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Diviser pour (mieux) régner

Dans cet article, je vais tenter de répondre à plusieurs questions :

Qui règne vraiment ?
Qui est divisé ?
Pourquoi les présidents de la République se suivent et se ressemblent ?
Quelles sont les stratégies de manipulation du peuple ?
Et d'autres questions que je vous invite à découvrir.

 

Signification

Le meilleur moyen d’avoir les mains libres pour gouverner, c’est de semer la discorde parmi ses opposants. (source : L'Internaute)


En politique et en sociologie, diviser pour régner est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d'un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer. Cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui met en œuvre la stratégie, et permet de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question. (source : Wikipedia)

Divide et impera, divise et tu régneras ; divise, et tu deviendras riche ; divise, et tu tromperas les hommes, et du éblouiras leur raison, et tu te moqueras de la justice. (source : Nouvel Obs)

 

Origines

Proverbe latin. Ce proverbe latin est souvent attribué au Sénat romain. (source : L'Internaute)

 

Qui règne vraiment ?

 Il existe 3 types de financement des partis politiques : 

- le financement public,

- le financement privé via des dons de personnes physiques ou morales (les dons les plus importants viennent par définition de la classe bourgeoise ou aisée, qui disposent de suffisamment d'argent pour effectuer ces dons),

- on peut également ajouter les financements illégaux, comme ont révélé de nombreuses affaires judiciaires

(voir les types de financement des partis politiques et l'article du Monde Diplomatique du 4 juillet 2013).

 

Les puissances financières (notamment les multinationales comme le groupe Bouygues, Bolloré, Lagardère, Vivendi, mais également les banques directement ou indirectement via leurs fonds d'investissement) possèdent la plupart des médias, notamment les médias de masse. 

La plupart de nos élus ne gouvernent pas avec une préoccupation de l'intérêt général, mais celle de l'intérêt des personnes, physiques ou morales, qui ont participé au financement de leur campagne électorale ou des puissances financières qui contrôlent les médias, avec l'espoir d'être réélu.

Les médias peuvent être considérés comme un des 4 principaux pouvoirs avec l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Ils jouent un rôle déterminant dans le conditionnement du peuple et, la plupart des médias (notamment les médias de masse) appartenant à ces puissances financières, ils manipulent aisément le peuple et l'encouragent à élire les candidats qui défendront le mieux les intérêts de ces puissances financières.

 

Qui est divisé ?

Ce proverbe « diviser pour (mieux) régner » est également une stratégie politique qui existe depuis très longtemps (a priori ce proverbe et cette stratégie politique dateraient de l'empire romain dirigé par Jules César).

 

Les puissances financières et la classe bourgeoise ou aisée (ci-après appelés les « puissants »), qui en fait sont indirectement nos gouvernants, règnent. Ils ont la mainmise sur des partis politiques et des élus corrompus qui servent la plupart du temps leurs intérêts particuliers.

Et afin de mieux régner, ils ont tout intérêt à diviser ses gouvernés, le peuple. 

C'est pourquoi leurs « marionnettes », la plupart des élus et des médias, divisent le peuple en différentes catégories, créent des tensions et des affrontement entre ces différentes catégories. 

 

Certaines catégories sont à longueur de temps stigmatisées (les chômeurs, les immigrés, les fonctionnaires, les assistés, les musulmans, les juifs, les LGBT, etc.) ou opposées (hommes et femmes, jeunes et aînés, actifs et retraités, etc.) par ces « marionnettes » et ce bourrage de crâne finit par rentrer dans le crâne de la plupart des citoyens. Ces « marionnettes » endorment le peuple. 

Pour illustration, cet article du 22 juillet 2013, « qui sont les assistés ».

 

Et tant que le peuple sera endormi, il n'y aura pas de révolution, malgré toutes les injustices qu'il subit et qui pourraient raisonnablement la justifier. 

Et les « puissants » (dont les rentiers qui représentent environ 5 % de la population) n'auront aucune inquiétude à se faire et pourront continuer à ponctionner le peu de richesses qui reste à 95 % de la population.

Notamment aux classes populaires et moyennes salariées (environ 65 % de la population) en cherchant toujours davantage à les précariser et à les exploiter, mais également aux classes populaires situées hors de l'emploi stable et valorisé (environ 20 % de la population), en menant un combat permanent contre l'état providence, les aides sociales et l' « assistanat » qui en découlerait, ce qui entraîne une extrême précarité, un combat quotidien pour survivre. 

 

Pourquoi les présidents de la République se suivent et se ressemblent ?

Pour illustration, cet article de Libération du 4 avril 2012, « Sarkozy aura été le président des rentiers ».

 

On pouvait espérer que les choses changent suite à l'élection de François Hollande, mais on observe avec stupéfaction, ou avec résignation, que la politique qu'il mène c'est du pareil au même. Et ce n'est pas un hasard, sa campagne électorale a également été financée par ces « puissants », et il ne faut pas s'attendre qu'il défende l'intérêt général, l'intérêt du peuple qui l'a pourtant élu...

Il avait d'ailleurs rendu visite à la City lors de sa campagne électorale afin de rassurer ces « puissants ».

 

Tant que le peuple ne prendra pas conscience de cette stratégie, et continuera à élire des candidats financés par ces « puissants », qui ne cherchent qu'à diviser pour (mieux) régner, rien ne pourra changer, ce sera toujours du pareil au même, quelle que soit l'étiquette qu'ils sont sensés représenter. 

 

Dans l'espoir d'être réélus, que ce soit au même poste ou à un autre poste de responsabilité, et ainsi maintenir leurs privilèges, ces élus corrompus ont besoin de ces « puissants » pour leur prochaine campagne électorale.

