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Faut-il être homophile ?

Le 17 mai était la Journée mondiale contre l’homophobie. Le même jour, une pétition a été lancée pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité, qui a déjà recueilli les signatures de cinq Prix Nobel et d’artistes célèbres.

Autant je crois à l’utilité de la seconde démarche qui dénonce un grand nombre d’Etats sanctionnant l’homosexualité (dont une dizaine avec la peine de mort), autant la première me semble plus discutable.

Cette Journée mondiale est avalisée par une cinquantaine d’Etats cette année. J’éprouve pourtant comme un malaise devant une institutionnalisation internationale de la lutte contre l’homophobie. Je ne suis pas persuadé que des instances officielles aient la charge de dicter aux citoyens ce qu’ils doivent ressentir, penser, aimer dans le domaine de l’intimité.

J’ai envie de m’ébrouer devant cette injonction qui, pour se couvrir d’un voile humaniste, n’est rien de plus qu’un impératif adressé à la liberté de chacun. Ainsi, comme l’homophobie est intolérable, serions-nous invités à devenir systématiquement homophiles ? N’a-t-on le choix qu’entre l’hostilité ou la complaisance ?

Je n’ai envie ni d’adorer ni de haïr l’homosexualité. C’est juste un état de fait sur lequel j’ai le droit de discuter lorsqu’on prétend lui donner une place centrale dans la structuration de la société française, sans égard pour les facteurs d’équilibre que les pratiques majoritaires parce que naturelles ont su faire naître tout au long des siècles.

Loin de moi l’idée de contester la nécessité d’une politique contre les violences causées aux homosexuels, contre les multiples discriminations dont ils sont victimes. La sévérité la plus grande doit être manifestée à l’encontre de tous ceux chez qui la haine ou le dégoût se traduisent par des comportements pénalement répréhensibles.

A force de confondre la réflexion collective et la relation humaine au détail, je crains qu’on en vienne peu à peu - et cela s’inscrit dans un mouvement général préoccupant, qui prétend caporaliser ce qui relève de la liberté de chacun - à dénier à quiconque le droit d’apprécier ou non l’homosexuel, au motif que la communauté homosexuelle doit être flattée.

La Journée internationale contre l’homophobie m’apparaît comme une énorme machine qui croit pouvoir de l’extérieur façonner les esprits, les goûts et les consciences. Cela ne regarde pas les Etats tant que des transgressions à la loi n’ont pas été perpétrées.

Cette discussion n’est pas anodine car on sait par exemple que le député UMP Christian Vanneste a été condamné en vertu d’une loi réprimant l’homophobie, avec une motivation à mon sens sujette à caution. Un pourvoi en cassation a été formé. L’investiture qui a été retirée à M. Vanneste ne l’empêche pas d’être candidat dans la 10e circonscription du Nord, et fortement soutenu selon le Monde du 17 mai.

Pour lutter contre l’homophobie, définie de manière si large que le moindre soupir de réserve pourrait être blâmé, on fabrique une obligation de fraternité en confiant cette mission aux Etats.

Pour tout dire, il est lassant de s’entendre dicter une conduite qui ne regarde que vous. Ces grandes messes de la convivialité qui feignent d’oublier le poids des relations, des sympathies et des hostilités intimes dans le tissu quotidien de l’existence sont plus agaçantes qu’autre chose.

Je ne suis pas homophobe. Homophile, seulement si je le décide.

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    Par (xxx.xxx.xxx.36) 21 mai 2007 16:28

    M. Bilger

    La sexualité est du ressort de la vie privée. Deux adultes consentants et éclairés ont le droit à une pleine et entière liberté sexuelle. Il ne peut y avoir en la matière de norme à suivre uniformément.

    Malheureusement, la société impose des normes et jette parfois l’opprobre sur les sujets qu’elle considère comme déviants. On ne peut nier la discrimination que subissent les homosexuels, malgré l’évolution des mentalités.

    Les associations de défense des homosexuels jouent un rôle à la fois positif et négatif. Un rôle positif dans le sens où elles informent le public et tentent de faire évoluer les mentalités. Un rôle négatif car le résultat de leur action conduit à communautariser la société. Cette remarque est également vraie pour toutes les associations de défense catégorielles.

    Il en ressort que l’on ne devrait obliger personne à être homophile quand parallèlement nous ne devrions nullement discriminer les homosexuels. L’éducation et le temps sont peut-être les meilleures conseillères en la matière.

