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Accueil du site > Tribune Libre > Du pouvoir d’achat de droite au savoir-être de gauche

Du pouvoir d’achat de droite au savoir-être de gauche

Quelle nouvelle défaite, pour ne pas dire capitulation, de la gauche à revendiquer sans cesse du pouvoir d’achat, à en faire le socle de sa critique de l’échec de la politique gouvernementale ! Quel renoncement à ce qui devrait la constituer ! Quel suivisme à l’égard de celui qui avant l’élection présidentielle, dans une de ses formules élégantes dont il a le secret, avait annoncé qu’il irait « le chercher avec les dents ». Quel manque d’imagination et de rigueur conceptuelle ! Car enfin, réveillons-nous ! Le pouvoir d’achat, n’est-ce pas la condition même, l’essence (au sens de carburant) du système libéral et capitaliste dans ce qu’il peut avoir de plus excessif et de vain, ce que résumait la formule du Trader du film Wall Street « Greed is good »  ?

Le pouvoir d’achat, un concept de droite

Attention, et là commence le débat, de quoi parle-t-on quand on évoque le pouvoir d’achat ? Est-ce des biens de première nécessité, logement, nourriture, vêtements ? Mais alors il s’agirait d’avantage de revendiquer non plus du « pouvoir d’achat » mais déjà du « pouvoir vivre ». La formule serait plus belle, la portée différente.

Mais non, ne nous leurrons pas, le pouvoir d’achat renvoie directement à la propension consumériste qui nous anime et que les spécialistes du marketing n’ont de cesse de flatter et de développer. Dans son livre « La société du spectacle », Guy Debord démontre que le système libéral marchand, qu’il démonte par la même occasion, repose notamment sur cet éloignement progressif de nos besoins élémentaires et surtout sur une distorsion du coût de la valeur d’échange laquelle s’éloigne de la valeur d’utilité de la chose. Le summum de cette distorsion étant le luxe qui bien évidemment n’a pas de prix. Il explique le mécanisme notamment au regard des coûts engendrés par les structures intermédiaires devenues d’autant plus nécessaires et dont le seul objet est de trouver les moyens de susciter le désir du quidam, du consommateur, jusqu’à lui faire ressentir la quasi nécessité de posséder l’objet de sa convoitise.

Ainsi, en se faisant le défenseur du pouvoir d’achat notre Président actuel, à l’instar des sociétés de crédit à la consommation est bien davantage dans son rôle que la gauche. Le pouvoir d’achat se borne à instaurer une relation de pouvoir entre l’individu et les choses qui lui sont présentées. Or, il n’est pas difficile de constater qu’en réalité, ce sont les choses qui exercent un pouvoir, une fascination sur les individus. Le consommateur rappelle en effet trop souvent l’histoire bouddhiste du singe dont la main se retrouve coincée à l’intérieur de la boite où il vient de saisir une poignée de graines et qui dès lors ne peut plus la ressortir par l’orifice par lequel elle s’était introduite. Il se retrouve prisonnier.

Quelles alternatives à gauche ?

Est-ce donc dans cette prison de la possession que la gauche entend enfermer l’homme ? Est-ce le seul horizon qu’elle prétend aujourd’hui lui donner ? Serait-elle devenue matérialiste au sens le plus pauvre du terme, au sens commun ? A-t-elle sacrifié à ce principe fondamental du libéralisme qui ferait accroire que le bonheur serait dans l’avoir et non plus dans l’être ? Où se trouve la vocation de la gauche à libérer l’homme de ses aliénations ?

Comment ne pas voir que prôner l’augmentation du pouvoir d’achat renforce l’asservissement de l’individu ? Là encore, le Président actuel se trouve davantage en cohérence puisqu’il propose comme solution le « travailler plus pour gagner plus », avec la conséquence non dite du consommer plus et ainsi la participation, non pas ainsi au bonheur de l’individu, mais au bon fonctionnement du système. Déjà, à cette occasion, la gauche avait failli à contrer le slogan. Il aurait été si simple de dire que l’enjeu majeur de nos sociétés modernes et technologiques reste de « travailler mieux pour vivre mieux ». Et la solution passe du reste sans doute par le travailler moins… Mais il ne s’agit pas de rentrer à nouveau dans le débat du temps de travail et du temps de vie. Débat au cœur d’ailleurs de la réflexion sur les retraites.

