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En Sarkoland ça se passe comme ça : cadeau pour Boutin 9 500 € net par mois

Il est fort intéressant de se rappeler que Christine Boutin se flatte, et le crie sur tous les toits, qu’elle est l’égérie politique de la chrétienté. Oui elle est le pôle religieux de l’alliance sarkozyaque, et elle a rappelé que sa sensibilité viendrait à manquer à la droite si elle état écartée (ce qu’elle était effectivement). Elle connaît ses évangiles sur le bout des doigts, notamment les passages sur les marchands du tempe, le partage des petits pains etc.

 Donc, disais-je, notre bonne Boutin, dont le vilain directeur de cabinet usait et abusait d’un logement à prix Mammouth (écrasé) et qu’elle avait vertement tancé pour son impudence, lit les Evangiles, selon Saint Nicolas. Et cette expression que l’on emploie parfois de façon péjorative, la charité chrétienne, elle l’a combinée avec ce proverbe païen : charité bien ordonnée commence par soi-même.
 
Petit retour en arrière. A la suite du min remaniement ministériel, la Christine est laissée sur le bord du trottoir, mise dehors par le grand chef, et courageuse comme pas deux, elle s’attaque au sous-fifre, en l’occurrence le fantôme triste Fillon. Le Figaro nous dit du reste, ente les lignes, qu’il ne faut insulter l’avenir et Christine sait où est l’avenir, la suite le démontrera : Christine Boutin se cherche désormais un point de chute. Si elle a vertement critiqué Matignon, la présidente du Parti chrétien-démocrate a épargné Nicolas Sarkozy. Alors même que l’Élysée ne s’est manifesté que le lendemain de son éviction.
 
La Christine n’est pas sans ressources puisqu’elle est conseillère générale des Yvelines avec 2 605 € bruts (Le Monde). Cela sans honte, ne l’empêche nullement de continuer à toucher pendant six mois son traitement de ministre (Le Figaro) 14 129 € nets. On a vu pire. Je suppose que les chômeurs en fin de droits doivent applaudir, comme dirait Mélenchon. Il se peut même qu’elle cumulât dans cette période si difficile avec sa retraite de député qui avoisinerait les 6 000 €. Il faut en effet trois législatures pleines pour toucher à taux plein sa retraite de député. Elle a été député pendant 21 ans. Soit la bagatelle de 22 000 € nets et bruts, pour ne rien faire. Et à cela doit sans doute s’ajouter sa retraite de salariée puisqu’elle a plus de 65 ans et a travaillé au moins 18 ans.
 
La Christine avait fait ses menaces : elle était l’appoint qui ferait gagner la droite, l’appoint chrétien, l’appoint des bonnes consciences, et l’avait fait savoir à qui de droit. Voilà donc qu’elle va tomber dans la misère, une fois ses indemnités de ministres légalement, mais amoralement, touchées se terminant. Rappelons que Nicolas Sarkozy lui a, en parfaite illégalité, touché de septembre 2007 au 31 décembre 2007 son ancienne rémunération de ministre dont la loi n’autorise sa poursuite que six mois après avoir quitté le gouvernement (soit de mars 2007 à septembre 2007 le concernant). On se demande quand et qui va lui demander des comptes à propos de ce viol de la loi. Et qui et quand va poursuivre ceux qui l’ont permis : trésor public entre autre.
 
Nous sommes donc au bord du gouffre pour la Christine, qui se retourne vers le château afin de trouver une solution pour ses fins de mois difficiles. On lui confie donc une vraie mission - « ce n’est pas une mission bidon, c’est une mission très importante, avec des rendez-vous au plus haut niveau » - qui donne du vrai travail : Six mois plus tard [après son éviction du gouvernement nda], Nicolas Sarkozy se penche à nouveau sur le sort de Christine Boutin. Nous sommes le 1er décembre : pile au moment, note le Canard enchaîné, où son traitement de ministre - 14.129 euros net par mois - arrive à son terme réglementaire. Lui échoit alors une mission sur les « conséquences de la mondialisation ». A la clef, une voiture avec chauffeur, des bureaux dans le XVe arrondissement de Paris et un secrétariat particulier. Seul hic, les indemnités mensuelles ne dépassent pas 1300 euros.
 
