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Evasion de l’enfer du Tibet : nouvelles de la fusillade de 2006 dans l’Himalaya

A Kelsang Namtso, nonne tibétaine de 17 ans exécutée par la police chinoise

[Cet article fait suite aux articles publiés le 4 octobre 2006  et le 12 octobre 2006 sur AgoraVox]

« International Campaign for Tibet » vient de révéler que les Tibétains détenus après la fusillade, fatale pour une nonne et un jeune tibétain, à la frontière tibéto-népalaise fin septembre ont été battus et maintenus en détention plusieurs mois. Le 30 septembre, la police chinoise a arrêté 32 Tibétains dont 10 enfants de 8 à 15 ans. Selon Samten, un  jeune tibétain du groupe, maintenant en exil, les adolescents et les adultes ont été sévèrement battus avec des bâtons de caoutchouc, torturés avec des aiguillons électriques pour le bétail et mis aux travaux forcés.

La fusillade a eu lieu au col de Nangpa-La à 5700 mètres d’altitude, observée et filmée par des alpinistes qui virent les militaires chinois s’agenouiller, viser et ouvrir le feu sur un groupe de 75 Tibétains sans défense comprenant des femmes et de jeunes enfants. Quarante et un Tibétains ont pu traverser la frontière et rejoindre l’Inde. Samten dit que son groupe de 32 - tous âgés de moins de 20 ans - voyageait derrière le premier groupe quand la fusillade a éclatée. Leur guide leur a demandé de se cacher derrière les rochers et d’attendre qu’il examine le terrain. Il n’est jamais revenu, et le groupe a attendu trois jours dans la neige jusqu’à épuisement de leur nourriture, puis ils tentèrent à nouveau le passage.

Les policiers chinois ont à nouveau tiré dans leur direction. Ils se sont rendus. Arrêtés, ils ont été lancés dans un camion. A l’intérieur il y avait le cadavre d’une nonne et un homme blessé qui avait des chiffons liés autour d’une blessure de balle à la jambe.

Emmené dans un centre de détention dans la ville tibétaine de Dingri, proche de la frontière népalaise, ils ont été questionnés et torturés pendant trois jours. Ils furent frappés de très nombreuses fois avec un aiguillon électrique pour bétail.  « Ils ont continué jusqu’à ce que je m’évanouisse » déclare Samten, ajoutant que la police lui a demandé à maintes reprises d’identifier la religieuse décédée. Dans le groupe, 13 enfants de moins de 15 ans n’ont pas été battus mais furent interrogés. On leur a demandé s’ils savaient qui est le Dalaï Lama, pourquoi ils se sont échappés du Tibet, et l’identité de leurs guides à la frontière. Les parents d’enfants du groupe ont pu les recueillir après paiement d’une amende. Ceux qui n’ont pas été recueillis par leurs parents ont été retenus plus de trois mois.

Après ces trois jours, les prisonniers, y compris les enfants, ont été transférés à la prison de Shigatsé, la deuxième grande ville du Tibet.  Ils ont encore été questionnés, enchaînés à un mur. « Un garde portant un gant en métal nous frappait à l’estomac » déclare Samten.

Ils ont été détenus là-bas pendant 48 jours durant lesquels ils ont dû creuser des fossés, construire des clôtures et cultiver des champs.

Samten a été relâché, ainsi que d’autres Tibétains du même groupe. Il est possible que certains d’entre eux soient encore en détention.

Après avoir été remis aux membres de sa famille par les autorités chinoises, Samten a à nouveau essayé de fuir le Tibet et l’enfer de ses prisons, cette fois avec succès. Il se trouve maintenant à Dharamsala.

par Tibet Libre jeudi 1er février 2007 - 25 réactions
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  • Par Jean-Yves POULIQUEN (xxx.xxx.xxx.70) 2 février 2007 09:49

    Je suis effondré d’apprendre cette nouvelle... Je pensais qu’à l’approche des Jeux Olympiques à Pékin, tout serait fait pour étouffer la moindre allusion au sort du peuple tibétain... Ce qui est effrayant, c’est ce silence dans tous les médias, on ferme les yeux sur ce drame parce que la Chine est une puissance qui fait peur ou qui promet économiquement... Quand aurons-nous le courage de dire NON, de mettre en place un tribunal international chargé de mettre un terme à ce génocide humain et culturel... ??? Est-ce que les candidats à l’élection présidentielle sont prêts à hausser le ton, à s’engager dans ce combat pour la dignité d’un peuple et la sauvegarde de son autodétermination ?

