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Dubaï, modèle de développement

J’étais ce week-end à Dubaï, dans le cadre d’un voyage d’études avec l’Essec et Nexity. C’est une ville fascinante et cette expérience suscite nécessairement une réflexion sur le développement et la mondialisation.

J’étais ce week-end à Dubaï, dans le cadre d’un voyage d’études avec l’Essec et Nexity. C’est une ville fascinante et cette expérience suscite nécessairement une réflexion sur le développement et la mondialisation.

Quelques impressions vécues tout d’abord :

  • Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le pétrole qui est la richesse de la ville (5% du PIB), mais plutôt sa situation géographique valorisée par le hub mondial que constituent le port et l’aéroport.
  • Contrairement à une autre idée reçue, Dubaï n’est pas une ville arabe, mais cosmopolite et multiculturelle : 90% des habitants sont étrangers. La ville est 100% anglophone. Elle constitue un havre de tolérance au regard des différentes pratiques religieuses.
  • C’est une ville très sûre (tous les Dubaïotes font six mois de service civil dans la police).
  • Inutile de préciser l’évidence que tout le monde connaît, mais qui décoiffe quand on y est : c’est un immense chantier d’infrastructures de transport (autoroute, métro, aéroport et port) et de bâtiments de tous usages. 20% des grues du monde sont à Dubaï. Mais c’est une impression très incertaine que laissent ces projets fabuleux, car rien n’est actuellement terminé.
  • Le modèle de développement repose sur l’importation de ce qu’il y a de plus efficace dans le monde  : le système financier et le tourisme de luxe occidental d’un côté, et la main-d’œuvre asiatique bon marché de l’autre. En même temps, ce n’est pas aussi simpliste : il y a également une vraie classe moyenne de commerçants indo-pakistanais et de nombreux Européens travaillent comme employés de base dans la restauration et le tourisme.

Mais ce concept de ville nouvelle et mondiale pose trois questions sociale, politique et environnementale.

Il y a tout d’abord évidement la question à laquelle nous sommes très sensibilisés : celle des conditions de travail des ouvriers asiatiques. Ces travailleurs sont des volontaires qui signent un contrat de travail de trois ans, comprenant le transport (un seul aller-retour), le logement et un revenu déterminé. Leurs conditions de vie, loin de leurs familles (il y a deux hommes pour une femme à Dubaï), sont déplorables  : horaires de travail, hébergement dans des bidonvilles, sécurité sur les chantiers, etc. Mais ce n’est pas parce que leur employeur saisit leurs passeports pour la durée de leurs contrats, afin de garantir ceux-ci, que l’on peut parler d’esclavage. Mais il y a véritablement lieu de s’en émouvoir et de rappeler nos valeurs. Cependant les choses changent progressivement : des premières grèves ont eu lieu, et la concurrence des différents centres mondiaux de main-d’œuvre fait monter les salaires. Les autorités locales s’inquiètent ainsi du développement de l’Inde : les salaires augmentant dans ce pays, il devient de plus en plus difficile de trouver des candidats à l’expatriation. Les choses évoluent, mais restent précaires...

Ensuite, au niveau politique, c’est une toute petite élite (les 10% de Dubaïotes de souche) qui a le pouvoir et qui l’exerce actuellement de façon éclairée et responsable. Cette situation est tenable et efficace en période de croissance. En effet, tous, du grand promoteur à l’ouvrier de base, trouvent leur compte dans un développement, certes inégal, mais partagé. Que se passera-t-il en cas de crise économique ? Cette oligarchie est-elle durable ? C’est une question cruciale pour l’avenir de Dubaï. En effet, si 90% de la population sait qu’elle n’est que de passage et ne pourra jamais s’établir définitivement dans ce pays, souvent loin de sa famille, elle ne va pas s’investir de la même façon. C’est une chose de construire des immeubles, c’en est une autre de construire une société équilibrée et épanouissante.