« Vivre mieux » renvoie surtout à la notion de progrès tant collectif qu’individuel Il renvoie non plus à une relation de pouvoir sur les choses mais à celle de maîtrise de soi, de travail sur soi, mais pas seulement. Il renvoie aussi et surtout à un art de vivre avec les autres. A un savoir être, être au Monde. Il obligerait le Politique à réfléchir aux conditions de vie qui permettent à l’homme de s’épanouir en harmonie avec son environnement et de retrouver le temps envolé à poursuivre l’appât du gain. Et que l’on ne vienne pas dire que le système libéral offre cette liberté à qui veut la saisir. Elle est le bien le plus précieux d’une petite élite. La masse est dirigée vers les grandes surfaces et les galeries marchandes.

Des solutions alternatives existent en matière d’agriculture (la permaculture), d’organisation des villes (priorité donnée aux transports en commun et aux économies d'énergie), de nouvelles logiques industrielles (conception de bassins industriels élaborés comme des éco-systèmes permettantd e réaliser des économies d'énergie et de gagner en productivité), d’organisation du travail (libérant du temps pour les salariés), de formation (avec une vraie priorité donnée aux savoirs de demain). Il manque une vision d’ensemble qui donnerait de la cohérence. Un vrai projet politique et non pas le gadget « Care » sorti un temps des cartons pour y retourner dans la foulée. Le temps d'un coup médiatique. Un vrai projet de société qui ne repose pas sur la satisfaction égoïste de pulsions primaires (le marketing et les médias nous titillent sans arrêt notre libido) mais sur une vision plus ambitieuse de l’homme, une ambition que la gauche a souvent porté dans l’histoire et à laquelle il serait dommage qu’elle ait renoncé. Voilà sans doute ce qu’une grande partie du peuple de gauche, mais pas seulement, attend pour 2012, comme un nouveau souffle, un nouvel espoir.


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24 réactions à cet article    


  • pastori 11 juin 2011 09:58

    bonjour Jean Pierre


    il faut se rappeler que le premier meurtre de l’histoire de l’humanité (pour peu qu’il ait bien eu lieu) n’a pas eu pour motif la cupidité mais la jalousie ;

    Caïn tue son frère non pas parce qu’il possède bien de biens que lieu ou parce qu’il les convoite, mais parce qu’il est plus aimé que lui.

    les valeurs basées sur les possessions, la richesse, la course éperdue à l’argent sont terrifiantes. ainsi ne nous propose t-on pas de réutiliser les farines animales dans un but lucratif, quitte pour ses promoteurs à prendre le risque de mettre en danger leur propre vie !

    nous savons vous et moi, en ces lieux enviés, que la qualité de vie passe bien avant les richesses que nous n’avons jamais eu, et qui ne nous manquent pas.

    • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 11 juin 2011 11:48

      Bonjour

      Et merci de votre commentaire.
      Oui, peut-être la cupidité, la volonté d’avoir n’est-elle que le pendant d’un manque affectif, comme si l’on pouvait rattraper par la possession des choses le manque d’amour.

      Il est clair que si l’on prend le temps, dans chaque dossier grave de nature sanitaire par exemple, de faire un petit arbre des causes, on tombe très vite sur la course au profit.

      il reste des lieux privilégiés, des lieux comme en dehors de cette course folle, mais ils sont peu nombreux et commencent à susciter les appétits...

      il faudra veiller à les défendre, et ce ne sera pas facile...


    • Yvance77 11 juin 2011 10:16

      Salut,

      Billet très intelligent qui pose de bonnes questions et y répond aussi

      A peluche


      • zelectron zelectron 11 juin 2011 10:25

        @Pastori,
        Vous savez que l’amour de la vie et le partage sont majeurs et j’y souscrit, en revanche je doute que ce soit le cas de l’auteur que vous amalgamez à votre propos, bien que...
        @ l’auteur,
        Si ce sont vos arguments ...
        ps je me garderais bien de vous contredire !


        • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 11 juin 2011 11:52

          Bonjour,

          je vous avoue ne pas comprendre pourquoi la lecture de mon article vous fait penser que je ne souscris pas aux valeurs que vous reconnaissez partager avec Pastori...

          A votre disposition pour en discuter.

          il me semble que j’indique clairement qu’il nous faut construire une société qui ne repose plus sur la concurrence, sur la volonté de pouvoir.

          Peut-être est-ce ma critique du care qui vous fait penser ça ?

          mais peut-être AUSSI n’est ce pas si clair ?


        • JL JL 11 juin 2011 10:52

          Excellent billet qui en peu de mots dit beaucoup de choses.

          Je lis :"à cette occasion, la gauche avait failli à contrer le slogan (travailler plus ...). Il aurait été si simple de dire que l’enjeu majeur de nos sociétés modernes et technologiques reste de « travailler mieux pour vivre mieux ».

          La gauche ? Vous voulez dire, le PS ?! à ce sujet, je n’ai lu à l’époque, qu’un seul article dénonçant l’imposture, le mien, excusez du peu.


          Je voudrais citer :

          « La misère c’est la pauvreté sans les moyens de subsistance » Majid Rahnema et Jean Robert

          et dire ceci : « La société capitaliste alias la société de consommation alias la société d’abondance est en réalité la société de la rareté. En effet, le moteur du capitalisme c’est les inégalités. Elle est incapable d’éradiquer la pauvreté puisqu’elle engendre la misère, elle ne peut qu’éradiquer les pauvres comme l’Anpe éradique les chômeurs. Le modèle occidental pour tous est impossible : la société capitaliste est fondamentalement malthusienne. Cette société capitaliste porte en elle le génocide à l’instar de ce que fait le gvt israélien à Gaza, entre deux trèves ».


          • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 11 juin 2011 12:00

            Merci beaucoup de votre commentaire.

            Je parlais effectivement de la gauche institutionnelle.

            pour le reste, je ne peux que souscrire à votre analyse.

            la question est de savoir comment mettre en place les alternatives.

            force est de constater que les peuples (sauf récemment en italie (mais n’est pas plutôt la sanction du sortant ?) et au pérou) ont du mal à choisir d’autres voies.

            D’ailleurs récemment un philosophe italien disait que le discours de gauche, trop moral, trop dans la restriction, n’était plus en phase avec l’époque...

            il faut réussir à démontrer que l’alternative est à construire, qu’il ne s’agit pas de revenir à un communisme étatique par exemple... et que le bonheur du plus grand nombre reste une idée de gauche à défendre.

            et qu’il passe par la responsabilisation du plus grand nombre.


          • pastori 11 juin 2011 12:41

            les choses se sont pas mal décantées par rapport aux idéologies. car le monde et les choses ont changé. 


             il convient donc de s’y adapter mais il y a des valeurs de gauche qui sont universelles et incontournables sans lesquelles rien ne peut se faire. car nous ne sommes pas des animaux. et la gauche, ce n’est pas un parti, des élus, des organismes. c’est l’ensemble des êtres humains mais certains l’oublient, par cupidité.

            solidarité, partage, justice, justice sociale, compassion, entre aide. tout est là, bien décrit par le Christ.  il suffit d’en être convaincu et baser sa vie sur ces principes , les appliquer vraiment. et du coup tout en découle, lois, gouvernances, comportements..............

            mais l’homme s’est rapproché de l’animal ! la lionne tue l’antilope, mais c’est le lion qui la mange, tant qu’il peut. et la lionne mange ce qui reste , s’il en reste.

            c’est notre règle aujourd’hui. revenir aux valeurs est facile. il suffit que chaque individu les adopte et redevienne un être humain digne de ce nom..

            • eric 11 juin 2011 15:53

              Il fallait oser ! Il y en a un qui l’a fait ! Dites ? Vous vous relisez avec un peu de distance parfois ?
              Je garanti pas la traduction mais en gros
              אני מי שאני
              Je suis celui qui est !
              Exode 3 :14

              Et en plus ce désintérêt pour le pouvoir d’achat !

              Cette synthèse reflète l’état actuel des gauches française !

              Des catho défroqués en perte de références spirituelles mais avec quelques réminiscences de leur catéchisme : pour le pire :
              1) ils se prennent pour Dieu !

