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Euro : moins fort, SVP !

 L’euro fort permet, notamment en allégeant la facture des matières premières, d’entraver l’inflation. Hantise des gnomes de Francfort, il constitue, à coup de hausse des taux directeurs dès que frémit la reprise, l’alpha et l’oméga de la politique monétaire européenne. Mais, dans le même temps, l’euro fort pénalise lourdement les exportations — demandez ce qu’il en coûte à Airbus et EADS — et avantage inversement les importations. En d’autres termes, alors que des pans entiers de nos économies sont délocalisés en Asie et ailleurs, la Banque centrale européenne, agit donc comme si elle subventionnait les produits importés suite à ces délocalisations !

On sait depuis longtemps ce qu’il en coûte en termes de croissance et d’emplois et chacun constate quotidiennement que l’effet sur le pouvoir d’achat est contre-productif... Devant cette absurdité, la Banque centrale européenne s’obstine — en vertu de ses statuts — et la Commission européenne l’encourage. Cette dernière en effet a adopté, le 22 novembre dernier, une communication faisant le bilan de l’économie européenne en 2006, intitulée Le renforcement de la zone euro : priorités politiques principales [1]. Ces priorités consistent à : accélérer les réformes structurelles et promouvoir l’intégration ; renforcer les situations budgétaires et améliorer la qualité des budgets nationaux ; renforcer la coordination de la zone euro ; promouvoir l’expansion de la zone euro ; convaincre les citoyens. Bref, poursuivre, amplifier une stratégie qui ne crée que du chômage et « convaincre les citoyens » qu’ils y gagnent ! Et, au passage, l’euro vient de franchir le seuil de 1,30 dollars, ce qui pourrait coûter encore, selon Éric Dubois, économiste à l’INSEE, 0,1 à 0,3 point de croissance en 2007.

« Moins d’exportation et plus d’importation, c’est moins de production nationale, donc moins d’emplois, donc moins de consommation, donc moins de demande aux entreprises, donc moins d’investissements, etc. », renchérit Éric Dubois, rejoint par Marc Touati, chef économiste chez Natixis [2]. Non content d’avoir un effet déplorable sur la croissance à court terme, la surévaluation de l’euro joue aussi à la longue sur la confiance des investisseurs et pénalise donc la croissance à long terme. Nicolas Baverez le clamait déjà dans Le Point en janvier 2004, en s’alarmant de ce que l’euro avait atteint en quelques mois la parité de... 1,30 dollars [3]. Il concluait alors : « Il est urgent de casser la spirale haussière de l’euro. » et « Face au danger majeur que représente la surévaluation de l’euro, les gouvernements de l’Euroland sont fondés à faire jouer l’article 111 du traité de Maastricht, qui permet au Conseil des ministres de fixer les orientations générales de la politique de change. » Les eurosceptiques ne disaient pas mieux depuis des années, alors que la monnaie unique était encore dans les limbes...

Dans son discours de Saint-Étienne, le 9 novembre dernier, Nicolas Sarkozy dénonçait « l’absence de gouvernement économique qui fait de l’euro une monnaie sans boussole et sans objectifs partagés, [...] et une politique monétaire qui reste sourde aux évolutions préoccupantes de la parité avec d’autres grandes monnaies mondiales » [4]. Le matin même, dans Les Échos, il trouvait « très curieux que les Européens se soient donné tant de mal à créer une monnaie puissante et qu’ils s’acharnent autant à ne pas s’en servir ». De son côté, Ségolène Royal reproche à la BCE une « toute-puissance » qui en vient à « casser la croissance ». Qu’attendent-ils pour en tirer toutes les conséquences ?

par Frédéric Beck (son site) jeudi 4 janvier 2007 - 14 réactions
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  • Par xav (xxx.xxx.xxx.250) 4 janvier 2007 17:02

    Plus sérieusement, est l’euro qui est fort, ou le dollar qui est faible ?

    Vu le niveau des taux actuels (qui sont tout de même assez bas) et vu que nous seuls avons le problème, pensez vous réellement que la baisse des taux aurait une incidence sur le niveau de l’Euro ? A la limite, on peut regretter que la BCE n’ait pas fait une pause dans ses hausses.

    Mais la faiblesse du dollar est réelle. Marc Touati l’avait d’aileurs pointé il y a quelques mois, tout comme ses homologues de Ixis, ING, par exemple. Cette faiblesse est double : due aux déficits américains, et entretenu par le gouvernement américain pour favoriser le commerce interne, et les entrées de capitaux.

    Les statuts de la BCE la cantonne à limiter l’inflation. La banque fédérale, qui elle doit militer pour l’emploi, peut sous certaines conditions laisser filer l’inflation pour favoriser l’emploi. Reste que les taux américains ne sont pas encore sur la pente descendante ... ce qui n’empeche pas le dollar de s’enfoncer.

  • Par konébien (xxx.xxx.xxx.118) 4 janvier 2007 18:38

    c’est toujours l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide.... constatons que l’Allemagne qui s’accommodait d’un mark fort ,s’accommode très bien d’un euro dit fort je suis certain que les cris de désapprobation du monde politique Français sont uniquement causés par leurs effrois de la situation présente les comptes sont au rouge magenta ; à un point que lorsque le déficit continue de s’accroître de 39 milliards( à 1 milliard d’euros prés on ne sait pas ) le Gouvernement présente cela comme une victoire.... Le taux d’imposition global comparé aux autres économies européennes ne nous est pas favorables ;il faudrait pouvoir baisser les impôts (alors que la campagne électorale ne nous présente qu’un catalogue de dépenses ):A croire qu’il existe une baguette magique ; il n’ y a pas de marges de manoeuvres autrefois ;les choses se seraient ajustées par une ou plusieurs sévères dévaluations qui auraient permis de rembourser les créanciers de la Puissance Publique avec de la monnaie de singe du temps de mr Barre on a eu 14% d’inflation on avait des obligations qui rapportaient 10% sur lesquelles on payait un impôt ... monsieur Mitterrand creusa le sillon jusqu’à’ ce qu’il soit mis en demeure par les autorités monétaires internationales de se soumettre ou se démettre finalement on délégua avec la création de la BCE ,la gestion de la monnaie à un organisme extérieur ;notre personnel politique espérant ainsi pouvoir montrer du doigt l’Europe quand il faudrait réformer le pays en profondeur c’est ce qu’ils font aujourd’hui ,ils n’ont rien entrepris ,la barque est pleine de dettes,les entreprises ont été chargées ;la politique a consisté à ce jour à distribuer.... nous sommes devant le mur :il faut réformer, il existe plusieurs rapports qui expliquent très clairement ce qu’il faut faire mais pour cela ,il faudrait se fâcher avec beaucoup de monde et d’abord abandonner la cogestion de l’Administration avec le syndicats ... bref ce futur là est désagréable donc :C’EST LA FAUTE À L’EURO

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