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Epiphanie - on tire les rois

 Après les fêtes de la fin de l’année, janvier nous apporte la fête de l’Epiphanie. On tire les rois. C’est un autre exemple de la persistance des traditions chrétiennes dans une Europe de moins en moins croyante. D’aucuns pensent qu’elles devraient être supprimées.

En France, la coutume de la galette existe depuis le XIV° siècle. Au XVI° et au XVII°, il y eu des campagnes contre cette fête jugée païenne particulièrement par le courant janséniste. Le 6 juin 1795, la Convention, qui avait soulevé la question de substituer à la galette des rois une « galette de l'Égalité », dut y renoncer devant la vigueur des protestations. En 1801 le Concordat réhabilita la fête.

Est-ce que l’application conséquente de la laïcité nous oblige à abandonner nos traditions chrétiennes ? Devons-nous supprimer du calendrier Pâques, l’Ascension, Noël etc., interdire les arbres de Noël, les crèches et tous les symboles chrétiens, rayer des manuels scolaires toute référence à notre héritage chrétien, enlever tous les tableaux religieux dans les musées ? Il resterait encore à supprimer toute la musique religieuse, Bach, Mozart, les cantates, les requiem. Il faudrait s’attaquer ensuite à la littérature, à notre architecture, à nos langues.

Depuis deux milles ans, l'art de notre continent est un art chrétien : La peinture, la sculpture, la musique, l'architecture et l'orfèvrerie occidentales en sont indissociables.

En France, historiquement, la laïcité s’érigea comme l'adversaire de la religion catholique, et de cette opposition naquit l'impression que la laïcité est une alternative à la religion. Depuis que l'Eglise a accepté le principe de la séparation des pouvoirs, la laïcité française se cristallise essentiellement autour de l'islam et les populations musulmanes, mais puisque ce fait est politiquement inavouable, on a préféré l'habiller d'une apparence impartiale en désavouant nos origines chrétiennes et en soumettant toutes les religions aux mêmes restrictions, notamment l'interdiction des signes "ostentatoires". Sont aussi tombées sous cette interdiction certaines de nos traditions comme l'arbre de Noël et la crèche sur la place du village, ou des illuminations "Joyeux Noël" et autres références bibliques. Interpréter la laïcité comme une prise de distance avec le christianisme, le mettant au même plan que les autres religions, avec ni plus ni moins d’importance que celles-ci, s’apparente à un rejet de notre culture. La laïcité n‘a plus de querelle, aujourd’hui, avec le christianisme, qui, de toute façon, était déjà laïc dès le début - « Rendez à César ce qui est à César …  ». Elle concerne les religions qui ne connaissent ou ne reconnaissent pas la laïcité, et notamment l’islam, qui, pas sa nature même, contrôle le temporel autant que le spirituel. L’Eglise a depuis longtemps accepté la laïcité, mais le principe de la séparation et l’indépendance de l’Etat et la religion est étranger à l’islam.

Force est de constater que notre culture est profondément imprégnée par le christianisme. L’histoire de l’Europe et des Européens est inséparable du judéo-christianisme. Vouloir l’ignorer pour des raisons idéologiques revient à nier un fait historique. En confondant le christianisme avec le catholicisme, erreur compréhensible et courante dans les pays catholiques, et en le réduisant à ses crimes et corruptions, on jette le bébé avec l’eau du bain. Le bébé en question est le Christ, dont l’histoire, véridique ou mythe, n’importe, ne comporte aucun élément répréhensible. L’histoire (ou le mythe selon ses convictions) est fascinante et, sauf pour la fin tragique, belle. Elle fait appel à notre sens de justice et à notre sens du bien et du mal. Ou serait-il que notre sens du bien et du mal vient, justement, de notre culture chrétienne, dont nous sommes tous, à notre gré ou à notre insu, imprégnés ?

Le christianisme n'est pas, à l'instar du judaïsme et de l'islam, une religion du livre. Certes, il dispose d'Écritures propres. Mais celles-ci ne se réduisent pas à un corpus textuel fermé qui n'autoriserait que le commentaire indéfiniment repris. Les Écritures chrétiennes renvoient à une histoire, celle de Jésus de Nazareth, telle qu'elle a été consignée et interprétée par les premières communautés ecclésiales. Rapidement, dès le Ier siècle, l'annonce évangélique s'est coulée dans l'univers culturel gréco-romain. Le christianisme primitif, à partir de son noyau juif, s'est formulé et consolidé dans la culture grecque. Celle-ci aura été ce que l'on pourrait appeler sa première matrice de mission, la tradition juive restant la référence de l'événement christique.