              2) Tres en retard sur la bible, qui plaint le jeune homme riche Marc 10, 17-30. Vous comprenez que les biens peuvent aliener, mais alors pourquoi ne compatissez vous pas avec les riches, les capitalistes, qui sont par définition les plus atteints

              Des poste neo after marxistes qui refusent le matérialisme en théorie, mais se raccrochent aux branches pour déterminer quelles sont les forces du mal. Le libéralisme, les supermarché.....

              Des petits bourgeois nantis. Tous ce que vous proposez pour vivre autrement coute plus cher que ce qui existe et n’est accessible au quotidien qu’a des gens qui ont déjà le nécessaire et une partie du superflu pour vivre.

              Des gens indifférent aux pauvres. SI, il y a des gens pour lesquels le pouvoir d’achat est une vrais question.

              Des gens assez autoritaires. Ils savent comment nous devons tous vivre mieux. On est loin des nouvelles libertés proposées par le Président Sarkozy : travailler plus pour gagner plus pour ceux qui le désir !

              Surtout, la ou cela devient franchement comique, c’est qu’en réalité, il n’y que deux catégories de gens en France qui font vraiment, concrètement, en pratique, le choix de vivre plus simplement que les gens de milieux sociologique équivalent.

              Les prêtres des religions monothéistes, rémunérés a de petits smic, par opposition aux clergés de gauche, professionnels associatifs, responsables syndicaux rémunérés, élus, animateurs socio cul, fonctionnaires en décharge, dont les revendications catégorielles sont TOUJOURS massivement quantitatives et salariales. Des moyens, des postes et des hausses de salaires. Vous avez déjà vu des fonctionnaires défiler pour travailler mieux, faire plus avec moins de crédit ?

              Les familles nombreuses : a partir de trois enfants, on coupe délibérément a revenu egal, en matière de consommation avec ses homologues. or, les familles nombreuses sont notoirement et massivement un phénomène pour le coup de droite avec une dominante familles croyantes.

              Alliant l’incohérence intellectuelle a la contradiction entre ce qu’ils vivent et ce qu’ils disent, ils veulent imposer leurs idées farfelue a des gens qui ne leur demande rien, le tout en affirmant haut et fort et avec un fameuse prétention qu’ils « seraient » la ou les autres se contenteraient d’avoir !

              Peut importe. Nous sommes dans un pays libre. Mais nous approchons des élections. Qu’on se le dise. Ces gens ne sont pas favorable a ce que le pouvoir d’achat augmente pour les autres. Ils trouvent mal que nous faisions nos courses dans des supermarchés.




              • LE CHAT LE CHAT 12 juin 2011 00:01

                d’organisation du travail (libérant du temps pour les salariés),

                la gauche est complétement à coté de la plaque sur le coup !
                dans les entreprises privée , la productivité et les cadences sont au maximum , à chaque audit , ils serrent encore plus la vis , on préfére faire crever les gens au boulot et ne pas embaucher de personnel !
                d’autre part , les salariés veulent du pognon , du temps libre quand on en a pas , ça ne sert à rien ! c’est les bobos qui voulaient du temps du libre , pas les ouvriers ! et les entreprises refusent de payer les RTT ou les congés si l’ouvrier a besoin de cet argent pour vivre , m^me si le nain fait de belles lois en ce sens


              • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 12 juin 2011 00:24

                Bonjour,

                Le risque de cet article était effectivement celui-là.
                D’être pris pour celui qui ne comprenait pas les revendication salariales...
                Je ne tiens pas le discours des religions qui prônant la pauvreté pour le plus grand nombre permettait en réalité le maintien des inégalités les plus flagrantes.
                J’ai parlé de pouvoir vivre justement pour ces gens qui luttent pour arracher des augmentations de salaires légitimes.

                Je dis juste que limiter la critique ou faire du pouvoir d’achat un projet politique n’est pas une idée de gauche...
                Et figurez-vous que je compatis sincèrement pour ces riches qui en sont à se faire construire par exemple des voitures en or (j’avais lu un article sur un riche saoudien sur la question) parce qu’ils ne savent plus vraiment quoi faire de leur argent et qu’il ne suffit effectivement pas à faire le bonheur.
                Le plus pathétique, c’est juste cette course en avant vers le vide.
                Et je ne me prends pas pour Dieu.

