Sujet polémique, s’il en est en ce moment. Une sorte de pensée unique domine, politiquement correcte : Rejeter en bloc la circulaire Guéant qui restreint l’embauche d’étudiants étrangers.
La circulaire Guéant est impopulaire car elle ne fait pas dans la nuance et pue l’opportunisme électoraliste, certes.
A Gauche, la désapprouver est une question de principe. A droite, des voix discordantes se sont élevées.
Et quand plusieurs centaines d’étudiants étrangers se mobilisent pour faire amender ou annuler la circulaire Guéant, comment oser faire entendre une voix discordante sans se faire soupçonner de racisme ou pis que cela ?
Le Sarkozisme primaire, surtout pour un citoyen de gauche est une valeur refuge sûre quand on n’a pas envie de se faire une véritable opinion sur un sujet. Quel militant du PS a envie d’encourir des soupçons aussi dégradants que : Raciste, UMPiste ou pire : Lepeniste ! – Que Dieu ou Diable nous en gardent.
Pourtant, il semble que c’est faire un raccourci tendancieux que de traiter de racistes tous ceux qui pensent que certains pays ont besoin de leurs cerveaux et que dans beaucoup de cas, ils financent les études de ces prétendants au séjour définitif en France.
D’autant plus qu’il faut rappeler que cette circulaire ne fait que « durcir » les conditions d’octroi du permis de travail à un étudiant étranger. Il a toujours existé des limites à cet octroi. [1]
Ainsi la situation de l’emploi par exemple a toujours été opposable à l’étudiant prétendant au permis de travail et souhaitant rester en France après ses études.

Le Tollé porte ses fruits, Guéant prêt à revoir sa circulaire
Comme on peut le lire dans cet article de lemonde.fr
« Clairement, je note qu'il y a des malentendus, des interrogations, a reconnu M. Guéant, et je suis résolu à avoir une concertation approfondie avec les parties prenantes […] afin que les cas de figure soient examinés et que les choses soient plus claires dans l'application."
Même le MEDEF désapprouve Guéant
Oui, le patronnat désapprouve cette circulaire et cela, l’UMP ne s’y attendait pas.
Ainsi peut-on lire ici (France24)
« Même le Medef (Mouvement des Entreprises de France) s’est joint en début de semaine au concert de critiques contre la circulaire du 31 mai 2011 qui durcit les conditions d’embauche d’étudiants étrangers diplômés. L'organisation patronale craint, en effet, que ces “restrictions nuisent à la compétitivité des entreprises françaises”.
Si le patronnat français n’est pas d’accord avec la circulaire, alors le sujet mérite vraiment d’être creusé..Hors des sentiers battus et du politiquement correct.
Normal, au fond pour le MEDEF, patronnat français, de désapprouver la circulaire : Chacun pour soi et Dieu pour Tous.
Gardons les cerveaux qui sortent des grandes écoles et universités pour nous. Surtout ceux des pays émergeants, qui ont ainsi vocation à demeurer .. émergeants.
Prenons l’exemple des étudiants algériens.
Le grand quotidien national algérien El Watan titrait le 18 avril 2011 :

La fuite des cerveaux a coûté à l'Algérie 40 milliards de dollars de pertes en quatre ans !
Extrait :
« L'Algérie a subi un énorme préjudice financier à cause de la fuite des cerveaux. Selon le chercheur Ahmed Guessoum, enseignant à l'université des sciences et des technologies Houari Boumediene de Bab-Ezzouar (Alger), rien qu'entre 1992 et 1996, la fuite des cerveaux a occasionné à l'Algérie "des pertes estimées à près de 40 milliards de dollars" !
Le chercheur Ahmed Guessoum a révélé également, lors d'une conférence organisée samedi à Médéa sur le thème de la fuite des cerveaux, que selon un décompte établi par le Conseil national économique et social (CNES), pas moins de 71.500 diplômés universitaires ont quitté l'Algérie entre 1994 et 2006.
Plus de 10.000 médecins, toutes spécialités confondues, se sont installés également durant cette période en France. Quant aux universités d'Amérique du nord, elles ont accueilli, depuis le début des années 90, pas moins de 18.000 universitaires algériens et cadres de haut niveau, parmi lesquels on dénombre plus de 3.000 chercheurs.
Source : Elwatan.com
Etudiants Algériens Boursiers au Royaume-Uni
Une majorité d’étudiants algériens allant étudier au Royaume-Uni ne reviennent jamais alors que leur études sont financées par l’état algérien.
Dans cet article (algeriepyrénées.com)
On peut lire :
« La scolarité de chaque boursier dans les universités britanniques coûte environ 30 000 livres sterling par an au Trésor public. Mais beaucoup d’étudiants préfèrent ne pas retourner en Algérie à la fin de leurs études. En réponse à cette désertion, le président Bouteflika décidait, en 2005, que plus aucun lauréat du bac ne sera envoyé sur les campus étrangers aux frais de l’État. Au Royaume-Uni, aujourd’hui, un peu plus d’une centaine compose l’ultime contingent de ces privilégiés qui ont donné des ailes à leurs neurones.
Combien d’étudiants boursiers à l’étranger rentrent-ils en Algérie à la fin de leur cursus universitaire ? Très peu, évidemment. En Grande-Bretagne, pays où l’affluence des prodiges est conséquente, la tendance générale n’échappe pas à la règle. En sa qualité de consul adjoint à Londres, chargée du dossier des boursiers, Nadhera Hadidi a rarement eu l’occasion de recevoir dans son bureau un candidat au retour. “Pas plus de dix depuis quatre ans”, révèle la diplomate. »
Une circulaire qui ne fait pas dans la nuance
Certes, la circulaire se préoccupe davantage de « la situation de l’emploi en France » mais ne faut-il pas aussi penser à la situation de ces pays qui dépensent des milliards pour former leur élite et qui s’en trouvent ainsi dépouillés ?
L’état français ne devrait-il pas prendre en compte ce critère dans l’octroi d’un permis de travail à un étudiant étranger ? Aider les pays émergeants qui ont financé les études à récupérer leurs talents ?
Traiter tous les étudiants étrangers selon les mêmes critères est une erreur. Tous n’ont pas la même situation, le même cursus, ne sont pas confrontés à la même situation de l’emploi en France.. Et tous n’ont pas financé eux-mêmes leurs études.

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Ayant travaillé une décennie dans une grande et célèbre ( enfin, anciennement célèbre...) (...)
24/12 16:29 - jak2pad@Actias Bonjour Tous les DRH ne sont pas impressionnés par les MBA ;-) je vous assure.. Nous (...)
24/12 13:48 - kaliPour les chercheurs je dis pas mais pour la plupart des ingénieurs et surtout MBA et autres (...)
24/12 12:55 - ActiasIl faut aussi voir que les ressources consacrées par la France à la formation supérieure, en (...)
24/12 11:39 - Asp ExplorerJe me sentirais traitre à ceux qui ont financés mes études si j’étais dans ce cas là (...)
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