Enfin, au niveau environnemental, même si les hydrocarbures ne représentent pas l’activité essentielle, c’est bien la civilisation du pétrole et des transports (de marchandises par bateaux et de passagers par avions) qu’incarne Dubaï. Interrogés sur le développement durable, les responsables locaux sont d’abord mal à l’aise, car ils ne sont pas dupes de leur modèle de développement et de ses faiblesses. Mais ils rebondissent aussitôt en rappelant que l’objectif de Dubaï est de devenir, en diversifiant ses activités, la première ville de l’après-pétrole dans le Moyen-Orient. Ils précisent également que le développement durable constituera le prochain défi de Dubaï et un relais de croissance en réserve ! Il reste donc beaucoup à faire...

Si certains peuvent trouver scandaleux le modèle de Dubaï au regard des trois interrogations précédentes, j’aurai une attitude plus mesurée car je crois que cette ville a mis en oeuvre les véritables conditions du développement :
  1. Que l’élite locale réinvestisse dans l’économie locale ses revenus et qu’il n’y ait pas d’évasion des capitaux, contrairement à ce qui se passe souvent en Afrique. Dubaï va même plus loin, car lorsque les capitaux sont éventuellement investis à l’étranger, c’est toujours dans une optique industrielle qui sert les intérêts du pays (les ports ou l’aviation par exemple).
  2. La sécurité et l’absence de corruption. Dubaï a bien compris les attentes de ses clients occidentaux : ces deux éléments font intrinsèquement partie de la marque « Dubaï » et des prestations offertes aux investisseurs et expatriés.
  3. Quoi que l’on puisse penser des conditions de travail des ouvriers, c’est bien le travail de masse, qui de la Chine à Dubaï constitue la seule recette du développement comme il l’a été chez nous pendant la révolution industrielle. Certes, ils en sont encore à Germinal, mais c’est vraisemblablement une première étape obligée. En Chine comme à Dubaï, ces dernières années ont été celles de la plus grande sortie de la misère qu’a jamais connue le monde : des inégalités subsistent mais, progressivement, chacune des classes de la population profite du développement. Nous, Occidentaux, ne devrions pas nous obséder à briser égoïstement ce développement mais plutôt l’accompagner et susciter le passage à l’étape suivante, celle progressive de la reconnaissance des droits politiques et sociaux.
par Sébastien Dugauguez (son site) lundi 5 novembre 2007 - 22 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Philippe VIGNEAU (xxx.xxx.xxx.131) 5 novembre 2007 14:41

    article hallucinant ! par exemple le viol n’est pas encore puni dans "cette ville fascinante" (sic) ( exemple)... ce n’est qu’un exemple sur cet article qui contient pas mal d’erreurs !...

    il me tarde de voir le devenir de cette ville sans petrole !

    des fois on dirait que certains sont payes pour ecrire de tels articles...

  • Par Tzecoatl (xxx.xxx.xxx.130) 5 novembre 2007 13:08
    Claude Simon

    Dubaï est ce que l’on appelle une dictature libérale

  • Par manusan (xxx.xxx.xxx.26) 6 novembre 2007 03:38

    super lien Guillaume.

    je suis aller 2 fois à Dubai pour le taf (quelques mois). Le pétrole représente officiellement 10% du PIB, mais si on y regarde de plus prés, on trouve beaucoup de compagnies pétrolières iraniennes, l’Iran étant toujours sous embargo depuis 1995, Dubai joue la passerelle, le business est trés juteux dans le pétrole, les banques et les assurances.

    L’Iran détient 10% des réserves pétrolières mondiales prouvées (ce qui place le pays à la 3e place dans le monde).

    Sinon comme le décrit l’auteur, le premier jour c’est quand même impressionant (chantiers, boutique de luxes, nombre d’étrangers ...).

    Mais c’est aussi trés superficiel. La richesse du pays vient du status de port franc. Aucune taxe à Dubai, les entreprises délocalisent leurs siéges sociaux, les capitaux suivent et financent les chantiers, aucune richesse crée de l’intérieur juste du commerce. Avec 90% d’étrangers on peut presque dire que Dubai est un territoire "loué". Une expérience unique de la mondialisation. L’histoire à montré cependant que les sociétés commerciales n’ont jamais aimé s’installer longtemps à un endroit, elle peuvent être un bon tremplin comme à Singapour ou Hong Kong.

