fait leur cible première faute de savoir à quoi ils servaient exactement.
 
Ce dispositif remarquablement bien conçu a été instauré par une circulaire datant de 1990, alors que Lionel Jospin était ministre de l’éducation. Les révisions ultérieures n’ont pas amené de changements significatifs de sorte que le fonctionnement des RASED n’a guère changé depuis l’origine, au moins en principe. Car en pratique, les fermetures de postes de ces dernières années comme le manque chronique d’enseignants disposant de la formation spécialisée ont fait qu’en maints secteurs, les RASED ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes et ne peuvent contribuer comme ils le devraient à remettre les « élèves en difficulté » sur le chemin de la réussite.
 
C’est le fonctionnement de ces réseaux d’aides que je voudrais présenter ici car, alors même qu’ils conservent complètement leur actualité, ils restent très mal connus, tant des parents, que des enseignants et de ces hauts responsables visiblement élevés selon le principe de Peter (c’est-à-dire, jusqu’à leur plus haut niveau d’incompétence).
 
Pour comprendre l’intelligence de la conception des RASED et l’intérêt qu’il y aurait à la préserver, il nous faut approcher minimalement trois notions : l’enfant, l’élève et la difficulté scolaire.
 
L’enfance est une étape dans le développement du petit homme qui, de sa première insipiration jusqu’à la dernière cherche tout naturellement à construire un maximum de contrôle, donc de pouvoir sur son environnement.
 
Au début, le bébé n’est grosso modo capable que de crier mais cela lui suffit pour obtenir les pleins pouvoirs sur les adultes qui l’entourent.
 
Au fur et à mesure qu’il grandit et construit d’autres capacités (parler, manger, s’habiller, etc.), il en vient à comprendre que ses parents ne sont pas à son service et que, d’une manière ou d’une autre, il leur est redevable des soins, de l’aide et de la protection qu’ils lui procurent. En comprenant sa dépendance, il en vient à les respecter et à leur reconnaître l’autorité de décider pour lui : de bébé il est devenu enfant, du latin infans qui veut dire « privé de parole ». En résumé, l’enfant accepte de se soumettre à l’autorité de l’adulte, il obéit. Il est donc prêt à devenir élève dès son arrivée à l’école, c’est-à-dire qu’il est tout disposé à consentir aux apprentissages que l’adulte lui proposera.
 
Malheureusement, ce qui devrait être la règle est devenu l’exception. Un problème grandissant de l’école est que de plus en plus de parents y envoient non plus des infans pleinement disposés à être élèves mais des « grands (et gros) bébés » qui n’ont acquis aucune autonomie et dépendent dramatiquement de l’adulte sur lequel ils pensent encore avoir les pleins pouvoirs. Vous imaginez la catastrophe en classe. Ces enfants-rois n’en font qu’à leur tête et créent de sérieux troubles en refusant dès la maternelle de se confronter à la difficulté de la tâche que l’enseignante leur propose. Cette dernière est ainsi mise en grande difficulté mais il va de soi que, de son point de vue, c’est l’élève qui a des difficultés.
 
Comme les parents essaient autant que possible de se raconter que tout va bien, ils refusent généralement le jugement (encore trop souvent brutal) de l’enseignant(e) insuffisamment formé(e) à la communication et facilement excédé(e). Il n’est donc pas rare de devoir attendre la dernière année de maternelle, voire le CP, avant que les parents acceptent de reconnaître que leur enfant a vraiment des difficultés.
 
Avant d’aller plus loin, observons le petit jeu de Mistigri qui s’est déjà joué ici autour de la difficulté. D’emblée la question a été de savoir à qui on allait la refiler, telle une patate chaude : à l’enseignant(e), à l’enfant, aux parents ? Bien sûr, c’est au plus faible qu’échoient généralement et le stigmate et la culpabilité de l’échec. C’est pourquoi dans l’acronyme RASED, le ED final veut dire « Elèves en Difficulté » et non « Enseignants en Difficulté » ou mieux « Ecole en Difficulté » — on pourrait aussi penser à « Education nationale en Difficulté ».
 