Il faut se souvenir que le christianisme a été en Europe pendant presque vingt siècles la boussole de la vie des hommes. Il a insufflé partout sa vision du monde, a fait essaimer l’espérance et a inspiré l’idée du progrès et de la démocratie. En assimilant la culture gréco-romaine, il a contribué au développement des droits de l’homme. La morale et les notions du bien et du juste se réclamaient de lui. Certes, l’homme postmoderne ne se réfère plus à lui dans ses jugements éthiques. Ce n’est plus la religion qui conseille, justifie et éduque. Les gouvernements ne s’appuient plus sur elle. Les questions fondamentales se posent toujours, mais il y est désormais répondu par voies diverses, dont l’ancienne religion n’est qu’une parmi d’autres, et en outre suspecte en raison de sa longue domination passée. Néanmoins, si nous ne sommes plus attachés à la vérité d’un Dieu unique, assortie de ses dogmes et des institutions qui la consacrent, nous sommes attachés pourtant à l’univers culturel dont cette vérité a suscité au cours des siècles le déploiement. L’Europe n’est pas un « club chrétien », selon la formule ironique de M. Erdogan, mais elle est culturellement chrétienne, ce qui explique la persistance des traditions et symboles chrétiens. Il n’y a pas de raison à les abandonner.

Réf. : Maurice Sachot - Quand le christianisme à changé le monde




par Kookaburra vendredi 4 janvier 2013 - 14 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par L’Ankou (---.---.99.218) 4 janvier 2013 17:31

    Il y a des raccourcis dans ce que vous dites. Si vous parlez de l’ancien testament, ça fait peut-être plus de 2000 ans. Si vous parlez du nouveau, son influence véritable date de l’adoption du christianisme comme religion officielle par Rome. Et puisqu’un parle d’un livre, on peut tout aussi bien retenir pour son influence véritable, la date de sa première impression en grand nombre, merci Guttenberg, voire affiner la datation en suivant les progrès de l’alphabétisation grace à laquelle elle a pu être enfin lue par ses adeptes sans devoir passer par l’intercession d’un lecteur interprête pas toujours... hum... fidèle.

    Au passage :
    - le mariage dont vous parlez préexistait probablement au christianisme dans de nombreuses cultures ;
     - la controverse de Valladolid a contribué à l’esclavage des noirs bien avant que les chrétiens se préoccupent majoritairement de lutter contre ;
    - la bible a inspiré aussi de nombreux penseurs qui y ont trouvé aussi des raisons et des moyens de s’en détacher, comme Voltaire, Freud ou Nietzsche... C’est qu’il faut savoir passer, aussi, pour dépasser.

    Pour prlolonger la réflexion dan le sens impulsé paar Kookabura, s’agissant de l’épiphanie et plus généralement des fêtes traditionnelles, personnellement, je tends à n’adhérer à une pratique que lorsque j’y trouve un bien fondé et un sens contemporains.

    Manger une galette ne se conçoit pas seul. On a donc affaire à un rituel collectif. Le rituel s’accompagne d’un forme de jeu, de loterie, qui fait porter couronne à la personne que désigne le sort, sous la forme d’une fève. On peut donner sens à ce tirage au sort en ce qu’il indique que la réussite sociale est peut-être affaire de chance, mais que la chance, à la base, est égale pour tous, sans distinction de sexe, de race, de rang, de naissance. On a donc affaire, mine de rien, à un rite profondément égalitaire, et aussi potentiellement subversive que le carnaval.

    Il m’étonne peu que la convention ait pu tenter de souligner cet aspect des choses, qui, de toutes les façons, persiste de façon sous-jacente aux connotations religieuses. Et pourquoi un croyant ne trouverait-il pas, d’ailleurs, que ces sens peuvent se compléter ?

    Mon athéisme s’accommode assez de partager la galette en famille, et de m’amuser de ce tirage au sort. Mais j’aime bien aussi la vision toscane de cette fête, qu’incarne la Béfana.

    Je partage le point de vue de Kookabura, en vertu duquel la laïcité n’impose certainement pas la suppression des traditions, a fortiori lorsque celles-ci ont un sens pour une partie croyante de la population, et que d’autres parties peuvent y mettre le elur. Seul une théocratie exclusive, un totalitarisme antireligieux ou un athéisme politique obtus pourraient revendiquer la suppression de certaines fêtes traditionnelles.