                Mais est-ce vraiment satisfaisant de construire une société d’éternels frustrés ou de singe mimant de plus riches qu’eux ?
                Est-ce une fin en soi de pouvoir se payer le dernier téléphone portable sorti sur le marché ?

                Ce n’est pas mal d’aller faire ses courses au supermarché.
                ce qui est dramatique c’est quand le supermarché devient le centre de vie des banlieues...
                Et que les lotissements se construisent autour.


              • LE CHAT LE CHAT 12 juin 2011 00:30

                @jean pierre Lovicci

                la gauche est devenue beaucoup trop caviar et en total décalage avec ceux qu’elle prétend représenter , cela devient une évidence ! et heureusement que DSK est out , parce que c’était le ponpon !


              • eric 12 juin 2011 09:10

                A l’auteur : l’État peut tenter de faire quelque chose pour le pouvoir d’achat. On le voit mal rééduquer les citoyens pour qu’ils éprouvent ou pas des frustrations.
                Le but de la politique a droite, est de créer les conditions pour que chacun puisse « poursuivre le bonheur ». Comme il l’entend. Pas de définir et d’imposer ce bonheur.
                D’autre part ces frustrations, a nouveau, sont caractéristiques des publics de gauche. A niveau de revenu egal, cadre sup, l’electeur de droite catho famille nombreuse va habiller ses 4 gosses BCBG en repassant les fringues des aines aux plus jeunes. Le bobo, va habiller ses 1,5 gosses genre fashion victim. Va s’acheter des montres démonstratives, se livrer a des grandes consommations culturelles tentant de prouver son statut d’élite et passer ses vacances dans des endroits branches.
                Chez les alter gauches, sociologiquement plus « moyen » que les « gauches de gouvernement » idem, le refus démonstratif des « consommations » est une autre façon de se définir par rapport a elles. Je vous recommande le tube québecois, degeneration, du groupe mes aieux,qui parle avec franchise de se qui se cache derrière la « simplicite volontaire ».

                Enfin, j’aimerai quand même vous rappeler que tous les villages sont construit comme des maisons autour d’un marche, d’une église et historiquement, d’un cimetière.

                Qu’est ce que vous voulez ? Que les commerçants soient éloignés des lieux de vie ? En terme de bilan carbone, pas terrible.... !


              • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 12 juin 2011 09:50

                tout est possible, c’est la merveilleuse théorie du système libérale.
                chacun fait ses choix en toute liberté et quoi que l’on fasse on est rattrapé par la marché.
                Et vous n’avez pas tort de ce point de vue.
                Les habitudes, les tendances sont très bien canalisées par les marchands.
                Jusqu’aux révoltes !
                Là encore la lecture de guy debord reste très éclairante ! Vive les t-shirt avec le Ché !

                Si vous pensez que les supermarchés doivent être les nouvelles églises, libre à vous !
                Si vous pensez que ce sont des lieux qui participent du progrès de l’humanité, libre à vous.
                Si vous pensez que finalement c’est bien que les gens lisent Chooser, Gala, et autre journéaux people et qu’ils se gavent de télé réalité, que c’est finalementune fatalité, et encore une fois l’expression de leur liberté, libre à vous et tant mieux car vous devez vous satsifaire pleinement de ce beau monde dans lequel nous vivons et qu’il ne faudrait surtout pas vouloir changer.

                Du moment qu’on peut s’acheter le dernier écran plat, que demande le peuple ?


