
Il aurait pu être en campagne électorale à briguer la magistrature suprême, il est aujourd'hui mis au rang d'un client de la « mondaine », malfrat sexuel lui qui fut directeur d'une administration internationale toute puissante.
Sic transit gloria mundi.
La mise en examen est lourde, nous en convenons même si nous ne connaissons pas le dossier, le procès qui s'en suivra dira quoi sur le plan du droit et des faits.
Tout ceci est emblématique d'une société qui ne sait plus ce qu'est la « vertu », cette qualité éminente que les Grecs appelaient « arètè » et sans laquelle nul ne pouvait s'estimer digne de remplir une fonction publique. Perte de la vertu, morale élastique, individualisme exacerbé, réification de l'autre, voilà les poisons qui corrompent notre société et la font courir à sa perte.
Car il n'y a pas que monsieur Strauss-Kahn ; ailleurs, dans des sphères moins canailles, mais tout autant exposées, d'autres hommes politiques devraient répondre à certaines questions embarrassantes.
Point n'est besoin de rappeler l'incarcération du gestionnaire de fortune de madame Bettencourt et l'implication dans ce dossier de l'ancien ministre Woerth et, ne l'oublions pas, l'ombre du président de la République qui plane sur toutes ces histoires d'argent liquide qui circule de mallettes en mallettes.
Et l'affaire Karachi qui qualifie un ensemble de manœuvres d'autant plus répugnantes que du sang a coulé dans cette « combinazione » dignes de la Florence des Médicis ?
Là aussi, des personnalités on ne peut plus « honorables » sont impliquées : monsieur Balladur et sa campagne de 1995, où Nicolas Sarkozy a imprimé sa griffe.
Ces notables se réfugient dans le silence ou la dénégation indignée, se drapent dans des immunités bienvenues et traitent par le mépris ceux qui rament pour trouver la vérité dans cet embrouillamini.
Cette perte de la vertu ne date pas d'hier, elle est la conséquence directe de la perte de valeurs traditionnelles mises à mal depuis le si mal nommé « siècle des Lumières » : remise en cause de toute hiérarchie, confusion entre équité et égalité, dérive de la notion de liberté, déification de l'homme et mise entre parenthèses de la religion.
Ce sont ces dérives qualifiées « d'humanistes » qui sont à la racine des totalitarismes les plus meurtriers : Terreur sous la Révolution, totalitarismes soviétiques et nazis et, aujourd'hui ce libéralisme qui permet au Capital de laminer l'homme et le réduire au rang d'objet.
Monsieur Strauss-Kahn n'est que la partie visible d'un iceberg de corruption, prébendes, privilèges, passe-droits et autres gâteries que nos édiles se réservent et qui les conduiront, tôt ou tard, à leur perte. Ce qui n'est pas grave, si ce n'est qu'ils nous y entraînent aussi !

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