Dans un tel contexte, les diagnostics médicaux procurent à tous un grand soulagement car en mettant en cause le « biologique » (physiologique, génétique, etc.), en lui attribuant la difficulté, ils disculpent tout le monde : l’enseignant(e), les parents et l’enfant lui-même vu que ce n’est pas de sa faute s’il est handicapé par ceci ou cela. C’est de là que vient le succès des « dys » auprès des parents (et des enseignants).
 
Quoi qu’il en soit, au final, les RASED sont sollicités par les enseignant(e)s pour intervenir [2] auprès d’« enfants » à qui on reconnaît des difficultés qui sont, soit 1) de comportement, soit 2) d’apprentissage, soit 3) autres.
 
Les premiers se recrutent principalement parmi les enfants-rois précédemment évoqués. Etant, pour quelque raison que ce soit, restés de « grands bébés » dans la toute-puissance vis-à-vis de leurs parents, ils n’acceptent pas les directives de l’adulte, ils ne reconnaissent donc pas le cadre scolaire et refusent de se confronter aux apprentissages pour s’abandoner à ce qu’ils ont toujours fait : le jeu et toutes les formes d’évasion. Ces enfants-rois ne sont pas des « enfants » au sens étymologique, ils n’obéissent pas, ils ne sont donc pas élèves.
 
Il y a là une importante source de difficultés pour les enseignants. Dans le meilleur des cas, ceux-ci pourront solliciter le RASED et obtenir l’intervention d’un « maître G » dont les aides spécialisées dites « à dominante rééducative » visent fondamentalement à amener l’« enfant » à reconnaître le cadre scolaire et à accepter d’y prendre sa place pour être pleinement à son métier d’élève.
 
Lorsqu’un enfant accepte d’être élève, qu’il consent donc à l’effort et au risque des situations d’apprentissages, deux cas sont possibles : ou bien il est dans la réussite, ou bien, il se trouve en échec.
 
Dans ce dernier cas, nous retrouvons la deuxième catégorie de difficultés pour laquelle les « maîtres E » interviennent avec des aides spécialisées « à dominante pédagogique ».
Le psychologue, troisième et dernier mousquetaire du RASED, intervient grosso modo pour tous les autres cas de figure mais aussi lorsqu’il semble judicieux qu’il vienne à l’appui ou en relais des aides E ou G.
 
Pour résumer ce tableau et le rendre tout à la fois aisément compréhensible et aisément mémorisable, je vous propose l’illustration suivante :
 
Imaginez que l’école est comme un chemin traversant une forêt sur lequel l’enfant avance grâce à ses réussites. Ce parcours lui permet de s’épanouir, de développer des compétences et, notamment, d’apprendre à connaître le monde, les autres comme lui-même. Mais encore faut-il pour cela que :
1) il vienne sur ce chemin plutôt que de s’égarer dans la forêt
2) il avance sur ce chemin, plutôt que de stationner, reculer ou repartir vers la forêt.
 
Cette image permet de comprendre le rôle des enseignants spécialisés comme consistant à...
(1) ramener sur le chemin les enfants qui l’ont perdu de vue ou qui ne l’ont jamais vraiment repéré et s’égarent alors dans la forêt (c’est la mission des maîtres G)
(2) faire progresser les élèves sur le chemin, une fois qu’ils se trouvent dessus et que malgré les efforts de leur enseignant(e), ils n’avancent pas ou trop peu (c’est la mission des maîtres E).
 
Le psychologue, quant à lui, aide, par son bilan, à mieux comprendre la situation de l’élève et peut ainsi... :
(a) contribuer à la pertinence des interventions G ou E,
(b) contribuer à l’adaptation du cadre scolaire (du chemin) aux besoins de l’élève,
(c) contribuer, souvent avec les partenaires du secteur « santé », à la conclusion que l’élève relève du handicap. Outre des soins adaptés, pour se tenir et progresser sur le chemin de l’école, cet élève pourra avoir besoin de l’aide individualisée d’un adulte dit AVSi (Auxilaire de Vie Scolaire individuel) ou, pour les cas les plus sérieux, de changer de chemin pour rejoindre un circuit spécialisé soit au sein de l’école (dans les classes appelées CLIS), soit en dehors (dans des établissements médico-éducatifs, médico-sociaux, etc.).
 