                • eric 12 juin 2011 12:06

                  Les entrepreneurs doivent vous lire et se dire « si seulement’ !
                  Vous restez dans la vulgate ! Le marche, cela n’existe pas. Ce n ’est pas une force du mal, un deux ex machina qui nous serait extérieur et nous imposerai quelque chose. C’est une modélisation des comportements d’échange qui essaye de comprendre et de prévoir ce qui se passe quand des gens veulent échanger en fonction de leur situation, de leurs contraintes et de leur degré de liberté . Du temps et de la compétence contre un salaire, des biens contre de l’argent, du militantisme contre de la satisfaction morale. Vous le présentez comme le diable dans le catéchisme de base catholique. Nous serions victimes de quelque chose, d’extérieur qui nous dépasserait.
                  La vérité du marche, c’est que de mémoire 90% des nouveaux produits, lances a grand renfort de recherche, packaging, pub, finissent rapidement aux oubliettes de l’histoire. Les entreprises s’acharnent a déterminer ce que nous attendons d’elles....
                  Si les écrans plats ont du succès, alors que je crois que l’image est plus tôt moins bonne qu’avec les tv a tube, c’est parce qu’ils prennent moins de place. Et même si je n’ai jamais acheté une télé de ma vie, j’imagine qu’ils ont désormais des prix comparable aux vieilles télés a taille égale.
                  Le »marche« c’est nous. Ce n’est pas un truc extérieur dont nous serions les victimes plus ou moins consentantes.
                  Il est d’une certaine façon du plus haut comique, que la pensée de gauche qui nous repete depuis deux siècle que tout est matière, et que les fois, convictions, cultures, liens familiaux gratuits : bref, toutes les vertus théologales, foi espérance et amour (1 Corinthien 13) ne sont que des superstructures ideologiques a la solde des dominations de classe de droite libérales, vienne auourd’hui nous expliquer en gros, et non moins doctement, que le matérialisme serait un impasse, qu’il faut retrouver des »vraies valeur" et que bien évidemment cela aussi, serait notre faute.

                  Cela fait deux siècles que vous répétez qu’il est injuste que certains aient des écrans plats et d’autres des tubes cathodiques, et vous vous vous étonnez....
                  Pour restez dans votre dialectique, nous SOMMES croyant, donc dans l’incertitude et l’ouverture, Vous AVEZ des certitudes. La lecture de Gala est elle une détente, comme un conte de fée, ou un abrutissement ? Je n’en sait rien, cela doit aussi dépendre des gens. Ce que je sais, c’est que chaque fois que le politique ou l’État a voulu en décider a leur place, cela s’est mal termine.
                  Enfin, a Moscou, il y a des églises dans les supermarché, et a Tarbes, un centre culturel. Une Agora, c’était cela. Et oui je pense que les supermarchés sont un progrès, mais libre a vous d’aller faire la tournée des fermes pour acheter vos légumes.
                  Quand a vouloir changer le monde, c’est en général la tentation de ceux qui ne parviennent pas a se changer eux même ce qui est en général plus urgent, plus réaliste et finalement plus susceptible de contribuer au changement de monde désiré.


                • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 12 juin 2011 19:23

                  Changer le monde commence par se changer soi-même ;
                  JE PARTAGE ;
                  Mais ce n’est certainement pas suffisant.
                  Il y a une dimension nécessairement collective aux grands changements dans les sociétés.
                  Quant à parler de marchés, je suis là encore d’accord, il faudrait être plus précis.
                  Il s’agit bien évidemment des marchés financiers qui eux n’hésitent pas à dicter des choix aux politiques...

                  Je vous renvoie d’ailleurs au très bon article publié hier sur le sujet

                   http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/crise-de-l-euro-les-peuples-95537


                • eric 12 juin 2011 20:30

                  Les marches financiers dictent leur choix aux politiques qui ne gèrent pas leur pays mais qui veulent quand même de l’argent. Les petits Pays Bas bien géré n’ont pas de problème particulier. La grande Espagne ou la moyenne Grèce qui ont fait du n’importe quoi si. Et encore, le pire qu’ils leur dise, c’est, si vous voulez notre argent pour le dépenser, il faut nous donner des garanties. N’importe quel pays au budget public déficitaire et parfaitement libre de licencier la moitie de ses fonctionnaires ou plus, de trancher dans ses budgets d’intervention, de reduire ses prestations sociales. Il pourra ainsi se passer parfaitement de l’argent des autres, des marches financiers et des agences de notation, en attendant de parvenir a produire la richesse necessaire pour revenir a la situation anterieure.

                  Dans l’article que vous citez, on atteint le comble du comique, quand l’auteur souligne, qu’au Portugal, avec Salazard, on avait un système social et des services publics mieux finances !

                  Il n’a pas l’air de faire du tout le lien avec le fait que cet économiste de formation, des son arrive au pouvoir, a rétabli le pays, notamment avec un respect très strict de l’équilibre budgétaire, Pas un sous dépensé sans son contrôle.