    Pour l’avenir, Dubai a misé sur le tourisme (piste de ski couverte, hotel de luxe, ...), à quand un nouveau parc Disney à Dubai ?

    Plusieurs défis pour l’avenir de Dubai (et pas des moindres) :

     plusieurs litiges territoriaux avec l’Iran.

     irritement de l’arabie saoudite concernant le flux d’étrangers et le mode de vie "trop occidental"

     menace terroriste, secteur financier mondiale ultra paranoiaque pouvant fuir rapidement vers un autre port franc.

     l’augmentation rapide de paradis fiscaux et nouveaux ports franc dans le monde pouvant faire concurrence.

     on voit depuis peu en Chine les ouvriers "voter avec leurs pieds", c’est à dire bouder les usines, à quand une contagion à Dubai ?

  • Par Adama (xxx.xxx.xxx.204) 5 novembre 2007 15:45
    Adama

    Excusez moi d’intervenir et de jeter un coup de froid sur ce paradis arabe

    Lisez, c’est à mourir de rire !!!!

    Communiqué spécial du projet MEMRI TV : Dubaï TV - Une nouvelle tribune pour le réformisme arabe

    La chaîne de télévision officielle de Dubaï a été remodelée en profondeur. Il y a environ un mois, elle a été re-lancée avec un nouveau logo et une nouvelle grille de programmes. Sa nouvelle approche est moderne et ouverte, et la chaîne est devenue une tribune pour les messages réformistes, qu’ils soient politiques ou sociaux. Les principales personnalités de l’information de la chaîne sont les animateurs de débats Lina Sawwan et Daoud Al-Shiriyan qui promeuvent la réforme en soulevant des questions pertinentes et en invitant des intervenants pour en débattre.

    Lina Sawwan présente l’émission hebdomadaire ‘Hadith Wala Haraj’ (‘Parlez de vos états d’âme librement’) qui aborde des questions de société. Récemment, Sawwan consacra une émission à la polygamie dans le monde arabe dans laquelle elle invita Muhammad Mourad, qui a épousé 12 femmes, accompagné de l’une d’entre elles, d’un de ses fils et une de ses filles. Les autres invités de l’émission étaient le Dr Moza Ghabash, un professeur de sciences politiques opposé à la polygamie et le Dr Seif Al-Jabari, directeur du Département des Affaires Islamiques du Ministère des Fondations Religieuses de Dubaï, qui exprima une position favorable à la polygamie.

    Pour visualiser cet extrait, sous-titré en anglais, en streaming et/ou pour télécharger une version en qualité broadcast de la vidéo, aller au Clip No. 155 sur http://memritv.org/archives.asp?ACT....

    Voici des extraits de l’émission, suivis de résumés des autres programmes de la nouvelle Dubaï TV :

    Présentatrice Lina Sawwan : « (...) Je vais débuter avec quelqu’un qui s’est marié, non pas une fois, ni deux, ni quatre fois, mais 12 fois et il prévoit déjà d’avoir une treizième femme pour cette année. Nous avons avec nous M. Muhammad Mourad (...) Comment expliquez-vous cela ? Pourquoi toutes ces femmes se marient avec vous ? Elles savent certainement que vous allez divorcer d’une d’entre elles et en trouver une autreà sa place après quelque temps. Pourquoi les femmes acceptent-elles d’épouser des hommes qui aiment se marier ? »

    Muhammad Murrad : « Moi, par exemple, j’ai eu quatre femmes. Quand une vient à mourir, j’en épouse une autre. Quand une autre devient vieille, je divorce et en épouse une autre (...) »

    Présentatrice Lina Sawwan : « Muhammad [fils], je voudrais te poser une question, crois-tu en la polygamie et envisages-tu personnellement d’épouser plus d’une femme ? »

