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Et Clearstream alors ? Disparu ? Rondot l’élément clé

Avez-vous remarqué comment les affaires comme un chasse-clou, se supplantent les unes les autres à la vitesse de la lumière ? Après l’épisode auvergnat d’Hortefeux, puis les râleries et déclarations minorées et incomplètes sur ses activités professionnelles et ses ressources de Dati à l’Assemblée européenne et avant son voyage (on se demande pourquoi) avec la délégation Sarkozyenne chez le démocrate Kazakhe, Clearstream a eu son heure de gloire vite mise au placard par l’affaire Polanski, puis l’affaire Mitterrand I, puis l’affaire Mitterrand II (en attendant l’affaire Mitterrand le retour), l’affaire du prince Jean. 

 Avez-vous aussi remarqué que ce procès tout comme son instruction a fait fi à un point inimaginable des autres 40 parties civiles hors l’Immunisée et patronne du parquet et garante de l’indépendance de la justice ? On ne s’est - semble-t-il - à aucun moment préoccupé de savoir qui avait mis ces centaines de noms ubuesques ou industriels à ces fameux listings ne se concentrant que sur le double patronyme du père du Petit Père des peuples, de notre timonier quelque peu dans la tourmente ces jours derniers.
 
Pour faire un résumé grossier, il est reproché à Villepin d’avoir passivement laissé se développer une affaire au détriment de notre auréolée victime internationale au fils bien né, afin d’abattre un adversaire politique. Cette accusation ne tient que sur la conviction des deux juges d’instruction (Dupont et Dupond, dont l’un instruit aussi une affaire d’escroquerie d’un principal inculpé Lahoud sans ne faire jamais aucun rapprochement entre ce Lahoud et tout le clan Sarkozy alors qu’il a en main tous les éléments permettant de mettre en face d’un A un autre A et ainsi de suite, pas curieux pour un instructeur de justice) et du procureur de la République qui après avoir envisagé un non lieu - car justement les preuves venaient à manquer - et après une ou deux visites opportunes au château, croit en la culpabilité de Villepin ce qu’affirme publiquement le Guide lors d’une fameuse émission de TV réquisitionnée par l’Etat à laquelle le chef d’Etat pourtant ne se trouvait pas car il a affirmé qu’à New-York il travaillait jours - bien sûr au pluriel - et nuits - idem - pour le bien de la patrie et sauver le monde (hormis un cocktail à 400 000 euros, un jogging, les discours dans et hors les bâtiments de l’ONU et son attente endormie dans les fauteuils de l’organisation internationale ou les sms qu’il envoie au travers les étoiles au Souverain Pontif pour lui demander de l’excuser pour avoir fait de-même en audience papale et de lui demander d’intervenir en sa faveur auprès des officiels indiens, car là aussi il a beaucoup abusé des textos).
 
Trois témoins clés devaient démontrer sans faille que Villepin était un coupable qui s’ignorait. A noter que cette justice est hémiplégique et borgne. Elle croit ceux-ci quand leur témoignage accuse le principal prévenu, mais ne les croit pas quand cela dédouane ce même prévenu. Un exemple parmi tant d’autres Gergorin affirme qu’il a rencontré Villepin certaines fois - ce que dernier nie avec une grande énergie - en son ministère confirmé par deux autres témoins, sortes de garde du corps payés par EADS. En contre partie il y a 26 témoins qui disent le contraire. Qui croyez-vous que la justice suive ?
 
Commençons par Gergorin.
 
Celui-ci, une génie paranoïaque - semble-t-il - croit en l’assassinat de Lagardère père et voit des complots partout. Que nous apporte son témoignage ? Qu’il a rencontré Villepin quatre fois (je crois) qui lui dit que deux fois seulement. En réalité cela n’a d’incidence que sur la possibilité que Villepin mente ou non, mais en rien cela n’apporte la preuve que Villepin savait que les listings étaient faux et de plus que le nom de Bocsa et Nagy y figuraient. Il n’apporte de ce côté-là aucune preuve. En revanche il déclare dans le même temps que tout comme lui, Villepin croyait en la véracité de ces listings. Et il accuse Lahoud de l’avoir manipulé et d’avoir trafiqué les listings.
 
Poursuivons par Lahoud.
 