Ce que cette image du chemin permet d’appréhender, c’est le fait que les enseignants spécialisés ne font que prolonger ou étendre les efforts de « régulation » des enseignants face à leur classe puisque ces derniers se tiennent justement sur ce chemin et, par leur pédagogie, tentent toujours-déjà...
(1) d’ORIENTER l’attention des élèves vers des objectifs de conduite et d’apprentissage (le maître G est un(e) enseignant(e) spécialisé(e) dans cette fonction)
(2) de les faire PROGRESSER dans la direction choisie (le maître E est un(e) enseignant(e) spécialisé(e) dans cette fonction, mais seulement pour le volet des apprentissages).
 
On voit bien ainsi que, même s’il peut sembler abstrait et difficile à appréhender pour le commun des mortels, le distinguo entre maîtres E et G est tout sauf arbitraire. Le doublet orientation & progression est aussi logique et nécessaire que le doublet angle & longueur d’un vecteur en mathématique et surtout, il recouvre parfaitement la distinction fondamentale que l’on doit faire en psychologie entre, respectivement :
1) le conatif (ce qui est de l’ordre du désir, de la motivation, de la capacité à l’effort en vue d’un accomplissement et qui traduit une ORIENTATION vers un but)
2) le cognitif (qui concerne le traitement de la connaissance et constitue les capacités que l’on entend faire PROGRESSER).
 
Bien entendu, l’élève est un tout, une personne avec un mental complet qui inclut donc cette dernière dimension absolument essentielle qu’est l’affectif. L’enseignant(e) en voit quotidiennement les manifestations, mais le psychologue scolaire est l’enseignant spécialisé amené à intervenir si des troubles apparaissaient.
 
Par la force des choses, les enseignants doivent gérer ces trois dimensions simultanément. Ils ne sont spécialisés pour aucune d’entre-elles mais se retrouvent néanmoins en situation de « spécialistes » car ils sont, de fait, des « parents spécialisés »... dans la fonction éducative ! Ainsi, à l’orgine, avant Jules Ferry, ils exerçaient in loco parentis (à la place des parents), ce qui leur conférait des droits qu’ils n’ont plus actuellement, comme par exemple les sanctions physiques. Les enseignants prolongent donc l’action éducative des parents comme les enseignants spécialisés prolongent la leur selon les trois dimensions du mental.
 
Il importe de percevoir cette continuité parents-enseignants-enseignants spécialisés pour comprendre que l’éducation peut, de bout en bout, s’appréhender au travers d’une seule fonction, celle du guidage ou de la conduite (notion qui se donne à entendre dans le mot péda-gogie qui renvoie au fait de conduire l’enfant.).
 
Car tous autant qu’ils sont, les adultes (responsables) tentent de conduire l’enfant vers la réussite.
De fait, la première chose que font les enseignants spécialisés lorsqu’ils accueillent un élève-en-échec-scolaire, c’est de le ramener immédiatement vers la réussite dont il a vitalement besoin. Cela peut se faire soit par le jeu (activité de prédilection des G que, faute de formation adéquate, les enseignants ont toutes les peines du monde à comprendre et qu’ils regardent donc avec une désolante suspicion), soit par des exercices suffisamment simples, suffisamment « faciles » pour que l’élève en ait une complète maîtrise (c’est la première étape de la « remédiation cognitive » opérée par les maîtres E).
 
C’est cette réussite enfin retrouvée qui redonne à l’élève la confiance en soi et en l’adulte dont il a absolument besoin pour accepter de se risquer à nouveau à l’épreuve de l’essai-erreur sans laquelle il n’est pas de conquête et donc pas d’apprentissage possible.
 