                  Sa surprise fait un peu de peine pour lui. Il est sur la même longueur d’onde que vous. La Gauche EST bonne et donc l’intendance devrait suivre, ou alors, c’est qu’il y a des méchant quelque part. La droite « A »de bonnes politiques et inexplicablement, elle obtient de meilleurs résultat ! C’est a n’y rien comprendre.

                  Mon conseil ? Continuer a persévérer dans l’être, nous on s’occupera du pouvoir d’achat...


                  • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 12 juin 2011 22:34

                    c’est bizarre, je dois avoir manqué un épisode mais je suis certain que vous allez combler mes lacunes...

                    La petite crise qui est survenue il y a quelques années... une toute petite crise n’est-ce pas ? était sans doute due à la gauche dépensière...

                    Les marchés financiers si sérieux et rigoureux, si rationnels n’y sont bien évidemment pour rien.

                    mais peut-être faudrait-il que je relise certains de vos articles qui c’est vrai vante régulièrement les mérites du libéralisme et d’un libéralisme à la Russe pour mieux comprendre...

                    En tout cas merci de vos commentaires argumentés qui ont le mérite de clarifier les clivages qui demeurent là où l’on voudrait nous faire trop souvent croire qu’il n’y a qu’une seule et unique solution à tous nos problèmes.

                    On ne gère pas un pays comme une entreprise et moins encore comme un budget familial.

                    mais ça se discute sans doute.

                    C’est d’ailleurs parce que certains y ont cru comme les italiens, qu’on se retrouve avec de grands dirigeants de droite façon Berlusconi...


                  • eric 13 juin 2011 11:29

                    Ma thèse sur la Russie est qu’elle connait un féodalisme qui est le stade ultime du socialisme, mais je ne suis pas très étonné que cela vous ait échappé car en réalité les rares articles que j’ai écrit sur la question n’ont pas été retenu en modération. En revanche, mes commentaires en sont plein.
                    Les crises sont la caractéristique des systèmes vivants.
                    En URSS de la stagnation, il n’y avait pas de crise ( officiellement) Savoir si l’origine de la dernière est surtout due a la politique de Clinton contraignant les caisses d’épargne a prêter a des ménages non solvable ou a des banquiers plus ou moins vereux faisant de la titrisation un peu n’importe comment, avec des états ne remplissant pas leur rôle de contrôle est un débat de spécialistes. Il est évidemment important.
                    Mais peu importe au fond. Il y a eu et il y aura des crises.
                    Beaucoup plus évident, comment les pays ont été touche et ont réagi.
                    Pour le moment, le diagnostic est assez clair. Ont baisse les notes de confiance des pays qui dépensent et s’endettent sans compter. L’amerique d’Obama par exemple....

                    Le différence entre la gestion d’un ménage et d’un état, c’est que le ménage peut compter sur le filet de protection social de l’État. L’Etat lui, peut compter sur la bonne volonté de ses pairs et sur celle de générations futures...... En principe, cela devrait le conduire a plus de rigueur qu’un ménage.....
                     Quand a la dématérialisation des économies et des finances, elle n’empêche nullement les états de s’en attribuer la part du lion, notamment dans les pays libéraux. Partout dans le monde, la part du pib, mais encore plus de la VA et de sa part issue du secteur productif, attribuée au capital, est tout a fait marginale. En France, on tombe a une rémunération réelle hors inflation de l’ordre de 2% après impots. Baisser encore serai renoncer a l’investissement.
                    En revanche, a 58% du PIB dépense par l’etat, il suffit d’une très légère amélioration de efficacité pour dégager tous les moyens nécessaires a se libérer du fardeau de la dette et abonder les budget sociaux, sans parler du pouvoir d’achat. Il est parfaitement logique que les partis de gacuhe qui sont essentiellement des lobby de la fontion publique préfèrent nous porposer de vivre mieux, d’imposer des contraintes aux entreprises plutôt que de se soucier d’une reforme de l’État : de changer leur mode d’être a eux....


                  • Bovinus Bovinus 16 juin 2011 00:46

                    Eric :

                    Ma thèse sur la Russie est qu’elle connait un féodalisme qui est le stade ultime du socialisme ...