  • vote :
    Par (xxx.xxx.xxx.187) 21 mai 2007 17:24

    Je ne comprend pas ce que vous entendez par homophilie.

    Lors de cette journée, il ne s’agit pas de promouvoir l’homosexualité (dans le sens "devenez gay"). Personne ne vous demande, en tant qu’individu, d’aimer l’homosexualité dans ce sens là. Pour moi qui suis gay, il est d’ailleurs absurde de penser que l’on peut convaincre quelqu’un de devenir homosexuel.

    Nous demandons d’être aimés comme tout être humains, d’être respectés, à égalité avec les autres citoyens blancs ou noirs, chrétien ou juif, hétéro ou homo. Si c’est ce que vous appelez homophilie, si c’est l’amour du prochain, alors oui je la revendique.

    Cette journée a surtout pour but de sensibiliser la population sur ce que vivent les homos.

    Les agressions, bien sûr, sont intolérables (et déjà traitées par la loi), mais ne sont pas le seul problème.

    A mon sens il est tout aussi important de savoir que presque tous les gays et lesbiennes de France, à un moment ou à un autre, vivent ceci :
     dénigrement systématique de l’homosexualité dans les conversations quotidiennes (remarquez comme les moqueries les plus méprisantes sont liées à l’homosexualité)
     injures directes, fréquentes dès que l’on est "visible" (par exemple se tenir par la main) en dehors de rares zones comme le centre de Paris
     moqueries répétées de la part de certaines personnes (pouvant aller jusqu’au harcèlement), particulièrement en milieu scolaire
     discriminations diverses dans le milieu professionnel
     mensonge obligatoire et peur d’être découvert pour ceux qui sont "dans le placard"
     isolement social : rejet de la part des amis ou de la famille après un coming out

    Une étude a montré qu’en France les jeunes homos ont un risque de suicide 15 fois plus élevé que les hétéros. Je ne pense pas que la meilleure solution pour répondre à cela soit de nier le problème et de ne pas en parler.

    Nous ne demandons pas un changement du droit, mais une prise de conscience.

    Demandez aux gays et lesbiennes de votre entourage de vous raconter leur adolescence et leur début de vie d’adulte, et jugez par vous même de la situation.

  • vote :
    Par (xxx.xxx.xxx.66) 21 mai 2007 17:36
    Z

    J’ai moi aussi du mal à comprendre cet article et à voir où l’auteur veut en venir.

    "Ainsi, comme l’homophobie est intolérable, serions-nous invités à devenir systématiquement homophiles ? N’a-t-on le choix qu’entre l’hostilité ou la complaisance ? Je n’ai envie ni d’adorer ni de haïr l’homosexualité."

    La Journée Mondiale contre l’Homophobie a pour objet, comme son nom l’indique, de lutter contre l’homophobie, et non de promouvoir l’homophilie.

    Avec un tel intitulé pour cette journée, personne ne vous demander d’adorer l’homosexualité. C’est vous-mêmes qui semblez vous interdire la neutralité. Vous extrapolez à la manière d’un paranoïaque.

    Je ne vois donc pas ce qui vous déplait dans le principe de cette Journée, d’autant plus que, d’après ce que je comprends du reste de votre texte, vous estimez que l’homophobie, entendue comme génératrice de discriminations et de violences à l’encontre des homosexuels, devrait être combattue de façon absolue, de la même manière que le racisme, le sexisme, etc...

    Vous donnez l’impression de créer ex nihilo un prétexte pour écrire un billet, ce qui en est presque ridicule, car vous vous défendez de quelque chose dont on ne veut pas vous accuser !

  • vote :
    Par (xxx.xxx.xxx.66) 21 mai 2007 17:18
    Z

    Vous faites ici de l’étymologie de comptoir, sans vouloir être vexant (enfin quand même un peu) !

    Le "homo" dont il est question ici n’est pas le nom latin "Homme" (le genre humain ,opposé à l’animal, et non l’homme par opposition à la femme, ce serait dans ce cas "vir" si mes souvenirs de collège sont exacts) mais le préfixe grec "même", par opposition à "hétéro" qui signifie "autre". Comme dans homogène/hétérogène : homosexuel, attiré par le même sexe, hétérosexuel, attiré par l’autre sexe. Des gens qui couchent avec d’autres personnes de même sexe sont donc des homosexuels par définition, que ce soit 2 hommes ou 2 femmes.

    En revanche, le terme "homophobe" est un abus de langage, il faut dire qu’homosexuellophobe faisait un peu long.

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