    La reconnaissance de ces fêtes peut se faire en toute neutralité et sans prise de partie pour ou contre telle religion. Mais de ce fait, chacun peut s’approprier les fêtes comme il le souhaite.
     
    En gros, chacun devrait pouvoir fêter ce qu’il veut quand il veut, et si ça tombe un jour férié reconnu pls largement, pourquoi ne pas faire la fête ensemble et rechercher les significations communes ? Certains appliqueront leurs dogmes, d’autres se rappelleront de survivances païennes préexistantes, que les religions officielles successives ont tenté de s’approprier, d’autres encore puiseront dans des évènements saisonniers objectifs et pragmatiques (fêtes des changements de saison aux solstices et équinoxes, fêtes pour les grandes marées, les moissons, les vendanges, le beaujolais nouveau…), sous l’angle commémoratifs de faits historiques (comme l’armistice ou la fête du travail, la Commune, Thanks Giving ou la Révolution Bolchévique). Certains puiseront dans leur folklore local, avec les Tarasque, Vouivres et autres légendes, ou dans les traditions étrangères si elles portent des significations intéressantes, comme la Béfana, qu’on fête aussi le 6 janvier en Toscane. Je fêterai aussi bientôt le nouvel an chinois, et garde un bon souvenir de quelques halloween/Samaïn/Toussaint passés.

    Personnellement, je ne renie pas mes héritages culturels, mais enfin, si j’étais méchant, j’indiquerais qu’on n’hérite bien que des défunts. Et si la France est fille aînée de l’Eglise, c’est tout à son honneur d’avoir été dans les premières à s’émanciper d’elle.
     
    Si athée que je sois, je sais apprécier une cantate de Bach et l’architecture magnifique de nos cathédrales. Je ne boycotte pas certains écrivains au seul grief qu’ils seraient chrétiens, mais je sais tout autant lire et revendiquer comme mes racines, des penseurs libres, agnostiques, athées, ou de croyances qui nous sont plus exotiques.

    Je ne trouve pas de raison de renoncer non plus au décompte du temps à compter de la date de naissance supposée du Christ pas plus que je ne souhaite raser les églises. Et je vais même plus loin  : je reconnais toute la beauté généreuse d’un rituel de partage du pain et du vin, juste parce que c’est un partage, et abstraction faite de toute théophagie. Je suis ainsi capable de reconnaître du sens à la «  communion  » qui n’est peut-être pas si éloigné du message originel, comparativement aux ors solennelles et compassées des cérémonies pompeuses.

    Mes rapports libres à la culture chrétienne me poussent à reconnaitre les chrétiens comme des compagnons de route qui s’arrêtent en chemin. Mais je peux leur garantir deux choses  : d’une part, qu’ils ratent quelque chose. D’autre part, que je reconnais pleinement l’intérêt de conserver les cathédrales et les fêtes chrétiennes si l’on peut leur donner du sens, et même sans cela, non pas parce qu’on les considèrera comme divines mais parce qu’on les considère comme humaines.


    Je ne crois sincèrment pas que la laïcité se soit érigée comme adversaire d’une religion en particulier. Si je lui vois un premier adversaire historique c’est sans aucun doute la guerre de religions. cela fait de la laïcité non un athéïsme, mais très exactement la recherche d’un système institutionnel compatible avec autant de pratiques religieuses que possible. C’est-à-dire qu’elle refuse d’en officialiser une en particulier. Avec un tel parti pris, il me semble que c’est plutôt l’Eglise catholique qui se sera érigée en adversaire de la laïcité plutôt que l’inverse. Il s’agissait évidemment pour elle, de défendre son pouvoir temporel de l’église (« rendre à César » n’avait probablement pas le même sens à l’époque).

    Or, à part quelques minorités intégristes comme on en trouve partout y compris chez les athées, la laïcité atteint son objectif quand la religion n’occupe plus l’espace politique. Mais il la laisse ensuite parfaitement libre de prétendre à organiser la vie privée de ses ouailles, à leur donner des consignes morales, à les guider spirituellement, voire, à conduire leurs âmes dans des arrières-mondes plus mirifiques.

    Les voyants de ma suspicion clignottent violemment, du coup, quand on prétend que la laïcité se pose en adversaire de la religion chrétienne et qu’elle poursuit ses oeuvres déstructrices des religions en s’attaquant maintenant à l’Islam, arrachant au passage les symboles chrétiens des cous des fidèles pour mieux légitimer l’interdiction de la Burka.