Ainsi en est-il de la Catho de service, comme elle s’appelle elle-même (rappel du Figaro) n’apprécie pas le salaire qui pourtant est dévolu à cette mission. Elle vaut bien mieux, ou plutôt bien plus. Il faut savoir que ces 1 300 €, plus chauffeur, s’ajoutent aux 8 600 € qu’elle touche par ailleurs. A près de 10 000 € par mois on n’a plus rien c’est vrai. A l’indécence en période de crise d’avoir continué à toucher son salaire de ministre catho tout en touchant d’autre part de quoi mettre un peu de beurre normand dans des épinards bretons, elle a l’outrecuidance, en pleine crise grecque, pleine crise économique et financière, en pleine hausse et des déficits (la sécurité sociale va dépasser tous ses records en 2010), en pleine hausse du chômage, en plein tour de vis des dépenses, quand l’Espagne et tant d’autres pays diminuent drastiquement le salaire des ministres, d’aller au portail doré à l’or fin du boulevard Saint Honoré, pour demander une rallonge : Qu’à cela ne tienne, le 28 avril dernier, nouvelle démarche de l’Elysée pour élever Christine Boutin au grade de « collaborateur de cabinet » d’Eric Woerth, le nouveau ministre du Travail et de la Solidarité. La rémunération passe alors à 9500 euros mensuels net, avec effet rétroactif au 1er avril. Pas plus compliqué que cela en Sarkoland. On paye qui il faut payer. On peut s’interroger comment on peut transférer un poste si facilement, devenant collaborateur du ministre dont la femme vient d’entrer au Conseil de Surveillance d’Hermès sans rien connaître à ce métier, mais en connaissant bien la finance (elle gère la fortune de Bettencourt, pas l’évadée, l’autre qui donne 1 milliard d’euros à son photographe, la Liliane au même prénom que madame Marchais, belle ironie) venant d’un autre poste. On peut s’en étonner quand partout c’est le gel des dépenses, partout c’est serrage de ceinture puissance 10.
 
On mesure à l’aune de cette rémunération le décalage entre le discours et la réalité. On mesure surtout qu’il y a au moins deux mondes : celui de ceux qui payent et celui de ceux que l’on paye très bien. Il est vrai que ce gouvernement cumule les cumulards telle l’autre Christine (un prénom qui doit marquer l’appât du gain) qui ne touche pas moins de 3 500 € mensuellement pour une activité de conseillère municipale qu’elle n’a exercée qu’une fois en 19 séances, en deux ans, déjà que d’être payé pour travailler 19 jours en deux ans à raison de 3 500 euros par mois est particulièrement scandaleux, on imagine que d’être payé pour, en plus, ne pas venir, dépasse l’acceptation de la plus grande bienveillance. C’est vrai qu’en Sarkoland cela se passe comme cela. N’est-ce pas Fadela Amara qui met à la disposition, maître d’hôtel et repas compris de ses deux frères qui sont, de plus, assez exigeants, ce qui est interdit en lus par la république, l’appartement de fonction et ce d’autant plus qu’elle ne paye pas la taxe d’habitation car ce serait une appartement réservé aux réception ministérielles.
 
Voici quelques questions :
- Pourquoi un poste qui est rémunéré à 1 800 €, c’est-à-dire qu’il est estimé à ce prix-là devrait-il être rémunéré 9 500 pour l’exact même travail ?
- Pourquoi ne serait-ce pas des conseillers du ministère du travail et de l’empli qui se préoccuperait de cette mission, alors qu’ils sont déjà si nombreux ?
- N’y a-t-il pas déjà des tonnes et des tonnes d’études sur les conséquences sociales de la mondialisation ? Je pense notamment au BIT, à toutes les centrales syndicales, tous les sociologues, tous les chercheurs et tiens donc à l’Europe et ses bureaucrates qui pondent dossier sur dossier.
- N’est-ce pas indécent en période de crise de proposer cet emploi à quelqu’un qui cumule sa retraite et son indemnité d’élue ?
- Comment peut-on assumer une mission qui n’est vraiment pas du bidon, et en même temps son travail d’élue rémunérée pour ce faire ? Ne doit-on pas lâcher l’un ou l’autre ?
- Quel est l’intérêt réel de cette mission dont on a par ailleurs de sur-abondantes études et dont on sait que le pouvoir actuel n’aura qu’une influence minime et surtout que comme toutes les missions missionnées par Sarkozy cela ne servira à rien comme celle sur la télévision, celle d’Attali, celle sur la justice, celle sur la constitution etc. ?
- Est-ce à ça que va servir le grand emprunt ?
- A quoi servent les ministres dont c’est le boulot et qui sont payés eux-aussi pour cela ?
- Peut-on légitimement se poser la question de savoir si la Christine ne s’est pas vendue pour 30 deniers ?
- L’emportera-t-elle au paradis ?
 