    Muhammad Murrad fils : « Par Allah, je suis d’accord avec Père. Et si je le souhaite (...) j’essaierai d’être comme Père. Je sais que c’est impossible parce que dans le passé, tout était naturel. De nos jours tout est moderne. Nous avons un réfrigérateur, profitons de l’air conditionné. Mais à leur époque, ce n’était pas comme ça ; tout était naturel. J’essaierai, si Allah veut. »

    Présentatrice Lina Sawwan : « Tu veux dire que tu essaieras d’épouser plus d’une seule femme (...) Ton projet pour l’avenir est que puisque tu as un réfrigérateur tu pourras amener beaucoup de femmes chez toi ? »

    Muhammad Murrad fils : « Exactement comme Père, si Allah veut. »

    Dr Seif Al-Jabari : « La polygamie n’est pas une pathologie, mais quelque chose qui découle de la nature humaine. Je citerai quelques exemples illustrant l’importance de la polygamie dans la vie de toutes les sociétés. [Il en fut ainsi dans] toutes les législations, Islamiques et celles qui en procèdent nous faisant office de loi, si elles sont conformes à l’Islam. En effet, l’Islam a toujours été stigmatisé en raison de sa polygamie. La réalité est différente. Toutes les religions, la race humaine tout entière, était familière de cette pratique, mais la loi islamique est venue institutionnaliser cette anarchie. Très souvent la polygamie pouvait atteindre (...) »

    Présentatrice Lina Sawwan : « Des centaines de femmes. »

    Dr Seif Al-Jabari : « Mais l’Islam est apparu et fixa des limites. Je voudrais citer une équation très importante. Il est notoire qu’il y a beaucoup de femmes dans toutes les sociétés. Les femmes sont quatre fois plus nombreuses que les hommes (...) »

    Présentatrice Lina Sawwan : « Parce que vous, les hommes, menez beaucoup de guerres, peut-être que si vous cessiez (...) Dr Moza, aidez-moi (...) »

    Dr Seif Al-Jabari : « Il existe un déséquilibre social et démographique dans la population de toute l’humanité, dans le monde islamique et en dehors de celui-ci. Nous avons un problème. Nous en souffrons. Il faut trouver une solution. Tout le monde veut se marier. L’Europe réclame de tout son cœur la polygamie, alors où est le problème ? »

    Présentatrice Lina Sawwan : « Certainement pas toute l’Europe (...) »

    Dr Seif Al-Jabari : « J’ai des études qui montrent que si vous demandiez à n’importe quelle femme [européenne] aujourd’hui, elle vous répondrait ‘Je suis physiquement et émotionnellement isolée de mon mari, mais je ne peux pas divorcer’. Leur mariage est éternel. Mais ils ont tous les deux un amant.

    Le mari épouse plusieurs femmes pour divers besoins. Tout d’abord, le Coran dit, ‘Puis épouse autant d’autres femmes qu’il te sera agréable’. (...)[C’est] un fait connu (...) une femme peut contracter une maladie, avoir ses règles, donner la vie, être enceinte ; les femmes rencontrent des états très variés. Où l’homme ira-t-il ? Les homes sont différents des femmes. L’homme a profondément besoin d’une femme. Sinon il se tournera vers l’interdit, ce qui est un plus gros problème. Alors où est le problème ? Dois-je mettre en péril la société et défier Allah en fréquentant les prostituées, en buvant de l’alcool - excusez-moi - et d’autres choses encore, ou devrais-je épouser des femmes autorisées et ainsi résoudre mon problème et le problème d’un être humain comme moi de façon légitime ? Toute femme veut avoir des enfants et vivre.

    Il y a des lois islamiques, mais si [la première femme] n’est pas contente à cause du deuxième mariage, elle peut demander le divorce, c’est tout naturel ».

    Dr Moza Ghabash : « Excusez-moi, il défend le divorceafin de pouvoir se marier. Il défend le divorce seulement pour que l’homme puisse se marier de nouveau. Excusez-moi, Dr. Seif, la connaissance de la religion est une chose, mais se cacher derrière la religion et justifier nos erreurs au nom de la religion est un crime social ». 1

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