A Bordeaux le 15 Novembre, monsieur Sarkozy a dit ceci, je cite : « On ne peut pas être digne quand on ne fait que tendre la main ». Il a aussi annoncé qu'une expérimentation serait mise en place dans dix départements prévoyant de faire travailler sept heures par semaine au moins les allocataires du RSA montrés clairement comme des parasites. Laurent Wauquiez avait déjà tâté le terrain en lançant des déclarations du même acabit il y a quelques temps déjà.
image ci-dessus prise ici.
Pour l'UMP donc, les bénéficiaires du RSA, les précaires sont donc toujours des « salauds de pauvres ».
Pourtant n'est-ce pas Sarkozy quand il était encore simplement candidat en 2007 qui avait parlé de l'objectif "zéro SDF" en 2006, qui affirmait donc qu'il lutterait contre la précarité galopante ?
Quand Grandgil/Gabin le dit dans « la Traversée de Paris », c'est surtout par colère contre les bonnes gens qui ne se sont pas révoltés, n'ont pas protesté, se contentant de survivre quand des mesures iniques ont été prise, tolérant l'intolérable pour conserver même des miettes de leur confort matériel.
Bien sûr, il s'est abstenu de dénoncer la fraude bancaire au niveau international, ou les patrons voyous qui contournent les lois françaises.
Il a dit aussi ceci : « nous devons être sans indulgence contre les fraudeurs et les tricheurs. (…) Nous devons repenser le système de financement de notre système social », ce qui est évidemment une phrase qui signifie qu'il sera bel et bien candidat en 2012.
En disant cela, il essaie bien entendu de ratisser les voix du Front National et aussi celles de son électorat retraité aisé qui a peur pour son magot, les « serreurs de fesses effarés », comme les appelait Desproges (dans les « chroniques de la haine ordinaire » dans celle intitulée « l'humanité »), l'ancienne majorité silencieuse qui n'ose pas trop dire son égoïsme social, enfin plutôt qui n'osait pas trop le dire avant, car elle est maintenant de plus en plus décomplexée.
Notons que l'électorat retraité de gauche, depuis qu'il a eu l'assurance du maintien de ses retraites, n'agit plus vraiment pour que le système de répartition se maintienne après eux, après avoir demandé aux générations suivantes de faire preuve de solidarité en 2010.
On remarque que la plupart des hommes politiques veulent se l'approprier cette fameuse majorité qui se tairait, des uns qui parlent de « Madame Michu » aux autres qui évoquent les « vrais gens » de la « France d'en bas ».
Ce n'est ni plus ni moins que du populisme, flatter le peuple dans ses bas instincts pour rester au pouvoir.
image ci-dessous prise ici
La personne qui lui a écrit ce discours oublie cependant une chose très simple. Dans la France de 2011, la précarité touche tout le monde, ou presque. Les personnes se croyant à l'abri auparavant d'un coup du sort ne le sont plus et tout le monde peut devenir allocataire du RSA du jour au lendemain. Il suffirait d'une crise bancaire en plus, et d'encore un peu plus d'austérité qui touche en premier les classes moyennes déjà largement attaquées. Il est alarmant de constater par exemple qu'il y a de plus en plus de dossiers de surendettement comme le confirme ce lien.
Une chose qui m'étonne grandement est que dans aucun mouvement de contestation actuelle on ne voit d'actions concrètes contre ces institutions bancaires qui poussent des particuliers à s'endetter pour acquérir un bien dont ils n'ont pas réellement besoin à la base, et qu'il n'y ait rien de mené contre les institutions de crédit qui proposent ces crédits à la consommation à un taux usuraire.
Pourtant, ce sont ces « encouragements » à la consommation et ce genre de crédits dits « revolving » qui sont le nerf de la guerre du consumérisme, ce qui permet aux milieux financiers de continuer à s'enrichir et à conserver intact toutes leurs prérogatives. Ce sont les consommateurs endettés qui sont la base du système, c'est quand même curieux qu'il y ait si peu de choses à ce sujet, si peu de monde pour s'y opposer.
Bien entendu, quand monsieur Sarkozy a prononcé sa petite phrase, il y eut une levée de boucliers immédiates pour la dénoncer. Certes, on pourrait s'en réjouir, cela serait rassurant s'il n'y avait quelques détails, quelques hypocrisies, qui gâchent un peu l'ensemble.
C'est quand même ironique de la bouche de politiques qui profitent du système, par exemple, comme les autres.
C'est quand même amusant de l'entendre de la bouche de personnes de la société civile qui se cramponnent à leurs privilèges, se réunissant entre eux seulement et considérant les militants surtout comme des colleurs d'affiche taillables et corvéables, dociles et polyvalents.
Ceux qui dénoncent ce qu'a dit le président nie complètement la plupart du temps l'existence de la fraude, or elle existe bel et bien, même si dans une moindre mesure que ce qu'évoque le président de la République, et il y a bel et bien des abus quant aux assurances sociales du fait d'une perte de civisme, et de la destruction progressive du lien social pendant cinquante ans de consumérisme effréné. Le citoyen ne l'est plus que pour ses droits, et faire ce qui lui plaît sans se soucier des conséquences sur son entourage ou sur la société, n'ayant aucun recul quant à se désirs de consommation, imposés qui plus est via le bourrage de crâne télévisuelle ou via Internet aussi qui s'il favorise les débats et la liberté d'expression de manière assez claire depuis l'explosion du « web 2.0 » est aussi un nouveau territoire pour les publicitaires qui ne manquent pas de l'exploiter.
On aimerait savoir ce que pense Rama Yade maintenant de la déclaration de monsieur Sarkozy (voir vidéo ci-dessous).
Yade n'aime pas les SDF par Rive-gauche
Ci-dessous la scène complète de la Traversée de Paris et la tirade de Grandgil/Gabin

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