Celui-là, il fera sans aucun doute un bon personnage de tragi-comédie. Plus personne ne le croit. Il change de version, il est mythomane. C’est lui que tout le monde accuse d’avoir trafiqué ces fameux listings. Le seul élément à charge contre Villepin, le seul notez le bien, serait qu’il le connaissait par l’intermédiaire de son beau-frère par alliance et de sa belle-sœur et que ce serait Yves Bertrand qui lui aurait donné l’ordre d’ajouter les patronymes Bocsa et Nagy sous la connaissance de Villepin et dans le bureau de ce même Bertrand. Au-delà du fait extravagant que la justice ne se soit pas intéressée aux rapports étroits et anciens entre Lahoud, sa femme et le clan Sarkozy, son témoignage ne vaut pas tripette. Il vole en éclats par le démenti formel - sous serment - du beau-frère par alliance et de la belle-sœur de Villepin. Or Lahoud n’a jamais donné d’autre explication de son contact direct avec Villepin que par ce canal. Il n’y a aucune preuve que sa parole contestée par les deux intéressés (et 3 si nous comptons l’ex Premier Ministre). Ensuite Bertrand démontre de façon imparable que si Lahoud l’avait rencontré dans ses bureaux son nom apparaîtrait sur les enregistrements des visiteurs ce qui n’est pas le cas. En tout cas la justice n’apporte pas cette preuve-là qu’elle ait cherché ou non. Lahoud est définitivement décrédibilisé quand il est incapable de dire à quel étage et où se trouve le bureau de Bertrand, tout comme il ne peut le décrire. Lahoud situe en mars l’ajout des noms or l’expertise des fichiers indique que le fichier Excel a été clos fin janvier 2004 et si les carnets de Rondot son exacts, le nom de Boksa (selon son orthographe à lui) serait déjà présent en janvier 2004. 
 
Après ces deux témoins clés qui n’en sont pas, c’est-à-dire que Gergorin est transparent dans cette affaire dans le sens où il apparaît comme infesté d’un virus du complot et qu’il a pu tremper ses fantasmes dans cette histoire mais n’a pas de synergie avec une attaque supposée contre Sarkozy, et Lahoud par ses mensonges et ses affabulations tendrait plutôt à innocenter Villepin par le principe que qui ment et accuse rend innocent celui qui est accusé - je sais que ce n’est pas d’une rigueur totale, mais ses affirmations, toutes celles qui veulent impliquer Villepin ont été démontées de façon quasi indestructible - s’il n’y avait pas Rondot, l’affaire était pliée. Mais il y a Rondot. Un curieux type, un drôle de phénomène celui-là.
 
 
 
Rondot, le personnage principal de l’affaire Cleatrstream/Villepin
 
En fait, si vous suivez ce procès de près, vous vous rendez compte que tout le fragile édifice de l’accusation repose :
- sur une hypothèse : la haine de Villepin qui veut la mort politique de Sarkozy (raisonnement qui ne tient pas compte ni du résultat de la supposé combinazione puisque le Grand Timonier a été dès novembre 2004 élu brillamment à la tête de l’UMP, puis a été ministre de 2005 à fin mars 2007, puis président de la République, ni de l’imbécilité d’une telle conspiration car les listings étant faux et de ce fait ne pouvait passer pour vrais, une telle démarche ne pouvait qu’avoir un retour de flamme contre l’instigateur)
- et sur ... sur ce fameux Rondot.
 
Pour moi Rondot est la clé de tout. Ce qui est fort étonnant c’est que la justice ne le prenne finalement que comme un simple témoin alors qu’il est un acteur principal :
a- c’est lui qui recrute Lahoud
b- c’est lui qui dès septembre 2003 fait une enquête sur les listings de Clearstream !
c- c’est lui qui continue à croire en Lahoud quand tout montre qu’il est un escroc et il ne le met pas de côté
d- il ne dénonce pas la calomnie quand pourtant il est de son devoir de le faire et alors qu’il est au courant
e- selon ses carnets il est au courant du nom de Boksa en janvier 2004
 
Cette justice est extraordinaire, pas une fois elle n’a supposé que Rondot pouvait mentir tout simplement pour se protéger lui-même. Ni qu’il pouvait protéger son ministre Michèle Alliot Marie. En revanche son témoignage est valide quand il accuse Villepin, et invalide quand il l’innocente. Si la justice est étrange, la presse ne l’est pas moins. Vous allez voir pourquoi et vous en serez aussi étonnés que moi.
 
