Christ du ciel ou Christ de Nazareth ? Telle est la question que je pose au prochain ou à la prochaine ministre de la Culture. Je m'explique : le Jésus représenté dans les chapiteaux de nos églises romanes est-il un Jésus du ciel dont les Anciens attendaient la venue comme je le prétends, ou un Jésus nazaréen, venu, mort et ressuscité, comme on le dit ? Après la campagne présidentielle où les deux candidats se sont référés sans cesse à l'histoire de France, il me semble que le ou la nouvelle ministre de la Culture se doit de donner au monde qui nous entoure et aux touristes étrangers une explication claire et argumentée des origines de notre pensée, de notre culture judéo-chrétienne et de notre patrimoine le plus ancien.
L'affaire semble anodine. Elle ne l'est pas. Elle remet au premier plan l'interrogation sur les fondements de notre histoire et de nos valeurs. En redonnant à la Raison et à la Vérité historique la lumière qui doit éclairer notre avenir, elle nous met en garde contre les radicalismes religieux qui menacent aujourd'hui notre société.
Oui, j'affirme que le Jésus représenté dans les sculptures et dans les fresques de nos plus anciennes églises dites romanes n'est pas Jésus de Nazareth mais un Jésus du ciel.
I. Les exégètes se sont complètement fourvoyés au sujet des textes évangéliques, et cela depuis le début ; et encore aujourd'hui, ils persévèrent dans l'erreur en essayant laborieusement d'imaginer des scénarios rationnels et un Jésus saint homme plutôt que fils de Dieu.
Je résume :
Jean, vers l'an 30, prophétie complexe dans laquelle il était demandé à Dieu de faire descendre son Fils, Christ, dans la grande communauté essénienne.
Marc, vers l'an 34, première tentative de faire descendre ce Fils dans une communauté, en esprit, et si possible, en corps révélé.
Luc, vers l'an 38, deuxième tentative pour récupérer le mouvement.
Matthieu, vers l'an 48, troisième tentative, mais cette fois au niveau du conseil suprême essénien, et essai d'explication théologique dans l'épître aux Hébreux.
Tout cela, je l'ai expliqué en détails dans mes ouvrages et articles rappelés en fin de page de mon article http://www.agoravox.fr/actualites/r...
II. Les exégètes ont non seulement rien compris aux textes évangéliques, mais ils ont défini le canon des écritures en éliminant ou en ne voulant pas voir ce qui aurait dû leur ouvrir les yeux.
C'est ainsi que dans la deuxième partie du Pseudo-Zacharie, ils auraient dû comprendre qu'il s'agissait d'un véritable appel à l'insurrection adressé à tous les Juifs, diaspora comprise, après la répression hérodienne de l'an - 4.
C'est ainsi qu'ils auraient dû comprendre que le protévangile de Jacques, rédigé comme le dit son auteur à la mort d'Hérode, c'est-à-dire en l'an - 4, était une prophétie annonçant la venue d'un futur Jésus, Christ, vengeur.
C'est ainsi qu'ils auraient dû comprendre que ce texte prophétique trouvait son accompagnement rationnel et son explication dans l'épître de Jacques qui voyait, dans le ciel, un Yahvé qui vient dans le Yahvé des armées et auquel, pour la première fois, il accouple le nom de Jésus, Christ.
C'est ainsi qu'ils auraient dû comprendre que l'Apocalypse, dite de Jean, d'avant la guerre de Jérusalem de 70, était une prophétie/espérance dans la venue de ce Jésus du ciel et qu'il ne concernait en aucune façon le Jésus nazaréen des évangiles qui, lui, n'avait pas rétabli l'autorité des tribus juives dans leurs anciennes prérogatives.
III. Les historiens de l'art roman n'ont absolument rien compris à ce que les Anciens nous ont laissé dans leurs fabuleux édifices religieux et dans l'extraordinaire bible de pierre de leurs chapiteaux.
De deux choses l'une, ou bien Agoravox n'a pas l'audience médiatique que ce site citoyen mérite d'avoir, ou bien les autorités impliquées dans les erreurs que je dénonce fuient le débat pour ne pas avoir à répondre. Ou bien le ou la prochaine ministre de la Culture continuera à pratiquer la langue de bois comme ses prédécesseurs, ou bien elle fera en sorte que le débat ait lieu.