Ca marche comme ça en Sarkoland les copains casés : Proglio, Hess, Vals, Pérol, Richard, Solly, Woerth, Darcos, Albanel, Boutin, Jean, Djauni ... et le tout sur la cassette vidée de l’Etat, donc sur notre dos sans notre accord.
 
Vignette Wikipédia, Christine Boutin
 
par Imhotep (son site) jeudi 10 juin 2010 - 96 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Fergus (xxx.xxx.xxx.228) 10 juin 2010 10:16
    Fergus

    Bonjour, Imhotep.

    A l’évidence, Sarkozy a acheté à Boutin son silence avec un job bidon comme Jacob avait acheté son droit d’aînesse à son frère Esau pour une poignée de lentilles. A cette différence près que la vorace Boutin ne bosse pas pour des haricots, mais pour de la bonne oseille !

  • Par lemoncitron (xxx.xxx.xxx.99) 10 juin 2010 11:44
    lemoncitron

    Le Point du 27/05/10 :

    C’est une nomination qui ne devrait pas passer inaperçue. Pierre Bachelot, fils de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, a été nommé à la direction générale de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. Il entrera en fonction mardi. Il s’agit d’un poste de chargé de mission directement attaché auprès de la directrice générale de l’Institut, une fonction qui existait déjà ponctuellement, mais qui a été mise en valeur dans le cadre de l’élaboration du projet d’établissement de l’INPES et du changement récent de l’organigramme. Pierre Bachelot sera chargé de développer une stratégie d’influence ou de lobbying, notamment auprès du Parlement, et de veiller à ce que la santé soit intégrée dans toutes les politiques publiques.

    Pierre Bachelot, qui est âgé de 41 ans, est diplômé de l’Institut supérieur des Arts de Paris. Son cursus professionnel est lié au parcours politique de sa mère. L’actuelle ministre de la Santé a été députée RPR du Maine-et-Loire, puis députée européenne, ministre de l’Écologie. Pierre Bachelot a été assistant parlementaire de sa mère entre 1992 et 2002, attaché parlementaire au cabinet de la ministre de l’Écologie (de mai à juin 2002), puis conseiller parlementaire de juin 2002 à mars 2004, une fonction qu’il occupait également au cabinet de la ministre de la Santé depuis juin 2007... De 2004 à 2007, Pierre Bachelot a également été responsable des relations institutionnelles d’un groupe industriel spécialisé en environnement.

    L’affaire Boutin tombe à point pour Roselyne vu que les journaleux français ne sont pas multi tâches, ils ne pourront (n’oseront) pas traiter Boutin ET Bachelot en même temps. Et du coup cette nomination scandaleuse passe entre les gouttes.

    pffff smiley

  • Par PhilVite (xxx.xxx.xxx.195) 10 juin 2010 10:27
    PhilVite

    Imhotep, comment faut-il vous le dire ? La seule chose qui intéresse nos politocards, c’est l’intérêt du pays !! Un point c’est tout !
    Si, par mégarde, ils empochent deux ou trois prébendes, c’est vraiment à leur corps défendant.
    Vraiment, ils sont forcés. Peuvent pas faire autrement...

  • Par rienafoutiste (xxx.xxx.xxx.153) 10 juin 2010 10:30
    rienafoutiste

    ah les goinfres... jamais assez, toujours plus, encore et encore, tout pour ma gueule... le libéralisme quoi !
    heureusement que le canard est là pour soulever ces lièvres bien fédérateurs pour les "pauvres cons qui paient toujours pour les nantis qui s’en foutent plein les poches sans rien foutre" ; des anecdotes comme ça, participent de la colère qui gronde plus fortement jour après jour dans les foyers des citoyens cocufiés par le système démocratique perverti par l’ump... c’est bon ça, encore, encore des scandales qui nourrissent la révolte !
    Poeple have the power 

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