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Facteurs psychologiques post-attentats & Islamophobie

Près de quatre mois après l'attentat du Bataclan, Jesse Hughes des Eagles of Death Metal a confié à l’AFP : « Je porte toujours un flingue sur moi maintenant aux États-Unis (...) Je ne suis pas un cowboy, mais je veux être prêt. » Nombreuses sont les personnes présentes ce jour là à souffrir d'un trauma psychique post attentat. Ne confondons pas les victimes avec leurs assassins et persécuteurs. L'islamophobie peut-elle être considérée comme une pathologie phobique et qui n'a rien à voir avec le « racisme » ? Serait-elle un effet, une réaction à des faits en relation avec une cause (phobogène) première alors que le mot composé est utilisé dans un sens connoté pour signifier le rejet de l'islam et non dénoté, à savoir la crainte et l'effroi de l'islam parmi la population ? La question mérite à être posée et à la justice et aux experts de s'en emparer pour y apporter une réponse.

JPEG La phobie est une peur incontrôlée irrationnelle susceptible à entrainer des répercussions sur la santé, la vie quotidienne et altérer la rationalité et/ou renforcer un sentiment de peur ou anxiogène. Tous ces aspects ont des répercussions sur l’organisme jusqu'à induire un état de stress chronique. Le stress en lui même n'est pas mauvais puisqu'il s'agit avant tout d'un effort d’adaptation de l’organisme. Ce qui est dangereux fait peur, c’est normal, et la peur peut être salutaire en s’accompagnant de réactions qui pourront aider à affronter la situation, soit en monopolisant nos ressources pour affronter le danger, soit en trouvant une énergie nouvelle pour évacuer rapidement la zone de danger. Mais au-delà de certaines limites, l'effort d’adaptation de l’organisme est dépassé et produit en nous toutes sortes de réactions ayant des retombées multiples sur la vie quotidienne et la santé. Si une situation n’est pas objectivement dangereuse mais qu’elle est ressentie comme telle, une réaction d’anxiété peut se déclencher et la personne se comporter comme si elle l'était réellement.

Cet état psychophysiologique peut être lié à un sentiment d’insécurité indéfinissable et la simple vue d'un type d'individu devenir angoissante. Lorsque nous ressentons l'angoisse, « cette illusion de la peur », nous ne pouvons nous empêcher de prendre conscience d’un danger ou d’y penser au point d'être obsédé voire submergé par cette crainte. Des tas d’idées sombres nous viennent alors à l'esprit sans que nous puissions les en chasser. L'angoisse et son corollaire l'anxiété peuvent déboucher sur un comportement inapproprié pathologique. L’angoisse correspond à un sentiment de resserrement de la région épigastrique accompagné d’une difficulté à respirer. En fait, angoisse et anxiété sont pratiquement synonymes. L’attaque d’angoisse peut survenir brutalement et entraîner un sentiment très pénible et l'anxiété entretenir le stress qui à son tour génère encore plus d’angoisse.

Plus on comprend une situation plus nous pouvons l’admettre et la rationaliser, mais cela ne signifie nullement qu’il suffise de comprendre une situation pour ne pas la redouter. La panique est un état émotionnel paroxystique qui peut être de très brève durée mais avoir des conséquences dramatiques. La peur peut s’accompagner de manifestations somatiques (palpitations, dyspnée, etc.) ou pire ! de sidération. La personne est « statufiée » incapable de faire le moindre geste ou mouvement. La peur, qu’elle soit liée à l’enjeu ou à une situation subie dans laquelle on agit par réaction, reste une émotion associée à l’idée d’un danger réel. Plus l'individu craint la situation, plus sa réaction sera grande voire disproportionnée. Peut-on invoquer un jugement altéré ?

Chaque personne réagit sur le plan psycho-émotionnel différemment à une situation stressante. Cela dépend de sa motivation, sa personnalité et l’image mentale qu’elle se fait de la situation. Le stress qu’un individu peut supporter est compris dans certaines limites, au-delà apparaît l'épuisement et le sujet peut sombrer dans la dépression. Le système nerveux est complexe, si l’homme moderne a perdu bon nombre de ses défenses, il en a cependant conservé certaines manifestations. Devant un stress aigu, le corps va sécréter des hormones, l’adrénaline pour l’anxiété, la noradrénaline pour l'agressivité, et la libération de glucose par le foie (sucre) qui efface la fatigue et donne un « coup de fouet », apparaît ensuite la cortisone, et si le stress dure, les endorphines. Un stressor entraîne la vasodilatation (dilatation des vaisseaux) qui permet aux muscles striés (qui représentent environ 50 % de notre masse corporelle) d'accroître leur excitabilité et leur force contractile pour affronter ou fuir le danger. Si aucune activité physique ne vient en réponse du stress, les hormones sécrétées vont avoir une répercussion sur les articulations et être à l'origine de tendinites, contractures et de douleurs, c’est une des raisons qui pousse une personne stressée à avoir besoin de plus d’espace pour évacuer son excédent d'énergie. L’inhibition de l’action a une répercussion sur le long terme, si la réponse (fuite ou lutte) est satisfaisante, le sujet ne conservera que peu de séquelles, par contre si la réponse a été inadaptée, il y aura apparition d’un stress chronique avec : insomnie, fatigue, troubles somatiques, dépression. Tout cela a une répercussion à des niveaux différents sur les rapports avec autrui. Si la dépression est ignorée, elle peut déboucher sur une forme grave, comme la manie dépressive ou border line.