Les quatre éléments principaux du témoignage de Rondot sont les suivants :
- en janvier 204 il a une rencontre avec Villepin en présence de Gergorin où les fameux listings sont évoqués. Lui dit que Sarkzoy est cité comme étant inclus dans ceux-ci, Villepin dit que c’est en tant que ministre de l’intérieur qu’ils parlent de lui (jusqu’en mars 2004)
- en mars 2004 (le 25) il y a une conversation téléphonique entre Rondot et Villepin dans laquelle est évoquée une source (très important) sans citer de nom. Selon Rondot Villepin aurait demandé à cette occasion la libération de Lahoud qui venait d’être interpellé pour escroquerie.
- en juillet 2004 Rondot apprend à Villepin que les listings sont faux (envoyés à la justice en avril, c’est à noter)
- Rondot écrit dans ses carnets que Villepin aurait dit que si cette affaire est connue le Président de la République et lui (Villepin) sautent (“Si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons”).
 
Passons tout d’abord à ce dernier fait. Villepin (nous n’avons pas le facsimilé des notes et c’est bien dommage) dit lui que cette note a pu être ajoutée par la suite (une histoire de flèche) et que cela concernait non la connaissance publique de l’affaire mais une menace de Sarkozy. Il faut souligner le témoignage de Raffarin dont la presse ne s’empresse pas de révéler la teneur, affirme (il est Premier Ministre à l’époque) que le Président de la République n’est en rien impliqué dans cette affaire. Cela en fait donc deux. Ce qui renforce la position de Villepin. (Selon lui, "en aucun cas, le président de la République n’a été invoqué dans cette affaire par quiconque". "Nous sommes là dans une situation exceptionnelle, d’une extrême sensibilité, et les comportements habituels ne sont pas systématiquement adaptés à cette situation", a plaidé le sénateur, dont le proche conseiller Dominique Ambiel figurait sur les listings. Ce qu’il n’a appris qu’en 2006.
 Jean-Pierre Raffarin a par ailleurs mis en cause les silences de l’ancienne ministre de la Défense. Michèle Alliot-Marie, a-t-il témoigné, ne l’a en effet "absolument pas" averti qu’elle avait, dès l’automne 2003, confié une mission sur les listings Clearstream à un conseiller spécial du ministère, le général Rondot. AFP mercredi 6 octobre 16h)
 
Remontons encore dans le temps. Ce n’est donc qu’en juillet 2004 que Villepin serait au courant de la possible manipulation des listings selon Rondot. Cette déclaration - puisqu’à ma connaissance - aucune autre personne n’a déclaré que Villepin était au courant de la fausseté des listings, devrait à elle seule clore le procès. Même si Villepin avait menti pour d’autres choses, son acte d’accusation tombe de lui-même avec cet élément de témoignage.
 
Le premier des quatre éléments qui sont retenus par la justice est en soi une preuve contre les affirmations de Lahoud, c’est-à-dire qu’il n’a pu - sous connaissance de Villepin - mettre les patronymes du père de Sarkozy en mars puisqu’en janvier ils y étaient déjà. Ce qui contredit encore plus, s’il est possible l’implication de Villepin, c’est que c’est à cette réunion que Villepin découvre cette affaire pour la première fois puisque c’est Gergorin qui lui en parle en présence de Rondot. Cet élément blanchit Villepin au moins d’avoir mis ou fait mettre le patronyme du père de Sarkozy dans ce listing. De plus dans ce premier élément voici ce qu’écrit Rondot qui est le contraire absolu de vouloir participer à une machination (souligné par Rondot lui-même) : - DdeV demande de “démonter le système”. Trois éléments sur quatre de ce témoin clé, en fin de compte, au lieu d’être à charge sont à décharge.
 
J’ai gardé le meilleur pour la fin car cet élément, pour peu que l’on ait un tout petit peu de logique et de bon sens est ubuesque. On tient pour avéré (la justice s’entend) que Rondot est un homme d’honneur qui ne ment pas. Il déclare donc qu’en mars 2004 Villepin lui a demandé de faire libérer Lahoud (Le Parisien) : A une exception près : le 25 mars 2004. Ce jour-là, Imad Lahoud est placé en garde à vue dans une affaire d’escroquerie. Il présente aux policiers un « sauf-conduit », signé par Gergorin. Ce document « adoube » Lahoud au motif qu’il travaille pour « l’antiterroriste » avec Rondot. A la barre, fidèle à ses notes, le général déclare qu’il a reçu ce 25 mars un coup de fil de Dominique de Villepin : « Oui, il m’a prié de faire le nécessaire pour faire libérer Imad Lahoud. Il n’a pas donné de nom, mais j’ai compris en faisant le lien avec l’appel que je venais de passer à Gergorin qui s’était servi de moi. » Lahoud sera libéré sans aucune intervention.
 