Cette conduite vers la réussite-qui-nourrit-le-désir-d’apprendre, les parents sont a priori supposés la réaliser dans tous les aspects de la vie de l’enfant mais ils délèguent en général aux enseignants, mieux formés, la tâche consistant à le guider dans les apprentissages notionnels mais aussi physiques et artistiques.
 
Les enseignants pourront, à leur tour, solliciter l’intervention des enseignants spécialisés lorsque la conduite de l’élève vers la réussite leur semble nécessiter une plus grande expertise, c’est-à-dire, une meilleure capacité d’appréciation de sa situation et une meilleure connaissance des voies de régulation/remédiation envisageables.
 
* *
*
Les choses étant à présent, je l’espère, suffisamment clarifiées, il devient aisé de comprendre que la proposition toujours actuelle d’un ancien inspecteur général de l’éducation [3] visant à supprimer la distinction entre aides spécialisées E et G équivaut au fait de redescendre les curseurs de la spécialisation vers la position initiale, non spécialisée de l’enseignant.
 
Or, il est évident qu’avec moins de spécialisation E et moins de spécialisation G, ce « nouvel enseignant spécialisé » (on se demande bien en quoi ?) aura forcément un espace d’intervention plus limité. Il laissera échapper les difficultés scolaires les plus délicates à appréhender, celles qui, « graves et persistantes » sont actuellement du ressort des Résaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté. L’école n’aura alors d’autres ressources que d’« externaliser » ses missions vers le secteur santé qui n’avait pas besoin de cela pour continuer à lancer des O.P.A sur l’éducation. Ceci serait donc à peine moins grave que la suppression pure et simple des RASED.
 
Ce qui se profile ici est ni plus ni moins qu’un choix de société. Soit nous nous tenons au principe de l’éducabilité de toute personne et donc au principe de son appartenance de fait et de droit à la communauté une et indivisible des humains, soit nous succombons à ce qui a été, jusqu’à présent, une tentation totalitaire de catégoriser les individus sur des bases biologiques (sous-entendu scientifiques et donc supposément « réelles ») au risque de placer la structuration et la régulation sociales sous l’emprise du complexe médico-pharmaceutique (cf. par exemple, l’utilisation de stupéfiants comme la Ritaline ® pour contrôler le comportement des enfants, le projet du président étasunien G.W. Bush pour un contrôle médico-pharmaceutique des populations d’enfants à risques ou plus près de nous les projets de certains parlementaires illuminés pour le dépistage dès 3 ans des futurs délinquants).
 
Il est clair que je défends ici le choix de l’éducation. Je me dois donc de défendre sa cohérence, sans laquelle sa fonction et ses missions ne pourront être assurées. C’est pourquoi il importait de dégager le fait que l’action des enseignants spécialisés prolonge celle des enseignants et que cette dernière est aussi, toujours-déjà, un prolongement de celle des parents eux-mêmes de sorte que nous avons affaire à un continuum de l’action éducative dont la cohérence mais aussi la portée est indispensable à la réussite éducative.
 
Réduire cette portée soit en faisant disparaître la distinction E & G, soit, pire, en faisant disparaître les RASED, c’est affaiblir ou anéantir les indispensables capacités de régulation et d’adaptation de l’école à la diversité des besoins éducatifs. C’est donc dramatiquement aggravrer la sélection sociale avec une école seulement capable d’alimenter ceux qui sont déjà « bien nourris » par leur environnement socio-culturel.
 
Priver les équipes enseignantes du relais que constitue le RASED, c’est en quelque sorte couper les ailes de la fonction éducative qui se constitue dans le partenariat famille-école. C’est diminuer considérablement l’espace de régulation ou de remédiation au sein de l’école et c’est donc augmenter très sérieusement la proportion d’élèves qui verseront dans le fossé et qui resteront alors au bord du chemin ou iront s’égarer dans la jungle brutale d’une société sans repère et malade de l’individualisme consumériste que cultive la dictature grandissante du capitalisme financier.
 
