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Et si on parlait de Kouchner

Il s’agit d’un court billet d’humeur, sans aucune prétention, parce que je trouve le silence sur l’affaire Kouchner assourdissant.
A-t-on vraiment tout raconté sur Kouchner et surtout est-ce que cela a vraiment de l’importance ?
Kouchner en soi n’est pas important. La raison du livre de Péan n’est pas de déboulonner l’idole, mais de remettre le Rwanda à l’ordre du jour ; et en cela il a raison. Il s’agit en France d’un sujet quasi tabou, qui a été dans une large mesure instrumentalisé à des fins politiques, pour condamner la politique étrangère de la France en Afrique. C’est une façon comme une autre d’étouffer la polémique. A l’étranger on est moins timide, heureusement, et Péan est en bonne compagnie, sans compter ces deux universitaires américains qui ont consacré 10 années de leur vie académique à cartographier les massacres rwandais en codifiant toutes les informations existantes détenues par le gouvernement rwandais, les ONG, le TPIR etc. et qui étaient corroborées, afin de les placer dans une perspective temporo-spatiale, et essayer de comprendre ce qui s’était passé. Un travail scientifique rigoureux, qui continue, et dont les conclusions remettent en question la version officielle de l’histoire, qui leur ont valu d’être traités, comme à chaque fois que c’est le cas, de négationnistes ou de révisionnistes, bien qu’une de leurs conclusions était bien qu’il y avait eu un génocide des tutsis. Ils ont depuis lors refusé tout contact avec la presse. Mais vous pouvez consulter leur site internet qui est uniquement en anglais.
Kouchner n’est important que dans la mesure où il symbolise tous les petits et grands compromis auxquels doivent se livrer nos politiciens dans leurs efforts diplomatiques et toutes les couleuvres qu’ils doivent avaler. Il est évident que la France doit reprendre des relations diplomatiques avec le Rwanda, mais cela ne veut pas dire qu’il faut exonérer Kagamé de ses responsabilités. 15 ans après ce que ces deux universitaires américains décrivent comme un génocide et un politicide au cours desquels autant de hutus que de tutsis auraient trouvé la mort (ce sont leurs conclusions), il faut se rendre à l’évidence. Si l’on ne sait pas combien de tutsis sont morts dans ces massacres, et combien ont survécu (le gouvernement rwandais compte 150.000 survivants et l’association de survivants IBUKA 300.000), personne n’a jamais comptabilisé le nombre des victimes du côté Hutu. On pourrait dire que ces victimes ont basculé soudainement dans le camp des coupables, mais ce serait trompeur. Cela a été le résultat d’une longue campagne concertée pour discréditer une ethnie au profit d’une autre qui représentait un interlocuteur plus acceptable.
Je refuse de noircir les uns ou les autres parce que la vie est bien plus compliquée que cela. Alors qu’il est entendu que les massacres et le génocide sont principalement le fait d’extrémistes Hutus, le RPF a aussi commis des exactions et des massacres sur une large échelle qui ont été excusés par des gens comme Kouchner. Il s’agit peut-être là de la plus grande désillusion, car aucune victime n’est plus méritante qu’une autre ; dans la même logique, aucun assassin ne devrait se soustraire aux foudres de la loi, et encore moins être encensé par des politiciens frappés d’amnésie collective.
Une des conclusions de ces deux universitaires, spécialistes des dynamiques qui sont la force d’impulsion des conflits et des génocides, est que les conditions dans lesquelles il a été possible pour un génocide et un politicide de se produire en 1994 sont inchangées aujourd’hui au Rwanda.
http://web.mac.com/christiandavenport/iWeb/Site%207/GenoDynamics.html
http://www.bsos.umd.edu/gvpt/davenport/genodynamics/index.htm
par Annie samedi 7 février 2009 - 32 réactions
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  • Par non666 (xxx.xxx.xxx.146) 7 février 2009 13:01
    non666

    Il y a une raison particulièrement a la position de Kouchner.

    Les hutus, majoritaires, etaient ouvertement pro-français.
    Les Tutsis, minoritaires etaient controlé a distance par les anglo-saxons, depuis le Kenia et l’ouganda.