    J’ai une vision radicalement opposée de l’enchaînement des évènements. les tenants de la laïcité, pour peu qu’on ne les confonde pas avec les athées radicaux ou les anticléricaux les plus intolérants, sont par définition parisans d’un forme d’universalisme qui confinerait l’Etat dans une totale neutralité spirituelle, non pour donner l’exemple d’un athéisme souhaitable, mais pour ne pas entraver la pratique, par chacun, de sa religion, dans une société qui n’en écarte que les plus violentes (les cultes aztèques et leurs sacrifices humains n’ont aucune chance d’être admis, même par les laïques les plus tolérants), et fait coexister pacifiquement les différentes communautés. C’est aussi pourquoi les partisans de la laïcité, s’autorisant à ne pas se tourner perpétuellement vers le passé et la recherche de racines, peuvent raisonner le présent en fonction des avenris possibles et des rappports à inventer plus qu’à reproduire.

    S’il faut trouver les gens qui détestent ou craignent l’arrivée de l’Islam, il me semble qu’il faut les chercher justement parmi ceux qui se sentent agressé dans leur culture traditionnelle, précisément ceux pour qui le culte, la civilisation, l’histoire, se raisonne par référence au passé et non en construction d’un avenir. Alors que l’identité d’un partisan de la laïcité se construit dans l’admission que les cultures se mélangent, s’interpénêtrent, se fécondent mutuellement et s’enrichissent, le défenseur des traditions, lui, raisonnera en termes d’invasion, d’agression, de résistance, de choc des civilisations, voire de guerre sainte ou de croisade.

    Le tenant de la laïcité se réjouit de la diversité des modes, des accoutrements, des symbloes divers, lui qui s’autorise sans complexe à porter des symboles indiens, bouddhistes, taoistes, voire des étoiles du chaos, ou des pentacles platoniciens. Quelle raison aurait-il - s’il n’est pas, en plus, anticlérical - de s’opposer au boubou, à la djellabah, à la croix chrétienne, à l’étoile de David ou à la Burka ? Ne sait-il pas, lui, que le seul danger vient de l’intevention de la puissance publique dans le domaine sanctuarisé de la liberté de pensée, d’opinion, de croyance. N’a-t-il pas compris avant tout autre, que le véritable enjeu de la laïcité, c’est autant de tenir les religions en dehors du rôle de l’état que de tenir l’Etat en dehors des sphères où se constitue librement l’opinion souveraine du citoyen ? L’échec de la laïcité, c’est quand l’Etat retire au citoyen des libertés, et notamment vestimentaires.

    A l’inverse, ceux pour qui être chrétien est moins une pratique spirituelle qu’un marqueur identitaire servant de signe de ralliement, et dont il faudrait défendre la terre contre l’invasion étrangère, auront bien moins de scrupules à instrumentaliser la laïcité : voyons : n’ont-il pas, justement, le souvenir culturel d’avoir perdu un pouvoir et une influence à cause de la laïcité ? Et quoi, alors ! Il faudrait qu’une autre religion débarque, semble menacer d’acquérir pouvoir et influence à son tour, et l’on ne pourrait pas invoquer la laïcité pour l’en empêcher , pour entraver sa progression ?

    Ce sont ceux qui, parce qu’ils ont la sensation que la laïcité leur a confisqué un pouvoir temporel et qu’elle serait la cause d’un amoindrissement des ferveurs, entendent bien lui faire jouer un rôle identique face à la montée de leur ennemi pluriséculaire, auquel ils se confrontèrent de Jérusalem à Poitiers.

    Cet usage inconsidéré de la laïcité, ce détournement, si contraire à sa nature profonde, ne peut émaner que de personnes qui sans avoir forcément tout compris du message christique, rendent tribu à l’Eglise de l’identité ethnique qu’elle leur confère, en souvenir de la bannière des croisés.

    Oh, bien sûr, on trouvera bien quelque extrémiste antireligieux pour joindre leur rangs le temps de cette bataille, au motif que l’Islam aussi, est pour eux une religion à abattre. Bien sûr aussi, les racistes, les xénophobes, les anti-islamistes ou antisémites ne sont pas tous chrétiens, loin s’en faut. De même la plupart des chrétiens ne partagent pas ces intolérances et ces peurs irrationnelles de l’autre. Qu’il soit bien clair que je ne généralise pas : je me félicite d’ailleurs qu’on puisse ouvertement être à la fois chréiten et laïc, et qu’on voie la laïcité pour ce qu’elle est vraiment : une façon de permettre à tous de vivre sa religion ou son absence de religion dans un cadre neutre et tolérant.