Je rappelle les principaux sujets de mes articles :
À Taisey, au bord de la Saône, dès le X ème siècle avant J.C., tour et forteresse des Bituriges.
À Mont-Saint-Vincent/Bibracte et à Gergovie/Le Crest, à partir du Xème siècle, temples cananéens.
À Gourdon, au pied de Mont-Saint-Vincent/Bibracte, fresques judaïques du Ier siècle avant notre ère. Espérance d'une naissance. Nouveau David sortant du tombeau. Offrande de prépuces et de clitoris.
À San Isidoro de Lèon, en Espagne celtique, magnifique tympan sculpté évoquant la main d'accueil de Dieu et le sacrifice humain druidique qui ouvre la porte du ciel.
À Chalon-sur-Saône, vers l'an 253, temple le plus beau de l'univers selon le rhéteur Eumène. Chapiteaux bibliques. Un Jésus essénien du ciel.
À Sainte-Foy de Conques, avant l'an 285, dans la culture arverne, magnifique tympan sculpté glorifiant l'ÉTANT, ROI DES JUIFS, Christ dans le ciel.
À Autun, dans la culture éduenne, vers l'an 306, magnifique tympan sculpté, glorifiant le "non nommé" du ciel qui protège les enfants d'Israël et annonçant dans Constantin le futur Sauveur.
À Vézelay, dans la culture éduenne, vers l'an 361, magnifique basilique de Vézelay annonçant dans l'empereur Julien le futur sauveur.
À Clermont-Ferrand, à Notre-Dame du Port, vers l'an 440, église mariale en attente d'un sauveur.
À Brioude, vers l'an 456, église/mausolée de l'empereur arverne Avitus.
À Orcival, vers l'an 467, basilique arverne dédiée à saint Martin de Tours.
Premières églises dites chrétiennes, à Lyon la primatiale Saint-Jean vers l'an 469, à Clermont la cathédrale franque, gothique, vers l'an 567, à Sevrey l'église burgonde du roi Gontran vers l'an 577.
J'ajoute :
La carte dite de Peutinger, établie au temps de l'empereur Julien. Cette carte désigne les capitales de cités de l'époque par une vignette évoquant une façade de cathédrale, ce qui signifie que ma remise en question de la Bourgogne l'est aussi pour d'autres régions.
Les innombrables fresques évoquant un Jésus du ciel avec parfois son épée à deux tranchants, les scènes d'apocalypse, l'évocation de martyrs d'avant l'ère chrétienne, christianisés par la suite.
Les textes, chartes, qui signalent des continuations de travaux et les inévitables réparations.
L'abbatiale de Cluny, fondée en 909 par le tout puissant comte Guillaume le Pieux, héritier de la Bourgogne et de l'Auvergne. Ce monument est certes prestigieux mais il y a lieu de remarquer qu'il ne présente que des chapiteaux de tradition, épurés, sans signification historique ou autre.
IV. Nous avons là, dans ce patrimoine remontant à la Gaule antique, un véritable trésor qui n'est ni mis en valeur ni exploité comme il le mérite sur le plan culturel et touristique.
Dans cette époque difficile où nombre de nos citoyens sont à la recherche d'emplois, où s'élargit le gouffre de notre déficit, le ministère de la Culture se trouve devant un choix : ou bien toujours coûter de plus en plus à la nation, ou bien rompre avec les errements du passé et la pratique de la langue de bois. Ou bien maintenir Bibracte au mont Beuvray et Gergovie à Merdogne, ou bien se rallier à mes propositions de Mont-Saint-Vincent et du Crest, ce qui change tout.
Rappel des réponses ambigües des précédents ministres de la Culture.
Jacques Toubon, m'a vivement félicité pour mes écrits mais semble s'être rallié à la thèse d'une France qui a toujours été une terre d'immigration, une thèse que je conteste.
Catherine Trautmann, maîtrise de théologie : J.O. du 19/04/1999, page 2337, à une question qui lui est posée, Mme Trautmann, ministre de la Culture, déclare que la question de l’éventuelle mise en cause du bien-fondé de la localisation au mont Beuvray des vestiges de l’oppidum n’est pas un sujet de débat pour l’immense majorité des archéologues.
Michel Duffour : lettre du 27/10/2000 de M. Michel Duffour, secrétaire d’Etat à la Culture :... Il ne paraît pas utile que le ministère de la culture et de la communication entretienne une polémique avec une personne, qui comme beaucoup de passionnés de son espèce, se place dans la posture de l’homme seul face au poids de la « science officielle ».
Catherine Tasca : J.O. du 2/7/2001, page 3835. Le député Marc-Philippe Daubresse souhaiterait savoir quels sont les résultats des fouilles et quelle a été la conclusion des experts concernant la localisation du site de Bibracte. Madame Tasca, ministre de la Culture, répond que les recherches archéologiques sur le mont Beuvray... ne s’occupent pas de la localisation mais plutôt de l’environnement...On peut noter, ajoute-t-elle, que M.Goudineau, professeur au Collège de France... juge certaine la localisation de Bibracte au Mont Beuvray.
Michel Aillagon : suite à la question de M. Dominique Perben, Garde des sceaux à M. Aillagon, M. Dominique Vinciguerra, ministère de la Culture, chef de cabinet, me répond directement par lettre en date du 18/2/2003 :... Le ministère de la culture et de la communication s’en tient aux publications scientifiques issues des travaux de terrain qu’ont dirigés en particulier MM. Vincent Guichard ou Michel Reddé. C’est pourquoi vous a été adressé le bilan de onze années de recherche (1984-1995) à l’oppidum de Bibracte publié dans la revue Gallia...Vous contestez la pertinence et l’intérêt des travaux de recherche archéologique menés sur ce site comme vous contestez la qualité de la lecture de César par de nombreux traducteurs et auteurs...C’est là votre liberté de citoyen mais il ne faut pas attendre de l’autorité ministérielle une consécration officielle et scientifique de thèses qui n’ont pas été soumises à une validation scientifique.
Frédéric Mitterrand : vit sur son petit nuage ; il fait confiance aux archéologues.
V. Exemple de nouvelle interprétation (chapiteaux d'Autun).

En haut, mon dessin et mon interprétation. Le monticule en forme de haricot évoque de toute évidence la forme caractéristique du Mont-Saint-Vincent. Il figure d'ailleurs ainsi sur d'autres chapiteaux. Par analogie, la ville fortifiée avec ses portes monumentales ne peut, bien sûr, désigner qu'Autun. C'est une femme ; le rhéteur Eumène lui donne le nom de Flavie "Bibracte s'est appelé jusqu'à ce jour... mais maintenant, c'est Flavie la cité des Eduens". D'autres chapiteaux mettent en scène, ensemble, Bibracte et Flavie. Flavie est représentée en fille, cheveux au vent ; Bibracte est représenté en garçon - ou homme - plus petit, et avec le bonnet des Anciens. Placée en haut d'une colonne, il est bien évident qu'il s'agit d'une transposition symbolique et poétique dans le ciel ; à moins que cela corresponde à la croyance que ce qui s'écrit sur terre s'écrit aussi dans le ciel.
Au-dessous, photo du chapiteau du site romanes.com. Pour certains, il s'agirait de la guérison de l'aveugle de Jéricho. Le chanoine Grivot y voit plutôt la rencontre de Jésus avec les pélerins d'Emmaüs de l'évangile de Luc. Il remarque, à juste raison, la besace et le bâton de pèlerin du Christ mais il ne s'étonne pas que les deux pèlerins/apôtres n'en aient pas. Le petit personnage qui ouvre la porte serait l'aubergiste. L'arbre qui porte la maison ne serait qu'un support conventionnel qui n'aurait aucune signification. Il ne voit dans mon monticule qu'un coussin et dans la sphère qu'un tabouret. Il ne remarque pas la brise (du ciel) qui fait voleter le bas des robes. En revanche, dans un autre chapiteau, il voit Constantin à cheval écrasant le barbare mais il explique le fait en disant qu'au XIIème siècle, on se rappelait encore que l'empereur était passé à Augustodunum.

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