                    C’est intéressant. Vous avez la lucidité de voir que la société russe est de type féodal (chose assez rare pour être remarquée), mais vous considérez cela comme une conséquence d’un socialisme évolué... J’aurais dit, pour ma part, qu’il s’agit simplement d’un fait social très ancien et bien ancré dans l’histoire du pays, bien antérieur au socialisme et à 1917. Il n’est pas exclu, à mon avis, que la persistance de cette caractéristique sociale s’explique en partie par la résilience étonnante du christianisme orthodoxe. Qu’en pensez-vous ?

                    Fort dommage que vos articles sur la question ne soient pas passés, j’aurais beaucoup apprécié de les lire.

                    @ l’auteur :
                    Désolé pour le HS.


                  • mimimelite 12 juin 2011 22:09

                    Votre article m’apparaissait formuler une évidence, mais à la lecture des commentaires, j’ai l’impression qu’il a été mal interprété, y compris par ceux qui devraient y adhérer les premiers, c’est à dire ceux qui ne sont pas des privilégiés de ce système consumériste.
                    Je pensais que, au moins sur ce média, les gens seraient plus réceptifs à votre propos, mais finalement, j’ai l’impression que les sirènes de la publicité ont fait beaucoup de ravages dans les cerveaux, qu’il sera difficile de réparer.
                    Sur ce plan, j’ai peur qu’il ne se passe rien de particulier en 2012 (si vous pensiez aux élections) et qu’il faille attendre que les ressources ne permettent plus de remplir les hypermarchés de ces biens de consommation aussi superflus que destructeurs (de ressources et) d’esprit.
                    De toute évidence, le changement ne viendra pas des partis alignés, les électeurs/téléspectateurs n’étant pas prêts à un tel changement.


                    • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 12 juin 2011 22:40

                      Merci ;

                      Il faut du débat. Et les arguments d’Eric sont complètement cohérents et recevables.

                      Force est de constater qu’en effet pour le moment la situation ne suffit pas à faire basculer les populations dans des choix politiques qui permettraient de tenter de remettre tout le système à plat ou du moins de voir comment le penser autrement.

                      Et ce changement paraît d’autant plus difficile à mener qu’il supposerait d’avoir des instances politiques de niveau international, de sorte à être ne mesure de redonner au politique une suprématie sur l’économique. or aujourd’hui force est de constater que l’économie qui se joue aisément des frontières et des clivages nationaux à travers les multinationales et les circuits financiers dématérialisés a plusieurs longueurs d’avance...

                      Les peuples sont à la traîne...


                    • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 12 juin 2011 22:52

                      L’étroitesse d’esprit qui caractérise nos penseurs de gauche me surprendra toujours.


                      Réduire la « droite » au capitalisme consumériste, pour mieux dissimuler sa propre vacuité est une technique éprouvée, devenue banale, c’est même un réflexe.

                      Il existe une vraie droite, bâillonnée par les médiocres qui ont pris le contrôle de notre société.

                      Une vraie droite, anti-bourgeoise, aristocratique, qui détient les vraies valeurs, oubliées, rangées parmi les vieilleries historiques par les sanglants idéologues révolutionnaires.

                      Valeurs et principes issus de l’Ancien Régime et de l’Antiquité, comme la Foi, l’Espérance, la Charité ou encore la Sagesse, la Force, la Tempérance, la Justice...

                      Bref, autre chose que les pets de 1789 que les intellos de gauche nous ressassent à longueur de journée.

                      Bonne soirée.

                      • Jean-Pierre Lovichi Jean-Pierre Lovichi 13 juin 2011 07:15

                        On pourrait discuter de la charité et de la justice des artistocrates de l’ancien régime.

                        Mais surtout effectivement, on ne peut parler aujourd’hui que de la droite qui gouverne.

                        Mais je suis également d’accord sur le fait que le partage droite ou gauche, est un peu dépassé.

                        Il y a, à mon sens, un partage entre néo-libéraux et le reste du monde...
                        Et justement, le problème vient notamment que dans « les restes du monde », il y a pléthores de choix, d’opinions et que tout cela est difficile à faire émerger.

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