  • Par Fabrice Duplaquet (xxx.xxx.xxx.30) 2 février 2007 11:45
    Fabrice

    Une nouvelle preuve que l’économie supplante l’éthique.

  • Par France-Tibet Ile de France (xxx.xxx.xxx.72) 8 février 2007 20:05

    Bon, vous manquer d’information, et n’avez pas accès au site du TCHRD, c’est normal, c’est censuré en Chine. Alors, voila une traduction qui, devrait vous éclairer (noter que les A21, 22 etc... correspondent à des enfants tibétains différents interviewvés) :

    Violations de l’accès à l’éducation

    PAS D’ACCES A L’EDUCATION

    Les interviews des enfants tibétains ont révélés que dans toutes les régions du Tibet, les enfants n’ont pas accès à l’éducation. La Chine elle-même reconnaît que 30% des enfants tibétains ne reçoit pas d’éducation du tout (les organisations indépendantes donnent le chiffre de 40%) alors que seulement 1,5% des enfants chinois ne reçoit pas d’éducation.

    Une raison donnée par les autorités chinoises pour cette disparité est l’éloignement de certaines régions tibétaines. Cependant les enfants interviewés ont révélé que ceci n’était pas la seule cause. Le facteur principal empêchant des enfants tibétains d’assister à l’école est économique ; beaucoup d’enfants vivent en fait à proximité d’une école, mais les frais d’école demandés par les autorités étaient si prohibitivement élevés que les parents ne peuvent pas se permettre simplement d’envoyer leurs enfants pour s’instruire. Il y avait aussi des cas où les parents au début pouvaient payer les frais d’école mais plus tard devaient reprendre leurs enfants de l’école parce qu’ils n’étaient plus capables de régler les frais exigés. Ceci est une violation claire de la Convention selon laquelle l’éducation primaire doit être libre et accessible pour chaque enfant.

    « La raison pour le fait qui personne de notre famille n’est allé s’instruire était que les frais d’école étaient trop élevé pour mes parents. Le lobchung (l’école primaire) dans notre village coûtait 200 yuans par mois. Mes parents n’auraient jamais pu se permettre cela. » (A20) « Pour instruire, les enseignants ont exigé 50 yuan par mois pour s’asseoir sur une chaise, 50 yuan pour avoir une table et encore 25 yuan pour les livres. Mon père était camionneur pour le gouvernement chinois. Il a reçu seulement 50 yuans par mois. Pour cet argent nous devions acheter un sac de tsampa (farine d’orge grillé) pour avoir un peu de nourriture. Donc mes parents ne pouvaient pas se permettre de m’envoyer m’instruire. » (A23)

    « Mes parents ne m’ont pas envoyé m’instruire, parce que c’était trop cher pour eux. Les frais d’école pour les enfants tibétains étaient à peu près de 500 yuans un mois. Les enfants chinois n’avaient rien à payer. » (A21)

    « Il y avait une école dans le village, mais personne de ma famille [10 enfants] ne pouvait aller là-bas. C’était simplement trop cher pour mes parents de payer 200 yuans par mois par enfant. Ma famille entière n’a jamais eu accès à quelque éducation que ce soit. » (A21)

    « Mes parents ne pouvaient pas payer les frais d’école pour moi mais les autorités ne m’ont pas permis d’assister à l’école gratuitement. J’avais des amis qui sont allés s’instruire. J’aurais aimé aller m’instruire. » (A23)