    Sauf leur respect, c’est quand même dans leurs rangs que peuvent le plus facilement s’égarer les défenseurs identitaires de valeurs civilisationnelles. Ceux là s’y sentiront bien, même si, dans « héritage judéochrétien », ils retiennent surtout le terme « héritage », et défendraient leur identité avec la même ardeur s’ils étaient nés sous un autre drapeau, dans d’autres temples.
     
    Le fait que ces défenseurs de traditions aient eu à subir, au passage, la privation de quelques symboles religieux n’indique en rien qu’ils ne sont pas à l’origine de cette interdiction. Au contraire : n’y reconnaissez-vous pas ce goût judéochrétien pour la souffrance rédemptrice et le sacrifice salutaire ?

    C’est un jeu de dupe et de faux jetons. La laïcité n’a jamais réclamé une neutralisation religieuse à outrance, que des seuls agents de service public, lorsque l’exercice de leurs fonctions les met en contact avec les administrés.

    Maintenant, un pays de pluralité d’opinions et de liberté de conscience ne peut pas, effectivement, garantir que toutes les autorités publiques aient compris la valeur et les limites de la laïcité. Il se trouvera toujours un maire, quelque part, pour interdire à tort telle manifestation, pour se montrer exagérément prévenant vis-à-vis des troubles à l’ordre public que pourraient susciter le rappel des inspirations religieuses de telle ou telle manifestation publique, ou qui voudra à tort imposer aux citoyens la même neutralité qu’il impose à raison aux services publiques de sa commune.

    Mais à l’inverse, pour tout vous dire, je connais une assistante maternelle musulmane qui, dans l’intimité du lieu de travail qu’est pourtant son propre domicile, ne voit aucun mal à mettre une crèche et un sapin dans son salon, au bénéfice des enfants qu’elle garde, sans même savoir s’ils sont chrétiens ou athées, mais juste parce que c’est ce que font ses voisins et les parents des enfants accueillis. Aussi parce que Noël est une fête du don, une fête de l’enfant, une belle fête. Et aussi parce que si les chrétiens peuvent en revendiquer une certaine paternité (abstraction faite des sources celtes ou romaines), ils peuvent aussi se réclamer d’un sens du partage. Alors pourquoi revendiqueraientèils un usage exclusif de la fête de Noël ou se lamenteraient-ils qu’elle dépasse le cadre de sa religion d’origine ?

    Et au passage, dans toutes les religions, à commencer par l’Islam, il y a des courants plus tolérants que d’autres, plus conciliants, plus propices à confiner la foi dans la sphère privée que sanctuarise notre démocratie pluraliste. Tous ne sont pas salafistes. L’Islam soufi, par exemple, n’a rien à voir. La discipline spirituelle que ses adeptes s’imposent reste une exigence personnelle, mystico-poétique, qui ne contrevient en rien à la vie dans une démocratie laïque où l’Etat est supposé confiner son action hors du domaine spirituel. Je conseille aux curieux ouverts d’analyser la façon dont les 90% de musulmans de Mayotte sont en train de devenir aussi Français qu’eux, voire plus. Tirons en gloire et fierté, au passage, puisque la culture française est l’une des seules au Monde à permettre ce type d’intégration.

    Bien à vous,
    L’ankoù

  • Par ROBERT GIL (---.---.176.196) 4 janvier 2013 13:01
    ROBERT GIL

    chacun ses gouts, mais moi je prefererais « tirer » une reine !

  • Par cogno4 (---.---.221.179) 4 janvier 2013 15:15

    Je ne vois pas ou, ni quand il a été question en France d’un athéisme d’état avec un arrière gout de communisme Stalinien.

    L’auteur nous ponds un truc inconsistant qui semble reposer sur un mensonge souvent proféré par les croyants, à savoir que la laïcité consiste à erradiquer les religions.

    Alors, mauvaise foi ? ignorance ? les deux ?

  • Par Alinea (---.---.160.196) 4 janvier 2013 10:24
    alinea

    Ce serait surtout tout à fait artificiel ! Cela me ferait furieusement penser à la révolution de 1917, aux Talibans et autres fanatismes, dictatures... du passé faisons table rase... il faudrait certes raser les églises, brûler les toiles et toutes partitions !!! On n’en est pas là. Ce bruit qui court est une histoire de fous !!

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