C’est pourquoi j’espère que la refondation de l’école, ô combien nécessaire, se fera autour de ce qui contribue le mieux à la réussite des élèves et, en particulier, autour du dispositif RASED dont l’excellence de la conception, tout en signant une rare intelligence des besoins de l’enfant et des compétences de l’école, a aussi, malheureusement, révélé a contrario la désastreuse ignorance et les automatismes mentaux de ceux qui, incapables d’assumer la responsabilité de son fonctionnement, se sont, par la suite, béatement satisfaits de la responsabilité de son délabrement.
 
Il est évident que la refondation de l’école envisagée nécessiterait de nombreuses remises en cause vis-à-vis desquelles je m’efforcerai de donner mon point de vue dans de prochains articles, mais pour ce qui est du dispositif RASED, la conviction que j’ai tenté d’exposer ici est qu’il nous faut, quoi que l’on décide par ailleurs, réaliser sa complète remise en marche et même, rêvons un peu, faire en sorte que l’esprit dans lequel il a été conçu soit justement celui qui préside à la refondation de l’école.
 
Pour cela, il nous faudra des moyens humains, certes, mais pas seulement, car il nous faut aussi des humains (réellement bien) formés : des enseignants (vraiment) spécialisés ! La réussite des générations futures et donc notre avenir sont à ce prix.
 
Je ne doute pas qu’au Ministère de l’Education Nationale on sache cela. Ce dont je doute, c’est qu’au Ministère des Finances, on veuille bien en faire cas. Il est donc possible que, malgré les récentes élections, le bon peuple ait rapidement à faire savoir à ses dirigeants où vont ses priorités.
 


[1] (cf. le livre globalement mauvais mais néanmoins édifiant de Sophie Coignard(2011) : Le Pacte Immoral)
[2] A noter que intervention ne veut pas dire « prise en charge ». L’enseignant(e) reste référent(e) et donc responsable de l’élève, de sa difficulté et des remédiations mises en oeuvre.
[3] Faite par M. Bernard Gossot, ancien inspecteur général de l’éducation et auteur d’une évaluation des RASED datant de 1996-1997. Il a été auditionné par les députés Xavier Breton et Gérard Gaudron dont l’excellent rapport d’octobre 2011 sur l’enseignement scolaire est entièrement consacré aux RASED.



par Luc-Laurent Salvador (son site) vendredi 27 juillet 2012 - 45 réactions
43%
D'accord avec l'article ?
 
57%
(21 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par chantecler (---.---.---.143) 27 juillet 2012 10:16
    chantecler

    Le problème est  :

    Que peut on faire pour les élèves en difficulté ?

    Dans le cadre de l’école et dans une classe .

    La réponse n’est pas simple .

    Vous avez une vision très optimiste des Rased .

    Normal, vous êtes psychologue scolaire , ce qui n’est pas un défaut soyez rassuré ...mais vous en êtes , de facto, un rouage .

    Ma vision du Rased est un peu plus circonspecte .

    Ce que j’en ai vécu demandait de larges améliorations .

    Ne serait ce que quand ce dispositif contribuait à faire accepter des effectifs excessifs même en zone défavorisée .

    Car dans les textes on impose des limites d’effectifs mais globalement , par école .

    Donc un enseignant peut se retrouver avec 30 sinon plus élèves, dans sa classe .

    Et là le rased prend l’allure d’une arnaque , même si les gens qui y travaillent sont compétents , ce qui n’est pas forcément le cas .

    De plus le fonctionnement du rased échappe en grande partie aux collègues de terrain , ce qui veut dire qu’il s’intègre et est géré à un niveau supérieur .

    Donc d’accord avec vous le Rased était une bonne initiative mais un peu isolée dans ses objectifs et à améliorer .

  • Par Lamouet (---.---.---.153) 27 juillet 2012 12:04

    "Quoi qu’il en soit, au final, les RASED sont sollicités par les enseignant(e)s pour intervenir [2] auprès d’« enfants » à qui on reconnaît des difficultés qui sont, soit 1) de comportement, soit 2) d’apprentissage, soit 3) autres.

    On aimerait avoir des pourcentages nationaux, régionaux et locaux sur ces 3 types de difficultés.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération