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Emmanuel qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle : chapeau François !

Après avoir démissionné de ses fonctions de Ministre de l’Economie, lancé son mouvement " En marche " puis présenté sa candidature à la présidence de la République, Emmanuel Macron est aujourd’hui qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle.

Il a toutes les chances de l’emporter tant ses soutiens sont nombreux et variés et on ne peut que relever le tour de force réalisé par François Hollande qui, à défaut de se présenter lui-même, a réussi à imposer son candidat...

On se souvient que tous les médias, presse écrite et chaînes d’infos ainsi que Les Républicains et le PS avaient présenté la démission d’Emmanuel Macron en tant que ministre de l’économie comme un coup de poignard dans le dos du président de la République. Lorsqu’il s’est déclaré candidat à la présidence de la République, ces mêmes médias ont présenté cette seconde initiative comme un second coup de poignard dans le dos de François Hollande.

Cette explication a fait les beaux titres de la presse écrite et des médias audio-visuels, traîtrise étant le maître mot. Mais c’était mal connaître l'art du double langage et les contorsions politiques de François Hollande car les initiatives d’Emmanuel Macron ont sans doute été prises avec l’aval du président de la République.

Petits rappels

Alors à Sciences Po, Emmanuel Macron effectue un stage au cabinet de Georges Sarre, maire du 11ème arrondissement de Paris et proche de Jean-Pierre Chevènement. Membre du PS à partir de l'âge de 24 ans, il collabore également à la fondation Jean-Jaurès.

Il rencontre François Hollande en 2006, par l'intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, et s'engage à ses côtés. Lors de l'élection présidentielle de 2007, il fait partie du groupe les Gracques, composé d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, qui appelle à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou.

Il soutient François Hollande lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011 et ce avant l'affaire du Sofitel, alors que Dominique Strauss-Kahn était en tête des sondages. De juillet à décembre 2011, il anime un cénacle d'experts et d'économistes, le groupe de la Rotonde, composé des économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Élie Cohen, qui fait un rapport tous les 15 jours au candidat. Ce groupe prône notamment « un véritable choc de compétitivité ».

Le 15 mai 2012, Emmanuel Macron devient secrétaire général adjoint de l'Élysée. En secondant le secrétaire général, Pierre-René Lemas, il sera notamment à l'origine du pacte de responsabilité et de solidarité et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. Il contribue par ailleurs au choix de l'Élysée de ne pas légiférer sur les salaires des patrons et de privilégier seulement un code de bonne conduite...

Le 10 juin 2014, l’Élysée annonce qu'il quitte le cabinet de François Hollande. Le secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet, indique alors qu’Emmanuel Macron s'en va « pour mener des projets personnels dans les domaines de l’enseignement et de la recherche ».

Mais le 26 août 2014, il est nommé ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls II, en remplacement d'Arnaud Montebourg. Devenant ainsi le plus jeune ministre de l’Économie depuis Valéry Giscard d'Estaing dans le premier gouvernement de Georges Pompidou en 1962, il est qualifié par certains médias et acteurs politiques " d'anti-Montebourg " et de " symbole " d'un virage social-libéral de l'exécutif. 

Avec un tel curriculum vitae, il faudrait donc croire que le petit protégé de François Hollande, deloriste bon teint comme lui, aurait trahi une première fois son tuteur en donnant sa démission de ministre de l'économie puis une seconde fois en annonçant le 16 novembre dernier sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 ! 

La fausse piste de la primaire socialiste

Plusieurs mois avant la tenue de cette primaire qui a vu la victoire de Benoît Hamon, un débat, passé un peu inaperçu, avait eu lieu à gauche. Dans un premier temps, l’exécutif gouvernemental et le PS se montraient réservés, voire opposés à l’idée d’une primaire, le président sortant, candidat naturel de la gauche, ne pouvant s’abaisser à passer par la case primaire.

Peu de temps après, on assistait à un changement complet de pied de la part de Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du PS, et de Manuel Valls, Premier ministre. Avec sans doute l’accord préalable de François Hollande, l'organisation d’une primaire du PS et de ses alliés radicaux de gauche et Verts pro-gouvernementaux, pour désigner le candidat de la gauche avait désormais toutes les vertus.

Que s’est-il passé entre ces deux épisodes ? Les sondages confirmant une dégringolade dans les intentions de vote, la chute de popularité de François Hollande était telle qu’elle le mettait dans l’impossibilité de se présenter avec ou sans primaire. Aidé par les sondages élyséens, François Hollande savait alors qu’il n’avait aucune chance d’atteindre le deuxième tour de l’élection. Certains sondages indiquaient même qu’au premier tour, Jean-Luc Mélenchon pourrait dépasser François Hollande, ce dernier arrivant alors quatrième position (12 à 15 % de suffrages seulement), derrière Marine Le Pen, le candidat de droite et Jean-Luc Mélenchon.

Dans ces conditions, une seule alternative s’offrait donc à lui : renoncer à être candidat comme le suggérait d’ailleurs certains de ses proches et trouver un autre candidat en imaginant une stratégie originale. A la mi-décembre, François Hollande faisait officiellement le choix historique de ne pas se représenter à l'élection pour un second mandat. Mais sa décision était prise en fait depuis l’été 2016, date de la démission d’Emmanuel Macron en tant que ministre de l’économie qui avait sans doute été mis dans la confidence à ce moment-là…

Que s’est-il passé ensuite ? Après s’être déclaré candidat officiel à la présidence de la République, Emmanuel Macron s’est lancé dans la campagne présidentielle avec le secret espoir de capter une partie des électeurs potentiels du PS, du centre et de la droite.

Dans les semaines qui ont précédé le premier tour, les proches de François Hollande ont tous appelé à voter Emmanuel Macron : ses amis de jeunesse au Parti socialiste Jean-Pierre Mignard et Jean-Yves Le Drian, le président de l'assemblée nationale Claude Bartelone, l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, l'ancien premier ministre Manuel Valls, l'ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali, sans compter les nombreux ministres du gouvernement et les parlementaires socialistes.

Dans les derniers jours précédant le premier tour, François Hollande lui-même a tenu à décrédibiliser par ses nombreux commentaires publics, les trois principaux concurrents d’Emmanuel Macron, susceptibles de se qualifier pour le second tour, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon.

Le 23 avril, Emmanuel Macron arrivait en tête du premier tour.

Le 24 avril François Hollande appelait officiellement à voter Emmanuel Macron.

Le même jour, le PS faisait de même.

Chapeau l’artiste !

 

Photo Creative Commons

 

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8 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 26 avril 08:15

    Et c’est probablement la seule chose « qu’Hollandouille » aura réussi en 5 ans de pouvoir absolu.
    Evidemment, cela va à l’encontre de l’intérêt des Français. Il ne pouvait pas en être autrement .


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 26 avril 08:20

      Vous surestimez F Hollande !

      Macron est le produit d’Attali, Minc et les francmacs 
      c’est une oeuvre collective au service d’un des grands lobbys globalistes (car il y a concurrence à New York et Tel Aviv tellement c’est juteux).
      Hollande a eu son utilité pour eux, maintenant qu’il est usé, on change le packaging, y compris la marque, mais la merde qui est dedans est encore plus concentrée.
      Plutôt que de s’en prendre à Hollande qui va finir dans la poubelle de l’histoire, il serait plus utile de se livrer à une critique radicaler des stratégies du mouvement ouvrier depuis l’implosion de l’URSS.
      Les héritiers de Fracon et Duclos sont aujourd’hui des sénateurs bien gras, amis de Siriza et Podémos. 
      Il y a un vide de ce côté-là.
      Les autres le comblent.

      • Pere Plexe Pere Plexe 26 avril 18:12

        @Jeussey de Sourcesûre
        Absolument FH n’est qu’une marionnette, certes importante, du système.

        Les décideurs sont ailleurs qui n’ont pas de compte à rendre.
        Ce dernier, au CV éclairant, avait même deux chevaux dans la course à l’Elysée.
        L’homme est prudent ! 

      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 26 avril 09:32

        Cela a pu fonctionner uniquement parce que tous les médias qui comptent ont agité la peur du changement et diabolisés tous les autres candidats.


        • MERLIN MERLIN 26 avril 14:06

          J’ai beaucoup de mal à accepter ce résultat...
          Saviez vous que 67 communes pratiquent le vote électronique ?
          Et beaucoup crie à la fraude......


          • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 26 avril 16:56

            Sarkozy ( et consorts ) de Les Ripoublicains annoncent qu’ils voteront Macron !


            Ils auront l’air fins ces ripoublicains lorsque qu’ils leur faudra ferrailler contre les candidats d’E.M, pour la bataille des prochaines législatives !


            @+ P@py


            • devphil devphil 27 avril 09:33

              Macron n’est pas la bonne solution pour la présidentielle

              http://reseauinternational.net/panegyrique-de-emmanuel-macron/

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