    Les exactions les plus connues ont été au Ruanda.
    Mais celles dont on parle le moins ont eu lieu au Burundi, ou les hutus sont toujours victimes et surtout, pendant la prise du Congo par la milice Tutsis de laurent désiré kabila, installé par les anglo-saxons et "retourné" par les français ensuite.

    Pour le defenseur d’Israel et des etats unis, faire porter la responsabilité du génocide sur les seuls alliés de la france est un bon moyen d’exonerer la responsabilité des godons et des yankees.

    Eux defendent leurs interets d’une seule voix(les anglo-saxons).
    Nous nous avons certains de leurs agents pour parler a NOTRE place...
    L’enjeu stratgique est le controle des cases centrales de l’echiquier africain.
    Qui controlera ces cases et sera en mesure d’organiser le transit est-ouest ?

    Si le rail ou la route passe par des zones "francophones" , ce sera decisif pour la construction africaine en route et son empreinte.
    Idem pour l’autre itineraire, en "zone anglophone".

    Le combat est partillement perdu sur les cases blanches, en europe.
    Mais lechiquier a aussi des cases noires, en afrique...

  • Par Yena-Marre (xxx.xxx.xxx.231) 7 février 2009 11:51
    Yena-Marre

    Bonjour ,
    Definition entendue chez l’exellent Mermet :
     
    Kouchner ? Un tiers mondiste , deux tiers mondain ! smiley

  • Par Mouche-zélée (xxx.xxx.xxx.87) 7 février 2009 14:01

    En plus de leurs revenus, leur régimes de retraites, le cumul des mandats, nous pouvons désormais compter sur leurs petits extras ...

    Ils n’embauchent pas des "exerts en précarité" , là je pourrais être consultant moi aussi c’est ça la création d’emplois...

    Pour la médecine il y a une curiosité à traduire avec BabelFish .... (coller le lien de l’URL)


    En prime un texte de Cascabel  :
    Extrait d’un article de Michel Colon

    Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses « Médecins du monde » diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub, frappante et coûteuse. La photo - montage présente des « prisonniers » d’un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l’image d’un mirador d’Auschwitz.. Son texte accuse les Serbes d’ « exécutions en masse ».

    Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre autopublicitaire, « Les guerriers de la paix », relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l’époque à Sarajevo), sur son lit de mort :

    Kouchner : C’étaient d’horribles lieux, mais on n’y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?

    Izetbegovic : Oui. L’affirmation était fausse. Il n’y avait pas de camp d’extermination quelle que fût l’horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.

    Ce médiamensonge a effectivement fait basculer l’opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l’avait diffusé massivement. Mais le récent démenti a été passé sous silence. Le public ne peut savoir qu’il a été roulé.

    Le demi-aveu de Kouchner et ce silence médiatique posent des questions cruciales :

    1° Kouchner savait-il bien plus tôt ?

    Réponse : Oui. Dès 1993, un journaliste de France 2, Jacques Merlino, révélait la supercherie dans un bouquin au titre éloquent « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». Il y interviewait le directeur de Ruder Finn, agence US de relations publiques. Lequel, très fier, avouait avoir monté de toutes pièces la campagne des « camps d’extermination » : « Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B’nai B’rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l’opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce quI se passait en Yougoslavie, mais d’un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des bons et des méchants. »

    En mentant, fait observer le journaliste ! Réponse : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale. »

    Donc, Kouchner savait depuis longtemps et ce n’est pas joli - joli de mettre à présent toute la faute sur le dos d’un mort.

    Source
    http://www.nefac.net/node/1692


  • Par appoline (xxx.xxx.xxx.48) 7 février 2009 18:18
    appoline

    @ Mouche,
    Ce qui me fait peine : les gens qui ont cru en Kouchner, tous ces malheureux qu’il a laissé sur le tapis, tous leurs espoirs déçus. Voilà ce qu’est une honte pour l’humanité. Le mensonge servit sous les feux de l’objectif, revèle une personnalité ignoble. Démission et oubli, voilà ce que mérite un tel homme. Il fait honte à l’humanitaire.

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