Pour moi ce dernier témoignage est capital. Notez bien la date le 25 mars 2004. Je vais y revenir. Deux versions s’opposent. Celle de Rondot que vous avez au-dessus et celle de Villepin. Celui-ci déclare que c’est Rondot qui l’appelle car il est cité indirectement par Lahoud qui montre un sauf-conduit : le document « adoube » Lahoud au motif qu’il travaille pour « l’antiterroriste » avec Rondot. Lors de l’arrestation de Lahoud qui est impliqué ? Villepin ou Rondot ? Rondot par Lahoud via un document écrit par Gergorin. Autre élément intéressant qui est commun aux deux dépositions : le nom de Lahoud n’est pas cité, lui, entre eux. Or personne n’a pu prouver que Villepin avait rencontré Lahoud. Gergorin et Rondot protégeaient leur source. Qui aurait intérêt à faire libérer Lahoud ? Rondot ou Villepin ? Si Villepin ne connaît pas Lahoud, ce ne peut être que Rondot. Mais si Villepin connaît Lahoud quel peut être son intérêt ? Lahoud est interpelé pour une affaire d’escroquerie, la justice qu’il soit libéré ou non suivra son cours. Ce qu’elle a fait entre les main d’un des deux Dupont(d). On ne comprend absolument pas en quoi cela peut le servir, et même s’il est en relation avec Lahoud. Cela n’a aucun sens. Et pire, si l’on raisonne un peu cela ne pourrait que lui nuire. En fait on se demande en quoi cette pseudo-intervention peut donner un éclairage sur la culpabilité de Villepin. Et si à cela on ajoute que Lahoud n’est pas crédible une seconde quand il dit qu’il a ajouté les noms Bocsa et Nagy en mars dans le bureau de Bertrand (Yves pas Xavier, bien sûr, mais peut-être est-ce finalement au siège de l’UMP qu’il l’a fait, non ?) cette partie de témoignage est abracadabrantesque. Je vous ai demandé de bien noter la date de cette conversation téléphonique : le 25 mars 2004. A cette date Villepin est ministre des affaires étrangères. Le ministre de la justice est Perben et celui de l’intérieur est ... question à 3 euros ... Sarkozy ! Qui peut faire libérer Lahoud ? Des trois Villepin, Sarkozy, ou Perben ? Villepin est le seul qui ne puisse pas faire libérer Lahoud. Mais surtout, voici la question qui tue et à laquelle les juges d’instruction auraient dû répondre : Pourquoi demander d’agir à Rondot que Villepin fréquente très peu, qui dépend du ministère des armées et qui par voie de conséquence n’a aucun poids ni sur la justice ni sur la police ne pourra en aucun cas faire libérer Lahoud ? Oui pourquoi ? A moins d’être un fou furieux, Villepin n’a strictement aucune raison de demander à Rondot d’agir pour faire libérer Lahoud. Il faut dire également que Lahoud a été libéré avant même toute tentative de Rondot. Ce qui veut dire qu’en plus de l’inanité d’une telle demande Villepin serait assez mal renseigné puisqu’il voudrait faire libérer quelqu’un qui allait être libéré. Enfin, pour ce côté-là du raisonnement, nous sommes en République (quoi qu’un peu bananière) et Lahoud ne pouvait qu’être en garde-à-vue et donc libérable sous 48 heures. Cette démarche était en plus inutile. Tout cela aurait dû gamberger dans les cerveaux de la justice. Le tout petit argument aurait été que Lahoud pouvait lâcher le morceau. Ce qui ne tient pas une seconde. Comme à part Lahoud qui a affirmé connaître Villepin - si rencontrer une fois est connaître - il est extravagant de croire que l’on confierait une telle mascarade à un homme qu’on aurait vu une seule fois ? Qui peut croire que monter un tel piège ne nécessite pas un minimum de confiance et de connaissance entre complices ? Cet argument de bon sens, tout simple, ne semble pas avoir illuminé les caves de la justice. En effet Lahoud déclare avoir rencontré une seule fois Villepin (totalement démenti par les protagonistes mis en cause), et Villepin, grand Machiavel, ferait confiance, une confiance aveugle, absolue et définitive, sans se renseigner le moins du monde sur un futur complice pour un coup si important ? Ce ne sont plus des caves qui sont sous le palais de justice mais le gouffre de Padirac ou quelques abysses océaniques. Mais voilà qu’arrive le coup de théâtre. Rondot le probe et immaculé serviteur de l’Etat ment ! Et il l’avoue. Ce ne sont pas vos journalistes quotidiens qui vous l’ont révélée celle-là, hein ! Extrait du procès :
 