Les électeurs ne sont pour ces élus corrompus que des pions, qu'il suffit de convaincre grâce à l'appui des médias de masse eux-mêmes financés par ces puissances financières.

 

Pourquoi Marine Le Pen et le FN sont dédiabolisés ?

Il ne faut pas s'étonner si Marine Le Pen est dédiabolisée par les médias et des partis politiques comme le PS ou l'UMP. 

Elle divise le peuple en différentes catégories et stigmatise certaines catégories en permanence. 

 

Même si elle ne l'affiche pas franchement dans ses discours, et elle n'a pas intérêt à le faire, elle ne fait que défendre les intérêts des « puissants ». 

Le Front National n'est pas un parti politique qui défend le peuple, mais qui cherche à l'opprimer, et qui a une ligne historique ultra-libérale. 

 

C'est un peu la « sous-traitante » des « grands » partis comme le PS ou l'UMP. Elle travaille pour eux en sachant parfaitement qu'elle ne sera jamais élue présidente de la République.

En 2002, la campagne électorale avait été marquée par une thématique récurrente de l'insécurité. L'UMP et le FN avaient accédé au 2e tour, et le FN n'a pas obtenu davantage de voix qu'au 1er tour (16.86 % au 1er tour, 17.79 % au 2e tour). 

En 2017, la seule chance pour le PS de conserver le pouvoir serait de se retrouver face au FN au 2e tour. Il ne faut pas s'étonner pourquoi Manuel Valls et d'autres dirigeants « socialistes » ou « solfériniens » n'ont pas réagi davantage face aux débordements et dérives (exemple : le meurtre de Clément Méric) de groupuscules d'extrême droite rattachés au Front National.

 

Pourquoi Mélenchon et le Front de Gauche sont diabolisés, marginalisés ?

Le véritable danger pour le PS et l'UMP se situe à la vraie gauche du paysage politique français. 

Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche, contrairement à la plupart des partis politiques français, ne cherchent pas à diviser le peuple mais à le rassembler. 

 

Forcément, ils représentent un danger pour la suprématie des « puissants », et pourraient eux inquiéter la City, contrairement à François Hollande...

Surtout quand on connaît certains slogans : "place au peuple", "la finance dehors, l'humain d'abord", "la finance ce n'est pas la solution, c'est le problème". 

Le peuple, comme il a été démontré précédemment, est endormi, et le Front de Gauche cherche à le réveiller. 

 

Comment les « marionnettes » des « puissants » pourraient faire autrement que de diaboliser et marginaliser Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche ? 

Le véritable danger pour les « puissants » et leurs « marionnettes », pour les prochaines élections, notamment pour la présidentielle de 2017, ce serait que le Front de Gauche passe devant le PS et le FN, ce qui n'est pas impossible, et se retrouve au 2e tour. L'UMP aurait alors fort à craindre.

 

Quelles sont les stratégies de manipulation du peuple ?

Les « puissants » tentent de nous contrôler, non pas de manière absolue, mais de manière relative, en nous manipulant par l'intermédiaire de leurs « marionnettes ».

 

Voici 8 stratégies de manipulation couramment observées pour faire accepter au peuple l'inacceptable : 

1. La diversion, la distraction : « gardez l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle, gardez le public occupé » (00:30)

2. Le machiavélisme : créer des problèmes puis offrir des solutions (exemple : laisser la sécurité se dégrader pour imposer des mesures sécuritaires inacceptables) (02:21)

3. Le dégradé : imposer des changements inacceptables en prenant des mesures progressives, par degré, en les étalant dans le temps ; le provisoire qui devient définitif (04:28)

4. Le différé : imposer des changements inacceptables en fixant une date d'application ultérieure (exemple : le grand marché transatlantique, un mariage forcé entre l'Union Européenne et les Etats-Unis, qui sera créé le 1er janvier 2015) (06:27)

5. L'infantilisation : s'adresser au public comme à des enfants en bas âge (07:46) ; le contrôle des médias et des agences de publicité (11:04)

6. Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion : faire appel à des grands sentiments, même flous, même abstraits (15:29)

7. Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise (15:29)

8. Encourager le public à se complaire dans la médiocrité (18:15)

 

Vidéos sur le sujet :

Etienne Chouard : les gros malins de la théorie du complot

Alex Jones : ils vous divisent pour régner

 

Livres sur le sujet : 

Gilles Châtelet, « Vivre et penser comme des porcs, de l'envie à l'ennui dans les démocraties de marché » (éditions Gallimard, paru en 1999, ISBN 2070410706)

Serge Halimi, « Les nouveaux chiens de garde » (éditions Raisons d'agir, paru en 1997, ISBN 2912107016)

Vincent Geisser, « Discriminer pour mieux régner, enquête sur la diversité dans les partis politiques » (éditions Atelier, paru en 2008, ISBN 2708240021)

 

Applications concrètes par des élus : 

Silvio Berlusconi : la réforme de la justice en Italie (Euronews, 10/03/2011)

 

Pour aller + loin :

Je vous invite à consulter mon blog personnel, sur lequel vous trouverez des articles sur différents sujets d'actualité, avec des sources d'informations diverses :

http://sylvain-bzh-fg-dinan.blogspot.fr/

Et également à me demander en ami sur Facebook :

https://www.facebook.com/sylvain.bzh22

afin de suivre mes publications ou partages, qui ne paraissent pas forcément toutes sur mon blog.

 

 




par mardi 30 juillet 2013 - 40 réactions
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