Juguler sa peur n’est pas facile. Il est impossible de prédire qui résistera à un stress extrême, tout au plus peut on avancer que 98 % des personnes sont des traumatisés potentiels. L’habitude du confort et les éléments sociaux y jouent un grand rôle. Pendant la seconde guerre mondiale, les armées américaines connurent plus de traumatisés psychiques que les Allemands ou que les Russes. Les cas dans l’armée Japonaise étaient quasi inexistants ! Le citoyen qui ressent un sentiment d'opposition à l'islam est peut être victime d’un sentiment de peur enfoui si profondément, qu’il contraint l’individu à un évitement total. Si certains nient leur peur, d’autres la projettent dans des phobies ou la déjouent par des contres-phobies. La contre-phobie consiste à aller au-devant de ce que l’on craint le plus. Une personne qui a peur du vide, exemple, se met à faire de l’escalade pour se prouver qu’elle n’a pas peur. L’individu essaie de nier une peur réelle par une activité physique ou symbolique de substitution qui va à l’encontre de son sentiment de peur. La contre-phobie entretient par contre la peur, ce qui signifie que l’on doit la combattre toute sa vie durant. la peur refoulée échappe à l’individu et va entraîner une tension qui va le ronger. Le sujet aura tendance à rechercher des situations dans lesquelles il se fera peur pour exorciser ses craintes.

La phobie emporte tout sur son passage, à la différence de l'anxiété, la phobie est répétitive face à une situation. Le seul fait d'apercevoir un « barbu » peut être à l'origine d'un sentiment de mal être ou de peur et conduire à une autre phobie comme celle de ne plus oser sortir de chez soi ou à éviter les lieux publics et dès lors conduire à une situation invalidante au plan professionnel et prendre une dimension de santé publique.

 

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10 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 23 mars 11:55

    Islamophobie, le mot est lâché ... Quel est donc l’intérêt de faire croire au lecteur que le rejet de l’islamisme, sous ses manifestations les plus rétrogrades est ... une maladie ? Donc, si on rejette ce système de croyances avec les comportements liés, sa soumission, la place faite aux femmes ...etc ... on est un « malade mental » ? Donc, pour être sain d’esprit (si encore possible) on doit accepter , même et y compris, ce qui s’oppose à nos valeurs ?
    Des termes se sont progressivement installés dans notre langage ces dernières années, islamophobie, judéophobie, homophobie ... etc... L’URSS envoyait ses opposants à l’asile pour troubles mentaux, la nouvelle doxa se contente de marginaliser. Le but est le même : modeler l’opinion.
     
    Il s’agit juste là d’une manipulation -encore une- destinée à marginaliser le critique ou opposant, tout en évitant de discuter de ses arguments. On est en train d’essayer de nous imposer un nouveau système de croyance.


    • Donbar 23 mars 12:39

      @Alpo47
      Truco-phobie à propos de tout, en effet (je confirme : truc et non turc). Détournement sémantique peut-être calculé, comme vous l’envisagez ; peut-être simple fainéantise, souci insuffisant de la langue. L’un a dit un jour « truco-phobie » ; dix autres ont suivi et l’imitation universelle l’a emporté. Difficile de savoir ce qu’il en a été. En tout cas l’ambiguïté est là et bien là et il n’y a pas de raison de continuer de l’accepter. La détestation c’est la truco-misie (à moins qu’il n’y ait une bonne raison, autre que le conservatisme, de maintenir l’ordre traditionnel : misotruquie).


    • popov 23 mars 13:28

      L’islam est une saloperie comparable au nazisme ou au polpotisme.

      Y être réfractaire n’est pas un signe de déséquilibre mental, c’est un devoir de citoyen et un signe de bonne santé psychologique.

      On nous assène l’« islamophobie » et le « racisme » ?

      Eh bien assumons fièrement !


      • francesca2 francesca2 23 mars 16:00

        Pardon mais depuis quand un agent de sécurité est aussi psychiatre ?


        • Alpo47 Alpo47 23 mars 16:16

          Ah oui, également pour l’auteur et les lecteurs, une (vraie) phobie est parfaitement guérissable, souvent facilement, c’est à dire en une seule séance.
          On utilise pour ce faire une technique simple de PNL (double dissociation). Croyez moi sur parole, en tant que thérapeute je l’ai fait des centaines de fois.