Le président : la chronologie après votre garde à vue du 25 mars 2004 ?
Lahoud : Gergorin m’explique que je dois ma libération à Villepin. Villepin a appelé Rondot pour lui dire : tu ne le lâches pas.
 
Rondot : je m’en tiens à ce qui a été noté dans mon agenda. Non, ce ne sont pas les propos de Villepin. Villepin a évoqué les attentats de Madrid. On ne s’y est pas attardé. J’ai compris que la démarche était de faire libérer la source. Aucun nom n’a été prononcé.
 
Le président : Villepin ?
Villepin : je n’ai pas tenu ces propos. J’allais à un sommet européen consacré aux attentats de Madrid. Rondot évoque une indélicatesse commise par Gergorin. Il me dit que sa source est en danger. Rondot dit qu’il a résumé dans une formule lapidaire. Il y a pu y avoir une mauvaise interprétation. Rondot rend compte à Marland de cette affaire. MAM ne réagit pas. J’ai indiqué que tout aurait dû s’arrêter le 25 mars. Une source est inculpée pour faux. Il ne s’est rien passé. Je m’interpelle. Je l’interroge. Cette source n’était pas infiltrée dans un milieu hostile où on soutient jusqu’au bout. Cette source est infiltrée au sommet de l’Etat. Elle est convaincue de faux. J’ai la conviction qu’il y aurait dû y avoir interrogation et décision. Le ministère de la Defense ne réagit pas. Je n’ai pas demandé la libération de Lahoud que je ne connaissais pas.
 
Le président : Gergorin ?
Gergorin : cette source était une source unique sur une affaire majeure et crédible. Cette source, il lui arrive quelque chose. Je préviens qu’elle est en danger. Je suis en Angleterre. J’appelle Rondot puis Villepin. Il y a une instruction présidentielle. Et je ne fais plus rien.
 
Le président : comment joignez vous Villepin ?
Villepin : Gergorin n’a jamais eu le moyen de me joindre. Il ne m’a jamais joint.
Gergorin : je maintiens.
 
Le micro de Villepin ne fonctionne pas. Une voix : il faut demander à Lahoud pour le réparer.
Villepin rigole.
Villepin : la consigne était de ne pas me passer Gergorin.
Rondot : la note que j’ai fait est un document officiel.
Villepin : il y a une note de Rondot à Marland, une note faite quatre jours après les faits. Rondot a résumé en une note lapidaire. Il y a eu mauvaise interprétation.
 
Le président : Gergorin, vous avez informé Villepin que la source était en garde à vue.
Gergorin : c’était la source d’une affaire majeure et d’une enquête menée sur instruction du président de la République.
Villepin : je n’ai confié aucune mission le 9 janvier. Lahoud était la source du ministère de la Défense.
Maitre Metzner : (selon vos carnets), vous recevez une demande du ministre. L’exécutez vous ?
Rondot : je ne l’exécute pas.
 
Maître Metzner : vous dites : je reconnais avoir menti sur PV.
Rondot : A quel propos ?
Maitre Metzner : ce n’est pas à moi à répondre. vous dites avoir menti.
Rondot : je refuse de répondre à cette question car je n’ai pas les éléments.
Maitre Metzner : c’est vrai que vous refusez toujours de répondre quand vous n’avez pas de notes ....
 
Brouhaha.
 
Maitre Metzner : un ministre vous appelle, selon vos notes, vous ne le rappelez pas pour rendre compte.
Rondot : il ne me demande pas de rendre compte. Il me demande de libérer Lahoud, ce que je ne fais pas.
Maitre Metzner : vous refusez de rappeler un ministre.
Rondot : ce n’est pas mon ministre.
 
