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Education nationale : investir moins pour économiser plus

Il faut réduire la dette ! L’intention est louable, et l’objectif même impératif. Il n’est cependant pas interdit de remettre en cause la logique purement budgétaire d’un gouvernement qui a donc résolu de faire des économies sur le dos, entre autres, de l’Education nationale, en supprimant dès cette année de 11 200 postes de professeurs - mais ce n’est qu’un début, le pire restant à venir avec un objectif affiché de 80 000 postes supprimés en quatre ans !

Le bon grain et la mauvaise graine, article repris de sarkononmerci.fr


Pour MM. Sarkozy et Fillon, les choses sont simples : puisqu’il faut faire des économies, supprimons un maximum de postes d’enseignants dans les collèges et lycées de France, fût-ce au prix d’une dégradation sans précédent des conditions de travail des enseignants comme des élèves, donc de la qualité des enseignements dispensés, et donc des chances de réussite scolaire pour tous les enfants - et, en particulier, c’est une évidence, pour les plus fragiles d’entre eux, ceux qui connaissent déjà les plus grandes difficultés. Une logique purement budgétaire au prix d’une insulte à l’avenir du pays, à son économie, mais aussi, plus directement, à son intelligence. L’avenir de nos enfants, leurs chances de réussite scolaire, ne sont plus désormais considérés comme un investissement productif de richesses, mais bien comme une variable d’ajustement budgétaire parmi d’autres.

Nous sommes dans la situation aberrante où un agriculteur, contraint de faire des économies, prenait la décision suicidaire de réduire les semences, se condamnant inévitablement à des récoltes moindres, ce qui aurait pour effet certain d’accroître d’autant ses difficultés financières. Semer, l’agriculteur le sait bien, c’est investir, c’est-à-dire préparer aujourd’hui les richesses de demain. Nos enfants sont les richesses de demain. Les cultiver, c’est-à-dire en l’occurrence les préparer à demain, telle est la mission essentielle de l’école. Il est atterrant de constater à quel point nos gouvernants actuels semblent avoir perdu confiance en nos propres enfants au point de les sacrifier sur l’autel idéologique de l’orthodoxie budgétaire.

Non, pas tous les enfants. Ces responsables politiques, actuellement au pouvoir, ont très clairement choisi de séparer le bon grain... de la mauvaise graine. Le bon grain, ce sont ces enfants qui ont reçu en héritage la chance de pouvoir mener à bien une scolarité quelles que soient les conditions d’enseignement qu’ils ont à affronter à l’école, y compris dans des classes surchargées, y compris face à tel ou tel enseignant dont les conditions de travail et le niveau de reconnaissance sociale ne lui permettent plus d’assurer correctement sa mission. D’ailleurs celui-là, cet enfant privilégié, suivra généralement une scolarité dans des établissements successifs situés bien à l’abri des problèmes supplémentaires que posent à un enseignant, et finalement à une classe tout entière, la présence nombreuse d’élèves en très grandes difficultés scolaires et/ou sociales (les deux étant généralement étroitement liés). La mauvaise graine, ce sont tous les autres pour qui la notion d’égalité des chances devient chaque jour davantage, et plus particulièrement chaque fois qu’on décide d’investir moins dans l’école de la République, chaque fois qu’on cesse un peu plus de croire en eux, une notion bien vaine face à des choix politiques qui ne peuvent être vécus autrement que comme un abandon, une exclusion supplémentaire.

Ce gouvernement, fidèle à une idéologie libérale archaïque, a fait le choix économiquement aberrant d’investir moins pour économiser plus, quand au contraire - parce que l’économie a des invariants simples - il est impératif, y compris face à cet objectif majeur de réduction de la dette, d’investir plus aujourd’hui pour gagner plus demain.




par Dedalus (son site) jeudi 27 mars 2008 - 46 réactions
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  • Par antiholiste (---.---.---.168) 27 mars 2008 14:06

    On peut investir à perte, c’est ce que nous faisons depuis des décennies. Les dépenses augmentent alors que le nombre et le niveau des élèves baissent.

    Lorsqu’un rectorat décide de baisser les dotations horaires globales allouées à un établissement, il considère a tort ou a raison que l’établissement dépasse son quota d’heures par rapport aux autres établissements. Nous sommes en plein dans une problématique de fonctionnement et de gestion des ressources humaines.

    Comme nous dépensons beaucoup plus que les autres pays dans nos collèges et lycées, alors que nos profs font moins d’heures de cours que les autres devant leurs élèves, il est évident que des ajustements sont nécessaires.

    Ces ajustements sont-ils bons au cas par cas ? Il faudrait sortir du registre émotionnel véhiculé par les médias pour le savoir.

  • Par antiholiste (---.---.---.168) 27 mars 2008 16:34

    Il est certain que le corporatisme biaise complètement le débat.

    La question n’est plus de savoir si l’enseignement est de bonne qualité mais s’il y a assez de moyens ou de profs, comme si la logique quantitative était en soi un gage de réussite. C’est d’autant plus frustrant que les faits contredisent ces croyances, mais les faits sont idéologiques pour certains.

    Tout ce qui sort de l’idéologie égalitariste est rejeté, l’arbitraire est la règle, l’individu, prof ou élève, n’a pas sa place, chacun doit se soumettre au culte de la culture générale, idéalisée, uniformisée, et très partisane. Les centaines de milliers de jeunes qui se trouvent sur le carreau à la sortie le sont simplement parce que l’économie n’est pas adapté à l’école.

    La théorie se suffit a elle-même et la pratique doit s’y soumettre, normale.

  • Par tmd (---.---.---.11) 27 mars 2008 12:09

    La véritable question c’est de savoir pourquoi seuls 2 presonnels de l’EN sur 3 sont face à des élèves ? Mais que font les autres ? L’EN dillapide ainsi 33% de son budget dans son administration !

    Pour rappel depuis 25 ans, le budget de l’EN n’a fait qu’augmenter année après année alors que le nombre d’élèves scolarisés a lui baissé ! Depuis 25 ans l’EN applique la même techinque : on demande toujours plus de moyens. Il est peut-être temps après un quart de siècle de comprendre que ’plus de moyens’ ce n’est peut-être pas la seule solution aux piètres résultats de l’EN.

  • Par yannick (---.---.---.32) 27 mars 2008 13:24
    yannick

    les prix nobels américains sont probablement obtenus par des immigrés attirés par le salaire proposé par les centre de recherche privés. Est-ce que vous avez fait un ratio population/nb de prix nobels ?

    Vous comptez Al Gore là dedans ? smiley

    pour les fonctionnaires : Non, ils ne sont pas virés mais ca veut tout de même dire que vos enfants auront 11000 profs de moins.

    L’éducation est la base d’une société, il faut apprendre aux gens à s’informer, à développer un esprit critique et à remettre en question ce qu’ils voient à la télé sinon ils votent Sarkozy après.

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