          Mais c’est une autre histoire, n’est ce pas ?


          • illusions1 (---.---.22.105) 23 mars 16:32

            Parlons peu parlons bien !!!
            Assumons nos dires et nos plaies !!!
            Est ce parce que les médiats disent, qu’ils ont raisons ?!!!
            Est ce parce qu’on regarde, que l’on voit ?!!!
            Est ce parce que on est occidental, typé européen, que le sang sur ses mains est forcement celui d’un animal ?!!
            Est ce parce qu’un voyou formé par les SS (services des services secrets occidentaux) pour foutre la merde au nom de l’islam implique la culpabilité de l’islam et des musulmans.

            pour résumer :
            http://www.cndp.fr/entrepot/themadoc/probabilites/reperes/causalite-et-correlation.html

            ou bien ça :
            http://www.alterinfo.net/Attentats-sous-fausse-banniere-mythe-ou-realite_a113001.html


            • Reflexions 23 mars 17:49

              La Crise migratoire n’est qu’une des versions des concepteurs Etats-Uniens du « Choc des Civilisations » et de leur supplétifs, Daesh( créé par les USA, comme l’a avoué Hillary Clinton ).

              Il y ont plusieurs pistes pour mettre en œuvre ce concept :

               - la première, c’est casser les pays Laïques d’Orient comme la Syrie, l’Irak, la Libye ,,,,et y installer des pays confessionnels afin de donner corps a ce concept artificielSi cette stratégie ne fonctionne pas ou est bloquée ( comme c’est le cas en Syrie ; en Egypte ; en Tunisie ; en Libye ) 

              - ils ont une autre version : Organiser la venue massive en Europe de migrants « Orientaux » infestés du virus « Daesh » qui fuient les pays déstabilisés et créer ainsi un réflexe de rejet et de crispation des Peuples Européens contre les Peuples Orientaux ,,,,c’est ce qui est en trains de se passer.

              Dans la foulée, Daesh, leur supplétifs, sème le chaos en Europe avec des attentats.

              L’objectif, a terme, est de réactiver, d’amplifier la fracture Nord/Sud, le « Choc des Civilisations » afin de freiner les relations économiques Euro-Orientales.
               
              Afin que les USA garde sa domination sur l’Europe et sur l’Orient. 

              Même au prix de l’arrivée de parti politiques racistes et xénophobes au pouvoir. 
              C’est pour cela que les politiciens Atlantistes d’Europe inféodés aux USA ( France, Allemagne, Turquie, Angleterre etc ,,,) ne se pressent pas pour régler ce problème. 

              LE PROBLEME EST POUR EUX LA SOLUTION : casser par tous les moyens le rapprochement Euro-Oriental

              ,Comment les Peuples d’Europe vont-ils faire pour avoir droit a un avenir serein avec leurs voisins Orientaux ?

               Là est toute la question,

              A moins que dans chaque pays d’Europe, un politicien Poutiniste ne soit élu ? Je ne vois pas d’autre solution,

              Je me demande même si des partis politiques en France, en Allemagne, en Italie, partout en Europe qui se revendiqueraient de la vision Poutiniste ( ou Gaulliste , si vous préférez) ne feraient pas d’énormes scores aux élections ? ? ?

              C ’est une piste,

              reflexions1 03/2016

              • illusions1 (---.---.22.105) 23 mars 18:43

                Si A=>B et que B=>C alors pourquoi nombreux refusent d’admettre ouvertement que A=>C et affirment que Z=>C alors que d’après leurs commentaires ils maitrisent les règles d’implications logiques, est-ce de la Z-ophobie ??
                avec :
                A= USA, occident etc
                B= Daech
                C= Attentats
                Z= Islam et Majorité des musulmans


                • COVADONGA722 COVADONGA722 23 mars 18:53

                  heu la phobie c’est pas un truc qui peu nous pousser a des formes de rejet violent en même

                  temps qu’autodestructeur 

                  je me demande moi si au lieu que cela soit les occidentaux de vilain islamophobe
                  les islamiste serait pas un peu occidentauphobe mmmmm ?????

                  sinon de mon avis être islamophobe c’est faire preuve de salubrité mentale , semblerait que les tarés de l’année prochaine soient déjà la .



                  • Pomme de Reinette 24 mars 00:22

                    C’est ce que j’appelle de la psychologie à la petite semaine .... ou l’art de s’emmêler dans ses propres noeuds.

                    Une première chose serait déjà d’arrêter de nous mettre en « une » de tous les journaux les tronches d’abrutis des islamo-terroristes, et d’égrener leurs noms à longueur de journée.
                    Débile numéro 1 - Crétin numéro 2, etc ....suffirait amplement, s’il en est besoin.

                    Je partage le message de cet humoriste ivoirien qui n’est en rien « phobique »

                    http://www.letribunaldunet.fr/insolite/lincroyable-video-dun-humoriste-ivoirien-sadresse-aux-terroristes.html

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