    Dans ses réponses écrites au Comité sur les Droits de l’Enfant, la République populaire de Chine prétend qu’elle vise à rehausser l’éducation primaire au Tibet. Cependant dans certains cas c’est les autorités chinoises scolaires qui acceptent sciemment que Tibétains n’assistent pas à l’école primaire en raison de raisons financières : « Une fois par mois, les soldats chinois sont venus dans notre village pour l’inspection. Dans notre village il y avait environ 20 enfants dont 2 sont allés s’instruire. Nous, avec les autres enfants, travaillions dans les champs, gardions le bétail toute la journée. Lors de leur inspection les Chinois ont enlevé quelques animaux et recueilli de l’argent du village. Ils nous ont vus enfants travaillant dans les champs toute la journée. Ils ne nous ont jamais dit que nous aurions dû aller nous instruire. » (A19) « Quand j’avais huit ans, ma mère a décidé que c’était le temps pour moi d’aller m’instruire. Mon admission pour entrer l’école a été refusée par les autorités chinoises. Ils ont dit que je ne pourrais pas aller m’instruire parce que ma famille n’avait pas de relation avec le gouvernement chinois. Ils ont dit que personne de ma famille ne travaillait pour le gouvernement chinois. Le Chinois nous a dits que je pourrais entrer à l’école primaire seulement si nous payons un énorme prix d’entrée d’à peu près 10.000 yuan [l’équivalent à approximativement 1250 dollars (ou Euro)]. Ma famille ne pouvait pas se permettre cela. Donc je ne pouvais pas aller m’instruire. » (A28)

    « J’ai vécu dans un village avec 200 familles tibétaines et aucun Chinois. Il n’y avait pas d’école dans notre village, pas même une école primaire. L’école la plus proche était à un jour de marche. C’était un internat mais cette école était très chère. Dans ma famille - j’avais cinq frères et deux soeurs - personne n’est jamais allé s’instruire. Des 10 enfants de notre village seulement deux sont allés s’instruire. Les autorités chinoises n’ont jamais changé la situation dans notre village. » (A26)

    Dans ses réponses écrites au Comité sur les Droits de l’Enfant, la République populaire de Chine prétend changer la situation en construisant beaucoup d’écoles primaires nouvelles au Tibet. Même si cette action est bien accueilli généralement, cela ne signifie pas nécessairement que la situation de scolarisation pour les enfants tibétains s’améliore. Avec l’afflux massif de Chinois subventionné par l’état, ces nouveaux colons ont besoin de nouvelles écoles. Ces écoles récemment construites avec leurs facilités modernes sont largement inaccessibles aux enfants tibétains.

  • Par France-Tibet Ile de France (xxx.xxx.xxx.72) 7 février 2007 20:52

    Haina, vos questions faussement naïves et vos doutes sur les informations des sites francophones et anglophones me laissent rêveur. Comparer la Corse au Tibet est aussi le classique des classiques de la propagande chinoise. Mais admettons, vous êtes sans doute un Corse qui n’a pas beaucoup d’empathie pour les Tibétains. Mais pour autant, il faut rappeler que la Corse ne comprend que 285.000 habitants et 8.680 km². Le Tibet historique, c’est 6 millions de Tibétains et au moins 7 millions de Chinois Han, et 5 fois la France en superficie : 2.500.000 km2 (soit environ 300 fois la taille de la Corse, et pour la population, c’est environ 50 fois plus). Quand à la gratuité des cours, vous insister, mais vous devez bien savoir que cela dépend du nombre d’enfants en Chine, non ? De plus, si vous aviez lu la page donnée en lien (Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD), plus haut), il est clairement dit qu’une des raisons pour laquelle les enfants tibétains ne peuvent aller à l’école au Tibet, c’est les frais d’inscription. Et cela, ce sont les Tibétains qui les disent, pas les Corses ( smiley : “The reason for the fact that no one of our family went to school was that the school fees were too high for my parents. The lobchung (primary school) in our village cost 200 yuan a month. My parents could have never afforded that." Mais lisez tout (c’est assez insoutenable, mais peut être pas pour vous), je vous en prie, c’est dans le paragraphe :

    Violations concerning the content of education

    A. Denial of education on Tibetan culture

    http://www.tchrd.org/publications/t...

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