Maitre Brossolet, autre avocat de Villepin : avez-vous la capacité de faire libérer une source ?
Rondot : je n’ai aucune capacité.
Maître Brossolet : pourquoi Villepin vous aurait demandé de libérer Lahoud ?
Rondot : je ne suis pas dans la tête de Villepin.
 
 
 Comme vous pouvez le lire Rondot a déclaré lors d’un procès verbal qu’il avait menti. Rondot est cité indirectement par Lahoud quand celui-ci est en garde-à-vue. Gergorin est cité par Lahoud dans ce sauve conduit. Villepin n’est nulle part. Gergorin qui affirme être en contact régulier avec Villepin qui le dément. Et vous pouvez lire la confirmation que Rondot n’a aucun pouvoir pour faire libérer celui qui, il faut le rappeler, n’est qu’en garde-à-vue, ce qui rend imbécile la volonté de vouloir le faire libérer puisque de toute façon il sera libre sous peu. Cette partie du procès est étrange car on ne voit pas du tout pourquoi elle donne un sens à l’affaire car elle est sans aucun sens : tenter de faire libérer quelqu’un qui est gardé à vue et qui sera donc libre par quelqu’un qui n’en a même pas le pouvoir. C’est Ubu roi. Mais si vous lisez l’histoire de façon différente : Gergorin, et Rondot sont plus impliqués. Gergorin a besoin lui de se crédibiliser. Il peu très bien s’enorgueillir de contacts proches avec Villepin et ajouter au romanesque avec ses histoires de Blackberry codés. Quant à Rondot, lui il est directement impliqué : il traite Lahoud, Michèle Alliot Marie, elle aussi impliquée et absente du prétoire, lui a réellement confié la mission de regarder de près ces listings de Clearstream, du moins une première série. Rondot a tout intérêt à disparaître et à mettre les feux de la rampe sur un coupable tout trouvé. Et cette position donne tout à coup une cohérence à ses fameux carnets dont on apprend qu’ils ne sont que la retranscription de bristols qui, eux, n’existent plus.
 
Vignette Wikipédia Villepin
 
par Imhotep (son site) mercredi 14 octobre 2009 - 17 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par non666 (xxx.xxx.xxx.70) 14 octobre 2009 10:43
    non666

    La multiplicité des "affaires" actuelles a surtout comme effet de tuer les informations sur celles qui pointent directement Sarkozy.

    La presse de Lagardère, Bouyghes, Dassault , Arnault, Bolloré et Rottschild a déjà beaucoup communiqué sur l’affaire clearstream, tant que DeVillepin pouvait y etre vendu comme victime.
    Maintenant que se profile le non-lieu et plus grave, le retour du boomerang dans la tronche du lanceur, celle ci est muette.

    Muette sur les conditions offertes aux Iralandais pour voter OUi (alors que le traité devait etre accpeté par tous dans les meme termes pour etre valide.
    Muette sur les "effets de bord" de cette affaire Clearstream
    Comprehensive avec "l’elu du Peuple" Jean Sarkozy qui va gagner les cléfs de l’ex- coffre fort de Pasqua en direct devant le monde entier.
    Muette sur les les elements de plus en plus trouble qui apparaisent sur le 9 /11

    Mais coté cul, paillette , bling bling, elle fait fort !
    Rachida Dati a été remplacée par une source de scandale encore plus juteuse pour les magazine people.


    Toute information a un emetteur, un receveur, un contenu, une validité et surtout un effet sur l’opinion.
    Depuis que les infos sur Clearstream ne servent plus la famille de sa Petitesse Austro-hongroise , la racaille qui controle la presse ne juge plus utile de la diffuser.

  • Par Philippe D (xxx.xxx.xxx.120) 14 octobre 2009 11:47
    Philippe D

    Imhotep,

    Vous vous foutez de nous ?
    Qui c’est-y qui nous a fait des articles et de la polémique en veux-tu en voilà, ici, sur Mitterrand ?
    Et peut-être Polansky, chais pas j’ai pas tout lu.

  • Par joelim (xxx.xxx.xxx.100) 14 octobre 2009 15:13
    joelim

    @imohtep : heureusement que vous êtes là, heureusement que les médias citoyens sont là, pour expliquer rationnellement ce que la médiasphère enchaînée nous raconte à sa manière irrationnelle qui finit par ressembler à une suite ininterrompue de ragots. Un fleuve même...

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